Seule
Seule
Martine, 44 ans, vit seule dans sa grande maison depuis son divorce et le départ de son fils pour l'université. Seule chez elle, la peur peut rapidement s'emparée d'elle




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 Plummot 30 septembre 2005 Envoie un message à Plummot Voir le profil de Plummot
Martine déposa ses clés de voiture sur le petit guéridon de l’entrée et libéra ses pieds ankylosés par la raideur de ses nouvelles chaussures. La lueur rougeâtre de son répondeur clignotait avec régularité indiquant que quelqu’un avait cherché à la joindre pendant son absence. Elle appuya sur la touche de lecture, et la voix synthétique de l’appareil annonça la présence d’un message.
-Aujourd’hui, 17h47.
Un long bourdonnement stérile suivi alors l’annonce pendant une poignée de secondes. Personne n’avait parlé. Une fois de plus ! Le bruit d’un combiné qu’on raccroche se fit ensuite entendre, puis la même voix artificielle que l’instant d’avant indiqua la fin des messages. Martine désactiva le répondeur.
-A quoi bon avoir un répondeur si les gens ne daignent pas y laisser une trace de leur appel, bougonna-t-elle toute seule, tout en rejoignant sa cuisine.
Elle ouvrit le frigo, se servit un verre de lait et en profita pour déloger un plat cuisiné de son congélateur surchargé. Elle n’avait pas le courage de passer du temps à cuisiner. Il était presque 20 heures et sa journée passée en réunions l’avait éreintée. Ce soir elle avait décidé de prendre du temps pour elle. Un bon bain, de la musique et un bouquin. Après tout elle l’avait bien mérité.
Elle jeta un œil sur les conseils de préparation indiqués au dos de l’emballage de son repas du soir : huit minutes au micro-ondes. Elle déposa la barquette sur le plateau du four, programma le temps de cuisson puis quitta sa cuisine en emmenant avec elle son verre de lait. Son salon était plongé dans la pénombre, et à tâtons, seulement aidée de la luminosité de la pièce voisine, Martine fit le tour des fenêtres pour y activer les fermetures électriques de ses volets. Ce n’est qu’une fois que chacun des accès avec l’extérieur furent parfaitement clos qu’elle alluma les lumières de la pièce. Elle n’aimait pas l’idée de pouvoir être ainsi la proie d’éventuels rôdeurs venant jouer les voyeurs aux pieds de ses fenêtres. Elle s’employa ensuite à positionner un cd dans le chargeur de sa platine laser, pour rompre le silence des lieux.
Martine n’avait pas à proprement peur dans sa grande maison, mais depuis qu’elle y vivait seule, elle préférait s’attachait à en rendre l’atmosphère plus confortable. C’est pourquoi, chaque fois qu’elle rentrait ainsi alors que la nuit était installée, Martine s’employait à suivre ce même rituel lui assurant une parfaite intimité.
Le son rock de son groupe favori couvrait désormais les potentiels bruits suspects qu’une maison isolée à l’orée d’un bois peut faire naître. Se sachant en outre à l’abri de regards malveillants, elle se déhancha sur la mélodie musclée du premier titre. Elle vida son verre de lait et regagna sa cuisine. La barquette de filet de cabillaud, riz sauce nantaise terminait de tourner avec indolence dans le micro-ondes quand elle perçu soudain le bruit d’un choc à l’étage. Elle faillit lâcher l’assiette qu’elle venait d’extraire d’un placard. Son cœur s’emballa...

 Elktralias 02 octobre 2005
Pour tous les volets qu'elle avait fermés précédemment, les fenêtres étaient closes, aussi se précipita-t-elle vers la porte de derrière, l'accès du jardin, passant vérifier celle de la cuisine et de l'ancien bureau de son ex-mari au passsage. Aucun problème, tout était intact et fermé, pas d'intrusion forcée! Pouvait-on pénétrer dans la maison directement par les fenêtres de l'étage ? Elle s'attarda à réfléchir une fraction de seconde tout en revenant sans bruit vers le tiroir de la cuisine où elle rangeait ses couteaux à viande. Bon sang allait-elle devoir monter l'escalier, une arme à la main, comme dans ces mauvais film où une musique lancinante vous annonce l'inévitable ?
Tout en tendant l'oreille à d'autres sons venant du premier, elle se jura de mettre en oeuvre son projet de vente pour se trouver une petit pavillon dans une résidence, où les voisins étaient à portée de cris. Ici, isolée à l'orée de ce bois, qui allait venir à son secours si elle hurlait sa douleur ? Certes le silence était agréable autant pour les siestes réparatrices que pour les nuits sans rêve, mais était-ce un atout pour rester dans cette solitude ? Balayant d'un profond soupir cette foule de questions auxquelles elle n'avait pas le coeur à répondre dans l'urgence de la situation, elle posa son pied sur la première marche, et tenta de minimiser ses pulsations cardiaques en même temps que les grinçements des lattes de bois sous ses pieds nus.

 Plummot 02 octobre 2005 Envoie un message à Plummot Voir le profil de Plummot
Sa main droite exagérément crispée sur le manche du couteau qu’elle renfermait, elle escalada une à une les marches l’amenant à l’étage. Elle songea à cet appel sur son répondeur. Son cœur continuait de tambouriner dans sa poitrine, comme s’il avait voulu en sortir. Quel meilleur moyen de savoir si une personne est chez elle que d’essayer de la contacter par téléphone, résonna-t-elle ?
Elle était à présent arrivée au sommet de l’escalier, et la fraîcheur du carrelage lui saisit la plante des pieds. Tout paraissait parfaitement calme. Le petit guéridon continuait de supporter un joli bouquet de fleurs séchées, et rien n’expliquait jusqu’ici l’origine du bruit qu’elle avait perçu. Les portes des chambres et de la salle de bain étaient closes. Cherchant une inspiration plus profonde, elle s’approcha de la chambre de son fils, posa la main sur la poignée, hésita, déplaça ses doigts sur le manche du couteau pour s’en assurer une prise parfaite et se décida enfin à ouvrir la porte.

 Elktralias 12 octobre 2005
Pourquoi avait-elle tant de mal à respirer ? Où était cette salive d'ordinaire si présente et qu'elle ne parvenait plus à trouver pour humecter ses lèvres asséchées ? "Calme-toi ! " s'ordonna-t-elle "ou tu vas tomber raide morte sur la moquette de la chambre avant même d'avoir compris d'où venait ce bruit ! " Ses muscles se relâchèrent lentement à la perspective de son corps bêtement abandonnée entre deux portes, et elle poussa avec courage le battant de cette pièce que Kevin venait parfois squatter les week-end de farniente. De toutes manières on ne pouvait escalader le mur de la maison pour atteindre sa fenêtre, alors où était l'angoisse ? "Impossible ?" pensa-t-elle alors pourquoi le rideau battait-il au vent sur une fenêtre grande ouverte, alors qu'elle vérifiait toujours toutes les issues avant de partir aux aurores ?

 Plummot 13 octobre 2005 Envoie un message à Plummot Voir le profil de Plummot
Elle hésita, figée sur le pas de la porte, tremblant de tous ses membres, le cœur au bord des lèvres. Sa main gauche tâtonna le long du mur de la chambre à la recherche de l’interrupteur. Aucun autre bruit que celui de sa respiration déréglée ne lui parvenait.

Enfin elle trouva le bouton, et un léger cliquètement accompagna la lumière qui envahit soudain la pièce. La seule fenêtre de la chambre était entrouverte.
S’assurant que personne n’aie put se dissimuler derrière la porte, elle pénétra enfin, guettant le moindre signe inhabituel. Pas de trace, aucun objet dérangé et à fortiori pouvant expliquer LE bruit. Elle se hâta alors de refermer la fenêtre comme si ce geste devait en partie la rassurer. Elle continuait d’avoir le souffle court, les mains moites et la gorge sèche. Appuyée contre le mur, elle prit quelques secondes puis s’encouragea à poursuivre sa quête.

Elle s’apprêtait à refermer la porte de la chambre quand soudain le silence de la maison fut déchiré d’un bruit strident. Elle laissa échapper un petit cri et failli même lâcher son couteau. La sonnerie venait d’en bas et dans l’esprit troublé de Martine, il n’évoqua pas tout de suite le son du téléphone.
Comprenant enfin, elle dévala les escaliers à toute vitesse. Qui que ce pût être au bout du fil, il fallait à tout prix décrocher.
Troisième sonnerie….

Le combiné n’était pas sur sa base….
-Maudit téléphone sans fil !!! , maugréa-t-elle, tout en balayant la pièce du regard.
Quatrième sonnerie….

Enfin là, sur une petite table jouxtant l’imposant canapé de cuir brun, elle repéra l’objet. Son pouce tremblant enfonça généreusement la touche verte permettant de prendre l’appel.
-Allô…… ????

 Elktralias 13 octobre 2005
-...
- Allô ? Qui est à l'appareil ?
Pas sûre de percevoir une respiration à l'autre bout du fil, elle poussa un profond soupir avant de repartir à l'assaut de ce correspondant, quand une voix lointaine se glissa contre son oreille :
- J'avais besoin d'air...
- Pardon ?
Elle avait beau se creuser la cervelle, elle ne reconnaissait pas ce timbre-là, une femme sans doute mais l'appel semblait venir de loin, un peu étouffé par Dieu sait quoi. Pas certaine d'avoir bien compris, elle appuya plus fortement le combiné contre son tympan, et ferma les yeux, histoire de donner pleine possession à ses sens auditifs. Mais devant le silence qui s'éternisait, elle reposa la même question :
- Pardon, je n'ai pas compris ce que vous avez dit ?
- La fenêtre ouverte... j'avais juste besoin d'air.
A l'énoncée de cette phrase, elle rouvrit les yeux, consciente de ce mélange de peur et d'incompréhension que son corps était en train de composer.
- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous voulez ?
- Je ne veux pas que tu me quittes...
- Quoi ?
Depuis son divorce, six ans plus tôt, elle n'avait eu que des aventures de passage, jamais rien de sérieux, toujours de bons rapports sans aucune mauvaise surprise, et puis cette voix n'avait-elle pas des accents féminins ? Qui que ce soit, l'erreur était de mise !
- Ecoutez vous devez vous tromper de numéro, d'accord ? Je ne ...
- Martine ? J'ai aimé ce que tu as fait de moi, je ne veux plus te perdre.
Cela pouvait être drôle jusqu'à un certain point, mais ses nerfs refusèrent d'aller plus loin, et sa main se crispa sur l'appareil :
- C'est quoi ces conneries ? Qui êtes-vous ?
- Je suis...
Parce qu'une foule de bruits se superposèrent brusquement les uns aux autres venant à n'en pas douter de toutes les pièces de la maison, elle leva l'index de sa main gauche pour venir boucher son oreille libre afin de mieux percevoir la fin de la phrase, et celle-ci vrilla son esprit d'un vertige incontrolable :
- Je suis... ta maison !

 Anh 10 janvier 2006 Envoie un message à Anh Voir le profil de Anh
Aussitôt, tout était redevenu silencieux. Martine resta interdite une minute, peut-être plus. Le bras raidi à en avoir mal, elle tenait le combiné éloigné d'elle et n'osait plus bouger. A cet instant, retenant son souffle, elle aurait souhaité plus que tout au monde devenir transparente et légère, se glisser sans être vue par la porte d'entrée et courir, courir, courir... Au lieu de cela, une sueur froide perlait le long de son dos, et son corps se mit à dégager une forte odeur un peu amère, un peu sauvage, comme le parfum des feuilles dans les sous-bois à l'automne. Même si je devenais transparente, ma transpiration me trahirait, se prit-elle à penser. Telle un automate, elle marcha. Un pas, un autre. Ses jambes étaient raides, les genoux pliaient à peine, de loin on aurait sans doute pensé qu'elle s'amusait à mimer les Madness ou Pinocchio ! Elle continuait à marcher ainsi, le regard vague, les cheveux collés à son front humide. Lentement, comme si chaque geste demandait une énergie intense, elle se dirigea vers la porte d'entrée, s'empara de ses clés de voiture laissées sur le guéridon, ouvrit la porte. Dehors, une bouffée d'air glacial l'envahit. Une vague soudaine, uniforme, incontournable. Jamais Martine n'avait vécu émotion plus salvatrice, pensa-t-elle tout en conservant son allure de robot. Arrivée à sa voiture, elle grimpa dedans, enclencha la fermeture automatique des portes, et démarra sans allumer les phares.

 Electralias 15 mars 2006
Des larmes au bord des yeux, elle avait du mal à voir la route devant elle, surtout avec ce vent qui venait de se lever ! L'orage n'allait pas tarder à suivre... A peine avait-elle penser cette phrase, qu'un éclair zébra la nuit, entraînant une soudaine averse . Les gouttes se faisaient de plus en plus grosses, l'empêchant de reconnaître ces routes qu'elle prenaient les une après les autres. "Bon Dieu, quelle idée de vivre dans cette fichue campagne !" N'était-ce pas à droite qu'elle devait prendre pour rejoindre cette nationale qui l'éloignerait enfin d'ici ? Juste après le panneau de... Mais comment pouvait-elle lire l'indication d'entrée du village alors qu'elle venait de tout faire pour s'en éloigner ?
Ses mains crispées sur le volant, elle sentit la terre devenir plus molle sous ses roues, le revêtement d'une route forestière, d'un chemin... Oh, non ! Elle connaissait ces grands arbres, et ce saule pleureur qui tombait sur ces massifs de fleurs.... c'était l'allée qui menait à son jardin. Un bref éclair, plus puissant que les autres, illumina alors la bâtisse énorme qui lui faisait face, cette maison qu'elle avait voulu quitter et qui se dressait de nouveau sur sa route. Elle appuya de toutes ces forces sur le frein mais déjà, face à elle, les porte automatiques du garage s'ouvrait lentement ! Elle eut beau tout faire pour refuser ce qui se passait, les portes de la voiture restèrent closes, et aucune commande ne répondit à son désarroi. Les roues montèrent la marche d'entrée pour se retrouver dans la douce chaleur de l'intérieur. Les yeux gonflés de larmes qu'elle ne retenaient plus, elle vit dans son rétroviseur, les lourdes portes descendre doucement sur la nuit extérieure...

 Rikiki 16 décembre 2006 Envoie un message à Rikiki Voir le profil de Rikiki
Elle se remémora alors les sages paroles de son maître de taî-chi: lorsque lutter contre quelque chose est trop pénible alors il faut laisser cette chose s'emparer de son esprit et aller au bout du chemin. Elle entra donc dans la maison moins affolée et dit à haute voix: je suis là, je t'ai aimé moi aussi, tu m'a rendu heureuse de nombreuses années mais j'ai besoin de me rapprocher du monde, de passer à autre chose qui ne serait plus toi.
Aucun bruit en retour, aucun signe que la maison avait entendu son message.
Elle se sentait sereine malgré l'incongruité de la situation. Elle monta se faire couler un bain en stipulant à haute voix combien cette salle de bain était agréable et combien elle s'y sentait bien.
Elle se laissa glisser dans l'eau chaude et les yeux mi-clos se remémora tous les évènements importants-ou pas-qu'elle avait vécu dans cette maison.

 Violetta 20 novembre 2007 Envoie un message à Violetta Voir le profil de Violetta
Elle se rappela le jour ouù elle etait rentrée de la maternité, son beau poupon dans les bras, les nuits d'insomnie avant son divorce. Les apéros avec les amis, les barbecues dans le jardin...la fête pour les 18 ans de Kevin. Et elle se rappela soudainement, des paroles de l'ancien propriétaire le jour où il leur avait remis les clés.

 Violetta 24 novembre 2007 Envoie un message à Violetta Voir le profil de Violetta
Elle revit la scène dans sa tête comme si c'était hier...M. Birju qui lui tendait les clefs en lui disant :
- Je vous confie la maison, il a été très difficile pour moi de m'en séparer. Mais depuis que ma femme est morte, depuis qu'elle a été tuée plus rien n'est possible. Je dois fuir, cette maison est à vous ... Soyez heureux ici pour la vie entière !!
Elle avait saisi les clefs et Jean-Marc la tenant par les épaules, ils s'étaient jetés un coup d'oeil, l'air de dire :
- Pauvre M. Birju, il est ému, il déraille !!

 Peteface 19 octobre 2009 à 15:57 Envoie un message à Peteface Voir le profil de Peteface
Et ce jour là avec JM , ils s'étaient saoulés , complètement enivrés à la Leiff !!! Des litres et des litres à en faire péter le bouton du cheap monday supra slim taille 28 !!!et puis JM avait dit un mot de trop, plutôt que de l'appeler Martine il l'avait nommée Etiennette et, est-ce de la faute du bouton mais elle avait pété les plombs et traité de petit con ...et à ce moment précis le monde s'était arrêté de se soulever ......





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Seule est classée dans le genre Psychologie.

Commencée par Plummot,
le 30 septembre 2005. L'histoire est composée de 12 participations.

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