La Malédiction des Gitans
La Malédiction des Gitans
Les terribles pouvoirs des graffitis manouche




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 Dielorelei 21 mars 2011 à 15:18 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
J'avais à peine enfilé mon veston, ce matin-là, qu'on tambourinait à ma porte.
-Mr Müller! un télégramme pour vous!
Je m'empressai de descendre pour signer le récépissé du coursier.
J'ouvris le pli sous l'œil attentif de Mme Bonafou.
-Ce ne sont pas de mauvaises nouvelles, j'espère, dit la brave dame en espérant que j'allai lui lire le contenu du message.
-Non, seulement un ami de passage à Pau qui voudrait me rencontrer.
-Et dire qu'il existe des portables pour envoyer des messages, dit une voix derrière moi.
Je me retournai pour me trouver nez à nez avec Cojean.
-Tiens, bonjour, commissaire, quel plaisir! Vous prenez un café avec moi? Je n'ai pas encore pris le petit déjeuner.
-Ma foi, ce n'est pas de refus, moi non plus je n'ai pas pris de petit déjeuner.
Comprenant l'allusion, je demandai à mon hôtesse de nous servir deux cafés et des croissants.
-En fait, dit Cojean en s'asseyant sans se faire d'avantage prier, je voulais vous demander deux ou trois petites choses.

 Dielorelei 21 mars 2011 à 18:59 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-La voisine de Melle Pasquier, une certaine Mme Bouzigue, vous ne sauriez pas où elle est, par hasard? Je n'arrive pas à mettre la main dessus.
-Non, dis-je en mentant effrontément (il fallait que j'arrête, d'ailleurs) je suppose qu'elle est parti en vacance, comme beaucoup de retraités à cette période de l'année encore hors saison.
-Hum, oui, c'est possible. Parce qu'elle doit savoir quelles personnes fréquentait la jeune fille, je suppose. D'où mon impatience de la contacter.
-Les parents ne vous ont rien dit?
-Ils ne sont pas trop au courant de la vie de leur fille. En fait, ils ne se fréquentaient pas trop.
-Et Mme Bonafou, elle ne sait rien qui pourrait vous aider?
-Silence radio de ce côté là aussi: apparemment, Maryse était très discrète sur sa vie privée. Au fait, ça se fait encore les télégrammes, à notre époque?
-Oui, mais plus par télégraphe, rassurez vous. C'est un moyen fiable de joindre quelqu'un à coup sûr.
-Et là, c'est un...ami?

 Dielorelei 22 mars 2011 à 19:08 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-Un ami qui me demande d'aller le chercher à l'aéroport de Pau. Tenez, lisez.
Je lui mis le message sous le nez, et après quelques secondes de réflexion intense, il me dit:
-C'est en allemand.
-Vous êtes perspicace!
-C'est pour ça que je suis commissaire, rétorqua-t-il, pince sans rire. Remarquez, j'ai fait un peu d'allemand au collège. Il ne m'en reste pas grand chose.
-Je peux vous traduire, dis-je obligeamment.
-Non, ce n'est pas la peine. Bon, eh bien, puisque vous n'avez rien de neuf à m'apprendre, je vais retourner au charbon. Merci pour le petit déjeuner. Au fait, le juge a mis De Lonzac en détention. Il a du trouver que les preuves étaient suffisantes.
Il remit son chapeau sur la tête et au moment de franchir le seuil, il se retourna:
-Vous continuer de voir vos amis gitans?
-Ça m'arrive, oui. Pourquoi? Ça pose un problème?
-A moi non. Mais vous, veillez à ne pas trop leur faire confiance.
Avant que j'ai pu répondre quelque chose, Cojean était déjà dehors.


 Fleurdemai 22 mars 2011 à 22:51 Envoie un message à Fleurdemai Voir le profil de Fleurdemai
Cette mise en garde à peine voilée m'inquiétait: Cojeaan me faisait-il suivre? Dans ce cas, j'allais devoir faire comme si j'allais réellement à Pau, quitte à faire demi tour dès que je me serais assuré de n'être pas filé. Et ensuite? Mettre en garde les gitans contre une éventuelle surveillance. Ça, ils sauraient la déjouer. Je me sentais pris entre l'enclume et le marteau. D'un côté ce vieux renard de Cojean, et de l'autre les dessins nébuleux des gitans. Là, il me fallait tirer mon épingle du jeu. Et vite fait.
J'appelai Mme Bonafou:
-Je pars à Pau maintenant, je serai de retour ce soir ou demain matin au plus tard.
-Oui, j'ai entendu que vous disiez au commissaire que vous alliez rejoindre un ami. Vous connaissez la route pour aller à Pau? Attendez, je vais vous donner une carte, c'est plus sûr.
Et la patronne me tendit une carte routière sortie de derrière son comptoir.
-Ce serait trop bête de vous perdre, hein? Vous ne prenez pas de bagages?
-Juste un sac, au cas où.

 Dielorelei 23 mars 2011 à 13:28 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Je mis rapidement un pyjamas, une nécessaire de toilette dans mon sac, me munis d'argent liquide et quittais l'auberge en assurant Mme Bonafou que j'allais faire le plus vite possible.
Je pris la sortie du village pour rejoindre la nationale. Je jetai un coup d'œil dans mon rétro: Une voiture noire me suivait, mais ça ne voulait rien dire. Je n'allais pas virer parano, non plus. Je traversai le carrefour et derrière moi, un camion s'engagea et stoppa en plein milieu, déchainant de furieux coups de klaxon de la voiture noire. Je ralentis, et médusé, je vis un homme sortir du camion côté passager et courir vers moi. Je stoppai.
L'inévitable Lazlo.
Il s'engouffra dans ma voiture.
-Roule, Cojean te fais suivre et le camion va être obligé de redémarrer.
Sur ce, il se coucha sur la banquette arrière tandis que je mettais le turbo. Prenant la première route sur ma droite, je filai en direction de la nationale, surveillant la voiture noire.
-Prends à gauche, tu la sèmeras plus rapidement.

 Fleurdemai 03 avril 2011 à 20:24 Envoie un message à Fleurdemai Voir le profil de Fleurdemai
-Non, s'il me suit, il verra que je prends bien la route de Pau. Ça m'étonnerais qu'il aille jusqu'à l'aéroport. Toi, reste couché par terre, puisque tu as voulu m'accompagner.
-Mais comment vas-tu retourner au village?
-Ah! mais c'est mon problème, je n'ai pas demandé à avoir Cojean et les gitans sur le dos vingt quatre heure sur vingt quatre! Alors tu me fiches la paix.
-Pas gitans, "roms" s'il-te-plait. Et il ne faut pas te mettre en colère.
- Roms, si tu veux. Mais roms ou gitans, vous vous servez de moi, voilà la vérité. Mais je ne serai pas l'instrument de votre vengeance, et si je veux aider De Lonzac, c'est parce que je le crois innocent.
-Bon, si tu veux, pour une fois qu'un De Lonzac est innocent de quelque chose...Elle est toujours derrière, la voiture?
-Oui, je la laisse me suivre, si tu n'y voit pas d'inconvénient. Et arrêtons de parler, je suis sensé être seul dans la voiture.
-Tu me diras quand le sbire de Cojean aura cessé la filature.
-Je t'enverrai un texto, promis.

 Artengo 03 avril 2011 à 23:41 Envoie un message à Artengo Voir le profil de Artengo
Lazlo tira une cigarette de sa poche. Il l'alluma tant bien que mal.
- Qu'est ce que tu fous ?
- Quoi ?
- La clope...tu crois ça malin ?
- C'est bon, rétorqua-t-il.
Je laissais tomber et continua sur la départemental. Connaissant Cojean, il ne lacherait pas comme ça. C'était le genre têtu, accrocheur, surtout lorsqu'il sentait le sang de sa proie.
J'enviai Lazlo. Les évènements, fussent-ils dramatiques, semblaient glisser sur son visage basané. Il se concentrait sur la pointe incandescente de sa tige, comme un enfant émerveillé devant un insecte; Inspirait et expirait des volutes de fumée et semblait prendre le même plaisir qu'un gourmet qui dégusterait un vin de garde.
Lazlo, Cojean, De Lonzac, Bouzigue. Ces noms en pagaille commençaient à me filer mal au crane.
J'ouvris la fenêtre pour laisser échapper la fumée. Cojean était à distance raisonnable, il ne se rendrait sans doute compte de rien.

 Dielorelei 04 avril 2011 à 15:33 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Je continuai de rouler en jetant un coup d'œil de temps en temps dans le rétro. La voiture noire se rapprochait.
-Tiens toi tranquille, dis-je à Lazlo, et éteins cette foutue clope, l'inspecteur de Cojean est juste derrière nous.
Comme j'arrivai devant un panneau routier, je ralentis pour vérifier si j'étais sur la bonne route de Pau, comme l'aurait fait tout automobiliste peu sûr de son chemin.
Mon suiveur du s'en apercevoir, car il déboîta brusquement pour emprunter une bretelle de sortie.
-C'est bon, dis-je à Lazlo, tranquille pour une fois, je crois que la filature est terminée. On va faire demi-tour dans quelques instants pour rejoindre la pension de famille.
Tu comptes venir avec moi?
-Non, moi j'irai au haras pour voir s'ils embauchent. J'y verrai peut-être Juan.
-Tu t'y connais, en chevaux?
Lazlo rit doucement:
-Tu connais un Rom qui ne s'est jamais occupé de chevaux?
-Vous avez des voitures, maintenant?
-Pas dans nos plaines hongroises, mon ami. Chez nous, c'est la vie libre.

 Fleurdemai 04 avril 2011 à 18:40 Envoie un message à Fleurdemai Voir le profil de Fleurdemai
Après avoir fait un demi tour, je repris le chemin en sens inverse en accélérant pour m'éloigner au plus vite de la zone où, à tout moment, je risquai une rencontre désagréable.
-C'est bon, viens devant, maintenant, il faut que tu m'indiques le chemin pour aller de l'autre côté du Gave.
Lazlo se coula en souplesse près de moi et m'indiqua avec précision la route à suivre. En une demi-heure à peine, nous étions devant la pension de famille.
-Je te dépose au haras?
-Un peu avant, s'il-te-plait, je ne suis qu'un saisonnier allant chercher du travail. Je te retrouve devant le café dans deux heures?
-Ça marche pour moi.
Je déposais Lazlo à une cinquantaine de mètres avant le haras et me dirigeai vers la pension de famille.
Il n'y avait personne quand je me présentai à la réception. Après avoir agité une clochette qui manifestement n'attendait que ça, je vis arriver une petite femme d'âge mûr, accorte et souriante qui me demanda ce que je désirai.

 Artengo 04 avril 2011 à 20:37 Envoie un message à Artengo Voir le profil de Artengo
L'endroit était comme figé dans le temps. La lumière peinait à éclairer les objets désuets qui trônaient sur du mobilier d'époque. Une horloge était posée sur une console aux accents moresques émaillée de céramique et ornée de motifs géométriques et de dorures. Le lieux était envahit d'un silence prompte au repos. Un courant d'air, venant sans doute de l'arrière salle, venait rafraichir l'air, saluait le visiteur et le berçait d'un long soupir apaisant. Une porte donnait sur un arrière cour ou l'on pouvait deviner l'ombre de fleurs virevoltant sur les pavés irréguliers. Je me mis à rêver un moment que la valse du temps suspendrait son cours et que je pourrais me reposer à l'ombre de ce décor d'antan. Puis reprenant mes esprits, je me souvins de la petite femme au faciès amical et entrepris de lui répondre.

 Dielorelei 05 avril 2011 à 20:26 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-Bonjour, Madame. J'aurais aimé louer une chambre pour une nuit ou deux dans votre pension. C'est possible?
-En principe je loue au mois, vous êtes de passage ici?
Je ressortis le boniment qui avait marché avec le patron du bistroquet.
-Je travaille pour un journal du Nord et je fais un article sur les petits villages de Provence. Mais comme vous le comprenez aisément, je ne reste jamais longtemps dans le même endroit, ma rédaction doit boucler ma série d'articles assez tôt.
La vieille dame me considéra un moment en silence. Manifestement, elle me jaugeait. Décidant que, somme toute, je n'avais rien d'un mécréant, elle me dit:
-J'ai une chambre libre qui donne sur le jardin, si le chant des oiseaux ne vous gêne pas dès que le jour se lève...
-Bien sûr que non.
Elle me demanda mes papiers, vérifia soigneusement mon identité, inscrivit les renseignement sur un registre et me confia une clé.
-La chambre n° 7. J'espère qu'elle vous plaira. Le petit déjeuner est servi à partir de 6 h 30.

 Fleurdemai 06 avril 2011 à 10:40 Envoie un message à Fleurdemai Voir le profil de Fleurdemai
Je réfléchis rapidement qu'en étant le premier à la table du petit déjeuner, je ne pourrais manquer la présence de Juan s'il avait pris pension ici.
Je montais à ma chambre. Celle ci, petite mais confortable avec ses rideaux de cretonne fleurie et son dessus de lit assorti, son odeur d'encaustique et de lavande, me plut instantanément.
Je regardai par la fenêtre, plongeant mon regard dans un jardin verdoyant , où le jaune éclatant des mimosas rivalisait avec le rose des tamaris.
Je déposai mon sac à côté du lit, me rafraichis rapidement et me préparai pour aller rejoindre Lazlo. Je songeais à l'anniversaire de Paprika, au cour duquel ses "dons" seraient révélés.
Je me demandais aussi comment, une fois que nous aurions localisé Juan, nous allions procéder pour le coincer.
Je haussai les épaules. Après tout, Lazlo aurait sûrement une idée.
Encore que je m'opposerai à toute forme de violence. Mais, comme je le disais toujours, un problème après l'autre.

 Dielorelei 06 avril 2011 à 14:55 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Lazlo,adossé nonchalamment au mur du café et mâchouillant un brin me regarda arriver.
-Pas de Juan au haras, me dit-il quand j'arrivais près de lui. Et pas d'embauche non plus, par la même occasion. Encore que je n'avais pas l'intention de travailler là.
-Tu es sûr qu'il n'y a pas de Juan?
-J'ai vu à peu près tout le monde. C'est assez petit et il n'y a que six employés. Et je n'ai vu personne entrer dans le restaurant, non plus.
-Donc, il travaillerait en ville, ce qui explique qu'il ne vient pas déjeuner ici. Mais nous, on va y aller.
Ce que nous fîmes, heureux de nous reposer de cette matinée mouvementée.
-Comment va-t-on faire pour amener Juan aux aveux, encore que rien ne prouve formellement sa culpabilité, demandai-je à Lazlo.
-Et qui veux tu que ce soit?
-N'importe qui connaissant, de près ou de loin, Maryse. Pour l'instant, on ne connait que trois personnes, voire cinq si on compte la voisine et la patronne de l'auberge.
-Tu vois un mobile pour elles?

 Fleurdemai 08 avril 2011 à 19:17 Envoie un message à Fleurdemai Voir le profil de Fleurdemai
-A vrai dire non. Et puis tous ces coups de couteau, fallait-il que l'assassin soit dans une rage folle pour en asséner autant! C'était une vraie boucherie, il y avait du sang partout.Je me demande comment il n'en a pas été éclaboussé.
-Il a pu prendre une douche, après.
-Mais les vêtements! on doit pouvoir retrouver des vêtements tachés de sang,ce n'est pas possible autrement! Si le sang a giclé sur le mur, il a forcément giclé sur l'assassin! Imagine, Lazlo, tu tues quelqu'un, tu le poignardes sauvagement, des gouttelettes vont dans tous les sens! Forcément sur toi! Tu vois l'assassin sortir couvert de sang?
-Il faisait nuit. Le meurtrier poignarde, enlève ses vêtements et s'en va!
-Tout nu?
-Alors il n'enlève pas ses vêtements et monte dans sa voiture -parce qu'il n'est pas venu à pied- et a tout le temps de se changer chez lui. Et s'il a prémédité son geste, il aura pris de quoi camoufler ses vêtements tachés.
-Non. On ne prémédite pas une telle violence.

 Dielorelei 09 avril 2011 à 18:46 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-Ce qui me paraît étrange, continuai-je, c'est que Mme Bouzigue a entendu la porte claquer deux fois. Or, le meurtrier avait tout intérêt à partir en silence. Et Maryse, apparemment, n'a pas crié, je suppose que cela aurait réveillé la voisine!
-Sauf si le premier coup de couteau a été mortel. Les autres dans ce cas reflètent la fureur aveugle.
-Si Maryse n'a pas hurlé, c'est qu'elle connaissait son meurtrier. Elle ne croyait pas qu'il allait la tuer. Quelque chose m'échappe.
-Quoi?
-Le fait qu'elle soit retrouvée assassinée dans son lit, simplement vêtue d'une nuisette, tu ne trouves pas ça bizarre?
-Elle se sera remise au lit soit dans l'espoir que le visiteur l'y rejoigne, ou elle se recouche, signifiant par là que la conversation est close et qu'elle veut dormir. Et elle pense que l'intrus va partir.
-Non, je crois que c'est plus compliqué que ça. Les faits ne collent pas ensemble, vois-tu.
-Mais si Juan est l'assassin, ça colle, pour moi.
-Alors, il se serait dévêtu pour la tuer?





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Bon à savoir:

La Malédiction des Gitans est classée dans le genre Science-fiction.

Commencée par Colombus,
le 08 décembre 2006. L'histoire est composée de 75 participations.

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