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Dielorelei
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18 juin 2009 à 22:07
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-Ou plutôt non. Je suppose qu'il a le téléphone dans sa chambre? Alors dites lui de descendre immédiatement, Je tiens à voir sa réaction à l'énoncé de la triste nouvelle. La patronne fit ce que Cojean lui avait demandé, mais on dut attendre un bon quart d'heure avant que De Lonzac fasse son apparition dans le petit salon où nous nous tenions. Et on avait eu droit, durant tout ce temps, aux lamentations de madame Bonafou qui continuait à tenir les gitans et leur malédiction responsables de touts les catastrophes. -Ca dure depuis cent ans, ne cessait-elle de répéter, cette malédiction, et ce ne sera pas le dernier cadavre que vous retrouverez, vous pouvez en être sur! -Il n'y a pas eu de crimes depuis des lustres, rétorquait l'inspecteur, c'est une région calme, ici! -Evidemment, les gitans n'étaient pas revenus! Ils sont là pour assouvir leur vengeance, c'est moi qui vous le dit. Si elle avait su que De Lonzac était issu de la lignée maudite, je me demande quelle aurait été sa réaction. Quand Raoul De lonzac arriva, l'air encore endormi, Cojean se présenta et lui fit signe de s'asseoir. Cueilli au saut du lit, De Lonzac ne semblait pas bien se rendre compte de ce qui se passait. Il nous regardait d'un air interrogateur, et muet, attendait que Cojean lui explique le pourquoi de ce réveil brutal. -Vous connaissez Melle Pasquier? lui demanda Cojean. -Mademoiselle Pasquier? je devrais? qui est cette demoiselle? -La serveuse de cette auberge. -Ah! vous voulez dire Maryse? je ne connaissais que son prénom. Bien sûr, je la connais. Pourquoi cette question? -Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois? -Hier soir, mais pourquoi diable me demandez-vous cela? -Contentez-vous de me répondre le plus précisément possible: a quelle heure avez-vous quitté Melle Pasquier? -Euh...il devait être minuit et demi, quelque chose comme ça, je n'ai pas regardé ma montre juste au moment où je partais, je... -Et vous êtes rentré à quelle heure à l'auberge? -Environ à une heure du matin, demandez à Monsieur, là, il est rentré en même temps que moi. -Il était une heure dix très exactement, dis-je, en tout cas, c'est ce qu'indiquait l'horloge de mon tableau de bord quand je suis arrivé. -Il ne faut pas quarante minutes en voiture la nuit pour revenir de chez Melle Pasquier, c'est à peine à un kilomètre d'ici, dit Cojean. Tout au plus dix minutes. -Bon, allez-vous me dire ce qui se passe, à la fin! vous me tirez du lit, vous me posez des questions au sujet de Maryse, j'ai le droit de savoir ce que vous me voulez! Il n'y a pas eu de détournement de mineure, que je sache, et je ne l'ai pas forcée à coucher avec moi! -Elle est morte, dit Cogean. -Comment? qu'avez-vous dit? -J'ai dit: "elle est morte". -Morte, Maryse? elle était en pleine forme hier soir, et quand je suis parti, elle était bien vivante! peut-être un peu pompette parce qu'on avait diné en ville avant d'aller chez elle, mais vivante! Et De Lonzac sembla tout à coup perdre de sa superbe. Abasourdi, il nous regardait d'un air égaré. Je l'observai attentivement : le choc semblait réel.
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Dielorelei
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23 juin 2009 à 22:37
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Il me regarda: -Mais comment a-t-on su qu'elle était morte? -Elle n'était pas à son travail ce matin, cela a inquiété la patronne, et j'y suis allé pour me rendre compte de ce qui se passait. A ce moment, le portable de Cojean a sonné et il a décroché en s'éloignant de quelques pas. Quand il est revenu, il n'y est pas allé par quatre chemins: -Vous allez me suivre tous les deux au commissariat, j'ai besoin de vos empreintes. Bon, Monsieur Müller, vous ne verrez pas d'inconvénient à nous servir encore une fois de chauffeur? -Puisque vous insistez...mais vous voudrez bien m'indiquer le chemin, je connais mal les environs. et nous sommes partis tous les trois pour le commissariat. Et là, Cojean, après avoir fait prendre nos empreintes a fait rentrer De Lonzac dans son bureau. Cela a duré un certain temps, et je me demandai ce que le commissaire avait en tête. Je l'ai su quand j'ai vu De Lonzac ressortir menotté, en compagnie d'un agent. Quand il est passé auprès de moi, il m'a dit: -Dites lui, vous, que je ne suis pas coupable! Je n'ai pas tué Maryse! Je n'ai jamais tué personne! Il criait encore quand il disparut au tournant du couloir. Je m'adressai à Cojean: -C'est mon tour, maintenant? -Entrez, j'ai besoin que vous me précisiez certaines choses. Je le suivis dans son bureau et pris la chaise qu'il me désignait. -Alors vous avez arrêté De Lonzac? -Mis en garde à vue pour quarante huit heures, simplement. Il me fallait un coupable, il s'est trouvé qu'il avait le profil. -Il n'est pas coupable. -Je vous demande pardon? -Il n'est pas coupable, ça se voit. -J'ignorais que vous étiez policier. -Non, mais j'ai suivi des cours de criminologie en temps qu'auteur de romans policiers. Et je peux vous dire qu'il n'est pas l'assassin. -Tiens donc. Et qu'est-ce qui vous rend si affirmatif? -Réfléchissez, dis-je en me penchant en avant, ce crime a été commis avec une grande sauvagerie. Combien de coups de couteau? -Une dizaine, selon le légiste. -Donc portés par un individu dans un état émotionnel intense. Or, quand il est arrivé en même temps que moi à l'auberge, cette nuit-là, il était tout à fait décontracté et il n'y avait aucune trace de sang sur lui. Et pourtant, Une dizaine de coups de couteau, ça fait gicler le sang, il n'y a qu'à voir les murs de l'appartement de Mlle Pasquier! -Expliquez moi ce trou de trente minutes dans son emploi du temps. -Vous lui avez demandé? -Une explication vaseuse: il aurait fait un tour avant de rentrer. Pas d'alibi donc. -Mais à quelle heure votre légiste situe-t-il l'heure de la mort? -Justement, entre minuit et 1 heure du matin. -Et madame Bouzigue a entendu deux fois la porte claquer cette nuit. -C'était peut-être un autre locataire. -Ou l'assassin. -Au fait, j'ai eu confirmation de votre alibi par mon adjoint. Vous étiez bien chez les gitans. Et il serait étonnant que tous les roms témoignent en faveur d'un gadjo, même s'il a sauvé la vie de la petite fille du chef de clan. -Je dois vous raconter quelque chose au sujet de De Lonzac. Vous savez qu'il descend des De Lonzac par lesquels la légende est arrivée? -Je ne suis pas assez au courant de cette légende, l'ayant toujours considérée comme une aimable farce. Voyez-vous, Monsieur Müller, au cours de ma carrière, j'ai vu beaucoup de choses, rencontré beaucoup d'individus tous plus ignobles les uns que les autres. Mais à chaque fois, quand il y avait crime, c'était toujours un être de chair et de sang qui l'avais commis, ce n'était jamais le fait d'une malédiction. Et ça, j'en suis sûr. -Ce que je veux vous dire, c'est que les gitans sont persuadés -à tort ou à raison- que De Lonzac doit être châtié pour des exactions commises il y a plus d'un siècle et qui ont changé le cours de leur destin. Ce destin ne peut-être redressé qu'après que De Lonzac aura payé sa dette envers le clan. -Et alors? -Alors...je ne sais pas, cela me trouble. -Nous interrogerons donc les gitans! -Ils ne vous parleront pas. -D'atant plus que je ne peux pas les coffrer tous, et je ne peux prendre que leurs empreintes. -Si l'assassin est parmi eux, il est protégé, vous ne le trouverez pas. Il doit d'ailleurs être loin, pour tout autant que l'assassin soit bien un gitan ce dont je doute. -Il faudrait savoir ce que vous voulez! -Quelle raison de tuer une inconnue pour faire accuser De Lonzac et lui permettre ainsi d'échapper à leur châtiment une fois sous les verrous?
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Dielorelei
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24 juin 2009 à 13:09
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-C'est vous qui faites allusion aux gitans, moi je vais vous dire comment je vois les choses: De Lonzac passe une partie de la nuit avec la donzelle. Pour une raison que j'ignore, il est pris d'une crise de folie furieuse, la poignarde -on peut supposer qu'il n'est pas habillé- prend une douche pour effacer d'éventuelles traces de sang, se rhabille tranquillement et s'en va, ferme une première fois la porte et la fait claquer une seconde fois pour que l'on pense qu'une seconde personne est venue. Dans l'appartement, il y a tout un tas d'empreintes lui appartenant. Et ce trou de trente minutes. -Et l'arme du crime? -Il l'aura jetée dans un endroit quelconque, le gave, par exemple, ce qui expliquerait le détour pour rentrer. -Et pourquoi serait-il devenu subitement fou? il avait l'air tout à fait normal à une heure du matin, pareil à lui-même. -Il descend d'une lignée de barjos, non? -Quand même, un accès de folie calmé en une demi-heure, c'est invraisemblable! Si encore il était rentré à cinq heures du matin! et pourquoi poignarder Maryse? il avait eu ce qu'il voulait! -C'est peut-être un psychopathe qui tue ses victimes après l'acte, allez savoir! -Vous savez quoi? avec votre permission, je vais retourner voir les gitans. Peut-être me parleront-ils. -Eh! laissez donc la police faire son travail. -Vous savez bien que la police n'obtiendra rien avec les gitans, moi, ils risquent de me parler. Et je vous promets de vous tenir au courant. -Quand même, je n'aime pas trop qu'un écrivain joue les détectives amateurs. -Vous savez bien que vous ne pouvez pas m'empêcher de parler à ces gens, voyons! -Mais je peux vous faire coffrer pour entrave à la bonne marche de l'enquête! -Vous ne ferez pas ça. Je n'entrave rien du tout. -Faites ce que vous voulez, mais n'allez pas leur mettre la puce à l'oreille: si l'assassin est parmi eux, ils risquent tous de mettre les voiles. -Surveillez discrètement le campement et intervenez s'ils manifestent une activité anormale. -Monsieur Müller, vous savez quoi? -Dites. -Je crois connaître mon métier.
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Dielorelei
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29 juin 2009 à 19:44
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Il était presque onze heures quand je revins vers l'auberge, non sans m'être perdu une fois en cours de route. Tout en roulant, je ne pouvais m'empêcher de penser à De Lonzac. Bien que je n'eus aucune sympathie pour lui, je ne le voyais pas dans la peau d'un meurtrier. Selon mon habitude, je tentai de classer les différentes hypothèses: la première, Il était le meurtrier et dans ce cas nous avions affaire à un psychopathe. La seconde les gitans tentaient de lui tendre un piège, et la troisième, il y avait un assassin inconnu de nous mais qui était un familier de Maryse. La quatrième mais peu vraissemblable selon moi, était qu'il s'agissait d'un crime de rôdeur. Je me demandais aussi comment contacter les roms. Question qui ne devait pas me tourmenter longtemps. Arrivé au village, je stoppai à un feu rouge. Je pianotais distraitement sur le volant en ruminant mes pensées quand la portière côté passager s'ouvrit et un homme se glissa silencieusement sur le siège avant. Surpris, je tournai la tête, et reconnus Laszlo. -Kalia veut te voir, me dit-il sans préambule, en me tendant la main que je serrai. Je le regardai sans répondre, et il dut se rendre compte de la façon cavalière dont il m'avait abordé. -C'est urgent, et il ne faut pas qu'on nous voit ensemble. Tu peux venir maintenant? Je hochai la tête et pris la direction du camp. Kalia nous attendait. Je la saluai et nous la suivîmes tous deux à l'intérieur de la roulotte. -Le gadjo a été arrêté? me dit-elle dès que nous fûmes assis -Oui, ce matin. -Ce n'était pas prévu. Il faut qu'il sorte de prison. -Il est seulement en garde à vue. Si aucune charge n'est retenue contre lui, il sortira dans quarante huit heures. -Je connais la police, elle a un coupable sous la main, elle ne va pas le lâcher. Ce n'est pas lui qui a tué cette fille. -Et vous, vous savez qui est coupable? Kalia me regarda. Je soutins son regard bleu sans ciller. -Tu crois que c'est l'un de nous? Non. Nous ne nous servons pas d'innocents pour règler nos comptes. Elle ne devait pas entrer dans cette histoire, elle change le cours des choses. -Elle aurait sûrement préféré vivre. -Je sais. Ce que je veux dire, c'est qu'elle a rencontré son destin au mauvais endroit, même si c'était son heure. Mais un criminel perturbe toujours le cours d'un destin, c'est pour ça qu'il offense gravement Celui qui a tout planifié: il se permet de changer Ses plans. -En attendant, je ne vois pas comment sortir de Lonzac de là. Mais s'il était condamné, vous seriez vengés, non? -Crois-tu que quelques années de prison peuvent effacer la malédiction? Celle-ci doit s'accomplir. Ici et maintenant. La lignée des De Lonzac doit être détruite à jamais. Regarde, le malheur arrive à cause de lui. Et d'autres vont arriver.
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Dielorelei
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30 juin 2009 à 22:27
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-Mais je ne peux rien faire, Il faut laisser la police faire son travail! -Il faut qu'il sorte de prison. Trouve des preuves qui peuvent l'innocenter. Nous t'aiderons. -Comment? -Nous savons écouter, nous rendre invisibles quand il le faut. Nous serons tes yeux et tes oreilles. Fais-le, il le faut. -Mais enfin, vous vous rendez compte de ce que vous me demandez? -Oui. Mais tu n'as pas le choix. -Nous avons toujours le choix. -Tu dois aider un innocent à sortir de prison. -Pour que vous puissiez vous venger ensuite? au moins en prison, il est en sécurité! -Nous ne le tuerons pas, si c'est ce que tu crains. Nous le remettrons sur le chemin qui est le sien. -C'est-à-dire? -Rien d'autre que ce que je dis. Et tu dois découvrir le véritable coupable. Sinon, d'autres filles risquent de mourir. Et tu en porteras la responsabilité. -Vous croyez que c'est un maniaque? -A toi de le découvrir. Dis moi de combien d'hommes de mon clan tu as besoin et je leur dirai de t'aider. -Laissez moi réfléchir, tout cela est trop rapide, il faut que je m'organise. Je ne peux pas répondre comme ça. -Je te laisse jusqu'à demain midi. Va, maintenant. Ainsi congédié, je repris ma voiture en pestant intérieurement contre Kalia. J'étais à ses ordres, maintenant! L'auberge était en pleine effervescence quand je revins. La patronne racontait aux convives le drame survenu, et à mesure qu'elle recommençait son récit, elle y ajoutait des détails de son cru. Elle était en train de mimer la découverte du corps de la malheureuse Maryse comme si c'était elle qui avait découvert l'affreux spectacle. En me voyant, elle interrompit net son récit et me fonça dessus. -Alors, Monsieur Müller, ils vous ont relâché, vous? -Je ne vois pas pourquoi ils m'auraient gardé. Je n'ai jamais été considéré comme coupable, que je sache. -Mais Monsieur De Lonzac? -Ils l'interrogent, puisque c'est le dernier -avant l'assassin- à avoir vu Maryse vivante. -Il est coupable, alors, vous croyez? -Je n'ai pas dit ça, Madame Bonafou, et n'allez pas propager le bruit que De Lonzac est forcément coupable. -Non, bien sûr que non, il n'empêche, c'est bien embêtant tout ça! -Pour qui? Pour vous, pour De Lonzac soupçonné peut-être à tort ou pour Maryse qui est morte, quand même! -C'est vrai, cette pauvre Maryse! Quand on y pense, hein! -Vous devriez laisser la police démêler l'affaire, madame Bonafou, de toute façon, la presse locale va relater tout ça en première page demain, donc chacn pourra se faire une opinion. J'étais énervé et malgré son manque évident de subtilité, la patronne s'en aperçut. -Tenez, Je vais vous servir votre déjeuner. Je n'ai pas eu le temps d'établir un menu très élaboré vu les circonstances, mais dès demain je vais chercher une remplaçante pour m'aider.
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Dielorelei
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1er septembre 2009 à 18:57
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L'omelette qu'elle me servit était digne de la mère Poulard. Mais préoccupé comme je l'étais, je l'avalai machinalement. -Elle n'est pas bonne? Je levai la tête pour me rendre compte que, les mains sur les hanches, la patronne attendait quelque chose de moi. Comme un compliment, par exemple. -Comment? ah! L'omelette. Si, si, très bonne, mais pardonnez-moi, j'étais perdu dans mes pensées. -C'est normal que vous soyez tourneboulé. Moi aussi, j'ai du mal à réaliser. A ce moment, et tout à fait par hasard, je vis un client qui décrochait son veston du portemanteau, libérant ainsi une petite veste bleue. Cette veste, je l'avais vue portée par Maryse. Manifestement, personne ne s'était souvenu qu'elle était restée suspendue là. Je détournai rapidement l'attention de madame Bonafou en lui demandant un café et, tandis qu'elle se dirigeait vers les cuisines, je jetai un regard autour de moi et vis que personne ne s'intéressait à moi.Je me levai, ôtai mon veston et allai l'accrocher au portemanteau, sur la petite veste bleue de manière à la masquer entièrement. je fouillai dans la poche de mon veston et discrètement, je plongeai l'autre main dans la poche du vêtement de Maryse. Coup de chance, dans celle de gauche, je sentis quelque chose qui me parut être un petit porte-carte que je fourrai discrètement et rapidement dans mon veston. Puis je retournai m'asseoir au moment où la patronne déposait sur la table le café fumant. -C'est vrai qu'il fait chaud, ce n'est pas normal, pour cette saison. Je réalisai qu'elle faisait allusion au fait que j'avais ôté mon veston. -Oui, je ne suis pas habitué au climat du midi. Pour une fois, je vais finir le repas en chemise. Je faillis ajouter que les gitans étaient probablement responsables de cette température anormalement élevée, mais je m'abstins de froisser mon hôtesse. -Je vais certainement rentrer tard, ce soir, dis-je, je dinerai en ville. -Toujours votre livre? -Eh oui, mon éditeur ne me laisse plus que deux mois. Et je réalisai que c'était devant mon ordi que j'aurais du être, et pas sur le point de faire une ballade en ville. J'avalai mon café, et en sortant, décrochai mon veston. La petite veste bleue était de nouveau visible. Je me demandai dans combien de temps on finirait par s'apercevoir de sa présence. Je mis le cap sur le Gave tant j'avais hâte d'explorer ma trouvaille. Je ne sais pas ce qui m'avait pris de subtiliser une pièce à conviction. Ce que j'avais fait était grave, et pour le coup, Cojean, s'il venait à le savoir, aurait de quoi m'inculper. J'avais agi sans réfléchir, et je ne pouvais pas revenir en arrière. Sauf si personne ne faisait attention à la veste, auquel cas je pourrai remettre le porte-carte dedans. Et sauf que je ne devrais pas oublier d'effacer mes empreintes. Ce qui en soit n'était pas une si bonne idée, vu que les empreintes de Maryse étaient censées s'y trouver. Mais le plus pressé était de voir ce que renfermait l'étui. Je le sortis de ma poche et l'examinai. C'était un banal petit porte-carte, comme ceux que l'on trouve dans les grandes surfaces. Je l'ouvris et me mis en devoir de sortir tout ce qu'il contenait. Je trouvai un ticket de bus oblitéré, un papier sur lequel était inscrite une série de chiffres, que je supposai être un numéro de téléphone, une carte de fidélité d'un super marché et une photo, genre photomaton. Et c'était tout. Je regardai la photo attentivement: c'était celle d'un homme brun, à qui je donnai environ vingt cinq - trente ans, beau garçon dans le genre ténébreux, ce qui me laissa songeur: il n'y avait pas de ressemblance frappante avec Maryse, et j'allai devoir me renseigner discrètement pour savoir si elle avait un frère, ou de la famille. Si ce n'était pas le cas, je devrai admettre que Maryse avait un amoureux, ce qui changeait beaucoup de choses. Je décidai donc d'aller rendre visite à madame Bouzigue, en priant le ciel qu'elle soit chez elle à cette heure là. Et que Cojean n'ait pas la même idée que moi. Mais j'avais une excuse en réserve. En passant devant l'immeuble de madame Bouzigue, je vis celle-ci à sa fenêtre, sur le point de fermer ses volets pour empêcher la chaleur d'entrer. Je profitai de l'aubaine. -Bonjour, Madame Bouzigue, dis-je poliment, en ralentissant ma voiture, comme si je passais par hasard, vous allez bien? Vous avez surmonté ce terrible choc? -Ah! mon bon Monsieur, je vous reconnais bien allez! entrez donc un petit moment! Je ne me le fit pas dire deux fois, stoppai et pénêtrai dans l'immeuble. Madame Bouzigue m'attendait sur le seuil de sa porte. Je rentrai dans son petit salon non sans avoir jeté un coup d'oeil sur l'appartement du drame avec une pensée pour cette malheureuse fille assassinée sauvagement. -Vous rendez-vous compte? je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit. Je reverrai toujours cet affreux spectacle, je crois bien! commença madame Bouzigue. -C'est pour ça qu'il faut en parler, pour vider votre esprit de tout ça, dis-je, jouant les psy amateurs. -C'est que ce n'est pas facile, voyez-vous, même si à mon âge, on a intérêt à se familiariser avec la mort, mais pas de cette façon, non, sûrement pas. Mais si nous prenions quelque chose de frais, par cette chaleur? dit-elle en sautant du coq à l'âne. Une limonade, par exemple? -Ce sera avec plaisir. Et tout en servant la limonade qu'elle avait sorti du frigo, elle continua de pérorer. -Remarquez, ça ne faisait pas tellement longtemps qu'elle habitait ici, Maryse, ce devait faire deux ans, moi, ça fait trente ans que j'habite là, d'ailleurs mon mari est mort dans cette maison. Il y a dix sept ans. Comme il était trop tard pour présenter mes condoléances, je restai muet, attendant le moment propice pour poser ma question. -Quand même, cet immeuble a toujours été tranquille, et je dois dire -paix à son âme- que Maryse était la plus bruyante des locataires, ce sont pratiquement tous des retraités, ici. -Elle recevait beaucoup? -Assez, oui, et pas toujours les mêmes personnes, si vous voyez ce que je veux dire. Oh! ce n'est pas qu'elle menait une vie dissolue, loin de là, mais elle était jeune, n'est-ce pas, et elle aimait la compagnie. -Elle devait avoir de la famille, alors, pour recevoir comme ça. -Non, pas du tout. Elle m'a dit un jour qu'elle était fille unique et que ses parents habitaient à Lyon. -Comme toutes les jeunes filles, elles avait une amie, je suppose. -Oui, de temps en temps une jeune fille -Un drôle de prénom, qu'elle avait, un truc comme Anouchka, je vous demande un peu- venait passer la soirée avec elle, quand elle ne sortait pas ou qu'elle ne recevait pas un copain. -Un copain? -J'en ai vu un venir plusieurs fois chez elle, jusqu'à environ deux mois, depuis, plus rien, je ne l'ai plus revu, celui-là. Remarquez, ça ne m'étonne pas, ils se disputaient souvent. Mais ça finissait toujours par s'arranger. -Jusqu'à la dernière fois. -Il a fini par en avoir assez de ne pas être l'unique, je suppose. De mon temps, quand on choisissait un homme, c'était pour la vie. On se mariait avec. Et on avait des enfants. -Vous avez des enfants? -Trois. Etablis à Nice. Je vais chez eux à tour de rôle. Vous avez de la chance, je pars demain chez mon aîné. Un peu plus et vous me ratiez. -Je passais par hasard dans votre rue quand je vous ai vue fermer vos volets, je me suis dit que la moindre des choses était de prendre de vos nouvelles, après tout ça. -C'est bien aimable à vous. -Et ce copain qui venait souvent chez Maryse, il vous plaisait, à vous? Parce que vous me semblez assez fine psychologue, et vous avez du le juger assez vite, non? -Oh! c'était un beau garçon, c'est vrai, très brun, de belle prestance, mais pas commode, plutôt du genre possessif, si vous voyez ce que je veux dire, ce qui n'était pas du goût de la petite qui entendait mener sa vie à sa façon. De nos jours, les femmes sont émancipées et se placent sur un pied d'égalité avec l'homme. Elle veulent vivre comme les hommes, voyez vous, mais ça, ce n'est pas nécessairement bien toléré par leur fiancé. -Ah. Parce que Maryse était fiancée? -Non, c'est un euphémisme, pour désigner le copain régulier, quoi!
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Dielorelei
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03 septembre 2009 à 18:54
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Je hochai la tête. Ainsi, il y avait bien un autre suspect. Je supposais que Cojean n'allait pas tarder à le découvrir, ainsi que l'existence de la dénommée Anouchka. -Vous restez longtemps chez votre fils? -Un bon mois, ensuite je vais chez mon autre fils . Voyez-vous, je m'occupe de mes petits-enfants, ça permet à mes belles-filles de souffler un peu. Ah! mais mes valises sont déjà prêtes! je n'ai plus qu'à passer chez le coiffeur. -Je peux vous y conduire, proposai-je, je vais en ville. -C'est vrai, vous feriez ça? -Mais avec plaisir, ça ne me pose aucun problème. -Eh bien, ça va m'éviter de prendre l'autobus, par cette chaleur, ce n'est pas plus mal. Et vous savez quoi? Si on part maintenant, je pourrai faire un petit tour dans les magasins avant de rentrer. -Eh bien allons-y, dis-je -Je vais juste mettre un petit peu de poudre, je n'en n'ai que pour cinq minutes. Pendant que la brave femme disparaissait dans sa salle de bain, j'en profitai pour examiner le ticket de bus retrouvé dans le porte-carte. Il s'agissait de la ligne 8, prise le treize de mai, soit quatre jours avant la mort de Maryse. -Et voilà, on peut y aller, dit madame Bouzigue en ressortant de la salle de bain, avec un petit chapeau de paille orné d'un ruban sur la tête et son sac à main. -A mon âge, on n'est jamais trop prudent avec le soleil, me confia-t-elle, c'est pour ça que je mets toujours un chapeau pour sortir. -Vous avez raison, une insolation n'est pas souhaitable. Je l'aidai à monter dans la voiture et nous sortîmes du village pour prendre la direction de la ville. -Sinon, quel bus vous prenez pour aller en ville? -Ils ne sont que deux qui descendent en ville. Le 14 et le 8. Je prends le 14, il arrête dans le centre. Le huit va plus loin. -Plus loin comment? -Le terminus du 8 est aux "trois sources". C'est de l'autre côte du gave. -Donc quand on prend le numéro 8 c'est pour sortir de la ville? -Oui, bien sûr, puisque le 14 a son terminus en centre ville. Ensuite d'autres bus vous permettent d'aller où vous voulez en ville. Je méditai sur ces informations tandis que madame Bouzigue dissertait sur les avantages et les inconvénients des transports en commun. Ainsi, Maryse, le 13, avait pris la ligne 8 pour aller au moins jusqu'aux trois sources. Il me faudrait effectuer le même trajet pour avoir une idée de son point de chute. -Et voilà, on y est, dit soudain madame Bouzigue en posant la main sur mon bras. Je m'arrêtai selon ses indication au bord du trottoir et descendis pour lui ouvrir la portière. -On voit bien que vous n'êtes pas d'ici, me dit-elle en riant, les hommes ne font plus ça, en France! -Ils ne font plus quoi? -Aider les dames à descendre de voiture, pardi! -Ah. C'est dommage. Je vous souhaite de passer de bonnes vacances, madame Bouzigue. Ne restez pas trop longtemps en plein soleil. -Au revoir, monsieur Müller, j'espère vous revoir à mon retour, pour la suite de l'enquête! Et elle disparut dans la boutique du coiffeur non sans m'avoir fait un signe de la main quand je démarrai. Avec un peu de chance, pensai-je, Cojean ne mettra pas la main sur madame Bouzigue avant un ou deux mois, ce qui me laisse le temps de fouiner un peu. Je dus m'avouer que je ne serais pas fâché de lui damner le pion, tout en me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire du porte-carte. J'avais trois pistes: le ticket de bus qui pouvait m'amener dans les environs du dernier trajet de Maryse, la mystérieuse Anouchka et la photo de celui que je supposai être le copain en titre de Maryse. Plutôt ex-copain, sinon elle n'aurait pas passé la nuit avec De Lonzac. Encore que...
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Dielorelei
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13 septembre 2009 à 20:45
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J'oubliai le papier sur lequel était inscrite une série de chiffres. Ce pouvait être un numéro de téléphone, après tout, et pour le savoir, il suffisait d'essayer de le composer. Je sortis mon portable, fit la petite manipulation nécessaire pour masquer mon numéro et tapai la suite de chiffres. C'était bien un numéro de téléphone. A l'autre bout, la sonnerie résonnait. -Allô? C'était ne voix de femme, jeune, agréable. Instinctivement -et aussi parce que je n'avais que cette piste- je demandai: -Anouchka? -Elle même. Qui est à l'appareil? -Je vous téléphone de la part de Maryse. J'aimerais vous rencontrer. -Vous connaissez Maryse? -J'ai connu, plutôt. -Je ne comprends pas. Qui êtes-vous, monsieur? -Écoutez, ce n'est pas facile à expliquer par téléphone. J'aimerai vraiment vous rencontrer, il s'agit de quelque chose d'important, croyez moi. -Je n'ai pas l'habitude de rencontrer des inconnus, alors si vous voulez bien... -Non! attendez! je peux vous donner rendez-vous dans un lieu public, et vous pouvez venir accompagnée si vous voulez, il faut absolument que je vous parle, je vous en prie. -Très bien, je viendrai accompagnée, comme vous dites. Je peux vous retrouver dans ...disons une demi heure dans le square Saint Roch, près du kiosque à musique. -Mais comment vous reconnaitrai-je? -Oh, c'est facile, je serai accompagnée de mon berger allemand. -Et où se trouve le square Saint Roch? -Vous n'êtes pas d'ici? Ou vous trouvez vous actuellement? Je regardai autour de moi. Sur une façade d'immeuble, je vis le nom de la rue. -Avenue Kléber. -Dans ce cas, descendez l'avenue Kléber jusqu'au bout et tournez à droite pour rejoindre l'avenue Maréchal Galliéni. Vous verrez le square. -Alors à tout de suite. Je raccrochai et suivit l'itinéraire qu'elle m'avait indiqué. Je trouvai facilement le square Saint Roch, mais j'eus du mal à trouver une place pour me garer, par contre. Après avoir tournicoté un bon bout de temps, je finis par trouver une place ombragée qu'un véhicule venait de libérer. Je descendis de voiture et repérai l'entrée du square. le kiosque à musique se trouvait en bordure, près d'un bassin où nageaient paresseusement quelques canards. J'en fis le tour, mais ne vis personne avec un Berger allemand, à part une ou deux personnes âgées avec des petits chiens dont j'aurais eu du mal à définir la race. Je m'assis sur le banc d'où je pouvais voir les promeneurs arriver. Il est vrai qu'elle avait dit une demi-heure. Et pour une femme, une demi-heure pouvait tout aussi bien signifier une heure. Et soudain, je la vis. C'était une jeune femme d'environ vingt cinq ans, tenant court un magnifique berger allemand fauve et noir. Je me levai et allai au devant d'elle. Je n'ai jamais eu peur des chiens, et c'est ce qui me me fis la saluer avec aisance tandis que je demandai: -Puis-je le caresser? -Assis, ordonna-t-elle à son chien. Calme. Vous pouvez y aller.
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Dielorelei
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24 septembre 2009 à 15:44
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Je passai la main sur les flancs de l'animal qui levait sur moi un regard presqu'humain. -Quel chien magnifique, dis-je à la jeune femme, vous devez vous sentir en sécurité avec un tel animal. -Il a été dressé pour la défense, en effet, mais si vous me disiez pourquoi vous avez voulu me rencontrer? -Marchons un peu, voulez-vous, à moins que vous ne préfériez vous asseoir sur un banc? -De cette chaleur, une pause sera la bienvenue. Nous nous assîmes à l'ombre d'un arbre, assez loin des autres promeneurs, et je lui demandai: -Y-a-t-il longtemps que vous avez vu Maryse? -Cela doit faire une bonne dizaine de jours, mais nous ne nous voyons pas régulièrement, pourquoi cette question? Je décidai d'y aller franchement. Il était inutile de tergiverser plus longtemps. -Maryse est morte. -Comment? qu'est-ce que vous dites? -Maryse a été tuée. -Mais quand? Et par qui? -Dans la nuit de mardi à mercredi. Je ne sais pas par qui. La police a arrêté quelqu'un, mais je doute que ce soit le véritable assassin. Vous étiez très proche de Maryse? -Nous nous sommes connues au collège. On s'était perdues de vue puis retrouvées par hasard dans une boîte. C'est fou, ce que vous me dites, je n'arrive pas à le croire. -Vous connaissiez bien sa vie privée? -Attendez, vous enquêtez, là, ou quoi? -Excusez-moi,c'est vrai que je connaissais peu Maryse, je suis arrivé dans la région pour me documenter en vue de terminer mon livre et j'ai pris pension à l'auberge où elle travaillait. -Vous êtes écrivain? -Auteur de romans policiers. Et je ne vous cache pas que cette affaire m'intéresse, il s'y mêlent tant de choses, voyez-vous! -Non, je ne vois pas bien. En quoi ce crime peut-il vous intéresser? Il me semble que c'est du ressort de la police, tout ça, non? -Il se trouve que je connaissais Maryse, que je connais le suspect actuellement en garde à vue, et qu'il vient s'y mêler une sombre histoire de malédiction de gitans, voilà. -Ah! Cette histoire là! Maryse m'en avait parlé. Je ne vois pas le rapport avec sa mort, ce n'est tout de même pas les gitans qui sont coupables, ils ne font que passer, je suppose. -Écoutez: Si Maryse était votre amie, il me semble que la moindre des choses serait de savoir qui l'a tuée. Et n'oubliez pas que la police viendra vous voir dès qu'elle aura connaissance de vos liens avec Maryse! -Je n'y tiens pas particulièrement, mais il faudra bien en passer par là, j'imagine. Bon. Que voulez-vous savoir, au juste? -Savez-vous si Maryse avait un petit ami? -Elle en a eu un, oui, régulier, si je puis dire, mais je ne connais que le prénom: Juan. Elle était assez secrète sur sa vie privée, et nous n'avions pas des relations d'amies très proches, non plus! -Vous ne l'avez jamais vu, ce Juan? -Jamais. Quand je rencontrais Maryse, elle était toujours seule. En fait, on se voyait quand elle se trouvait libre et s'ennuyait. Dans ces moments-là, elle me proposait une sortie, puis j'étais parfois quinze jours-un mois sans avoir de ses nouvelles. Jusqu'à la prochaine période de spleen. -Ce Juan, elle le fréquentait depuis longtemps? -Je dirai un peu moins d'un an. -C'est quelqu'un de la région, je suppose? -Je le suppose aussi, mais je ne pourrais vous dire où il vit exactement. -Et selon vous, elle le voyait toujours? -Je ne pense pas, non. Maryse n'aimait pas les liaisons qui s'éternisent, et aimait se sentir libre de voir qui elle voulait quand elle le voulait. Je l'ai toujours connue comme ça. -Vous pensez que, dans une crise de jalousie, il aurait pu vouloir se venger, ce Juan? -Difficile à dire, étant donné que je ne connais de lui que ce prénom. Mais je savais reconnaître la lassitude qui s'emparait de Maryse quand elle en avait assez de quelqu'un. Et je crois qu'elle a mis fin à cette relation il y a quelque temps, déjà. Maintenant, je ne saurais dire si la rupture s'est passée sans dommage. Je pense que non, si j'en crois les nombreux appels qu'elle recevait sur son portable et auxquels elles refusait de répondre. -Maryse avait un portable? La jeune femme haussa les épaules. -Comme tout le monde, maintenant. -Vous avez son numéro? -oui, mais pourquoi? -Parce qu'on n'a pas retrouvé de portable. Donc, il soit bien être en possession de quelqu'un! -Ou détruit. -Ça vous ennuierait de me donner son numéro? Elle sortit son portable de son sac et chercha dans le répertoire. J'enregistrai aussitôt le numéro qu'elle me donna et à mon tour lui communiquai le mien. -Au cas où vous auriez besoin de savoir où en est l'enquête, lui précisai-je. Eh bien, je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps, permettez moi de vous remercier de vous être dérangée. -Mais avant, ce que j'aimerais savoir, c'est comment vous avez eu mon numéro de téléphone, si Maryse est morte. Allons bon. -J'ai trouvé votre numéro dans un porte-cartes que Maryse avait dans sa poche. Dans une veste restée à l'auberge. -et vous ne l'avez pas remis à la police? -Non. -Vous voulez faire votre enquête tout seul, c'est ça? -En quelque sorte. -Et vous comptez vous en sortir comment? -Je n'ai pas encore la réponse à cette question. Mais si vous voulez voir, voici ce qu'il y avait dans le porte-cartes. Et je lui montrai ma trouvaille. Elle examina longtemps la photo. -Non, je ne connais pas ce visage. Je suis sûre de ne l'avoir jamais vu. Vous pensez que c'est ce Juan? -Pour l'instant, je ne fais que le présumer. -Et le ticket de bus, à quoi vous servira-t-il? -A savoir, avec un peu de chance, où se rendait Maryse à la date indiquée. Le problème, voyez-vous, c'est comment l'inspecteur Cojean va réagir quand il va savoir que j'ai escamoté une pièce à conviction. -Vous ne pouvez pas le remettre où vous l'avez eu? Dans la poche? -Et si la veste n'est plus là? -Il sera toujours temps d'aviser. Après tout, Maryse aura très bien pu perdre ce porte-carte. Ou l'oublier chez moi. Auquel cas je le remettrai à la police. Si elle vient me voir, bien sûr. Il n'y a guère que sa voisine qui a pu me voir. -Et pour l'instant, elle est partie. -Eh bien, ça vous laisse un peu de temps. Tenez moi au courant.
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Dielorelei
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20 février 2011 à 19:50
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Je la regardai s'éloigner, le chien marchant souplement à ses côtés, et tout en me demandant quel pouvait être son métier -bien que cela ne me regarda pas- je pris moi aussi le chemin du retour. Demain, je prendrai le bus n° 8 et tenterai de retracer l'itinéraire de Maryse. J'étais bien conscient que j'avais une chance infime d'aboutir, car Maryse pouvait être descendue à n'importe quel arrêt en dehors de la ville. Je pensai brusquement qu'avoir une photo de Maryse m'aurait été bien utile, avec un peu de chance, le conducteur de bus se souviendrait peut-être d'elle, et c'était là une difficulté supplémentaire: où trouver une photo de Maryse? J'avais totalement oublié de demander à Anouchka si elle en avait une. Il me restait la solution de demander à Madame Bonafou, avec le risque que tout le monde soit au courant que je voulais une photo de la défunte, si elle en avait une. Comme j'étais adepte de faire les choses dans l'ordre et une seule à la fois, je décidais d'aller diner.
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Chouette
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21 février 2011 à 17:30
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Il ne me restais qu'à prendre contact avec Madame Bonafou en toute discrétion... Comment faire pour qu'elle ne me pose pas de question?... Sur le trajet en me rendant chez elle, je cogitais la raison pour laquelle je lui demanderais une photo de Maryse! En souvenir? Elle me regarderait d'une manière étrange. Me disant que nous n'étions pas plus intimes que çà?... Il fallait que je trouve une raison valable qui ne susciterait aucune question!... Je me trouvais un brin utopique...il le fallait si je voulais contrer cet individu qui se permettait de faire sa propre enquête, cela me troublait, je supposais que cela devait cacher un mystère! En tournant le coin de la rue, j'eus plutôt l'intention de rencontrer le Commissaire Cojan... A quel titre? Aucun! Je n'y étais nullement impliquée dans ce mystère? J'eus beau me raisonner, quoique tellement cartésienne j'étais plus que troublée. Après tout ce n'était pas mon job...A chacun ses soucis, je n'étais pas détective, non? Pas d'aventure..
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Dielorelei
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21 février 2011 à 18:07
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Puis je me souvins que Kalia m'avait proposé -ou aurais-je du dire imposé- son aide. Derechef, je pris le chemin du campement. Quand j'arrivai, ils étaient tous là, les hommes palabrant entre eux tandis que les femmes préparaient le diner. Dès qu'il me vit, Lazlo vint à ma rencontre. -J'ai besoin de renfort, lui dis-je en préambule, es tu prêt à m'aider? -Nous sommes tous prêts à t'aider, dit Lazlo en désignant d'un grand geste les hommes de la tribu. Que veux-tu? Demande et on exécute. Je lui montrait la photo du fameux Juan. -Je pense que cet homme habite en dehors de la ville. Pour le rejoindre, Maryse -la fille qui a été tuée- devait prendre le bus. Mais il faudrait que j'ai suffisamment d'hommes pour en affecter un à chaque arrêt, et qu'il puisse quadriller les environs immédiats pour tenter de le localiser. Tu crois que c'est possible? Je sais que c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, mais il faut bien commencer quelque part. -Viens, dis Lazlo.
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Fleurdemai
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21 février 2011 à 18:30
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Lazlo me conduisit vers les hommes qui nous regardaient approcher en silence. Ils me saluèrent gravement. -Donne la photo, dis Lazlo. IL la montra à ses frères et cousins et chacun l'examina longuement. Je les observais tandis qu'ils scrutaient les traits de l'homme sur la photo. Quand tous eurent bien examiné la photo, ils me la rendirent en hochant la tête. -On commence quand tu veux, me dit Milosh, le fiancée de Paprika. -Vous êtes sûrs de vous souvenir de ce visage? -Brun, cheveux ondulés, sourcils épais, nez fin et droit, pommettes saillantes, bouche mince , deux légères rides de chaque côté, front haut. Un espagnol, sûrement, dit Kore, le second frère, en souriant. C'est suffisant pour nous. Comme tu vois, il est assez typé. -Ce ne doit pas être rare, les espagnols, par ici, pourtant. -Pas avec une cicatrice sur la joue droite. -Fais voir. A mon tour, j'examinais le portait. Effectivement, il minuscule cicatrice était visible -avec un peu d'attention- sous la pommette droite.
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Dielorelei
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21 février 2011 à 19:52
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-Vous avez vu ce que je n'avais pas su voir, dis-je, je vois que je peux vous faire confiance. -On commence quand? demanda Kore. -Demain, si possible. Il faudrait commencer tôt le matin, au cas où il irait travailler, on ne sait jamais, et décaler d'une heure tous les jours. Pour multiplier les chances de le rencontrer. -Tu peux compter sur nous. Quel bus faut-il prendre? -Le n°8, c'est le seul à se rendre de l'autre côté du gave. Auparavant, je vais faire l'itinéraire du bus en voiture, pour compter le nombre des arrêts. -C'est inutile, dit Lazlo, nous irons chercher un itinéraire, on saura exactement combien d'entre nous seront nécessaire pour couvrir le trajet. Décidément, j'avais une équipe très futée. -On se contacte plus tard, dis-je avant de prendre congé, évitez quand même d'aller à l'auberge. -Tu sais bien que je peux te joindre très facilement, me dit Lazlo, narquois. Ah oui. Une fois de plus, il s'introduirait à l'improviste dans ma voiture, sans que je le vois venir.
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Dielorelei
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22 février 2011 à 13:37
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En rentrant à l'auberge, je tombai sur Cojean. Celui-ci, attablé devant un petit verre de Jurançon cuisinait, sans en avoir l'air, Madame Bonafou. -Ah tiens, dit-il,je suis bien content de vous voir. Comment avance ce roman? Et sans attendre la réponse, il enchaîna: -On a retrouvé la veste que portait Maryse, je suppose que vous l'aviez déjà vu porter ce vêtement? -Décrivez-là moi, et je vous dirais si je m'en souviens. -Bleue. Vous savez, ce joli bleu turquoise qui va si bien aux blondes. Avec des petites poches droites. Dans lesquelles on a rien retrouvé, par contre. -Ah. -Oui. Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous, qu'une femme ne laisse rien dans ses poches, pas même un tout petit mouchoir? -Si elle avait un sac à main, pourquoi aurait-elle déformé ses poches avec du superflu? -Ouiouioui. Pourquoi déformer ses poches. Faites voir les vôtres. -Hein? -Faites voir les vôtre, pour étayer ma théorie selon laquelle tout le monde a quelque chose dans ses poches.
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Dielorelei
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22 février 2011 à 13:53
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Je lui tendis ma veste sans un mot. -Ah, eh bien voilà, des clés de voiture! Vous voyez, tout le monde a quelque chose dans ses poches! -Maryse n'avait pas de voiture, je vous rappelle, et si je n'avais pas de voiture, mes poches seraient vides. J'ôte mon pantalon, maintenant? -Allons, c'était pour vous taquiner, j'ai fait la même chose avec Madame bonafou qui avait dans sa poche de tablier: une note de réservation. La clé de sa cave. Trois trombones et un bout de ficelle. Quand même, on n'a pas retrouvé son portable, à Maryse, et il n'est pas sur la personne du sire de Lonzac, je me demande où il peut-être. Et le couteau aussi. -Jetés par l'assassin, ou toujours en sa possession, ce qui me parait risqué de sa part. -Jetés dans le gave, peut-être. Allez chercher ça dans le torrent, maintenant! -Quand même, sans arme du crime, comment allez vous pouvoir inculper De Lonzac? -En l'amenant aux aveux, pardi! -S'il n'est pas coupable, il ne va pas avouer le crime! Il n'avait pas de motif!
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Chouette
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22 février 2011 à 14:44
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Réflexion faite?...Fallait il nécessairement avoir un motif? Dans certaines enquêtes à force de tourner en rond...l'assassin c'est le plus souvent celui qu'on ne s'imaginait pas un millième de seconde! Cojan me rendit ma veste tout en marmonnant entre ses dents ..." vous l'avez vu quand la dernière fois?" " Excusez moi, vous pouvez répéter...je n'ai rien compris!" " Quand vous êtes vous rencontrées pour la dernière fois?" " Pas la peine de hurler...vous pouviez articuler?...non! Quel culot! Je restais coite..me disant à voix basse : il ne va pas me soupçonner ce gueulard!...je devins livide... Derrière lui, Madame Bonafou semblait étonnée par la question plus que saugrenue...avec ses yeux ronds et le regard plus qu'ébahi?... Je tentais de répondre : " il y avait deux jours...oui, avant hier à un souper chez des amis communs!" " Je me rappelle, elle m'a donné un coup de fil hier soir, sa voix me semblait étrange, m'appeler pour me demander si j'avais repris son châle? Bizarre...
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Dielorelei
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23 février 2011 à 13:25
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Je savais que Cojean était en plein délire: il savait que j'avais un alibi en béton: 50 gitans pouvaient témoigner que j'étais avec eux ce soir là. Et pourquoi avais-Je répondu que nous avions des amis communs? Nous n'avions rien en commun, De Lonzac et moi, et tous ceux un tant soit peu des faits pouvaient en témoigner. Tout cela me semblait saugrenu. Je me vis menotté, comme un criminel et me mis à crier. Ce qui me réveilla. Je m'aperçus que je m'étais assoupi sur mon ordi, devant lequel je m'étais installé quand Cojean était reparti chercher d'hypothétiques preuves contre De Lonzac. Je me levai, me secouai pour chasser ce cauchemar absurde de mon esprit. Maryse n'avait pas de châle, Maryse n'avait aucune raison de me téléphoner, elle n'avait pas mon numéro de portable. Décidément, la prochaine fois, j'essaierai de faire des rêves plus cohérents. Me frottant les yeux, je me mis en demeure de terminer le chapitre de mon livre. Avant que mon éditeur ne me hurle dessus.
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Fleurdemai
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23 février 2011 à 13:50
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J'avais bien avancé dans mon travail, et allais éviter les foudres de celui qui m'éditais depuis dix ans déjà. J'avais le droit à une détente, et le droit de poursuivre ma petite enquête. Eh oui, Cojean, j'espérais prouver l'innocence de De Lonzac, encore qu'en prison, il était à l'abri de la malédiction des gitans. Enfin, je le supposais, car le peu que j'avais appris sur eux me montrait qu'ils pouvaient être redoutables. Je pris ma voiture pour me rendre au campement. En passant, je me fis harponner par Madame Bonafou: -Il y a de la blanquette ce soir, me murmura-t-elle comme si elle me dévoilait un secret d'état. Vous allez voir, ma nouvelle recrue est un vrai cordon bleu. Hélas, elle n'est pas de chez nous! C'est une normande, voyez-vous, plus crème qu'huile d'olive, si vous voyez ce que je veux dire. -Ah bien, très bien,même, il faut oser le changement, Madame Bonafou, vous verrez, je lui donnerai la recette de notre escalope viennoise à la salade de pomme de terre!
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Fleurdemai
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23 février 2011 à 14:13
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-Mais nous sommes dans le midi, répliqua mon hôtesse, pas en Bavière, que je sache! Et nos traditions, alors? -La gastronomie est universelle, Madame Bonafou, universelle! sur ce, je file, j'ai un rendez-vous. -Et ma blanquette? -Je serai rentré à temps pour la déguster! Je traversai la cour de l'auberge et m'approchai de la remise où les pensionnaires pouvaient garer leur voiture. Le soleil était encore haut dans le ciel, et la température n'avait pas fraichi. J'entrai dans le bâtiment et ce fut -presque- sans surprise que je vis Lazlo se matérialiser à côté de moi. -Je ne t'ai pas vu arriver, dis-je, comment fais tu une chose pareille? -Quelle chose?, -Surgir comme ça, sans prévenir, n'importe où! -Va savoir, mon ami, va savoir! -Tu aurais fait merveille au Vietnam, dans la jungle, tu aurais presque donné des leçons aux Viets! -La jungle est partout. On apprend à y survivre. Tiens, j'ai noté les arrêts de ton bus et j'ai envoyé les hommes. Je te recontacte demain.
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