Il fait froid
Il fait froid
Petite histoire d'une demoiselle seule, désespérément seule... Dans romantique parce que c'est romantique !




 Page 1 sur 1
Participations 1 à 10 sur 10  <<  >> 


 Paine 19 septembre 2008 à 20:56 Envoie un message à Paine Voir le profil de Paine gwen-paine.blogspot.com/
(texte inspiré par la chanson "C'était l'hiver" de Francis Cabrel)

Il fait froid dans ma chambre vide de tout. J'ai froid aussi, toute aussi vide que mon lit que quelques ours en peluche habitent. Mais ils sont froids, comme ma couette, comme mon bureau, comme mon mur.

Il fait froid dans mon coeur. Il est vide lui aussi. Personne n'y a élu domicile, personne ne l'aime ce coeur. Pourtant il ne demande qu'un peu de chaleur mais le froid attise la glace. On le déserte, on le délaisse, on le fuit alors qu'il n'aime pas la solitude. Il a froid.

Il fait froid dans mes yeux, éclair glacé, mais sans chocolat, vide de crème. Des perles de glace tombent de ces pupilles bleues dans lesquelles brille le désespoir de la solitude. Yeux de glace silencieux, il n'y paraît que la détresse de la froideur de mon âme.

Il fait froid dehors. Il pleut de cette eau glaciale, qui donne la migraine quand la fine pluie atteint votre front. Pourtant j'ouvre ma fenêtre vers ce monde froid et je jette ce papier, ce cri de détresse, ce désir de compagnie. Personne ne le lira. Tout le monde a froid au fond de lui. Chacun se renferme dans son monde et oublie de peupler ceux des autres. Il neige dans l'âme de tout le monde.

 Eleinad 19 septembre 2008 à 23:02 Envoie un message à Eleinad Voir le profil de Eleinad
Il fait froid dans les églises.C'est le silence qui les habite.Le vent secoue leurs clochers.L'orage, de ses éclairs blancs illuminent leur solitude.Et la mienne aussi.

Il fait froid au fond de mon sourire.Mes lèvres bleuies par son abandon pourront-elles encore embrasser le fin visage d'un amoureux de vingt printemps?

Il fait froid dans la cheminée.Je n'ai jamais rallumé le feu qu'il a laissé mourir un soir.Pourtant le bois ne manque pas à l'entour de la maison. Bûcheronner lui était doux.Et douce était mon attente de son retour.

Il fait froid là-haut, dans le ciel.Les étoiles frissonnent, tremblent, se glacent et dérivent.

 Mika 20 septembre 2008 à 01:47 Envoie un message à Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Il fait froid aussi sur cette ville terne...

Dans le reflet mordoré du verre de scotch Hubert Félix grille sa dernière cigarette et nous attend.

Cette nuit qui n'en finit plus de s'étirer et m'abandonne seul à mes pensées où les échos de vagues souvenirs se répercutent dans le clignotement bleu des chiffres du réveil...
Il fait froid devant l'écran muet de ces solitudes nocturnes où le temps figé sur le parking à la fenêtre semble un cimetière métallique où les pare-brises me fixent de leurs regards aveugles et immobiles.

Accoudé au béton gris de la fenêtre, fixant le maccadam désert, je grille une énième cigarette et je l'attend...

 Paine 20 septembre 2008 à 21:04 Envoie un message à Paine Voir le profil de Paine gwen-paine.blogspot.com/
Mon papier s'envole dans la ville glacée. Il parcourt son chemin au dessus des toits et des églises.

J'ai tellement froid. Je suis si seule. Pourquoi je ne te rejoins pas mon amour, dans la terre froide qui t'entoure, dans les quatre planches de bois que les mites rongeront.

Les perles qui roulent sur mes joues bleuies laissent un sillon salé. Que ne puis-je me dessécher de cette eau qui encombre mes yeux. Mais le soleil a fui ma vie avec toi. Depuis, je n'ai plus personne d'autre que mes ours silencieux.

Qu'est-ce que je fais ici, je suis aussi froide que la mort, aussi terne qu'un hiver neigeux sans enfant dehors. Je suis grise mais pas d'alcool, grise tout simplement. Il n'y a plus de couleur dans ma vie morte. Tu es parti, tu t'es enfui. Tu m'as laissé dans ce monde sauvage, dans cette jungle nordique.

Mon papier vole toujours, et la brume de fine pluie froide le mouille au fur et à mesure de sa course dans le ciel blanchi par les nuages neigeux. Ira-t-il refroidir un coeur heureux ? Ira-t-il dire à un coeur qui a froid qu'il n'est pas le seul ?

J'espère qu'il se perdra dans les limbes de l'oubli. Je ne veux plus qu'on me réchauffe, je veux mourir... parce qu'il fait froid... sans toi.

 Eleinad 21 septembre 2008 à 09:07 Envoie un message à Eleinad Voir le profil de Eleinad
Il fait si froid sans toi que même mes larmes se glacent et je ne pourrai bientôt plus pleurer.
Il fait si froid sans toi que mes os me semblent de cristal et vont se briser, un jour où j'aurai plus froid encore.
Il fait si froid sans toi que me coucher sur le marbre qui recouvre ta tombe me réchauffe un peu .Je pourrais y passer mes nuits, mes jours à te parler puis à dormir si le regard des autres ne m'en chassaient.
Il fait si froid sans toi que je me recroqueville de solitude.Je ne veux plus regarder les autres, je ne le peux plus non plus.
La vie te fut si lourde que tu as préféré fuir, avec tes lourds secrets.
Et moi? Dois-je attendre, sans espoir, sans amour, sans ton sourire, sans tes mains sur mon corps.Mon corps, tu l'as aimé.Et lui aussi crie famine.Mais quand un autre homme me regarde, son sourire me fait peur.A-t-il déjà trop vécu lui aussi? Ce qui l'attend lui fait-il peur? Sera-t-il terrorisé comme tu l'étais les derniers mois de notre amour?
Le soleil a fui avec toi.J'ai peur qu'il ne soit comme toi: mort, mort, MORT.
Les autres disent que je suis devenue folle de penser ça, de le dire, de le crier.Pourtant il est mort le soleil car ton amour pour moi est mort.
Alors, je jette des mots sur le papier.Des mots d'amour, des mots de désespoir aussi.Le papier s'envole, vole.
Le destin de mes mots de papier m'importe peu.
Les gens disent :" Il a trouvé la mort dans un terrible accident".C'est faux. C'est la mort qui t'a assassinée.C'est elle, elle seule, qui t'a cherché.C'est elle qui a consumé ton esprit, notre amour.C'est elle qui t'a inoculé la peur de notre avenir.C'est elle qui a alourdi ta vie pour la rendre trop pesante à porter plus longtemps.
Certains matins plus froids que d'autres, quand le soleil ne se lève que derrière une barrière impénétrable de nuages gris d'encre, quand ton absence me devient intolérable, quand je hais ces hommes heureux qui allument la radio, fredonnent sous la douche, grillent du pain, beurrent les toasts encore chauds, y croquent à belles dents, ébouriffent les cheveux de leurs amantes, leur tendent un bol de café chaud sucré juste comme elles l'aiment, je souhaite que la mort me cherche.Et j'espère qu'elle va me trouver vite.

 Mika 24 septembre 2008 à 10:13 Envoie un message à Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Il fait froid… De plus en plus froid. La neige est tombée mollement. Grise. Terne. Recouvrant les toits de la ville et le regard de verre des carcasses métalliques d’un voile poussiéreux. Une rapide averse de flocons cendreux et collants qui laisse place a une fine brume étouffante.
Accoudé à ma fenêtre je contemple la ville éteinte pendant qu’Hubert Félix dégueule sa mélancolie dans le vieux poste grésillant. Sur le macadam huileux du parking mort un papier traînasse laconiquement… Ame égarée errant dans l’obscurité glaciale d’une nuit d’hiver sans fin… Le feuillet virevolte tristement sur le bitume que la neige fondue a recouvert d’une fine pellicule d’eau sale. Il vogue péniblement de voiture en voiture, se contorsionnant au gré des vents à la recherche d’un accroc où stopper sa course vers l’oubli.
Un bourrasque le soulève haut dans la lumière blafarde d’un lampadaire. Pendant quelques secondes il flotte dans le faisceau en se vrillant comme une feuille morte avant de retomber mollement. De fines lignes manuscrites se détachent sur le papier jauni par l’eau… Une lettre ! Un message solitaire jeté dans l’obscurité apaisante de la nuit. Un message comme un aveu muet destiné à l’oubli.

Le papier n’est plus papier. Il est un cri, un pleur… L’expression d’une souffrance qui erre dans la nuit et le froid…

Accoudé à ma fenêtre je lève les yeux vers la ville endormie. Ca et là quelques rares fenêtres allumées comme des étoiles scintillantes au travers de la brume me rappellent que d’autres vies s’écoulent et souffrent. Quelque part, une solitude hurle son mal être et lance ses dernières bouteilles dans la brume glaciale de cette nuit sans fond.

 Eleinad 25 septembre 2008 à 02:50 Envoie un message à Eleinad Voir le profil de Eleinad
Il fait si froid que de plus en plus souvent, je ne sors plus, je ne dors plus, je ne me lève plus, je ne m'aime plus.
Il fait si froid que je reste chez moi, seule,les yeux fermés à regarder passer le temps.
Ce temps, je ne veux pas qu'il passe devant mes yeux ouverts mais juste derrière mes paupières closes.Qu'il ne passe que pour moi.
Moi qui ne sais que me balancer, pelotonnée dans le rocking chair, qu'un beau soir de mai, tu m'as offert.Un soir de mai parfumé de seringat et de lilas.Lilas mauve comme les robes que je porte en t'attendant, robes de la couleur d'un deuil qui ne s'avoue qu'à demi.
Un sourire flotte furtivement sur mes lèvres,juste le souvenir d'un sourire.Depuis que ton absence règle ma vie, je ne souris plus qu'au vent, parfois.
Quand le froid me mord trop brutalement, je jette des mots sur le papier.Des mots, encore des mots, toujours les mêmes.
"Reviens, reviens, reviens, reviens...".
Si la tempête ouvre la fenêtre, le papier vole vers la ville éteinte où dorment les heureux, les engourdis, les étourdis, les englués.
Puisse-t-il , un soir, une nuit consoler un coeur endolori ou blesser un coeur endurci.

 Mika 19 janvier 2009 à 17:06 Envoie un message à Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Il fait froid dans mon lit. Les drap rèches crissent alors que je tourne et retourne incapable de trouver le sommeil.

Le vide de mon lit... Le vide de mes nuits... Insomnie de l'ennui, je me lève et me réhabille. La lumière blanche de la salle de bain accentue mon teint blafard. Encore une nuit sans fermer l'oeil. Encore une nuit avec mon reflet dans le miroir pour unique compagnon. Un peu d'eau fraîche... Le regard toujours usé.
A travers la petite fenêtre je regarde la neige qui s'est remise à tomber. Je contemple à nouveau ce visage abîmé... Trop sale gueule! J'éteins la lumière. Le temps fait oeuvre de destruction et pourtant comme il est long à s'écouler...

Lumière éteinte, dans la pénombre de la cuisine le percolateur ronronne doucement. Assis sur ma chaise j'écoute le clapotement des gouttes dans la cafetière. Dehors, à la lumière des lampadaires, la neige a recouvert le parking d'un manteau de silence vierge de traces. Pendu à mon mug j'attend... Rien de particulier si ce n'est le défilement continu des chiffres bleus de l'horloge électronique...

Ma cigarette se consumme lentement dans le cendrier. Les longues volutes bleues s'entremèlent et tourbillonent pour s'élever vers le plafond. Je repense au papier volant. Il est désormais enfoui, oublié, pétrifié dans la glace... Un appel sans réponse...

Je me lève, enfile un pantalon, mon vieux sweet à capuche, mes baskets et attrappe la vieille écharpe. Après tout je n'ai rien d'autre à faire cette nuit... Et puis si je ne le retrouve pas au moins j'aurai pris l'air!

 Chouette 02 janvier 2010 à 15:21 Envoie un message à Chouette Voir le profil de Chouette
Oui, je m'aère...A quoi ça me sert?...
Je suis sortie errant comme une âme en peine...pire!...
Quelle lassitude que cet éternel appel sans réponse!...
Cette errance m'entraîne vers la désespérance...

Que vois-je là...à l'horizon?...
Une petite lueur...une minuscule étincelle...
Qui me fait signe...ne pleure pas,non?...
Qui me dis : tu n'es pas encore morte!...

Serais-ce toi qui me fais ce petit signe?
-"C'est toi qui me dis :... ne pleures plus?"
-"Regardes-toi! A quoi tu ressembles?..."
-"Tu es une morte-vivante!..."

-"Regardes-toi dans le miroir...ne pleures plus!"
-"Vois-tu la petite étincelle qui éclaire d'une faible lueur tes yeux si bleus?"
Serait-ce la lueur de l'espérance?
Devrais-je y croire? Ne plus pleurer?

Toi qui me disais que tu serais toujours là pour moi?
Ai-je rêvée? Non je ne vais plus pleurer!...
Je n'y ai jamais cru! Incrédule je suis!...
De là où tu es, puis-je croire que tu veilles sur moi?...

Quoi que je puisses penser? Je ne vais plus pleurer!...
Tu me l'avais promis...je n'y croyais pas...
Je peux apprendre à nouveau à avoir confiance?
Sachant que tu veilles sur moi? Je ne pleurerai plus!

Puis-je à nouveau faire confiance en la vie?
Si je sais que tu es là tout près de moi...
M'en donneras-tu le courage? Je ne pleure plus!
M'en redonneras-tu la force?

J'ai cessé de pleurer!...Soutiens-moi!...
Je comptes encore sur toi...
Une nouvelle voie s'ouvre devant moi?
Si loin...et si près de toi...à la fois!




 Chouette 03 janvier 2010 à 18:43 Envoie un message à Chouette Voir le profil de Chouette
Depuis quelques jours le froid me quitte...
Mon coeur se réchauffe petit à petit...
La petite étincelle me fait reprendre vie...
Tu sais que tu garderas toujours ta place en moi...
Tel un secret bien gardé...de ce premier amour...
Jamais oublié...qui restera présent pour l'éternité...
Le futur comprendra...il te dira que lui aussi...
Dans une autre vie un jour il a cru que c'était mais oui!...
Que chacun au moins une fois dans sa vie...a aimé pour toujours!...





Attention: Tu n'es pas identifié, seuls les auteurs peuvent participer.
Je veux m'inscrire maintenant.
Je suis déjà membre, je peux m'identifier en haut de la page.



Histoire Classique   Favoris   Geolocalisation   Podcast   FluxRss   Twitter
Bon à savoir:

Il fait froid est classée dans le genre Romantique.

Commencée par Paine,
le 19 septembre 2008. L'histoire est composée de 10 participations.

3 commentaires
789 lectures

  • 4 Auteurs:
Mika
Mika 3
Eleinad
Eleinad 3
Paine
Paine 2
Chouette
Chouette 2

Note: 4.3/5 (3 votants)

 URL pour faire un rétrolien vers cette histoire:
 http://www.legow.tk/romantique/il-fait-froid.html