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J'ai toujours aimé le contraste entre l'ombre et la lumière. Le mélange des couleurs du ciel et de la terre, forme une palette pour peindre l'aquarelle de la vie. Mes pas m'ont alors conduit vers une sublime crique surplombée par une une pinède où le soleil jouait à cache-cache entre les branches des pins maritimes. J'y ai passé la journée, cet endroit était si beau ! Le lendemain, je décidais d'y revenir pour m'étendre sur le sable et parfaire mon hâle, tout en feuilletant un magazine ou en m'assoupissant. Chemin faisant, un jeune chien croisa ma route. Il semblait seul, égaré, affamé et... efflanqué. Il ne me quitta plus de la journée et devint mon compagnon. Il était aussi gentil que magnifique, malgré son aspect négligé du moment. Un délaissé de la vie, un chien égaré ? Lui et moi nous complèterions. Je lui fournirai le gite et la nourriture, et nous partagerions et échangerions notre affection. Qu'importe nos langages différents, nos silences évocateurs seraient éloquents, et les mots que nous ne pourrions traduire. Je cherchais alors son tatouage, espérant n'en pas trouver ou que ses maitres attitrés, me permettraient de le garder auprès de moi. Le tatouage était à peine lisible et je n'eus aucune difficulté à convaincre ses maitres. Ils furent même soulagés que je ne parla pas de dépôt de plainte ! Eh oui ! Le pauvre chiot avait commis l'erreur de d'avoir grandit. Lorsqu'il n'était qu'une jolie peluche, un jouet, tout était au mieux ! Il s'appelait "slave of life", autrement dit "esclave de la vie". Et dire qu'il n'avait même pas un an ! Bien entendu, il me fallu faire un choix. Restée alanguie sur la plage et peaufiner mon bronzage, en "pleine lumière", ou choisir la promenade et "l'ombre" des pins maritimes. L'ombre et la lumière se conjugueraient admirablement, comme je l'aimais et puis Slave pourrait suivre mes pas, tandis qu'au soleil, il souffrirait. Slave, une fois toiletté et bien alimenté, devint de plus en plus beau. Il fit alors des concours de beauté, qu'il remporta avec maestria. Un jour, il fit la première page d'un magazine canin et je reçus un appel. Il s'agissait de ses anciens maitres, qui essayaient de le reprendre, tout ça pour quelques coupes glanées ça et là ! Non et non, leur dis-je, les papiers étaient à mon non et Slave ne souhaitait sans doute pas retourner là-bas. Ils le "voulaient", car il avait désormais une "valeur". Qu'elle était cette valeur ? Les trophées qu'il avait remporté, ou l'affection que nous avions échangée ? Ses anciens maitres ne sauront jamais ce qu'aimer signifie. Ils sont vaniteux et intéressés, plein d'orgueil, de gloriole et de futilité. Slave et moi sommes devenus amis et inséparables pour toujours, car ses yeux charbonnés avaient su plonger dans les miens. Il n'est peut-être qu'un chien, mais sincère, il vaut bien certains humains...
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