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Alinea
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24 décembre 2009 à 14:26
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Réminiscence de ce jour où tout a tourné court. Huit heures. Les cours viennent de débuter. Je me réveille. Les yeux brouillés, je cherche mes lunettes. Ses horreurs que je ne supporte pas, mais que je m'oblige à porter depuis cette erreur qui a failli me coûter la vie. Maudite erreur! Merdoum! Le réveil indique huit heures. Un retard de plus. C'est le vingt et unième depuis deux mois que je suis en cours. Sans compter les absences. Si seulement il ne m'avait pas appelé... Grouille-toi ma fille, allez tu peux y être pour dix heure. Allez hop! Une douche, un p'tit déj' vite fait bien fait. Et c'est parti. Zut, mon sac... Clac. La porte fermée, je dévale les escaliers. Manque deux marches et atterris en bas. Aïe. Une chute de plus, comme si je n'étais pas assez couverte de bleus. Bref, tant pis. Filons, je soignerais ça plus tard. Neuf heure quarante. Ouf! Vingt minutes d'avance, c'est bon. On ne me remarquera peut être pas. "Discrétion, invisibilité..." étaient mes mots d'ordre au début du semestre. Je crois bien que c'est loupé. Regardez moi tout ces bigleux et intellos de service qui se battent pour s'asseoir au premier rang. Pfff. Comme d'habitude, je m'installe près de la fenêtre, et du radiateur (très important l'hiver) au dernier rang, soit-dit en passant il paraît que c'est la place du cancre. Mon intelligence n'est pas à la hauteur de ma place, erf. Comme c'est ennuyant... Ce n'est pas que je n'aime pas les autres élèves, au contraire, je pense que nous pourrions bien nous entendre, mais s'ils savaient... Quel malheur ne leur arriveraient-ils pas... Si merveilleux et pourtant si nocif...
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Clothilde
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05 janvier 2010 à 22:22
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Monsieur Gaston entre dans la classe. Comme d'habitude il est vêtu de son grand manteau noir et porte son chapeau noir également à larges bords. Il fait déjà chaud dans le local malgré l'heure encore matinale ! L' air est déjà empreint d'odeurs corporelles, parfums variés et relents de tabac vehiculés par les élèves ! J'aime ma place auprès de la fenêtre, vous verrez plus loin pourquoi! Gaston se faufile entre les besaces et les cartables qui jonchent l'allée centrale. Il enlève son manteau, un vêtement ample qui a bien du mal à cacher sa maigreur et ses épaules voutées, il semble hésiter un instant avant d' ôter son chapeau puis il l'accroche à la patère. Il découvre un crâne dégarni, les quelques cheveux qui lui restent sont couleur poivre et sel et sont noués en une longue queue qui pend dans son dos ! Un longue barbe lui mange le visage et les poches qu'il a sous les yeux lui donnent un air de chien battu. Il est très grand et très maigre, ses épaules voûtées sous le poids d'une charge invisible ! Je l'aime bien, je lui trouve un air babacool et finalement je suis heureuse d'être arrivée à temps. Peu de motivation en ce début de journée, Gaston ne s' en formalise pas outre mesure ! Depuis des années, il hérite de cette première heure de cours du lundi matin ! Lui même n'est pas encore bien réveillé! Je me demande ce qu'il fait de ses soirées, vit-il seul que fait-il de ses nuits ? Il salue ses élèves d'un bonjour cordial, prend une craie, dépose son attaché-case sur le bureau de bois, nous demande de préparer une feuille quadrillée que nous devrons, ajoute-t-il, utiliser recto , verso. Autour de moi des chuchotements se font entendre que notre professeur ignore avec son flegme coutumier. Il sort une feuille d'une grosse farde bleue et nous dit : - Voici l'énoncé du problème de géométrie étudié la semaine passée. Il mouille plusieurs fois le bout de la craie avec un peu de salive pendant qu'il inscrit les données au tableau ! Ses lèvres sont en permanence imbibées de poussière blanche qui lui donnent l'air d'un clown triste ! Il ponctue toujours la fin de son énoncé par un point d'exclamation frappé sur le tableau ! C'est le signe que le calme doit s'installer et que nous devons nous mettre au travail. je lève les yeux au plafond en prenant un air réfléchi que je suis loin d'avoir ! Je regarde discrètement mes compagnons en attendant que mes cogitements portent leurs fruits, ce qui ne risque pourtant pas d'arriver! Tiens Augustin est encore absent, la troisième chaise du deuxième rang est vide. Malgré la chaleur, Louane a gardé son écharpe verte enroulée autour de son cou, Max mordille la pointe de son crayon, Florence a les larmes aux yeux et son voisin est perdu dans la contemplation des graffitis de son son banc espèrant sans doute y trouver des indices pour résoudre cette équation, Jérôme a déjà rempli un côté de sa page, Aicha écrit, hésite, puis efface d'un coup de gomme rageur. Et moi, je recopie simplement la question pour donner l'impression que je travaille mais la géométrie et moi on ne fait pas la paire, je n' y comprends rien et j'ai honte de remettre une feuille blanche à ce professeur qui a déjà un air si triste ! Ce n'est pourtant pas de sa faute, il prend toujours son temps pour expliquer sa matière. Il doit me manquer les leurones des maths, ce doit être génétique! Gaston observe d'un oeil attendri ces élèves puis se diririge vers la fenêtre qu'il ouvre en grand! Cette fenêtre est à côté de celle où je suis installée ! L'air froid s'engouffre dans le local et réveille les esprits endormis s'il y en a ! Mon coeur se met à palpiter et là je n'arrive plus du tout à mettre de l'ordre dans mes idées ! Il est tout près de moi ! Cet homme qui pourrait être mon père me remplit d'un charmant émoi!
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Alinea
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07 janvier 2010 à 12:47
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Mon esprit se perd dans d'inombrables pensées. S'il était à mes cotés... que serai-je aujourd'hui. La même démarche les caractérise, les épaules légèrement voutées malgré ce menton droit et fier. Je le revois assis sur l'herbe, son pantalon blanc maculé, il m'appelait "Zora..., Zora..." J'émerge de mes rêves. Monsieur Gaston est là, il m'appelle. _ Zora! Encore en train de rêver. Puis-je ramasser ta copie? Je regarde la feuille blanche d'où émergent seulement deux points noirs signifiant mon nom et l'énoncé du devoir. _ Oui, oui vous pouvez, dis-je un peu honteusement de ne pas mettre concentrée un peu plus. L'heure terminée, je suis sans les voir mes camarades, toujours à rêver. Lorsque l'un d'eux s'approche de moi et commence à me parler, une main s'abat sur mon épaule et me tire en arrière. _ Je t'avais prévenue, si tu ne veux pas qu'ils leur arrivent un malheur, ne leur parle pas.
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