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Harmony
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22 septembre 2009 à 15:05
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Verena entamait ses derniers soins. Elle savait qu’elle aurait un appel de Monsieur Biggi et sans doute un mail de Monsieur Delubac, en réponse au sien. Elle verrait ça en début d’après-midi, lorsqu’elle aurait déjeuné. Son téléphone n’avait pas sonné en son absence ce matin et elle avait effectivement un mail de Monsieur Delubac. Il accusait réception du sien et manifesta sa compréhension sur le fait qu’elle prenait des vacances, même s’il eut aimé qu’elle ait pris connaissance au moins de l’ouvrage terminé. Il fallait qu’elle réponde à Cyber, mais elle n’en avait toujours pas envie pour l’instant. Elle décida de descendre se reposer au bord de la piscine, avec son roman en cours et pour une fois, son téléphone : elle pensait à Monsieur Biggi. Ca ne loupa pas, vers 15 h Monsieur Biggi l’appelait. Les vendeurs proposaient une baisse de prix, et nous arrivions à 225000 euros. Verena fit montre de réfléchir, et proposa 210000 euros. Monsieur Biggi soupira et elle l’imagina se grattant la tête… Il allait voir avec eux à nouveau et Verena lui reparla de sa commission à revoir, peut-être… Il promit de téléphoner dans la journée ou la soirée et elle lui rappela qu’elle repartait mercredi. Il faisait si bon au soleil, que le sommeil vint la cueillir. Le téléphone la réveilla vers 16 h30 ; il s’agissait de Monsieur Biggi. Les vendeurs de l’appartement faisaient un effort supplémentaire de 5000 euros, mais pas d’avantage. Verena resta sur sa position, pour l’instant, à 210000 euros. Monsieur Biggi soupira une fois de plus et proposa à Verena de la rencontrer à son hôtel, d’ici 30 mn au plus tard. Verena proposa dans 1 h, le temps pour elle de se doucher et se changer. Elle savait qu’elle ne céderait pas grand chose, et resterait sur sa dernière offre. A Monsieur Biggi de faire un effort sur sa commission. Elle prit tout son temps, et lorsqu’elle arriva au bar, Monsieur Biggi l’attendait déjà devant un café. Il s’agissait d’un homme nerveux, le méridional parfait, parlant avec des gestes et un fort accent du Sud. Verena voulu s’installer en terrasse, et commanda un Perrier citron. Monsieur Biggi était stressé, insista pour qu’elle reconsidère la proposition et elle lui fit savoir qu’elle n’était pas pressée, et il s’agissait du budget dont elle disposait. Verena argumenta sur les honoraires de l’agence, car il restait encore 10000 euros tout de même… Ils discutèrent un moment et Monsieur Biggi accepta de baisser ses honoraires. Il contacta à nouveau ses clients et leur demanda s’il s’agissait de leur dernière offre. Après tractation, ils acceptèrent une nouvelle baisse de 3000 euros encore, mais il s’agissait de leur dernier effort et ils exigeaient une signature imminente. Monsieur Biggi proposa de faire un effort substantiel sur sa commission, et le dernier prix proposé arriva à 215000 euros. Verena terminait son Perrier tandis que Monsieur Biggi en était à son 3ème café… et elle accepta ce prix ! Monsieur Biggi dont la sueur perlait sur le front, s’essuya avec son mouchoir. Il proposa à Verena de passer à l’agence pour signer les documents nécessaires, même s’il était tard. Il avait rogné sur sa commission, mais Verena avait dépassé son budget initial. Elle avait pensé à 220000 au maximum, elle n’était pas au taquet. Il fallait penser aux frais de notaire, puis à l’ameublement, même si l’appartement n’était pas immense, aux frais de copropriété… Monsieur Biggi lui rappela qu’elle était redoutable en affaire et que le syndic, c’était lui ! Ils n’avaient donc pas terminé de se voir. Elle lui suggéra de remettre les formalités à lundi, s’il le souhaitait, mais il n’y tint pas, des fois qu’elle change d’avis durant le week-end. Elle rédigea un chèque de 10% du prix, tandis que Monsieur Biggi appela les vendeurs afin de prendre un rendez-vous pour le compromis de vente. Il les avisa que Verena repartait mercredi. Verena ressentit alors qu’elle aurait pu faire baisser le prix encore, car ils se hâtèrent à choisir lundi, comme jour de signature ! Après les formalités, Monsieur Biggi raccompagna Verena à son hôtel. Il suait tant et plus et lui rappela encore combien cette négociation avait été rude pour lui… Verena était satisfaite de sa fin de journée et elle dina dans un esprit fébrile, car elle venait d’écorner sérieusement son patrimoine. Pour elle, tout serait concret lorsqu’elle passerait chez le notaire, et qu’elle aurait les clés. Elle habiterait « les terres de soleil » durant quelques mois de l’année. Cela lui faisait tout drôle de savoir qu’elle quitterait un peu, son cher appartement de la région parisienne. Non, elle n’allait pas regretter son achat, tout de même ? Il ne s’agissait pas d’un vêtement coup de cœur, mais d’un grand investissement. Verena se posait mille et une questions maintenant. Avait-elle bien fait ? Tout cet argent qui partait, lui faisait peur pour son avenir. Bien sur, elle avait son travail de lectrice qu’elle pourrait toujours continuer d’ici lorsqu’elle y serait, mais elle s’inquiétait malgré tout. Allez, elle ne devait pas regretter. Puis si elle avait des craintes pour ses finances, elle n’aurait qu’à louer son appartement durant les périodes où elle ne l’occupait pas. Bien sur, elle avait demandé à Monsieur Biggi de revoir le bien avant de repartir. Il lui faudrait le meubler un minimum. Par contre, elle avait une grande chance avec la cuisine toute équipée ! Le tout semblait neuf. Monsieur Biggi lui apprit que l’occupant des lieux, avait fait un infarctus. Il avait fait refaire l’intérieur quelques mois avant son décès. Il ne tarissait pas d’éloges sur le produit, lui disant combien elle avait eu de la chance de l’avoir à ce prix-là, que lui-même, n’y avait pas cru, l’effort qu’il avait fait sur sa commission… etc… etc… Lundi, avant de signer le compromis de vente, elle re-visiterait l’appartement. Ils signaient en fin de journée, à 18 h et il se rendrait disponible juste avant le rendez-vous. Il ne devait pas faire beaucoup de ventes ces temps-ci, pour être aussi empressé, pensa Verena. La conjoncture actuelle n’était pas vraiment propice à cela non plus. Verena adressa rapidement un mail à son conseiller financier afin de l’informer de la nouvelle situation. Sans doute au début, viendrait-elle occuper son appartement par de petites semaines, et plus tard, l’hiver très certainement. Elle aimait tellement l’autre, qu’elle avait l’impression de le délaisser. Pour elle, ce n’était pas qu’un lieu, il avait une âme errante, la sienne, et « il vivait ». Verena passa sa soirée à regarder le mobilier sur Internet. Il lui fallait un lit, des meubles de salle à manger, un téléviseur, un petit bureau pour la seconde chambre, un transat, une table et deux chaises sur la terrasse. Un arrosoir… Le transat pouvait attendre, il serait pour la saison prochaine, quoique, elle pouvait peut-être justement, le trouver en solde. Le bureau aussi, avec la rentrée des classes. Et d’un seul coup elle se rappela qu’elle n’entrerait dans les lieux que dans 3 mois. Elle regarda de nouveau le plan, demanda une autre copie à l’accueil de l’hôtel, puis elle plaça des meubles virtuels, d’un coup de crayon. Nous étions début septembre et elle serait propriétaire en décembre, au moment où tout le monde préparerait Noël, période qu’elle détestait. Elle ne réalisa pas qu’elle était entrain de s’assoupir sur son ordinateur. Elle s’éveilla au début de la nuit, tandis que le témoin de la batterie de l’ordinateur, clignotait. Verena profita de son dimanche pour visiter les alentours et la journée se passa sans surprise.
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Harmony
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22 septembre 2009 à 18:25
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Verena était toute en joie lundi matin. Elle signait ce soir, à 18 h. Elle passa sa journée à paresser sur les bords de la piscine. Monsieur Biggi arriva à l’heure prévue, afin qu’elle visite de nouveau l’appartement. Elle demanda l’autorisation de prendre des photos des lieux et n’attendit même pas la réponse de l’agent immobilier. La terrasse était claire, et le soleil venait encore y jouer quelques notes de chaleur. Arrivés à l’agence, Monsieur Ferrare les attendait. Les formalités prirent peu de temps, finalement, et Verena fut rapidement reconduite à son hôtel. Ca y est ! Elle était propriétaire d’un superbe appartement-terrasse dans cette région si chère à son cœur, et… son porte-monnaie aussi ! Mardi, elle transféra les photos prises de l’appartement, sur son ordinateur. Elle se rendit au petit-déjeuner d’un pas léger, pensant au retour dans son appartement bien-aimé, de la région parisienne. Il y avait eu un peu de vent ces jours-ci et désormais, tous les repas étaient pris à l’intérieur. Les gigantesque parasols de la terrasse, couleur « soleil », étaient repliés. Le ciel était bleu azur et le bel astre brillait déjà. Verena avait rendez-vous chez le coiffeur et l’esthéticienne cet après-midi. Ses cheveux avaient souffert des reflets chatoyants. Sa peau arborait un hâle parfait, qui serait sublimé par un soin corporel. Elle avait choisi la fin de journée pour tout cela, car elle comptait bien profiter encore des bords de la piscine une dernière fois. Elle pensa à son futur appartement, situé au cœur d’une jolie résidence, où il y avait également une piscine chauffée. Puis maintenant, elle viendrait faire sa cure sur place, en « résidente ». Elle ne changerait pas beaucoup ses dates de soins, tout au plus elle déborderait sur les premiers jours de septembre, si toutefois elle louait l’appartement. Monsieur Biggi avait insisté sur cette possibilité lucrative, car il avait énormément de demandes. Verena avait toujours le soucis, par contre, de laisser d’autres personnes habiter chez-elle, mais elle promit d’y réfléchir. Une location lui apporterait un substantiel revenu et Monsieur Biggi n’avait pas tari d’éloges sur son importante clientèle choisie et triée sur le volet, avec le plus grand soin. Bien sur, il y voyait aussi son intérêt, elle n’était pas dupe. En fin de journée, elle prépara sa valise. Elle déjeunerait d’un sandwich dans le train, car elle partait de bonne heure, son train était à 9 h 05. Pour l’arrivée, elle prendrait un taxi, comme à son habitude, même si c’était onéreux. Elle avait excessivement peur des transports en commun, aussi, le retour lui coûtait une petite fortune, mais elle ne serait pas tranquille autrement. Elle choisissait toujours un train de bonne heure, afin d’éviter les embouteillages parisiens de la fin de journée. Elle serait chez-elle aux environs de 17 h au plus tard. Elle avait de quoi dîner, avec les plats préparés qu’elle n’avait qu’à sortir du congélateur. Puis sinon, il lui restait des tranches de dinde ou de poulet, emballées individuellement et même du pain, qu’il faudrait décongeler. Jeudi elle irait faire ses courses, en suivant scrupuleusement le régime établit par la diététicienne. On verrait si ses kilos en trop, prenait la fuite. Elle n’en était pas si certaine que ça… Verena prit son dernier dîner au restaurant. Elle était à son avantage, après la séance chez l’esthéticienne et le coiffeur. Ses cheveux ne ressemblaient plus à de la paille ! Sa peau était veloutée, douce. Elle répondit à Cyber, qu’elle avait laissé sans nouvelles depuis plusieurs jours. Elle annonçait son retour chez-elle, les déplacements et visites faits sur place, sans bien sur, évoquer son achat immobilier. Elle lui parla de la région de « Bandol », puisqu’elle avait menti sur sa destination. Mais ce n’était pas très grave puisqu’elle avait bien connu Hyères et ses îles. Bandol n’était pas si loin que ça et elle put en décrire le paysage. Sans doute reprendraient-ils leur conversation en fin de semaine. Elle téléphona à Françoise et Monsieur Barbinosa, prévenant de son retour. Elle les attendait dès lundi prochain et leur souhaita bonne continuation jusque là. Ce matin était le dernier jour à Antibes. Verena se hâta de se préparer, car elle n’avait pas beaucoup de temps avant son départ. Elle avait pris son petit-déjeuner très tôt et maintenant, elle descendait avec ses affaires et demanda qu’on lui appelât le taxi qui la conduirait à la gare. Hier soir, en remontant, elle avait réglé la note de son séjour, afin d’être bien à l’heure, car son train ne l’attendrait pas. Elle avait fait noter qu’elle comptait sur un taxi, tôt. Il était 8h05, Verena était prête et le taxi arriva dans les 10 minutes qui suivirent. Elle aurait un peu d’attente à la gare, mais ce n’était pas grave. Elle pourrait aller s’acheter un sandwich au bar ; ils y étaient toujours fameux, et ainsi, elle aurait son repas du midi. A 8h40, Verena était à la gare. Elle commanda son sandwich, tout fraichement préparé et commanda un café. Elle avait du temps devant elle avant de composter son billet. Verena fut une des premières voyageuses à monter dans le train. Les bagages étaient juste derrière son siège, c’était parfait. Pour une fois, elle n’avait pas une place à l’étage, cela lui avait évité de monter sa lourde valise. Elle s’installa près de la vitre et commença à lire son livre. Elle songea aux ouvrages de Monsieur Delubac, mais il était bien trop tard, car ils étaient soigneusement rangés au fond de sa valise. Verena s’assoupit peu de temps après le départ du train. Combien de temps était-elle partie au pays des rêves, elle n’en savait pas grand-chose. Elle reprit son roman. Comme elle aurait aimé écrire aussi bien ! Mais d’où venaient les idées de tous ces auteurs ? Elle avait bien des difficultés à organiser les siennes, pour continuer d’écrire celle qu’elle avait en cours. Le train était plein, mais calme. Des hommes d’affaires essentiellement comme passagers. L’heure de déjeuner arriva vite et tous ses messieurs se levèrent pour atteindre le wagon restaurant. Verena avait son repas à portée de main, elle commença à le manger. Son téléphone sonna, ce qui était étonnant, attendu que personne ne l’appelait jamais, mis à part Monsieur Delubac. Il s’agissait d’une erreur. Dehors, il faisait beau. Au fur et à mesure que nous approchions de Paris, le paysage changeait, mais par chance, il faisait toujours beau. Verena fut contente de constater que le déluge ne l’attendait pas en arrivant. Elle héla un taxi, qui fut très heureux d’avoir une course de cette distance. A l’arrivée chez-elle, il lui porta même son bagage à l’ascenseur. Ca y est, elle était chez-elle !!! Elle ouvrit ses volets et vit que l’herbe avait bien poussé. Il faudrait tondre lundi. Elle sortit un plat du congélateur, le pain, et s’occupa ensuite de sa valise. Elle mit peu de temps à la défaire. Elle mit le linge au lave-linge, et rangea les autres vêtements. Elle était contente d’être chez-elle. Elle regarda son courrier, puis pensa à ses voisins, qui avaient un double de ses clés. Elle n’attendait rien de particulier, et elle n’eut rien… de particulier ! Les « feuilles d’automne » étaient arrivées, autrement dits la taxe foncière et d’habitation. Sans trop de surprise, il y avait une augmentation sur les deux. Elle mit de côté le présent qu’elle avait rapporté à ses voisins, ainsi que les feuilles. Verena payait mensuellement, c’était plus pratique. Verena pensa que bientôt, elle aurait deux fois à payer, lorsqu’elle aurait les clés de son appartement antibois. Et oui ! Elle pouvait acquitter ces lourdes factures, car elle ne faisait aucune dépense excessive pour vivre. Encore heureux ! Sinon, elle n’aurait jamais pu investir dans la pierre une seconde fois. Peut-être finalement, qu’elle louerait durant les périodes où elle n’y serait pas. C’était une idée à mettre de côté. Elle en parlerait avec son conseiller financier. Après tout, elle avait envisagé d’y séjourner durant l’hiver essentiellement et aux premiers beaux jours. Elle ne savait pas trop, en fait. Tant qu’elle n’aurait pas les clés, le projet ne prendrait pas toute sa dimension. Elle dépouilla ses mails. Elle aurait pu le faire dans le train, mais elle n’avait pas eu envie de sortir son ordinateur. Là, il y avait une réponse rapide de Cyber, qui lui souhaitait bon voyage et un prochain retour sur leur connexion. Un mail de Monsieur Delubac, qui attendait patiemment qu’elle reprenne ses lectures. Celles qu’il lui avait envoyées, n’étaient effectivement pas si urgentes, car un des récits n’était pas terminé, et il n’avait pas réussit à joindre l’auteur, afin de lui demander son accord avant éventuelle publication. Par contre, il lui annonçait deux ouvrages dès qu’elle pourrait en prendre réception. Verena tenta d’appeler Monsieur Delubac, car elle savait qu’il restait toujours tard à son bureau. Il était bien là et ravi de l’entendre ! Ils échangèrent les politesses d’usage et il lui demanda si son séjour s’était bien passé. Il lui proposa un déjeuner et la « livraison » des ouvrages. Elle accepta, et comme d’habitude, il lui laissa le choix du restaurant. Nous étions mercredi, il proposa vendredi. Il ne perdait pas de temps ! Verena pensa à son restaurant habituel, même si ce n’était pas « très régime ». Elle ne s’attarda pas trop avec Monsieur Delubac, car elle se sentait fatiguée par le voyage. Elle dîna tôt ; la faim l’appelait depuis un petit moment. Verena réserva une table au restaurant, pour vendredi 13 h. Elle alla se coucher très rapidement, devant la télé, qu’elle programma comme d’habitude, en extinction.
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Harmony
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15 octobre 2009 à 17:14
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Verena s’endormit devant la télé, comme souvent. Elle s’éveilla le lendemain matin, à 6h45, avec… le bruit des pas !!! Ils étaient revenus ! C’est curieux, mais ils lui avaient presque manqué. Oui, elle pouvait dire ça, ils lui avaient manqué. Son sang ne fit qu’un tour malgré tout. Donc les pas avaient été absents durant les vacances, peut-être, tout comme elle l’avait supposé. Le mystère continuait de rester entier. Verena avait toujours l’intention de l’élucider, mais la peur l’empêchait de se ruer à la clôture pour découvrir qui était cet homme. Puis oserait-elle lui parler, comment s’y prendrait-elle ?D’un coup, son moral était en baisse. Puis d’un autre côté, son énigmatique silhouette toujours présente, donnait un sens à sa journée. Elle se leva et regarda les pages de son régime, pour le suivre le mieux possible. Elle savait qu’elle ne pourrait s’y tenir très longtemps. Comment était-il possible qu’elle ait si peu maigrit ? C’était tout simplement incompréhensible, mais c’était comme ça. Elle se prépara ensuite et alla faire ses courses. Elle termina la lecture de son roman, répondit à Cyber, reprit son histoire, en relisant les 4 dernières pages car elle ne savait plus précisément où elle en était restée et la journée passa comme cela, au soleil, sur sa terrasse. Elle regarda sa penderie afin de trouver la tenue idéale pour aller au restaurant demain, avec Monsieur Delubac, à qui, d’ailleurs, elle n’avait pas confirmé l’horaire du restaurant, mais ce n’était pas grave, car elle avait réservé et à 30 mn près. Elle venait là, même seule, rarement, et lorsqu’elle avait fait ses courses tard, en fin de matinée. C’était surprenant, d’ailleurs, puisqu’elle ne sortait pas. Elle essaya le tailleur acheté dernièrement, et elle rentrait à peine dedans ! Elle en pleura, tant elle était malheureuse avec ses problèmes de poids. Elle passa sa soirée renfrognée, et surtout, sans diner, mais elle avait entendu les pas, à 18h45… Elle avait hâte de reprendre ses lectures finalement. Elles étaient son univers désormais. Monsieur Delubac viendrait la chercher chez-elle et ils iraient déjeuner ensuite. Cela lui laissait le temps de relire son histoire en cours, et pourquoi pas, de la continuer. Ce soir, elle correspondrait avec Cyber, car il ne devait pas comprendre ce silence. Elle était entrain de lire les dernières pages de son propre récit. Elle ne se souvenait plus exactement, où elle en était rendue, mais elle saurait reprendre les choses là où elles les avaient laissées. Le temps passa bien plus vitre qu’elle ne l’aurait imaginé et le téléphone sonna. Monsieur Delubac était devant la grille de la résidence et l’attendait. Elle descendit bien vite lui ouvrir. Il semblait ravi de revoir Verena à qui il trouva bonne mine. Le généreux soleil avait laissé des traces sur sa peau. Elle se retrouva avec trois ouvrages, et non deux, comme annoncés. C’était bien ! Verena était contente, car elle serait agréablement occupée. Monsieur Delubac lui demanda si elle avait pris le temps de prendre connaissance des textes venus de l’atelier d’écriture qu’il avait trouvé et elle lui répondit négativement. Il sembla légèrement déçu, mais sans plus, car les récits, pour l’un d’entre eux, n’étaient pas achevés et il n’avait toujours pas réussi à contacter l’auteur. Il lui annonça que le récit écrit en style abrégé dont elle avait plaidé la cause, avait été revu et accepté par le comité de lecture. Elle était satisfaite de cela, car elle s’était donné beaucoup de mal pour le remettre en forme. L’auteur avait accepté les suggestions et avait revu tout son roman. Le troisième ouvrage était celui-là. Monsieur Delubac avait tenu à le lui donner une autre fois, afin qu’elle le relise, si elle le souhaitait. Cette attention toucha beaucoup Verena. Cette arrière saison était vraiment très belle et l’été n’en finissait pas de s’éterniser. Monsieur Delubac évoqua les ouvrages qu’il venait de lui remettre. L’un des deux était très tourmenté, évoquant le décès d’un proche, dans un accident de voiture. Il regarda Verena droit dans les yeux lorsqu’il lui présenta le résumé de l’histoire. Il voulait se rendre compte par lui-même de la manière dont elle réagissait à cela. Verena se rendit compte de cette attention et lui assura qu’elle était à même de lire ce récit, sans que cela ne la perturbe. Sa vie avait connu cette tragédie, mais elle devait vivre avec. Il s’agissait de son passé. Néanmoins, elle se leva et changea de sujet. Elle voulait annoncer son achat immobilier à Monsieur Delubac et lui montrer les quelques photos qu’elle possédait. Il fut agréablement surpris de cette décision, et la félicita ! Lui-même possédait une villa dans la région. En décembre, elle irait très certainement là-bas, puisqu’il y aurait la signature chez le notaire et la remise des clés et elle voudrait également meubler son autre « chez-elle ». C’est sur ce sujet qu’ils se rendirent au restaurant. Verena prit grand soin en choisissant son menu et Monsieur Delubac lui parla longuement de cette belle région : la Côte d’Azur ! Il aurait aimé y passer plus de temps, mais sa maison d’édition ne le lui permettait pas. Souvent, par contre, il s’y rendait à Noël, et sa famille le rejoignait pour les fêtes. Ils ne tarirent pas, l’un comme l’autre, de la beauté de ce petit coin de paradis français. Ils reprirent la conversation sur les ouvrages en cours, il lui annonça la publication prochaine de ceux qu’elle avait lus fin juin. C’était toujours une satisfaction pour Verena de savoir que son avis et ses corrections prises en comptes, permettaient une publication. Quelque part, il y avait un peu d’elle dans ces récits. Monsieur Delubac lui annonça également, que dans les ouvrages qu’il venait de lui remettre, il y avait celui d’un jeune écrivain, dont c’était déjà le second ! Ce jeune-homme avait une plume harmonieuse et ne manquait pas d’inspiration. Pas comme elle, qui « séchait » un peu devant son histoire. Le fait de lire pour les autres et d’écrire, n’était pas forcément incompatibles, non, mais devaient très certainement jouer un rôle. En tout cas, elle ne dit rien à Monsieur Delubac de l’écriture qu’elle avait en cours. Elle était bien trop modeste pour ça. Le talent est une chose qu’elle ne possédait surement pas, mais elle avait la passion de la lecture suffisamment profonde, pour être, et rester lectrice. Ce travail qu’elle pouvait exercer seule, à son domicile, lui donnait toute satisfaction, c’est ce qui était important avant tout. Avec Monsieur Delubac, ils firent une fois de plus, la fermeture du restaurant ! Mais le patron souriait, car il savait lorsqu’ils venaient déjeuner, que cela se passait ainsi. Parfois, il se joignait à leur table pour un second café généreusement offert. C’est ce qu’il fit. Il leur parla de la nouvelle carte qu’il allait bientôt mettre en place, et Verena s’inquiéta de savoir si son plat préféré resterait au menu ! Le « chef » la rassura : oui, il resterait à la carte ! Verena avait préparé une succulente tarte aux pommes et aux poires, et vue l’heure avancée, Monsieur Delubac ne refuserait pas de prendre un « petit gouter ». Elle le savait très gourmand. Ils devaient déterminer tous les deux, sous combien de temps il espérait avoir les lectures en retour. Tout cela se discuterait devant une part de tarte, servie en terrasse. Monsieur Delubac quitta Verena à 17 h. Elle troqua son tailleur pour une tenue plus confortable et prit un ouvrage. Le soleil brillait encore généreusement et elle s’installa bien à l’aise dans son fauteuil. Le parasol n’était plus utile ; elle le replia. Lorsque Verena leva les yeux de sa lecture, ce fut au bruit des pas… Elle savait donc quelle heure il était. Ils étaient si proches d’eux, qu’elle fut tétanisée d’angoisse à l’idée de se ruer vers la clôture. Elle distingua la silhouette, bien sur, mais sans plus. Elle ne pouvait pas poser un visage dessus. Son cœur battait très fort, tellement elle était saisie par cette proximité qu’elle n’avait pourtant pas voulu affronter. Elle rentra hâtivement, perturbée par ce qui venait de se passer. Elle ne dinerait pas car le déjeuner avait été excellent et copieux, comme à chaque fois. Elle alluma son ordinateur pour y relever ses mails. Et ce soir, elle correspondrait avec Cyber. Justement, en ouvrant ses mails, Cyber avait écrit et proposait un rendez-vous ce soir. Elle répondit de suite favorablement, à ce mail qu’il lui avait adressé ce matin même. Vers 20 h, Verena alluma la télévision pour y suivre le journal et à la fin de celui-ci, il serait l’heure de se connecter avec Cyber. Cyber était en ligne et attendait Verena. L’un comme l’autre étaient ravis de se retrouver sur le web. Il lui détailla son séjour à Dubaï et le souhait qu’il avait d’y retourner un de ces jours. Cyber était un grand voyageur. Son emploi lui demandait d’être disponible à cela et ce n’était pas pour lui déplaire. Il cherchait une destination pour la fin d’année, avant les fêtes sans doute, afin d’affronter l’hiver avec « le plein de soleil ». Il était comme Verena, il aimait la chaleur. Déjà, Verena trouvait qu’il avait de la chance d’habiter la Côte d’Azur, car elle ne savait toujours pas que Cyber, s’il possédait un appartement, n’y résidait pas à l’année. Elle lui parla de son séjour, toujours aussi agréable et du retour en région parisienne où le temps restait exceptionnellement beau et ensoleillé. Elle lui raconta sa journée, avec le déjeuner professionnel qui s’était étalé dans le temps et la reprise de ses lectures. Elle ne lui parla pas de son achat, elle ne voulait toujours pas qu’il lui propose une vraie rencontre. Il lui demanda si elle correspondait avec d’autres personnes, question à laquelle elle répondit négativement et il en profita pour lui dire qu’il en était de même pour lui. Il raconta ses péripéties avec des travaux réalisés dans son appartement. Il avait voulu s’y mettre lui-même, avec un ami, tout aussi peu manuel que lui et cela avait pris bien du temps, mais il n’était pas mécontent du résultat. Verena avait retrouvé son appartement avec joie, après cette semaine d’absence et son emploi du temps avait été pas mal occupé dès son retour. Ils passèrent deux heures environ, à parler de tout et de rien. Cyber avait eu une reprise de travail sur les chapeaux de roues, et il n’en finissait pas de travailler chez-lui afin de ne pas rester dans l’enceinte confinée de son bureau. Il aurait sans doute pas mal de déplacements à faire dans l’année qui allait suivre, car de nombreux projets semblaient voir le jour. Verena avait repris l’ouvrage qui serait sous peu publié et elle en parla avec enthousiasme, car elle s’était battue pour qu’il le soit. Pourquoi, d’ailleurs celui-là plus qu’un autre, elle ne sut pas donner de vraie réponse à Cyber. Elle avait senti comme un appel au secours inexpliqué, derrière ces mots, au travers de la manière dont il avait été initialement écrit. Ces deux là avaient eu un certain plaisir à dialoguer ensemble. Verena y mit pourtant fin, car elle ne voulait pas avoir à répondre pour l’instant, à des questions plus personnelles. Elle savait qu’à un moment, cela arriverait. Cyber et Verena prirent congés pour ce soir et se connecteraient sans doute au cours du week-end. Verena était moins attentive aux jours, car elle n’avait pas de « week-end » en fait, puisqu’elle organisait sa semaine sans tenir compte du samedi et du dimanche en particulier. Elle avait enregistré beaucoup d’émissions et de films, et elle allait s’installer devant un de ses enregistrements. Puis elle réfléchit qu’il n’était pas impossible qu’elle s’y endorme, alors elle fit une copie du film choisit, afin de le visionner dans la chambre, confortablement installée dans son lit. Verena savait qu’elle ne s’éveillerait pas au bruit du pas le lendemain, car nous serions samedi. Jamais de pas le samedi et le dimanche. Et pourtant ! Samedi matin, il y eut les pas !!! Quelle surprise pour Verena : elle se demanda ce qu’il avait bien pu se passer, pour qu’il y ait les pas devant chez-elle un samedi ! Elle ne le saurait jamais ou peut-être, un jour, qui sait ? Qui pouvait s’arrêter ainsi devant chez-elle ? Cela restait aussi inquiétant que mystérieux. Elle se leva rapidement, suivit son rituel du petit-déjeuner et du moment de détente dans la salle de bain, puis elle s’installa avec la lecture, ou plutôt la « re-lecture » qu’elle avait prise en main la veille. Elle espérait l’avoir achevée dimanche soir, pour commencer celle qu’elle ne connaissait pas encore, où la mort était présente… Peut-être d’ailleurs, qu’elle l’entamerait avant la fin de l’autre dont elle se souvenait du sujet. Oui, elle allait faire cela car elle était très tentée. De 9 h à midi, elle ne leva pas les yeux de l’ouvrage. Si bien qu’elle avait beaucoup progressé. Elle regarda par l’œil si personne n’était sur le palier pour aller chercher son courrier. Il n’y avait rien aujourd’hui et elle rentra en fermant la porte à double tour, car elle n’aurait pas à sortir, ni demain d’ailleurs. Elle n’ouvrirait sa porte que lundi matin maintenant, car Françoise et Monsieur Barbinosa viendraient comme prévu. Cyber et Verena se connectèrent samedi soir. En fin de journée, Verena avait essayé, mais il n’était pas en ligne. Elle avait très envie de lui faire partager le récit, mais elle n’en avait pas le droit. L’œuvre n’étant pas publiée, elle ne pouvait le faire. Cyber raconta sa journée de samedi, commencée par la matinée au bureau, chose qui ne lui arrivait que vraiment très rarement. Il y avait beaucoup de projets en cours et il n’avait pu boucler sa semaine comme il l’aurait voulu. Là, il s’était connecté pour la saluer, mais ne pourrait pas rester, car il était d’astreinte auprès de son employeur et voulait continuer un de ses projets en cours. Son week-end allait être très studieux, puisqu’il continuerait de travailler à distance dimanche aussi. Au moins, voilà un point que Verena et lui avait en commun cette fois : le travail à distance. De son côté, Verena avait reçu ses codes d’accès au site de la maison d’édition. C’était une nouvelle formule géniale, car elle permettait des corrections sur les ouvrages qui commençaient à être mis en consultation directe. C’est sur ces mots qu’elle termina sa conversation avec Cyber, en lui souhaitant bon courage pour ce week-end. Verena se connecta sur le site de Monsieur Delubac et l’histoire qu’elle devait lire, la seconde, était en ligne. Contrairement à son habitude, elle ne prit pas le stylo-mine et son bloc de papier, mais la tablette graphique et « le pen », nouveaux accessoires utiles à ce type de travail. Elle explora le logiciel afin de familiariser avec ce nouvel outil. Elle y passa beaucoup de temps, car la méthodologie que Monsieur Delubac lui avait remis avec les ouvrages, était assez succinte. Verena navigua entre les différents menus de cette application, afin de l’apprivoiser. A la fin de la soirée, tandis qu’il était déjà 23 h, Verena leva la tête et s’aperçut qu’une fois encore, elle avait sauté le dîner, mais qu’il était tard aussi. Le sommeil ne la gagnait pourtant pas mais elle décida de fermer l’ordinateur pour ce jour et de reprendre sa « re-lecture » en allant se coucher. Elle continua de lire jusqu’au milieu de la nuit. Vers 3h, tandis qu’elle ne dormait toujours pas, Verena se leva boire un lait chaud légèrement sucré avec du miel. Elle s’endormit finalement sur le matin et s’éveilla vers 10 h, par les cris des voisins sur leurs enfants. Elle était toute cotonneuse, mais se leva sans tarder, bien que rien ni personne, ne l’y forçait. Elle réalisa que sa lecture était presque terminée, car il lui restait tout au plus, une vingtaine de pages. Elle l’avait dit, elle terminerait dimanche ! La seconde lecture trouvait une part de similitude avec la vie de Verena, car d’emblée, la mort du compagnon de l’héroïne était annoncée. Elle mit ses émotions entre parenthèse, car sinon, elle n’aurait pas pu continuer de lire. Il fallait que son esprit soit libre et elle s’employa à alterner les deux ouvrages, afin de ne pas être trop imprégnée par le récit. Elle n’oublia pas un copieux petit-déjeuner et passa le déjeuner. Elle s’offrit une part de la tarte de vendredi, et un café à 16h30. Sa terrasse l’accueillait, elle y était si bien… Elle espérait aimer autant son appartement du Midi, que celui-ci. Elle fit une pause et rechercha de nouveau du mobilier simple mais pratique, pour son appartement méditerranéen. Seulement, elle ne gardait que l’image de ce nouveau «nid », les plans étaient bien trop abstraits pour elle. Un nuage passa au-dessus de la terrasse et Verena leva les yeux au ciel. Non, il n’allait pas se mettre à pleuvoir ! Verena comptait bien profiter du jardin jusqu’à la fin de la journée, il n’était pas très tard. Elle pourrait continuer de lire encore à l’extérieur. Elle en avait très envie. L’histoire triste, mélancolique, était fort bien écrite et agréable à lire. Verena avait repris la lecture sur papier, car sur ordinateur, c’était un peu fastidieux. Puis elle ne maitrisait pas suffisamment bien l’application informatique. Sa « relecture », quant à elle, était achevée et il ne manquait plus qu’à rédiger le résumé du livre. Les mots lui venaient, aussi Verena changea d’ouvrage et se mit à écrire le résumé en question. Naviguer entre les deux manuscrits, était un travail habile de mémoire. Celle de Verena était un peu rouillée et cet exercice, lui permit de relancer le processus. Elle y mettait un point d’honneur et c’était un atout majeur dans son travail. Lorsque Monsieur Delubac lui faisait livrer plusieurs œuvres, elle utilisait souvent cette technique, car elle lui permettait d’avancer assez vite sans ne rien perdre des histoires. Cette fois, après le relâchement de ses récentes vacances, elle se sentait un peu en retrait de cette facilité qu’elle avait jusque là entretenue. D’ailleurs, elle avait appris à s’en servir aux côtés de Frédéric. Elle était le double de son agenda parfois. Elle aimait lui être utile et lui rendre ce service. Elle se surprit à errer dans son passé et ses souvenirs. Elle se reprit et acheva la rédaction du résumé. Maintenant, la soirée commençait et elle rentra son linge séché au soleil de cette belle journée. Et voilà, une semaine se terminait ! Elle dîna de deux tartines de pain beurré et d’un bol de café au lait. Cette fois, elle s’endormit très tôt. La nuit perturbée de la veille, avait eu raison d’elle.
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Harmony
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20 octobre 2009 à 14:55
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Verena s’éveilla au bruit des pas, comme tous les matins. Elle ne tarda pas à sortir du lit, car ce matin, Françoise et Monsieur Barbinosa venaient. Ce seraient encore une belle journée, le ciel était clair et bleu. Elle se hâta à se préparer et enfila un jean neuf, avec un tee-shirt fin à manches longues. Cet ensemble lui allait bien. Elle avait déjà très envie de lire. Finalement, les lectures lui manquaient et elle n’était pas mécontente de reprendre. Son univers reprenait corps. L’histoire était vraiment très douloureuse, mais écrite avec énormément de délicatesse et une sensibilité infinie. Les mots s’accordaient comme des notes de musique sur une partition. Verena était suspendue à chaque phrase, elle entrait dans le récit ; elle le vivait. Elle savait pertinemment bien qu’il ne fallait pas que cela se produise… C’est pour cela que Monsieur Delubac, connaissant son passé, avait insisté encore et encore, sur le contenu de ce récit. Alors, Verena décida d’entamer le suivant aussi, afin de marquer une légère coupure entre les deux. Elle ne pouvait pas revivre les périodes de fortes angoisses qu’elle avait vécues au moment de la tragique disparition de Frédéric. Refaire surface avait été très difficile, bien plus qu’elle ne voulait se l’avouer. Puis assez ! Françoise et Monsieur Barbinosa seraient là sous peu et en aucun cas, elle ne devait sembler différente des autres jours. Le cœur de Verena s’était beaucoup endurci avec cette épreuve traversée seule. Le téléphone sonna, Françoise était arrivée et, Monsieur Barbinosa aussi. Elle descendit leur ouvrir. De suite, Verena trouva que quelque chose avait changé entre eux. Déjà, ils étaient arrivés en même temps. Puis les regards échangés semblaient très complices. Verena leur offrit un café avant que chacun ne s’affaire à ses taches. Françoise était gaie comme un pinson ; elle avait envie de parler avec Verena. Ce visage jusqu’alors triste, était soudain plein de lumière. Verena osa poser la question qui conduirait Françoise vers des confidences. Ses problèmes de plomberie avaient-ils été solutionnés par Monsieur Barbinosa ? Alors là, Françoise eut un immense et large sourire pour répondre un « oui » vif et clair. Elle raconta à Verena que pour remercier Monsieur Barbinosa qui n’avait pas voulu être payé, elle l’avait invité à dîner… Verena comprit alors qu’ils s’étaient également revus ensuite, durant son absence, et que les affinités avait pris forme. Elle était ravie et souriait à son tour. Elle ne s’était pas trompée du tout. Elle comprenait encore quelque chose aux gens, même si elle ne fréquentait personne pour ainsi dire. Elle la félicita chaudement et Françoise put continuer son travail, car elle venait d’annoncer son bonheur tout neuf. Elle parla de ses enfants, qui accueillaient la situation sans protestation. Et finalement, Françoise remercia Verena d’avoir permis cette rencontre pourtant due au hasard. Monsieur Barbinosa n’entendait rien de leur conversation, car il taillait les thuyas. C’était tellement agréable de lire le bonheur sur un visage. Cet éclat avait fait disparaître la mélancolie naissante de Verena, lorsqu’elle lisait l’ouvrage. Cette jeune-femme avait besoin d’être écoutée, et Verena accorda ce temps. Son enthousiasme lui fit accomplir bien plus de taches que Verena en avait demandées. Elle entreprit les vitres et nettoya également les volets roulants ! Verena était amusée de toute cette belle énergie que l’amour pouvait donner : c’était émouvant et beau à la fois. Puis vint le moment de tondre le gazon. Françoise changea ses chaussons contre une paire de tennis, lorsque Monsieur Barbinosa ôta ses mains fragiles de la tondeuse. Il allait faire cela pour elle. Françoise fut touchée et gênée, puis regarda en direction de Verena : cette mission était sienne. Verena remercia Monsieur Barbinosa de bien vouloir s’en charger, car Françoise avait beaucoup avancé dans les travaux ménagers et elle se demandait si justement, tondre en plus, n’était pas un peu trop pour ce jour. Un coup d’œil complice de Françoise, se dirigea en direction de Verena, pour dire « merci ». Mais Françoise était embarrassée, car elle avait ainsi terminé son ouvrage… avant Monsieur Barbinosa ! Ils ne pourraient sans doute pas repartir ensemble. Alors Françoise demanda à Verena d’attendre que la tonte soit terminée, car il faudrait repasser un coup de serpillère sur le sol. Et oui, si elle avait su, elle aurait lavé après seulement et s’en excusa auprès de Verena. Bien sur, c’était logique et compréhensible. Verena la laissa s’organiser comme elle le souhaitait et partit lire ses mails. Cette histoire pouvait fort bien correspondre à une lecture que Verena avait pu avoir en main. Sa boite e-mail débordait de publicités en tout genre, qu’elle supprima. Il y avait celui de Monsieur Delubac, comme souvent en chaque début de semaine. Il prenait régulièrement des nouvelles. Verena lui répondit de suite qu’elle avait commencé les deux lectures, et que la « relecture » était bien entendue achevée. Elle trouva également un mail de l’agence de voyage qui avait encaissé son acompte et se rendit sur le site. Cette immense plage était sublime et l’hôtel toujours aussi magnifique. Elle interrogea la météo là-bas et le temps était superbe. Par contre, il fallait qu’elle avise le notaire d’Antibes, car elle serait absente les tous premiers jours de décembre, puisqu’il y avait son voyage. Elle le fit de suite, afin de ne pas omettre. Tout devait être correctement programmé. Verena n’aimait pas que les choses soient laissées au hasard. Elle prenait grand soin de planifier et s’y tenait. Sa rigueur permettait au temps de ne pas avoir d’emprise sur elle, ou peu, tout du moins. Tout cela avait donné des idées à Verena, qui se décida à reprendre son écriture personnelle. Elle l’avait laissée en plan depuis pas mal de temps maintenant. Avant de s’y remettre, elle se rendit sur le site de la maison d’édition afin de valider comme « terminée », l’histoire relue. Ce site permettait la gestion des lectures en cours. Désormais, un manuscrit avant d’arriver sur « papier » à un lecteur, pouvait l’en aviser par ce moyen. Elle devait aussi recevoir le fameux « livre électronique ». Monsieur Delubac avait modernisé son entreprise en se tournant vers les nouvelles technologies. Avec leur accord, des lecteurs seraient équipés de cet outil. Monsieur Barbinosa venait d’achever de tondre et de descendre les deux sacs de gazon, tandis que Françoise donnait un dernier coup de serpillère. Le jardinage et le ménage étaient finis ; Monsieur Barbinosa et Françoise allaient partir. Verena régla la facture restant en cours, à Monsieur Barbinosa et acquitta le salaire de Françoise. Verena leur souhaita « bon appétit », car elle ne doutait pas qu’ils déjeuneraient tous les deux et referma sa porte après une poignée de main chaleureuse. « A lundi prochain, Françoise » ! Verena savait que la jeune-femme avait encore très envie de lui parler de sa nouvelle vie, et sans doute continuerait-elle de le faire la semaine prochaine. Si Verena avait pu supposer être à l’origine d’une histoire d’amour... ! Il était 12 h passées et l’heure de déjeuner. Sauf que Verena n’avait faim que « d’écrire » ! Elle reprit son histoire avec entrain. Les mots venaient tout seul et elle affichait un style coulé comme un ruisseau au cœur d’un vallon. Ses doigts n’en finissaient plus de s’agiter sur le clavier. Elle continua ainsi durant deux bonnes heures et cinq pages plus tard ! Jamais elle n’avait autant écrit d’un coup ! Comment faisaient les vrais écrivains, se demanda-t-elle encore une fois ? Maintenant, son estomac la rappela à l’ordre. Elle mit une tomate farcie à chauffer et pendant que le four faisait son travail, elle commença à relire ses écrits. Le four sonna avertissant que son plat était prêt, elle abandonna sa propre lecture et déjeuna. Elle prit son temps pour déjeuner, devant une émission télévisée qu’elle suivait régulièrement. Elle n’avait pas regardé les informations, comme elle le faisait d’habitude. Elle reprit sa lecture, devant son cappuccino. Ensuite, elle ferait sans doute une petite sieste au soleil. Elle sentait une légère fatigue l’envahir et eut quelques difficultés à terminer de se relire. Elle enregistra son travail, le publia sur le site, mais ne s’aperçut pas qu’elle avait un message… Son transat l’attendait sous les généreux rayons du soleil. Elle était bien, se sentait détendue et ne tarda pas à s’assoupir. Elle s’éveilla lorsque le joli grand chien blanc du voisin, jappa. Il essayait d’attraper sa balle cachée derrière un thuya. Verena l’aida et le chien repartit fièrement en remuant la queue. Il avait rudement bien fait, de l’éveiller, car s’endormir au soleil n’était pas forcément une bonne idée. Le temps de rassembler ses esprits, elle prit l’ouvrage de ce matin en lecture. Elle devait avancer dans son travail, car Monsieur Delubac lui avait dit avoir plusieurs ouvrages à venir et il comptait toujours parvenir à joindre cet auteur sur Internet. Il envisageait même d’étendre le cercle de Verena aux romans policiers, car il savait qu’elle aimait aussi ce registre. Elle n’avait pas dit non, mais il lui faudrait d’avantage de temps. Elle n’était pas rodée aux intrigues bien ficelées. Elle sentait à nouveau qu’elle basculait dans l’histoire, ce n’était pas bon d’en être autant imprégnée. Elle prit sur elle pour isoler sa sensibilité, de la mission qui lui était confiée. Elle savait qu’il y aurait lutte, mais elle en était capable. Jamais elle ne devait autant s’impliquer. Un jour, Monsieur Delubac avait rencontré un souci parmi ses « lecteurs ». Une personne s’était approprié une histoire. Ce détournement avait frôlé le procès pour plagiat. Puis les choses s’étaient arrangées à l’amiable, l’auteur comprenant que l’indélicat lecteur, était seul responsable de la situation. Concernant Verena et cet ouvrage, c’était une histoire de cœur qui la cueillait au plus profond d’elle-même. La reprise était difficile, mais c’était enrichissant et le gage, pour elle, de savoir qu’elle pouvait toujours scinder l’affectif de la réalité. Durant un temps, avant de prendre ses vacances, elle était venue à en douter. Pourquoi cette année plus que les autres, mais la cure lui avait rappelée combien elle était seule. Elle qui n’en souffrait absolument pas, s’était surprise à être un peu mal à l’aise parfois, lorsqu’elle était en terrasse. Elle ne s’expliquait pas les raisons de cette situation. Sa vie n’avait pas changé. Peut-être le fait de commencer à correspondre avec Cyber lui avait montré qu’elle pouvait exister autrement qu’au travers des livres. Elle ne devait pas se laisser prendre au piège des autres dont elle vivait détachée, puisque cette relation n’était que virtuelle. Ses relations étaient rares et tout allait très bien ainsi. Tout au plus s’était-il agit d’une fatigue psychologique normale, au sortir d’un hiver rigoureux et au début d’un printemps frileux.
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Harmony
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21 octobre 2009 à 14:50
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Cyber était en ligne ce soir. Verena n’avait pas très envie de dialoguer, mais elle le fit par politesse. Cyber, grand voyageur, évoqua sa recherche d’un prochain séjour. Tous les 6 mois environ, il s’offrait un séjour. C’est ainsi qu’il passait ses vacances. Seul, il n’avait pas d’attaches ni d’impératifs avec les dates. Il pouvait partir quand il le souhaitait. Enfin, presque, car son emploi pouvait être très prenant. Verena était plus casanière et se sentait bien ainsi. Elle détestait faire les bagages, et les défaire également. Elle s’accommodait mal des changements. A l’instant où elle répondait cela, elle pensa à l’appartement qu’elle venait d’acheter. Ce n’était pas pareil, elle serait chez-elle. Cyber aimait aller au cinéma, Verena louait des films ou regardait les nombreuses chaines télévisées. Il appréciait les sorties au restaurant et la bonne table, déplorant cependant que ces moments soient seuls ; elle sortait en compagnie d’une personne, Monsieur Delubac. Elle préférait cuisiner plus simplement, et rester chez-elle. Tous deux aimaient lire, mais ils n’avaient trouvé aucun ouvrage commun pour l’instant. Cyber se consacrait d’avantage à la lecture lorsqu’il voyageait, tandis que Verena s’en servait pour subvenir à ses besoins et il s’agissait également d’un plaisir. Beaucoup de choses les opposaient, et pourtant, ils continuaient de correspondre, même si chacun en disait peu, surtout Verena. Parfois, elle regrettait d’avoir entrepris cet échange, surtout comme ce soir, où vraiment, elle n’avait pas envie d’écrire. Comment cet homme, au travers de quelques phrases banales, pouvait-il s’intéresser à elle ? Le sujet de ces lectures était secret, elle ne pouvait en évoquer que le thème. Elle avait déjà eu envie de lui poser la question, mais elle ne savait comment s’y prendre sans qu’il ne s’en offusque. Il lui parla informatique et de ses journées chargées en ce moment, ainsi que d’un voyage professionnel qui lui avait malheureusement échappé. Dommage, la destination était Hawaï… Sans doute y songerait-il pour ses prochaines vacances. Verena voyageait surtout via Internet, c’est ce qu’elle lui répondit. Bien que là, elle ait son projet mexicain. Par contre, elle ne lui en parla pas. Elle tenait à rester secrète. Elle ne voulait pas que quelqu’un puisse partager trop de choses de sa vie. Certes, elle aurait pu s’inventer un personnage comme ceux sortis des romans qu’elle pouvait lire, mais elle ne voulait pas mentir… ni se mentir. C’était le risque lorsque l’on se créait une vie de fiction. Puis il fallait se souvenir de tout, comme lorsque l’on écrit un roman par exemple. La comparaison était curieuse, d’ailleurs, car Verena avait justement ses lectures.
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Harmony
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22 octobre 2009 à 17:21
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Cyber lui avoua sa déception de n’avoir pu aller à Hawaï, car il avait plus ou moins préparé son voyage. Mais une belle promotion était arrivée à ce moment-là, avec une charge supplémentaire de travail. Verena ne sut pas ce qui lui prit, mais elle raconta à Cyber qu’elle s’essayait elle-même, à l’écriture ! Tout cela était sorti à grande vitesse du clavier, comme un éclair surgit dans le ciel. Après tout, leur échange n’était que virtuel, et à quoi bon continuer la conversation si elle n’avait rien à raconter. Elle évoqua juste quelques poèmes écris dans son adolescence et sa prime jeunesse, puis son inscription sur un atelier d’écriture. Les livres la passionnaient et dégageaient un certain mystère. Ca, ce n’était pas faux. Ils parlèrent « décoration », et chacun évoqua son intérieur. Verena s’attendait à la description d’une belle terrasse ensoleillée de la part de Cyber, mais il n’en parla pas. Pourtant, dans le Midi… Verena s’enthousiasma sur son intérieur dans lequel elle se sentait si bien, avec ses murs en peinture, sa terrasse au soleil dont elle profitait généreusement, surtout en ce moment, où l’arrière saison était clémente. Elle pourrait être intarissable sur le sujet. Cyber, lui, était plutôt un homme d’extérieur. Il quittait son appartement dès qu’il le pouvait. Il vivait assez mal sa solitude, contrairement à Verena. Cyber vivait loin de chez-elle et elle ne redoutait pas qu’il lui propose une vraie rencontre : elle était soulagée. Ils n’en étaient pas même au tutoiement. Elle n’aurait pas pu, d’ailleurs. Ils cessèrent là leur conversation. Et Verena reprit sa lecture. Elle ne s’y attarda pas trop non plus, elle ne se sentait pas prête à le faire ce soir. Elle lut tout de même une dizaine de pages. Elle regarda un catalogue de vêtements, car il lui faudrait penser à élargir sa garde-robe. Il lui semblait un peu tôt pour passer commande de vêtements d’automne et d’hiver, puisque le soleil brillait encore. Elle attendrait un peu, car il y aurait sans doute des réductions proposées par la suite. Elle se rendit sur l’atelier d’écriture, mais l’inspiration ne lui venait guère. Elle relut malgré tout un peu cette histoire, et ajouta quelques lignes, sans grande conviction. Puis elle se résigna, car elle ne savait quoi écrire. Tout cela l’agaçait, car elle ne parvenait pas à fixer son attention. Elle ferma son ordinateur, ses volets, passa le dîner et alla se coucher devant la télé. Demain serait un autre jour. Elle s’endormit tôt, pour s’éveiller au rythme des pas. Ce matin était le jour des courses et Verena partit tôt pour se débarrasser de cette tache qu’elle ne prisait pas particulièrement. De mémoire, jamais elle n’avait filé aussi vite entre les rayons. Elle voulait rentrer chez-elle et reprendre ses lectures. Verena se sentait un peu déstabilisée ces temps-ci, mais elle ne parvenait pas à savoir réellement pourquoi. Les pas, peut-être, car ils l’angoissaient vraiment, maintenant. Les jours raccourcissaient et ne la rassuraient pas du tout. Il faudrait pourtant qu’elle trouve le courage de courir à la clôture afin d’éclaircir ce mystère une bonne fois pour toute. Une fois, elle avait imaginé se rendre à la gendarmerie pour raconter son histoire. Puis elle ne l’avait pas fait, elle serait passée pour une imbécile, très certainement. La fois où elle avait mieux distingué la silhouette, il faisait jour. L’homme n’avait plus de chapeau, mais nous étions en été à ce moment là et c’était peut-être la raison de l’absence du chapeau. Verena avait l’impression de perdre un peu pied, depuis qu’elle était rentrée de vacances. Tout cela lui déplaisait fortement et il fallait qu’elle se ressaisisse au plus vite. Nous étions fin septembre déjà, son anniversaire approchait et elle se sentait toujours assez mal à cette période. Non pas parce qu’elle allait avoir une année de plus, non, mais Frédéric avait perdu la vie à cette époque aussi. Apparemment, il avait essayé de lui faire la surprise de rentrer pour son anniversaire, lorsque l’accident s’était produit. Dans l’épave, on avait retrouvé le cadeau qu’il lui destinait. Un superbe solitaire de deux carats, dont seul l’emballage avait été abimé. Alors Frédéric avait eut son message, celui qu’elle avait à l’époque laissé sur le répondeur ? Elle ne souvenait plus de ce que lui avait répondu la police à ce sujet, et s’il lui avait même été dit quelque chose d’ailleurs. Verena vivait une période difficile. Son remède était la lecture. Elle lui faisait oublier sa vie. Sauf que l’œuvre en cours, avait beaucoup de similitudes qu’elle ne pouvait oublier, elle le savait. Prendre l’autre ne servait à rien finalement, car il fallait qu’elle termine celle-ci avant, avec tout le sérieux et le professionnalisme dont elle faisait toujours preuve. Elle s’installa confortablement dans son fauteuil préféré, avec le fond musical habituel. Elle devait être détendue. Elle ne pourrait pas se sentir aussi mal qu’elle l’avait été par le passé. Personne n’était là pour elle, et elle n’avait besoin de personne. Elle vivrait seule cette autre épreuve. Tous les ans, le souvenir du passé revenait. C’était un anniversaire funeste. Mais cette année, la douleur était plus vive. Elle se reprocha alors d’avoir entamé cette relation virtuelle avec Cyber, car d’une certaine façon, elle trahissait Frédéric. Tous les ans, Frédéric organisait une jolie soirée d’anniversaire pour Verena, rien que pour eux deux. Verena n’appréciait pas spécialement être le centre d’une fête, et Frédéric le savait. Par contre, elle mettait toujours un point d’honneur à l’époque, à ce que les fréquentes réceptions de Frédéric, soient réussies. Elle y brillait d’ailleurs, et Frédéric était très fier d’elle. Elle était là, son roman sur les genoux, entrain de se remémorer le passé. Seulement, le temps passait, et l’ouvrage n’avançait pas. Elle but un second café et se mit activement au travail. Verena entrait dans l’histoire, mais s’éloignait de la sienne. Elle réussissait enfin à dominer ses propres sentiments. Un nuage blanc passait devant ses yeux, tandis qu’elle lisait. Comme si l’ombre de Frédéric planait, et s’intercalait entre chaque phrase, chaque mot. Elle avait cependant l’impression, qu’elle aurait pu elle-même avoir écrit cette histoire. Mais non, il ne fallait pas qu’elle pense ainsi, sinon, son objectivité ne serait plus entière. Par contre, elle était certaine qu’il s’agissait d’une période vécue et non d’une fiction. Finalement, elle se plongea dans le récit, au point de ne plus voir les heures s’écouler. Le soleil lui fit un clin d’œil, lorsqu’il descendit à hauteur de sa fenêtre, en baignant toute sa terrasse. Il devait être 12h30. Verena avait lu une vingtaine de pages sans avoir ressentit d’autre malaise. Elle n’assimilait plus rien à sa vie maintenant : elle avait dompté le récit et son esprit. Elle savait qu’elle pourrait continuer avec plus de facilité désormais. Malgré l’heure, elle n’eut pas grande envie de déjeuner, mais ces temps-ci, elle négligeait trop les repas. Elle mangea un laitage, une tomate et un fruit. Elle continua la pause devant les informations, puis se prépara à reprendre la lecture. L’ouvrage n’était pas très épais et elle le terminerait rapidement à ce rythme là. On sonna à l’interphone : qui cela pouvait-il être ? Elle n’attendait personne. Un colis venait de la maison d’édition. Il s’agissait du fameux livre électronique qu’elle avait accepté d’essayer. Très bien, elle étudierait cela plus tard. Elle referma sa porte rapidement et se remit à lire, mais dehors. Cette fois, ce fut le téléphone qui sonna, mais elle ne répondit pas. Son mobile sonna aussitôt et là, Verena se leva pour répondre. Elle eut juste le temps d’attraper la conversation au vol. Il s’agissait de Monsieur Biggi, l’agent immobilier, qui souhaitait lui communiquer la date de signature pour l’appartement d’Antibes. Elle reprit son agenda, regarda à nouveau les dates de son voyage au Mexique, puis tomba d’accord avec la date proposée. Monsieur Biggi et elle, notèrent le rendez-vous. Celui-ci aurait lieu le 15 décembre prochain et elle rentrait le 6.
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Harmony
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24 octobre 2009 à 18:17
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Verena appréciait tout particulièrement ce récit si bien écrit. Elle se délectait de cette lecture, avec ses mares couleur sépia où l’auteur semblait se baigner avec ses mots. Les pages portaient un message de mort parfois, où Verena ne devait pas sombrer, mais naviguer. Tout était fort et cinglant à la fois. L’auteur avait vraiment écrit avec son cœur, son âme, le sang qui coulait dans ses veines. Il y avait une histoire d’amour, vécue par un homme déçu et déchu des liens qu’il avait noué. Son épouse, disparue noyée de barbituriques dans son bain, l’avait laissé coupable d’être passé à côté d’une image qu’il n’avait pas captée. Il ne se remettait pas de cette tragédie qu’il avait trouvée un jour, en rentrant à l’improviste. Ce jour-là, il faisait un soleil radieux tandis qu’il avait trouvé un volet mi-clos. Il pensait plutôt voir son épouse allongée au soleil. Lorsqu’il l’a appelée et qu’elle ne répondait pas, il ne s’était pas de suite inquiété. Il l’a pensait dans son bain, car la chaine diffusait de la musique classique, comme elle aimait en mettre, dans ce cas là. Arrivé à la salle de bain, ce fut l’effroi. Ensuite, tout s’enchaina rapidement. Verena en était rendue là de l’histoire, lorsque l’on sonna à sa porte. Elle n’avait aucune envie de répondre, bien trop accaparée par sa lecture. Elle resta donc muette à cet appel. Après tout, elle avait une boite aux lettres. Elle fit pourtant une petite pause, devant un café gourmand. Elle était totalement investie dans son travail. Les heures n’existaient plus. Le temps était suspendu aux pages de l’ouvrage. Ses yeux commençaient à picoter et elle s’endormit sur l’ouvrage ! Elle s’éveilla une heure plus tard, ankylosée par la mauvaise position qu’elle avait prise. Ce qui l’étonna, c’est le téléphone. Il avait sonné sans qu’elle n’entende rien. De mieux en mieux maintenant ! Quelle heure était-il donc ? 15 h ! Elle avait dormit tout ce temps : incroyable ! Verena ne savait plus tellement où elle en était. Elle se leva rapidement, afin de s’éveiller totalement, et, en voulant aller sur la terrasse, loupa le rebord de la porte-fenêtre ! Elle chuta et se heurta violemment le coude et l’avant bras. La douleur lui donna la nausée et elle eut bien du mal à se mettre debout. De suite, elle prit de la glace qu’elle déposa sur son bras, mais celui-ci se mit à enfler tout de même. A 17 h, son bras la faisait de plus en plus souffrir et elle retira ses bracelets et ses bagues, car la main également, avait enflé. Elle redouta qu’il soit cassé et se décida à appeler un taxi qui la conduirait aux urgences. Elle ferma ses fenêtres et attendit le taxi. L’attente était longue à la clinique. Son tour arriva et confirma ses craintes. Son bras était cassé et plâtré pour 8 semaines ! Les choses allaient être moins faciles, d’autant plus qu’elle était droitière.
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Harmony
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22 février 2010 à 11:55
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Véréna pesta tant et plus devant sa maladresse. Tout de suite, elle pensa à Françoise. Elle pourrait l’employer d’avantage, durant la période où elle serait immobilisée. Comment allait-elle continuer ses corrections ? Ce plâtre était lourd et elle ne pouvait presque pas se servir de son bras. Elle téléphonerait à Françoise le lendemain. Elle se rendit compte combien elle était handicapée, car accomplir les gestes courants, était tout un exploit. Une vive angoisse vint la saisir au creux de l’estomac, mais rapidement, elle reprit le contrôle. Il ne fallait pas se laisser aller, au contraire. Elle prit tout le temps nécessaire pour préparer son dîner et avala son anti-douleur. Véréna alluma son ordinateur, elle devait aviser Monsieur Delubac. Lire ne serait pas un problème, mais écrire… Elle pouvait le faire via l’ordinateur, en saisissant les lettres une par une, mais écrire, non, elle ne pourrait pas. Il y avait bien la tablette graphique et le « pen », mais ça non plus, ne lui laisserait pas de possibilité, car droitière elle était, droitière elle restait. Véréna passa une soirée studieuse et laborieuse, avec ce bras en écharpe ! Vraiment, comment avait-elle pu être aussi maladroite ? Voilà un singulier cadeau d’anniversaire, car son plâtre lui serait retiré ce jour-là ! Elle n’avait pas réagit sur le moment, lorsque le rendez-vous avait été fixé. En plus, s’il y avait bien une date qu’elle voulait à tout prix éviter de passer dans les services médicaux, était bien celle-ci. Elle était devenue celle du décès de Frédéric ! Frédéric qui avait tout fait pour rentrer le jour de son anniversaire, justement. Sa main désenflait lentement, et elle n’avait plus vraiment mal. Elle lut un ouvrage jusqu’à minuit à peu près, mais mit plus de 30 minutes à apporter les corrections. Comme c’était pénible ! Elle alla se coucher et par chance, elle portait une chemise en jean, sans tee-shirt en-dessous. Car sinon, elle se demandait comment elle aurait fait pour se dévêtir. Elle verrait demain pour s’habiller. Déjà, là, pour enfiler son pyjama, ce fut toute une aventure ! Le sommeil l’avait quitté et elle alluma la télé, très en colère contre elle-même. Le lendemain matin, elle s’éveilla au bruit des pas. Ils faisaient office de réveil désormais. Véréna râla après elle et ses gestes maladroits, de la main gauche. C’est ainsi qu’elle faillit renverser sa poêle, contenant ses œufs qu’elle mangeait brouillés. Ensuite, vint la difficulté de couper des tranches de pain… Bref, rien n’allait ! Quant à la douche, ce n’était pas pratique du tout, car la résine pouvait accepter l’eau, mais tout de même pas une douche. Véréna ne prisait pas particulièrement les bains, mais c’est ainsi qu’elle fit sa toilette, car elle n’avait pas vraiment d’autre solution. Le temps d’accomplir tout ça, l’avait conduit vers les 9h. Dans une demie heure, elle appellerait Françoise et lui demanderait si son emploi du temps pouvait être comblé, pour les semaines à venir. Déjà, elle limitait ses courses à une fois par semaine. Françoise conduisait, donc si elle avait des disponibilités, elle pourrait voir avec elle. Comme elle s’en était doutée hier, Véréna eut bien des difficultés à rentrer dans ses vêtements ! Grrr !!! Elle s’en voulait terriblement. Surtout qu’elle avait un rituel annuel. Pour son anniversaire, qui était aussi celui du décès de Frédéric, elle préparait un souper, comme s’il allait arriver, et elle mettait son portrait face à elle, à côté du couvert dressé à son attention. Françoise accepta de caser Véréna dans son emploi du temps. Elle aurait des journées plus longues, mais elle pouvait s’arranger et laisser une certaine autonomie à ses enfants, âgés de 12 et 15 ans. Elle viendrait un jour sur 2, en fin de matinée et conduirait Véréna en course le jeudi. Il y avait également Cyber, à qui elle devait raconter sa mésaventure, car correspondre allait être difficile. Elle laissa un mail sur sa connexion. Ah, ce n’était vraiment pas facile avec un seul bras ! Le téléphone sonna et s’était Monsieur Delubac qui venait aux nouvelles après avoir lu son mail. Il lui dit combien il était désolé, et elle l’informa qu’elle pourrait continuer les lectures qu’elle avait en cours, mais que les délais pour les rendre, seraient plus longs. Elle demanderait à Françoise de porter les corrections pour elle. Elle avait bien essayé avec la tablette graphique, mais c’était très difficile. Il lui restait la possibilité d’annoter via le logiciel dont la maison d’édition, s’était pourvu. Elle l’étudierait d’un peu plus près, car elle ne pourrait pas tout le temps compter sur Françoise. Véréna passa la matinée avec le logiciel en question, et finalement, il s’avéra qu’il était bien pratique ! Véréna put apporter ses corrections, même si ce fut long, avec une seule main. Monsieur Delubac avait d’autres lectures pour Véréna, qui, malgré son handicap passager, les accepta. Le logiciel lui permettait de faire les corrections. Le tout prendrait d’avantage de temps, ce qu’elle annonça à Monsieur Delubac. Sa boite e-mail était pleine. Il y avait celui de l’agence de voyage. Elle avait confirmation du jour de départ, de l’heure… Elle nota que son plâtre serait retiré quelques jours plus tôt. Elle aurait très peu de séances de rééducation avant son départ. Françoise viendrait sous peu, car toutes deux avaient convenu de mardi, jeudi et samedi. Elles iraient faire les courses. Françoise était très ponctuelle et à 13h, elle était là. Véréna la convia à déjeuner, car elle n’avait pas pris de pause repas. Elles s’en allèrent en courses vers 14h. Moment où Monsieur Biggi, l’agent immobilier, choisit de téléphoner pour avancer la signature d’une petite semaine, soit le 9. Véréna accepta, mais expliqua que sa situation actuelle, ne lui permettrait pas d’autre changement, car elle rentrait juste le 6 de son voyage au Mexique. Le temps des courses passa suffisamment vite, car Véréna détestait toujours autant s’attarder dans les magasins. Elle nota les horaires de Françoise, afin de la rémunérer comme il se doit. Françoise fit office de dame de compagnie tout en rangeant les achats de Véréna et elles prirent un thé, avec quelques sablés que Véréna avait cuit avant son accident. Françoise prit congés de Véréna, il était un tout petit peu plus de 16 h. Elle alluma l’ordinateur, car finalement, elle allait travailler pas mal avec, au cours des semaines à venir. Elle avait fait installer le logiciel sur ses deux ordinateurs, ainsi, elle pouvait se servir de l’un comme de l’autre indifféremment. L’histoire de cette vie abrégée, lui rappeler que trop bien son passé. Elle aussi, avait songé à disparaitre lorsque Frédéric avait laissé partir sa vie sur cette route. Il s’en était allé tout seul, sans personne à ses côtés pour lui parler. Il n’aurait rien entendu, avait dit le médecin. Le choc avait été frontal et tellement violent, qu’il ne lui était resté aucune chance de survivre. Ou bien dans un état végétatif. Puisque le destin avait décidé de prendre sa vie, il valait mieux que ce soit ainsi. Il n’aurait pas supporter d’être grabataire et Véténa non plus. Il n’avait pas souffert lui avait-on dit. C’est sur ces mots que Véréna resta. Ils résonnaient en écho et c’est la seule chose qui lui faisait tenir le coup lorsque l’absence se faisait trop sentir. Allez, le moment de désarroi étant parti, il fallait qu’elle se remette doucement maintenant, car elle devait gérer son stress et continuer de lire. Elle ne trouva quasiment rien à redire sur la lecture du poignant récit. Il lui restait une vingtaine de pages et elle espérait bien en terminer aujourd’hui. Après, si elle en avait le courage, elle prendrait le livre électronique pour débuter la lecture de l’autre ouvrage. Un mail venait d’arriver. Monsieur Delubac proposait à Véréna d’être considérée comme en « accident du travail », après sa chute. Seulement si elle acceptait, elle ne devait théoriquement plus lire. Il fallait qu’elle soit occupée. Elle refusa donc. Monsieur Delubac tenait à la dédommager et opta pour la prise en charge d’une aide à domicile, en l’occurrence la venue de Françoise. Véréna fut touchée et accepta de bon gré. Maintenant, elle en était arrivé au moment de la reconstruction de l’homme, au creux de la funeste histoire. Il « sortait de la nuit » dans laquelle il s’était enfermé. Petit à petit, les choses reprenaient un sens et signifiaient quelque chose. C’était plus facile de jour en jour, car il respirait un air nouveau, même si l’être aimé lui manquait. Véréna eut alors l’impression de se reconnaitre dans cette tranche de vie. Elle avait ressenti la même chose. Il restait encore quelques semaines avant l’anniversaire qu’elle fêtait. Non pas le sien, car pour elle, ce jour n’existait plus, seul Frédéric comptait. Jamais aucun autre homme ne l’avait attirée depuis. Elle était devenue une femme anonyme, que l’on ne remarquait surtout pas. Le narrateur, par contre, reprenait vie. Il s’inscrivait dans divers clubs de sport et de jeux. Il revivait, tandis que Véréna restait seule le plus possible. Elle était malgré tout contente d’avoir Françoise et surtout, d’être à l’origine d’une jolie romance. Car Françoise lui avait fait des confidences tout en prenant le thé. Véréna n’avait pas forcé le dialogue. Françoise ressentait le besoin de faire partager son bonheur à l’instigatrice involontaire de la belle histoire. Véréna, seule maintenant, esquissa un sourire en repensant à tout cela, car rien n’avait été prévu. La lecture s’achevait sur une note sèche, mais bien écrite. L’homme reprenait sa vie là où il l’avait laissée, mais en solitaire, et les nuits, sa compagne venait le hanter. Véréna était contente d’avoir terminé. Elle regarda l’heure : il était 18h40. Elle avait légèrement froid. L’été qui s’éternisait, commençait malgré tout, à laisser place à un automne clément. Puis elle voulait faire abstraction des pas. Peut-être un jour irait-elle signaler cet état de fait à la gendarmerie, mais elle redoutait de passer pour une paranoïaque. Elle prépara un des ouvrages que Monsieur Delubac lui avait confié depuis longtemps. Elle s’y mettrait après le dîner qu’elle prendrait sous peu. Un peu de soupe, une tranche de jambon et un yaourt combleraient son estomac. Les informations n’annonçait que des nouvelles tragiques pour la plupart. Véréna changea de chaine et opta pour un film. Sauf que si elle regardait le film, elle ne lirait pas. Elle verrait le film plus tard, elle avait très envie de lire. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle prit l’ouvrage ! Il s’agissait d’une histoire qu’elle avait écrite, dont Monsieur Delubac lui avait parlé comme celle d’un auteur trouvé sur internet ! Pour en être tout à fait certaine, elle regarda le second ouvrage inachevé, par contre, qui devait être de la même personne. Et oui, il s’agissait de ses ouvrages, les siens, à elle, Véréna, qui était passée du côté de l’écriture ! Comment allait-elle faire ? Elle ne voulait pas dire à Monsieur Delubac qu’elle écrivait de petites histoires. En plus, dans l’envoi récent qu’il venait de lui adresser, se trouvait une « nouvelle » parmi d’autres, qu’elle avait écrite ! Il avait mis une autre rubrique en place : celle des nouvelles mélangées dans un même ouvrage. Cette situation devenait compliquée ! Il fallait qu’elle réfléchisse, mais elle était le dos au mur : elle ne pouvait que dire la vérité à Monsieur Delubac. Afin d’être certaine qu’il n’y ait pas d’erreur, elle se connecta au site d’écriture et regarda ses messages privés. En effet, il y en avait plusieurs au nom de la maison d’édition de Monsieur Delubac, mais comme elle n’avait pas connecté depuis longtemps, elle n’avait rien lu, ni vu… Zut, il ne manquait plus que cela ! Elle ne pourrait pas mentir et trahir la confiance absolue de Monsieur Delubac. Il était un peu un père, pour elle. Elle lui dirait la vérité, mais elle se relirait avant. Comment allait-elle procéder ? Elle ne pourrait être totalement objective. Il fallait qu’une autre personne lise ses ouvrages. C’était un comble, elle passait de l’autre côté du « miroir » ! Tout cela la perturba, car elle ne sut plus par où commencer. Fallait-il reprendre l’histoire qu’elle avait écrite d’abord, ou pas ? Elle la prit et la mit de côté, puis finalement, la rapprocha, car il y avait pas mal de temps qu’elle l’avait vers elle. Bon, elle relirait rapidement la petite nouvelle, puis reprendrait le « premier récit ». Elle dirait la vérité à Monsieur Delubac une fois qu’elle aurait tout relu. Elle mit peu de temps à lire la nouvelle, qu’elle laissa telle qu’elle. Maintenant, l’histoire achevée. Elle trouva des corrections à y apporter pour peaufiner le style. Tout cela l’emmena vers 23 h et elle avait oublié qu’elle voulait correspondre avec Cyber. Elle regarda. Il s’était connecté et lui avait laissé un message d’encouragement pour la période fastidieuse qu’elle traversait. Elle se connecterait demain, et le lui proposa par e-mail. Elle nota le rendez-vous à ne pas oublier ; son téléphone sonnerait. Elle avait sommeil et en était arrivée à presque la moitié de l’histoire qu’elle avait elle-même écrite. Elle décida de s’arrêter-là pour ce soir. Verena se débrouillait comme elle le pouvait lorsque Françoise n’était pas là. Elle s’aperçut aussi qu’elle avait beaucoup grossit, car elle n’entrait plus dans aucun de ses vêtements ! Elle ne pourrait pas revêtir de tenue seyante pour l’anniversaire du « départ de Frédéric ». Cela lui avait mis un sacré coup au moral, mais aucune larme ne coulait jamais plus. Dans un peu plus d’un mois, elle serait donc au Mexique, c’était une bonne chose. Finalement, nous étions déjà samedi, et étrange, elle avait entendu « les pas ». Entre-temps elle avait eut Cyber en ligne. Elle redouta ce jour-là, qu’il ne lui demande son numéro de téléphone, puisqu’elle avait des difficultés avec son ordinateur. C’était la seconde fois en quelques mois qu’elle avait entendu les pas un samedi matin. Elle fit ce qu’elle avait à faire, et la matinée passa. Elle allait s’apprêter à déjeuner d’un yaourt et d’un café, lorsque le téléphone sonna. Une ancienne amie, qui ne s’était plus manifestée depuis longtemps. Elle avait oublié combien elle lui avait rendu service dans son travail, sur ses dossiers, par le passé. Enfin… Verena resta polie et brève mais déclina son invitation en raison de sa mobilité difficile. Son « ex-amie » proposait de passer avec un repas tout prêt, mais Verena n’avait aucunement envie d’être son « utilitaire » et elle argumenta qu’elle était très fatiguée, et que l’on verrait plus tard. Verena espéra, d’ailleurs, qu’elle l’oublie ! Elle s’était bien habituée au livre électronique et puis Françoise avait accepté de se charger des traductions sur l’ordinateur. Verena lui avait expliqué le fonctionnement du logiciel, et Françoise s’en sortait plutôt bien. Monsieur Delubac avait prévu une rémunération supplémentaire pour Françoise, qu’il avait demandé à Verena de taire pour l’instant. Alors, elle n’en dit rien. Ca y est ! On allait lui retirer ce plâtre !!! Elle passa la matinée à la clinique où Françoise avait accepté de la déposer le matin. Et Verena se débrouillerait pour rentrer. Elle ne se déroba pas à l’anniversaire de Frédéric et fit comme elle peut d’une main mal habile. Comme chaque année, elle avait écrit un petit quelque chose, et s’excusait de n’être pas bien habillée, mais son poids, hélas… Verena et Françoise s’entendait très bien, et Françoise était heureuse, et… amoureuse ! Monsieur Barbinosa était l’élu de son cœur et tous deux semblaient filer le parfait amour. Verena était contente. Sans le vouloir, et dans la réalité, elle avait « écrit » le brouillon d’une histoire ! Déjà, ils faisaient des projets communs, tel habiter ensemble les weeks-end pour commencer. C’était une histoire qu’elle aurait pu écrire. Verena était débarrassée de son plâtre, et prit rendez-vous de suite avec un kiné pour débuter la rééducation avant de partir en vacances. Elle reçut par mail, toutes les coordonnées de ses vacances. Verena retourna voir son ennemie la balance et elle avait bien pris une douzaine de kilos en presque rien de temps !!! Il fallait qu’elle rachète des vêtements, maillot de bain, robes, etc. Son moral en avait pris un très grand coup… Elle n’avait toujours rien dit au sujet des nouvelles qu’elle avait écrites et que Monsieur Delubac lui avait transmises. Les jours avaient couru à grande vitesse, et il était presque temps de dire à Monsieur Delubac, qu’elle était l’auteur des deux histoires qu’il lui avait confiées. Ce matin-là, après s’être préparée, elle décida qu’elle téléphonerait à Monsieur Delubac afin de parler des histoires. Ce n’était pas facile, comment allait-elle s’y prendre et lui dire ? Il lui restait un peu de temps, car elle l’appellerait vers 10 h seulement. En prenant son petit déjeuner, elle regarda de plus près les éléments qui constituaient son prochain voyage au Mexique. A 9 h, elle reçut un coup de téléphone de Françoise. Très gentiment, elle prit des nouvelles et proposa ses services à Verena à la place de demain. Verena comprit que Françoise avait d’autres projets, de doux projets et accepta. Elle l’invita à déjeuner. Françoise avait surtout envie de parler de sa vie. Verena, du coup, histoire de dire qu’elle ne serait pas venue pour rien, car Françoise n’accepterait pas cette idée, lui demanda de la shampooiner. Verena qui était au régime, ça tombait mal, mais elle sortit un plat préparé par ses soins pour Françoise, et elle comprendrait très certainement en tant que femme, l’attention qu’elle prêtait à sa silhouette. Avant, elle emmènerait Verena acheter un jean à « sa nouvelle grande taille » maintenant. Verena trouva son pantalon, et en profita pour faire quelques courses au hard discount d’à côté. Elles rentrèrent, mais du coup, Verena n’avait pas appelé Monsieur Delubac, et il fallait vraiment qu’elle le fasse. Il était presque midi et elle tenta sa chance. Il fut ravie de l’entendre, prit des nouvelles et là, Verena lui annonça en une seule fois : « Voilà, je suis l’auteur Internet des deux histoires que vous m’avez données en lecture »… Monsieur Delubac fut médusé, abasourdi et questionna ensuite Verena afin de savoir si elle allait bientôt terminer l’histoire et cours et si toutefois, elle n’avait pas un autre sujet en tête » ! Il n’en revenait pas que sa lectrice préférée, ait pu devenir auteur ! Il ne savait plus vraiment à qui il était entrain de parler d’ailleurs : à l’auteur ou à la lectrice ? Il la félicita chaleureusement et comprit pourquoi elle n’avait pas encore donné son avis de « lectrice » cette fois, sur l’histoire achevée. Ils convinrent que dans ce cas, il reprendrait les ouvrages, car elle ne pouvait être juge et partie. Du coup, il avait très envie de la rencontrer au plus tôt pour en parler, et ils convinrent de la semaine prochaine, le lundi. Il était mé-du-sé et au fond, ne s’étonna pas tant que ça de cette double activité de Verena. Il lui trouvait un talent certain aux corrections des lectures. Il récupérerait les ouvrages lundi prochain. Françoise, quant à elle, avait balayé la terrasse et n’avait pas écouté la conversation téléphonique de Verena. Tant mieux, elle n’avait pas trop envie d’en parler. Il faisait froid dehors et Verena prêta un châle à Françoise, le temps qu’elle se réchauffe. Elles s’installèrent pour déjeuner et Françoise commença de suite à parler de son bonheur tout neuf, pour lequel elle devait « tout » à Verena. Monsieur Barbinosa et elle, avaient le projet commun de louer un appartement et vivre ensemble. Ils avaient eu un vrai coup de foudre l’un pour l’autre et elle demanda à Verena, l’honneur d’être leur première invitée dès qu’ils auraient emménagé dans un mois. Verena accepta, mais elle sera en voyage en décembre, et ensuite à Antibes. Mais elle accepta. Elle était heureuse que l’amour vive autour d’elle et un peu grâce à elle, surtout à cette époque, celle du départ de Frédéric… Libérée de son plâtre, elle n’aurait plus autant besoin des services de Françoise. Mais elle se réjouissait de cette idylle. C’était un vrai moment de joie pour les deux femmes. L’une qui vivait une histoire d’amour, et la seconde qui en était à l’origine, sans l’avoir fait exprès. Elles passèrent la journée ensemble et Françoise avait déjà décrit l’appartement de Verena et lui demanda si elle pourrait avoir son avis, pour la décoration. Ils auraient les clés la semaine prochaine ! Et en plus, ils allaient habiter la résidence une rue plus loin de celle de Verena. Françoise n’aurait même plus de frais d’essence pour venir jusqu’ici. Verena encore une fois, accepta de visiter l’appartement la semaine prochaine, et ce serait le vendredi. Lorsque Françoise se retira, il était 16 h et l’heure d’aller chercher ses enfants à l’école. Elle ne voulu pas être payée pour ce jour-là, mais Verena compenserait lorsqu’elle visiterait leur nouveau logis. Tout cela avait vraiment donné un « coup de fouet » à Verena. Ce soir elle dialoguerait avec Cyber, puisque son bras était libre maintenant. Elle manquait de souplesse, mais elle pouvait tout de même toucher au clavier. Cyber était content de la retrouver en ligne, débarrassée de son plâtre. Il allait bientôt partir en vacances, pour 10 jours, au loin, là où il aurait le soleil. En ce moment, son travail saturait son temps libre et il n’était pas mécontent de voir se profiler ses congés. I lui était même arrivé de venir travailler un samedi, au bureau, et chez-lui ensuite ! Verena lui raconta comment elle avait fait naitre une histoire d’amour et combien elle était ravie. Elle ne lui parla pas de son voyage ni de son passage éclair à Antibes. Elle raconta combien elle avait pris du retard sur ses lectures, tout le temps où elle fut partiellement « handicapée », et qu’elle avait encore quelques difficultés. Elle avait commencé sa rééducation et tout se passait bien, même si son bras, jusqu’au poignet essentiellement, était très enflé. Elle devait porter une attelle en attendant de passer un examen et exclure une décalcification localisée. Elle ne le lui dit, mais elle pensa que le soleil fera très certainement beaucoup de bien à son bras. Ils devisèrent sur leurs activités respectives, et la passion du jeu d’échecs de Cyber. Verena détesta cela, mais Frédéric était aussi un passionné. Elle aimait lire, broder, dessiner un peu parfois, mais toujours des feuillages, sortis tout droit de son imagination. Il était un peu plus de 22 h, et Verena prit congés de Cyber avec qui elle converserait demain. Il avait toujours des détails amusants de la vie d’un « bureau », que Verena n’avait pas, en travaillant à domicile.
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Harmony
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19 octobre 2010 à 08:28
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Le voyage au Mexique où elle rencontrera finalement un homme qui ne sera autre que « Cyber », mais sans le savoir. Elle découvrira ensuite, sur la fin de l’histoire, que Cyber est l’homme aux pas et reconnaitra l’homme rencontré au Mexique. Elle ne l’avait pas rencontré lors de l’achat de son appt, car c’est son ex-femme qui avait racheté les parts de leur appt, pour mieux le vendre ensuite. Maintenant que Monsieur Delubac était mis au courant que Verena était l’auteur des histoires à lire, elle lui posait un problème : à qui allait-il les donner pour lecture ? Quoiqu’il en soit, il la félicita. Entre temps, elle avait reçu les éléments concernant son voyage au Mexique. Elle en parla avec Françoise, son invitée, à prendre un thé gourmand. Elle lui confirait les clés durant son absence. Maintenant, il fallait également préparer le séjour à Antibes, car il resterait sans doute une dizaine de jours. D’un seul coup, elle se mit à regretter cet achat, comme s’il s’était agit d’une impulsion. Finalement, elle ne séjournerait pas tout l’hiver à Antibes, car elle l’aimait aussi l’été où le soleil était au zénith. Elle aviserait. Il y avait aussi Cyber à qui elle devait répondre avant qu’il ne parte en vacances lui aussi. L’été n’avait pas été fantastique du tout en région parisienne et ce voyage mexicain comblerait cela. Puis maintenant, voilà que les pas se faisaient entendre aussi le samedi matin parfois, ça alors ! Et ce jour-là, Verena put presque apercevoir le visage, car l’homme n’avait pas de chapeau. La rééducation du bras de Verena se passait plutôt bien et le clavier qu’elle utilisait, l’aidait aussi. Françoise et Monsieur Barbinosa emménageaient petit à petit, et Verena apporta sa petite touche à l’aménagement de ce nouveau logis en offrant un canapé à ses « petits amoureux ». Car sans le vouloir, elle était à l’initiative de cette histoire d’amour en les ayant mis en présence. Verena n’aimerait plus, elle le savait. Frédéric avait emporté son cœur avec lui. Ca y est, la date de départ était là. Monsieur Barbinosa proposa naturellement de conduire Verena à l’aéroport, ce qu’elle accepta volontiers, non sans une forme de gêne. Elle était heureuse de voir ces deux-la, dans la plénitude du bonheur. Verena ne parvint pas à dormir dans l’avion et du coup, elle termina de lire un ouvrage pour Monsieur Delubac. Elle avait tout fait pour le décourager de prendre ses ouvrages en lecture officielle. Elle était bonne lectrice, sans doute, mais piètre écrivain, c’était certain. Après un si long voyage, Verena n’était pas fâchée de descendre de l’avion. Il faisait chaud et elle ôta bien vite son manteau. Elle fut prise en charge de suite par le tour-opérator et un périple d’une heure en car pullman, l’a conduisit vers le complexe hôtelier, de très belle facture. Elle dîna d’un repas simple, car son poids n’en faisait qu’à sa tête. Elle se servit des « restes » de la langue anglaise qu’elle utilisait parfois avec les relations de Frédéric, car elle ne parlait pas espagnol. Elle ne s’en sortit pas si mal. Une fois installée, elle s’endormit de suite et passa une nuit sans réveil, pas même à l’heure de celle des pas. Il y eut la réunion de présentation des activités possibles et de l’infrastructure de l’hôtel le lendemain. Verena s’inscrivit à diverses visites, dont celle du célèbre temple de Chichen Itza, sublime joyeux. Elle se trouva assise à table, à côté d’un homme charmant ; toutes les autres personnes étaient en couple, en voyage de noce. Pour Verena, c’était plutôt noces funèbres, mais elle n’allait pas gâcher la bonne ambiance du groupe avec une touche de morosité. Il se présenta : « Frédéric Lombard, je suis ingénieur informaticien, divorcé et surbooké au travail » ! Verena eut un sursaut à l’écoute du prénom. Elle se présentant également, mais ne dévoila pas son emploi. Lui aussi fut surpris par ce prénom. Il faut avouer qu’il n’est pas très courant. Sans s’en rendre compte, ils restèrent un bref instant les yeux dans les yeux. Il lui parla de son emploi, et elle de ses lectures, mais en tant que passionnée. Finalement, ils restèrent ensemble tout le long du repas, de la visite, du trajet retour et même du dîner ! Après cela, il lui offrit un verre qu’elle ne refusa pas. Par contre, elle dénia l’invitation en discothèque, car elle était fatiguée et ne connaissait pas cet homme. Elle regagna sa chambre, avec le chant des oiseaux et les lumières diffuses éclairant le pont. Plus loin, elle vit l’enclos des crocodiles à demi-endormis dans l’eau.
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Harmony
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20 octobre 2010 à 11:33
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Avec le décalage horaire, elle s’éveilla vers 07h30. Elle paressa dans son bain, et c’est vers 8 H qu’elle se rendit au petit-déjeuner. A moitié endormie, elle percuta un homme. Il s’agissait de Frédéric Lombard. Il la salua, s’avisa qu’elle avait passé une bonne nuit et lui proposa de partager sa table pour ce premier repas de la journée. Interrogative, malgré tout, elle ne refusa pas. Il lui demanda quel était son programme pour cette belle journée ensoleillée et elle répondit qu’elle lirait, tranquillement, tantôt à la plage et aux bords de la piscine. Frédéric était intarissable sur son travail ; un vrai passionné. Il ne s’interrompait que pour manger. Verena l’écoutait avec politesse, mais ne savait que dire. Elle connaissait bien la profession. Il s’excusa de monopoliser la conversation, et lui demanda ce qu’elle aimait, faisait dans la vie et cette fois, elle lui répondit, car elle avait emmené son sac et son ouvrage, dans l’idée de se rendre directement à la plage. Elle lui avoua qu’elle était lectrice, et qu’elle avait emporté un manuscrit avec elle, ainsi que son ordinateur, pour travailler sur le roman. Ils quittèrent la table à 9 h 30 passées. Verena avait « mangé » comme un ogre. Elle se dirigea d’un pas rapide vers la plage, choisit une place proche d’un cocotier et ôta son paréo couleur du ciel. A vrai dire, elle n’avait guère envie de se mettre à lire, mais plutôt à bronzer, ce qu’elle fit. Plus loin, elle vit arriver Frédéric. Elle pria pour qu’il ne s’installât pas à côté d’elle, car elle ne voulait pas qu’il s’imagine qu’une histoire pouvait naitre entre eux, même si sa compagnie ne lui déplaisait pas. Elle s’éveilla avec un joli coup de soleil qu’elle alla calmer dans l’eau claire, où de jolis petits poissons nageaient autour d’elle sans frayeur. Le temps avait filé à grande vitesse, mais son livre était resté clos ! Cet après-midi, peut-être, elle y songerait… Finalement, elle avait bien envie de profiter de ses vacances et la lecture, euh… Elle se retourna pour brunir l’autre côté de son corps, tout en sirotant un cocktail, puis, une fois celui-ci terminé, elle rentra dans sa suite pour y prendre une douche tiède. La suite était luxueuse et fonctionnelle.
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Harmony
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20 octobre 2010 à 11:35
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Verena ouvrit son ordinateur et il y avait un mail, de Cyber et deux de Monsieur Delubac. Elle s’amusa à répondre à Cyber, en lui disant qu’il faisait un temps déplorablement froid sur Paris et qu’elle espérait qu’il n’avait pas le même à Antibes. Il avait même neigé, selon météo-France ! Elle avait pris soin de se renseigner avant bien sur. Elle trouvait la situation drôle, cocasse, car Cyber ne lui avait pas dit non plus, où il partait en vacances, après tout. Ils échangèrent quelques banalités, et Verena coupa court à la conversation prétextant que son travail l’appelait, malgré ses congés. Et ce ne fut pas faux, car le téléphone sonna, avec Monsieur Delubac au bout.
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Harmony
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21 octobre 2010 à 10:23
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Il voulait savoir si elle était bien installée, si le cadre était enchanteur, bref, si tout lui convenait. Elle fit une description détaillée de l’hôtel et de la visite de Chichen Itza. Demain, elle irait nager avec les dauphins, dans un bassin où aurait également lieu un petit spectacle. Elle lui raconta qu’elle était tellement bien, bronzée à souhait, dans un petit paradis qu’elle n’aurait osé imaginer. Verena resplendissait de bonheur. Monsieur Delubac la taquina en lui demandant si elle n’avait pas fait de rencontre, car il ne désespérait pas que Verena refasse sa vie un jour. Elle lui raconta sa rencontre avec Frédéric Lombard et le côté étrange que ce soit ce prénom et qu’il soit ingénieur informaticien. Monsieur Delubac était content pour elle, et lui annonça qu’il la rappellerait très bientôt si elle le lui permettait, bien sur, car il ne voulait pas la déranger dans sa quiétude. Elle ne lui avait pas dit encore, qu’elle avait emmené du travail avec elle, soit le dernier manuscrit qu’il lui avait remis. Elle le fit donc. Il se fâcha légèrement car il savait combien Verena avait été fatiguée avec son bras cassé, mais il savait qu’elle n’en ferait rien, et lirait le manuscrit. Mais là, il était plutôt l’heure d’aller déjeuner, en terrasse surplombant la piscine, après être passée devant l’enclos aux crocodiles. Et c’est là qu’elle retrouva Frédéric Lombard, devant les blancs de dinde aux poireaux. Il lui demanda si elle était seule et voulait partager sa table. Elle ne put refuser, et c’est lui finalement, qui se déplaça, car elle voulait voir le moment où les crocodiles allaient être nourris. Demain, il irait prendre un bain avec les dauphins, elle aussi ! Ils se reverraient donc dans le pullman qui les conduirait au bassin magique. Car oui ce serait certainement magique de nager avec les dauphins. Le déjeuner se prolongea, sans pour autant qu’elle n’évoqua le contenu de sa lecture. Elle n’avait pas le droit, clause de confidentialité. Elle prit congés, alla chercher sa lecture et s’installa sur un transat, au bord de la piscine. L’ouvrage était intéressant, mais Verena avait quelques difficultés à plonger dans les pages, plus que dans l’eau de la piscine. Elle resta 3 heures allongée dans le transat, avec un cocktail légèrement alcoolisé, puis retourna à sa chambre. Elle voulait transcrire ses notes sur le logiciel, et adresser un mail à Monsieur Delubac.
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Harmony
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29 octobre 2010 à 11:23
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Elle donna ses brèves impressions sur la lecture qu’elle avait commencée, à Monsieur Delubac, et prit de ses nouvelles par la même occasion. Il faisait bon dans la suite et Verena accusait un peu de fatigue. Elle s’assoupit une bonne heure. Lorsqu’elle s’éveilla, le soleil déclinait tout doucement. A cette époque de l’année, la nuit arrivait à 17h30 passées. Le lendemain, elle devrait se lever tôt pour aller nager avec les dauphins. C’est un plaisir qu’elle s’offrait, qu’elle n’aurait pas tous les jours. Quoique, peut-être, cela était possible au marineland d’Antibes, elle ne s’était pas renseignée. Elle se leva de ce grand lit et se changea pour la soirée. Elle sortit faire un tour pour prendre quelques photos et un goûter. Ce n’était pas raisonnable, mais elle avait un petit creux à l’estomac qui la taquinait. Elle se dirigea vers la plage, où se trouvait le snack, prêt à combler ce léger appétit. Elle se délecta d’un hot-dog et de frites, ce qui vraiment, n’était pas bon pour la ligne. Elle n’était pas la seule à avoir eu cette idée, car Frédéric arriva. Il vit Verena et vint la saluer et lui demanda si elle acceptait sa compagnie. D’ordinaire, les femmes sont plus bavardes, mais là, il s’avérait que ce fut le contraire. Frédéric lui raconta qu’il avait une correspondante sur Internet, car il se sentait très seul depuis son divorce. Alors il compensait par son travail passionnant, mais il fallait bien qu’il rentre chez-lui à un moment ou un autre. Il lui était tout de même arrivé par deux fois, de s’endormir au bureau et de s’éveiller au petit matin, juste avant que tout le monde n’arrive. Depuis, il avait toujours une chemise propre dans sa sacoche, et un rasoir. Ce matin-là, il avait bien faillit se faire surprendre par ses collègues, en plein sommeil ! Il empruntait les transports en commun pour venir au bureau et sa voiture, lorsqu’il prévoyait de rentrer tard. Verena lui parla de la chance qu’il avait d’habiter une si jolie région et à cela, il ne répondit pas qu’il s’agissait d’une résidence principale, mais qu’il louait, tout en étant locataire lui-même, durant le reste de l’année. Son ex-épouse avait tenu à conserver leur appartement, puis au final, l’avait vendu prétextant que trop de souvenirs étaient présents.Seulement, elle prit soin de l’avertir une fois la vente faite. Sinon, il aurait racheté ce bien. Son salaire était très confortable, pour se le permettre. Il pesta après elle, tant il était en colère, car il aimait cet appartement. Ils l’avaient choisi ensemble, sur plan, avec son ex-épouse et fait les modifications dès le départ. Son couple s’était essoufflé avec le temps passé et son épouse était partie vers d’autres horizons. Il avait horriblement souffert de cette trahison. Maintenant, il faisait nuit. Frédéric raccompagna Verena à sa suite et il l’invita à dîner ce qu’elle accepta volontiers. Ils optèrent pour le restaurant mexicain. Sinon, chaque jour il y avait un repas à thème, sur un pays en particulier. Il passerait la prendre à 20 h 30. Verena prendrait un long bain bouillonnant aux algues. Elle avait emporté ses propres produits et ils la détendaient considérablement. Elle porterait une petite robe noire, simple et élégante. Sauf que lorsqu’elle l’essaya, elle eut la désagréable surprise de se sentir un peu à l’étroit. Et oui, le farniente et la bonne chair, ne valait rien de bon à sa silhouette.
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Harmony
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02 février 2011 à 12:26
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Verena commençait à s’assoupir dans son bain, alors elle décida d’en sortir rapidement. Elle termina se moment d’intimité par une douche revigorante. Frédéric ne tarderait pas à passer la chercher et il fallait qu’elle soit prête. Sans l’idée de le séduire, elle se maquilla légèrement et revêtit la fameuse petite robe à laquelle elle avait pensé. Elle était fin prête, habillée, maquillée, chaussée. Il arriva à l’heure précise et ils se dirigèrent vers le restaurant mexicain. Ils n’eurent pas trop à attendre. Elle était bien embêtée, car elle ne savait que lui dire. Heureusement, et pour une fois, c’est l’homme qui avait de la conversation pour deux ! C’était un passionné de beaucoup de choses. Comme les voitures et Verena aussi. Un point commun et un sujet sur lequel ils dialoguèrent.
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Harmony
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02 février 2011 à 12:29
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Du coup, le sujet automobile, fit penser à Verena qu’elle pourrait mettre sa voiture au train auto-couchettes, lorsqu’elle se rendrait à Antibes. Il faudrait qu’elle se renseigne. Elle n’allait pas louer une voiture, alors que la sienne roulait si peu. Son futur logis antibois, était proche de la plage, à environ 500 mètres. Elle pourrait largement les faire à pieds, mais les courses ? Rationnelle comme elle l’était, elle pensa déjà qu’elle pourrait peut-être louer son bien à Françoise et Monsieur Barbinosa. Pourquoi pas ? Elle savait qu’il s’agirait de personnes sérieuses. Le repas typique était délicieux et surprenant en saveurs. La soirée passa tellement vite, qu’ils ne virent pas l’heure, autrement que par le vide qu’affichait le restaurant. Finalement, Verena s’était bien détendue et le vin blanc local l’avait également aidée… Et là, elle accepta la soirée en discothèque. Elle n’osa pourtant pas se déhancher sur la piste de danse, mais ces deux-la, avaient trouvé à parler.
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Harmony
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02 février 2011 à 12:37
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Elle évoqua des lectures passionnantes de parfaits inconnus, qui, peut-être grâce à ce premier écrit, deviendraient célèbres. Sa façon de raconter enivra Frédéric. Il buvait ses paroles, chose dont Verena ne se rendit pas compte tant elle était enthousiaste lorsque qu’elle devenait conteuse. Eh oui, elle l’était un peu aussi, lorsqu’elle déjeunait avec Monsieur Delubac.
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Harmony
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29 mai 2011 à 22:32
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Discrètement, elle regarda l’heure et elle vit qu’il se faisait « tôt », pour ce petit matin. Il était 3h15 ! Verena décida de prendre congés. Elle en avait terminé avec les excursions, car une semaine s’était déjà écoulée. Et maintenant, plage, soins, natation, lecture et aussi repos total. Frédéric et Verena avait pris l’habitude, tout naturellement, de se retrouver pour les repas, petit-déjeuner compris. Sa compagnie était agréable, et chacun semblait bien y trouver son compte. Leurs repas s’éternisaient tout le temps, de façon très courtoise, en terrasse. Ils décidèrent même de changer de thème chaque soir, et de tester tous les restaurants du complexe hôtelier. Frédéric allait faire de la plongée chaque jour, mais Verena ne voulu pas tenter l’expérience. Elle avait un peu peur. Par contre, il réussit à lui faire faire du bateau, chose qu’elle n’aurait jamais pensée, car elle se souvient combien elle avait été malade dans un bateau à fond de verre. Là, ce fut un vrai plaisir que d’aller un peu au loin, sur un catamaran, tandis que Frédéric maniait la voile avec dextérité elle profitait du soleil. De retour sur la plage, Frédéric alla leur chercher des cocktails qu’ils sirotèrent tranquillement assis sur leurs serviettes. Le temps aussi, avait avancé, et il était presque 13 h, l’heure d’aller déjeuner. Toutes ses saveurs étaient très appétissantes, et tentantes. Le choix était difficile… Frédéric reçu un appel de son employeur, car même en vacances, il travaillait à distance. Verena ne fut pas choquée, car il en était de même pour elle. Elle devrait sous peu, contacter Monsieur Delubac pour le tenir informé de l’avancée de ses lectures. Enfin, sa lecture, car cette fois, Verena n’en avait débuté qu’une seule. Parfois, Frédéric passait une partie de l’après-midi avec elle. Mais elle lui avait fait comprendre qu’elle tenait aussi à une part de solitude. Il n’en fut pas vexé et compris le message. Verena n’était pas faite pour une histoire d’amour quelle qu’elle soit. L’homme de sa vie avait disparu prématurément, et elle n’envisageait en aucun cas que sa place soit prise par quelqu’un d’autre. Jamais, d’ailleurs, cette idée n’était venue lui traverser l’esprit avant. Elle n’avait en aucun cas envie de changer d’idée. Sa vie était derrière elle maintenant, plus devant. Elle avait un passé, riche en bonheur, et un présent, avec son malheur et rien ne viendrait changer cela, si ce n’est que de l’amitié par exemple. Comme celle qu’elle entretenait avec Monsieur Delubac, entre autre. Elle consacrait donc 3 h par jour au travail, la lecture, installée confortablement sur la terrasse, ou en bord de mer, ou près de la piscine. Et pour l’instant, elle avait consacré son temps aux visites des sites merveilleux des Mayas. Il était maintenant tant qu’elle se mette au travail, tout en restant dilettante tout de même. Cette fois, elle était confortablement installée, avec sa lecture en cours, et elle se passait à Paris, dans une ambiance morose, celle d’une femme qui avait stupidement détruit son mariage pour un coup de cœur idiot, à la quarantaine. Ce n’était pas gai, mais il y avait le soleil pour l’aider à lire sereinement et objectivement, comme à son habitude. Une palme lui donnait un peu d’air, de temps à autre, au gré du vent, plutôt, de la légère brise, passant entre le soleil lumineux et intense. Elle avança bien sur ce drame de la vie en cet après-midi. Verena était contente d’elle et s’apprêta à rentrer pour aller ensuite adresser un mail à Monsieur Delubac. Avant, il fallait qu’elle se détende dans son bain, ou alors, elle prendrait une douche, ce serait plus rapide, car elle redoutait de s’assoupir dans la baignoire. Ce soir, à 19h30, elle avait rendez-vous avec Frédéric pour dîner. En fait, ils appréciaient la compagnie l’un de l’autre et cela leur évitait de prendre leurs repas seuls. Frédéric avait une conversation intéressante et Verena était d’une bonne écoute. Au moins, ici, Verena n’était pas réveillée par les pas du matin. Puis le changement d’horaire avait raison d’elle et de ses insomnies. Au dîner, qui était italien ce soir, elle apprit que Frédéric ne résidait pas à Antibes comme elle l’avait cru, mais en région parisienne, tout comme elle. Alors elle se hasarda à dire qu’elle venait de faire l’acquisition d’un bien immobilier sur Antibes justement. Ils eurent ainsi matière à dialoguer et il lui indiqua les endroits très fréquentables et à voir également. Chaque soir il y avait un spectacle, et ce soir, c’était de la danse locale. Ils se hâtèrent un peu plus vite de dîner pour ne pas risquer de le manquer. Les meilleures places étaient vite prises. Le spectacle achevé, ils prirent un dernier verre avant de se saluer et de regagner leurs suites. Frédéric, toujours galant, raccompagna Verena, et ils se donnèrent rendez-vous pour demain matin. Leurs habitudes de se retrouver, étaient vraiment prises. Verena ne pouvait s’empêcher de « dévorer » au petit-déjeuner ce qui n’avait rien de bon pour son poids de forme. Coïncidence, Frédéric habitait la même commune qu’elle en région parisienne ! Pour une surprise, c’en était une ! Intriguée, elle eut envie de poursuivre la conversation, mais il n’aurait pas été décent qu’elle en fasse la demande. Elle espéra vivement qu’il le lui proposa. Et il le fit. Ils choisirent d’aller s’installer à la plage et de continuer de dialoguer. Verena retourna déposer des affaires dans sa suite, tandis que Frédéric l’attendait à la porte. Ca alors, quel hasard ! Elle était curieuse d’en savoir d’avantage, vraiment ! Ils trouvèrent un endroit calme, avec peu de monde autour et s’installèrent. Verena était toute ouïe !
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Harmony
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30 mai 2011 à 01:37
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Il habitait toujours la même commune, mais en location maintenant. Par contre, son ancien logement était sur sa route, alors il passait devant matin et soir, avec regret que son ex-épouse l’ai gardé pour le vendre. Il regrettait cet appartement avec jardinet. Car il aimait travailler sur sa terrasse lorsque le temps le permettait. Verena écoutait et se demanda, d’un coup, comme ça, si l’homme au chapeau qui passait devant chez-elle, n’était pas la personne avec qui elle était entrain de parler !!! Tout semblait tellement coller à sa vie que c’en était étonnant. Elle était stupéfaite, vraiment. Elle continuait de l’écouter religieusement, buvant ses paroles, sans mots dire. Allait-elle lui demander s’il portait un chapeau ? S’il empruntait le passage qui longeait son jardin ? Elle en avait très envie, mais n’osa pas. Tout du moins, pas cette fois en tout cas. Il lui parla de son passé et revint sur cette immense tristesse d’avoir quitté cet appartement qui lui correspondait plus que tous logements qu’il avait déjà occupés. Sa passion pour ses jardinières plantées d’impatiens qu’il posait sur le muret du jardinet. Il était intarissable. Quant à Verena, de son côté, elle soupçonnait de plus en plus avoir élucidé le mystère des pas qui lui faisaient si peur. Mais comment le lui dire ? Comment le lui expliquer ? Se retrouver sur Internet, par pur hasard, puis maintenant à des milliers de kilomètres, vraiment, il y avait de quoi se poser beaucoup de questions sur les surprises que réserve la vie ! Elle allait essayer de se lancer un l’interrogeant, sur ce lieu qui visiblement, lui manquait tant, lorsque son téléphone sonna. Il s’agissait de Monsieur Delubac qui venait prendre des nouvelles. Avec le décalage horaire, il avait bien du courage ! Mais s’il voulait la joindre par téléphone, sans perturber sa nuit, il devait en passer par là. Verena lui annonça qu’elle avait bien avancé sur les lectures la première semaine, mais que la seconde, elle la consacrerait à beaucoup de repos, car les excursions avec 34° de chaleur, l’avaient beaucoup fatigué tout de même. Elle s’excusa bien sur, auprès de Frédéric et lorsqu’elle eut achevé sa conversation, ce fut le téléphone de Frédéric qui sonna. Son employeur lui annonçait une mauvaise nouvelle sur un projet professionnel, mais par e-mail. Pour le coup, s’il l’avait pu, il serait rentré de suite, mais il piloterait la chose à distance et il annonça à Verena avec regret, qu’il devait prendre congés pour essayer de solutionner cette affaire. Finalement, elle était soulagée, car elle reculait le temps de lui demander l’adresse où il avait tant aimé vivre. Ils se donnèrent rendez-vous pour le prochain repas et Verena choisit alors de parfaire son bronzage. Elle s’assoupit légèrement au soleil, ce qui lui donna une peau quelque peu rougie, malgré le bronzage déjà présent. Elle regagna sa suite, se doucha, alluma la télé, et fit une sieste. Il était largement l’heure de déjeuner lorsque Frédéric se permit de faire sonner le téléphone de sa suite, afin de savoir si elle pensait venir l’accompagner ou pas. Rapidement, elle se prépara et s’efforça de vêtir une tenue seyante, avec les nouveaux bijoux qu’elle venait de s’offrir, ainsi que ses « spartiates » aux couleurs de ses opales, vertes à bleu turquoise. Ils déjeunèrent longuement car Verena était fatiguée d’avoir dormi. Mais elle voulait relancer la discussion. Elle se lança. Elle lui annonça que son correspondant informatique, s’appelait Cyber… Il fit des yeux ronds comme des calots, mais n’ajouta rien, car il pouvait y avoir plusieurs Cyber aussi. Mais il l’écouta attentivement. C’est là que Verena choisit de continuer et de lui demander où il habitait avant. Elle avait eu raison, là, sous les tropiques, elle avait découvert non seulement son correspondant informatique, mais aussi l’ancien propriétaire de son appartement et « l’homme aux pas » !!! Elle en était certaine maintenant. Frédéric lui donna la bonne adresse, Verena ne dit rien mais accusa le coup et lui annonça qu’en effet, il y avait une bien grande coïncidence, car le prénom qu’elle portait, était peu usité ! Là, elle lui confirma son adresse, leurs échanges internet et le hasard de la vie, car son compagnon décédé, s’appelait également Frédéric ! C’était si incroyable qu’ils commandèrent du champagne ! Inouï, il avait fallu se voyage au Mexique pour qu’ils se rencontrent, se découvrent !!! L’histoire était aussi incroyable que le coup de foudre entre Françoise et Monsieur Barbinosa ! Elle lui confirma combien les pas devant le jardin l’angoissait, le nombre de fois où elle était sortie pour voir à qui elle avait affaire, qu’elle était cette personne qui s’arrêtait devant chez-elle… Il se confondit en excuses et vraiment, resta scotché sur sa chaise, tellement le tout était incroyable !!! Elle avait hâte de raconter cela à Monsieur Delubac, car cela pourrait faire une belle histoire à publier. Par contre, s’ils continuaient de se voir, Verena expliqua bien à Frédéric qu’ils ne seraient que « amis », car son amour était mort à tout jamais avec « son Frédéric », celui qu’elle devait épouser. Il fallu que le restaurant les pousse dehors, pour qu’ils continuent ailleurs leur discussion, car celui-ci fermait ses portes jusqu’au soir ! Mais quel étonnement, quelle histoire !!! Incroyable ! Maintenant, ils en riaient ! Il était 16 h passées, et Verena décida de se changer pour une tenue plus propice à la baignade. Ils se rejoindraient après, au bord de la piscine, sous un palmier, car le soleil était très fort cet après-midi. Ils continuèrent à parler longuement, comme des amis de longue date et n’en finissait pas de répéter : « ça alors, ça alors » ! Désormais, ils continuèrent comme ils l’avaient fait sans le savoir, de partager les repas, la plage, la piscine, le snack lorsqu’ils avaient une petite faim, la discothèque où Verena se « souvint » qu’elle savait encore danser, puis les spectacles du soir, et ce, jusqu’à la fin du séjour. Ils obtinrent d’ailleurs, deux places côte à côte dans l’avion de retour, et Verena, sans le vouloir, s’est assoupie un court instant sur son épaule. A la descente de l’avion, s’est tout naturellement qu’au lieu d’emprunter les transports en commun ce que Verena n’aurait pas fait, ils partagèrent un taxi. En plus, il habitait non loin de là, à 200 ou 300 mètres de chez-elle ! Vraiment, le hasard de la vie ! Il reprenait son travail dès lundi, ça serait dur avec le décalage horaire ! Verena, elle, travaillait à son rythme, donc elle aurait le temps de se remettre. Ils se séparèrent et elle lui promit de l’inviter très vite dans l’appartement qu’il avait tant aimé. Ils ne prirent pas encore rendez-vous, le temps que chacun reprenne ses repères, mais ils échangèrent la « vraie adresse e-mail », les numéros de téléphone, il lui communiqua son adresse précise et ils parlèrent d’Antibes avant de se quitter. Car là aussi, ils pourraient se rencontrer ! Elle lui expliqua rapidement qu’elle allait en cure régulièrement. Chacun rentra chez-soi, avec la promesse de se contacter au plus vite, et de se rencontrer devant un dîner qu’elle préparerait dans ce bel appartement qu’elle adorait elle aussi. Ils se verraient dans la semaine, c’était sur, en tout cas. Verena pris soin de défaire ses bagages, de mettre ses bijoux au coffre qu’elle avait fait poser dans le mur et fit en sorte de ne pas aller faire la sieste pour reprendre le rythme de vie habituel. Verena se réveilla dans l’après-midi du dimanche, et se força à se lever, car elle eut bien du mal. Mais il fallait qu’elle se bouge, alors elle est sortie en voiture, faire le tour d’un centre commercial et a fait de nouvelles dépenses. Puis elle est rentrée, contente de ses achats, qui lui serviraient pour Antibes et la cure en septembre prochain. Elle repensa à Cyber, enfin, Frédéric, qu’elle comptait inviter le vendredi soir, à la fin de semaine de travail. Pour ne pas perdre de temps, elle se remit à la lecture. Elle profita pour reprendre les annotations, proposer les changements, les corrections etc… Dès lundi, elle appellerait Monsieur Delubac pour lui proposer de le rencontrer et faire un point de ce qu’elle avait fait. Mardi soir, son téléphone sonna : il s’agissait de Frédéric qui voulait prendre de ses nouvelles. Puis ces jours derniers elle avait tellement dormi, qu’elle n’avait plus entendu le bruit des pas ! Elle le convient à un dîner vendredi soir, qu’il accepta de suite, mettant entre parenthèse une synthèse professionnelle qu’il avait à faire. Il était trop content de revoir son ancien « chez-lui » et Verena aussi, bien sur ! Entre-temps, elle avait eut Monsieur Delubac en ligne. Elle le verrait mercredi. Elle lui annonça qu’elle avait quelque chose d’incroyable à lui raconter, mais ne lui dirait rien avant. Elle pensait bien sur, à la rencontre avec l’homme aux pas. Mardi, elle téléphona aussi à Françoise qui allait bientôt pouvoir revenir pour les travaux ménagers, et elle alla faire ses courses. Elle cuisinerait des plats tout simples, qu’elle congèlerait. Pour vendredi, elle avait prévu un apéritif dinatoire, moins formel qu’un repas. Cela laisserait le temps à Frédéric de se mettre à l’aise dans l’appartement et de lui parler d’Antibes aussi. Mercredi arriva, et Monsieur Delubac aussi. Elle lui raconta son incroyable histoire au cours de son voyage ! Il en fut lui-même médusé. Ils allèrent déjeuner au restaurant habituel où Verena avait réservé une table. Elle lui fit le récit de son séjour, et de cette rencontre qui avait résolu son problème « de pas sous les fenêtres », puis elle lui parla des lectures qu’elles avaient commencées, mais inachevées, sous le beau et chaud soleil mexicain. La semaine passa à vive allure, car Verena avait également pris rendez-vous avec sa coiffeuse à domicile et son esthéticienne. Elle demanda à Monsieur Barbinosa de venir faire quelques plantations et à Françoise un tour de ménage pour vendredi. Le jardin avait était entretenu et l’intérieur aussi, car elle leur avait laissé les clés. Elle avait bien pensé préparer un couscous plutôt qu’un apéritif dinatoire, mais pour une première fois, elle avait songé que c’était mieux et plus convivial. Tous deux vinrent le vendredi matin. Et l’appartement était un vrai bijou, tout comme le jardin. Verena avait laissé carte-blanche à Monsieur Barbinosa pour acheter des plantes colorées qui iraient avec les impatiens.
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Harmony
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30 mai 2011 à 01:57
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Vendredi s’étirait et Verena avait hâte de retrouver Frédéric. Comme elle le lui avait dit, ils ne seraient que des amis. Le soir arriva et Frédéric aussi avec un joli bouquet de roses blanches et jaunes qui firent merveille dans le salon de Verena. Elle sentit qu’il avait très envie de visiter les lieux, et sans mot dire, et lui fit faire le tour de l’appartement. Il en fut ravi et peiné aussi ; cela se voyait dans son regard. Comme le temps le permettait, ils s’installèrent en terrasse, car ce vendredi était particulièrement chaud. Ils parlèrent de cet afflux de coïncidences : les pas, l’appartement, internet, le voyage… Puis il lui parla d’Antibes, où, les choses allaient continuer dans le même sens, car il habitait le bâtiment voisin !!! Il partait aussi pour Antibes au mois de septembre, et du coup, ils réservèrent leurs billets de train ensemble !!! Une belle complicité amicale se nouait. Il invita Verena pour le dimanche, où il lui cuisinerait un bon repas ! Car ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’il était un excellent cuisinier ! Ils rentrèrent dans l’appartement car la soirée se termina tard et il prit congés. Verena savait où il habitait et pouvait s’y rendre à pieds….
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Harmony
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30 mai 2011 à 02:01
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Nous voici à la fin de l'histoire de Véréna et Frédéric, alias Cyber !!! !!!
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