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A l’occasion de son anniversaire, Louise, une compagne de classe, nous avait invité, Charlotte et moi, à la surprise party qu’elle donnait à l’occasion de son anniversaire. J’attendais mon amie depuis un bon moment. Quand soudain,la sonnette retentit joyeusement. Je me précipitai pour ouvrir la porte. Charlotte était aussi belle qu’une vedette de cinéma ! Quand elle vit que je portais : mon vieux jeans délavé, usé jusqu’à la corde, mon tee shirt bleu avec inscription en lettres noires « The Beatles », mes baskets blanches un peu crades et avachies, elle me dit sur un ton agacé :"Tu n’es pas encore prête ?" "Mais si!" Lui répondis-je. "Tu espères séduire les mecs dans cet accoutrement ?" Me dit-elle en désignant du doigt mes vêtements. Oui, lui répondis-je. Je me sentais tellement « moi » dans ces fringues. Et puis, j'ajoutais : « pour danser le rock c’est plus confortable." « Mais tu vis sur quelle planète ma vieille ? » Me répondit-elle. "Le rock est dépassé. Aujourd’hui,on danse le twist pour s’amuser et le slow pour draguer !" Je ne fis aucun commentaire. J’aimais le rock et je le dansais très bien. Je m’étais entraînée,devant le miroir de ma chambre, avec un disque de Little Richard. Charlotte haussa les épaules, puis elle me dit : « Allons y! Nous sommes en retard ». Elle était pressée de danser. Sur le chemin qui nous conduisait chez Louise, Charlotte se tordit, souvent, les pieds et faillit tomber à plusieurs reprises. Elle n’avait pas l’habitude de marcher avec des souliers à hauts talons, ni avec une jupe noire aussi étroite ! "Tu n’as pas lésiné sur ton look",lui dis-je en voyant ses beaux cheveux blonds mis en boucles.(Les miens étaient toujours en pétard !) Une couche épaisse de fond de teint couvrait son visage et son ombre à paupère, au reflet rosé, mettait ses yeux bien en valeur. Subitement, un beau pendentif motif cœur,qui ornait son cou, attira mon attention et je lui demandai : "Où as-tu acheté ce beau bijou ?" "François me l’a offert", me répondit-elle. Puis elle ajouta : "Entre lui et moi, « çà colle ». Nous sommes amoureux !" François était le caïd de la classe. Toutes les filles en était amoureuses, moi aussi d’ailleurs. Mais comment pouvait-il faire attention à une fille, comme moi, qui étais si banale ! Chez Louise, la fête battait son plein. Sur le magnétoscope un disque de Johnny Hallyday qui chantait : « Mes jeunes années ». Dans une lumière tamisée, les garçons et les filles dansaient corps contre corps, face contre face. Souffles mêlés et baisers volés, ils savouraient, la tête dans les étoiles, l’émoi de leurs seize ans. Nous buvions de la bière et du coca cola à la santé de Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Claude François et de tous les yé-yé. Des volutes de fumée, s’accrochaient au plafond, filtrant la lumière des spots. Nous fumions tous, la cigarette donnait l’illusion aux garçons d’être des « hommes » et aux filles d’être des « femmes émancipées ». Adamo commença à chanter : « Sans toi, ma mie » et les couples se formèrent sur la piste de danse. Seuls, Jean et moi faisions tapisserie ! Ce garçon était boutonneux et ses cheveux noirs collaient de brillantine. Le parfum de son eau de toilette, bon marché, indisposait son entourage. Il vint dans ma direction et me demanda : «Véronique, tu danses ? » J’acquiesçai et,tout deux enlacés, nous enchaînions nos pas et nos mouvements de corps au rythme de la musique de : « Sans toi, ma mie ». Soudain,il m’embrassa sur la bouche. Il portait un appareil dentaire et j'en fus dégoûtée, alors je m’écartai un peu de lui. Ne comprenant pas ma réaction, il me posa la question : « Tu n’aimes pas le slow ? » « Je préfère le rock,le répondis-je ! ». « Sans toi,ma mie » terminé, Jean se dirigea vers son copain, Patrick, qui choisissait les microsillons et les faisait tourner sur le magnétoscope, et lui chuchotta quelque chose à l'oreille. Celui-ci trifouilla dans un amas de 45 tours et finalement, il sembla avoir trouver ce qu’il cherchait. A la grande surprise des « copains », le rythme endiablé de « Rock around the clock » de Bill Haley retentit. Personne ne se décida à emprunter la piste de danse. Quand subitement, j’entendis Jean qui me demandait : « Véro tu danses ! » Jean était bon conducteur et moi, j’étais rapide, aérienne, acrobatique et en super forme. Les « copains » nous encadraient et tous battaient le rythme avec les mains. Jean et moi étions les vedettes d’un soir ! Par la suite, je le trouvais sympathique malgré ses boutons, ses cheveux gras et son physique ingrat. Je supportais même l’odeur de son eau de toilette. Je crois que je commençais à l’aimer !!!
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