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Hook
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22 février 2005
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- Bonjour, je m'appelle Isabelle, quel est votre prénom monsieur? - Tu n'en tireras rien, il est muet comme une carpe. - Monsieur? Pourquoi avez-vous tenté de mettre fin à vos jours? - Depuis une semaine qu'il est dans notre service, personne n'a entendu le son de sa voix. - Je peux te parler en privé? - Oui. Ils quittent la chambre un instant. - Pourquoi tu parles de lui comme si il n'était pas présent?! - Pardon? Tu l'as vu, il est ailleurs, il ne nous entend pas... - Il nous entend! Et c'est sûrement pas en l'ignorant comme tu le fais qu'il daignera prendre part à la conversation. - Vous êtes tous pareils, vous les psy... sur ces mots, l'infirmier tourna les talons et s'en alla. Elle avait l'habitude de ce genre de réflexion, rien de bien dérangeant, d'ailleurs elle pensait déjà à son patient et avait oublié cette altercation. Il fallait faire réagir ce monsieur, le reconnecter au monde réel avant toute autre chose.
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Kalia
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24 février 2005
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Cela fait désormais deux semaines depuis la première fois que je l'ai vu, que chaque jour je le reçois dans mon bureau de 16h à 17h. Il se présente de lui-même, toujours ponctuel, frappe à la porte et attend que je l'invite à entrer, puis il s'assoit en face de moi, impassible.
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Nono
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24 février 2005
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Je suis convaincu qu'il a repris contact avec la réalité, il fait semblant c'est un très bon acteur. Quoique je lui dise son visage ne le trahit jamais et pourtant, pourtant j'en suis certaine. Pourquoi ne pas le montrer ? A-t-il seulement une idée précise de ce qu'il fait ? Quel intérêt peut-il en tirer? Tout le monde le pense déphasé: sa famille en passant par ses amis et même le personnel de l'hôpital. Je suis la seule à ne pas être dupe, il faut dire que des tentatives de suicides j'en ai vu, tout âges et milieux sociaux, et ce monsieur n’est pas bien différent des autres. Les séances n’aboutissaient jamais, jusqu’au jour où excédée je lui lance: - Seriez-vous plus à même de parler avec un de mes confrères ? - Je ne pense pas. - Heureuse de vous entendre, lui dis-je d’un air détaché. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? - Je réfléchissais. - Ce fut concluant ? - Du tout, j’ai besoin de votre aide. - De mon aide? Je jubilais en moi-même, il me parlait et il reconnaissait avoir besoin de moi. C'était le patient idéal ma parole. - En quoi puis-je vous aider?
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C3ed
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26 février 2005
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- Je ne suis pas seul... - Hum... pardon? - Il y a quelqu'un d'autre ici, marmonna l'homme. - Et qui d'autre est présent dans cette pièce? - Regardez... Il pointa du doigt la porte et je la regardai quelques secondes avant de lui répondre que je ne voyais personne... Après un long moment de silence, pendant lequel il me fixa, je poursuivis: - Je n'ai pas bien saisi votre nom?
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Nono
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05 mars 2005
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- Pourquoi cette question? - Pourquoi pas? - Je vous l'accorde, mais vous le savez d'ores et déjà et quelque soit la raison de cette demande soudaine, j'éprouve quelque peu de mal à comprendre qu'elle passe en priorité. Cela ne vous dérange donc pas de savoir qu'un homme nous scrute en ce moment même? - Il n'y a personne. - Je le vois comme je vous vois! Il se tient au même endroit que je vous ai montré tout à l'heure, on dirait un homme d'affaire. Je ne sais pas ce qu'il veut, je ne sais même pas si il nous comprend. Parfois la nuit je me réveille en sursaut et il est à mon chevet; il me parle mais je n'entends rien, aucun son. Alors je lui explique et il s'offusque, son visage exprime alors l'indignation la plus profonde, comme si c'était moi qui y mettait de la mauvaise volonté, comme si je lui jetais des insanités à la figure. Puis après s'être énervé, il disparaît en un clignement d'yeux. Ce sont les uniques fois où il s'adresse à moi directement. Le reste du temps il est spectateur stoïque, une figure grecque, un mime de rue imitant une statue. - Je n'en crois pas un mot. Il perdit d'un coup de son répondant. Elle reprit alors: - Je serais franche, et j'attends la même chose de vous. Je pense que vous me mentez, il n'y a guère que vous et moi ici. - Ne serait-il pas envisageable que je puisse le voir et pas vous? - En d'autres circonstances, oui, peut-être. Voilà mon avis, je pense que c'est encore un stratagème de votre part. - Vous faites une drôle de psy.
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Gilbert
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09 septembre 2005
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Il me regarda droit dans les yeux et avec sa petite mimique qu'il avait quand sa patience était à bout, il me lança furieux: - J'en ai marre de vous tous, marre des médecins, marre des pilules, marre des blouses immaculées, marre de vos discours savants. Ce que je veux à partir de cet instant même, c'est ma liberté, je veux être un électron libre, débrouillez-vous pour me l'obtenir. Si vous ne me croyez plus, si je ne peux même plus exister qu'à travers vous, alors je préfère retourner dans mon silence, me faire une petite séquence imaginaire où je serais, par exemple un champion de tennis à qui personne ne résisterait, qui gagnerait la Coupe Davis et qui signerait des autographes. Alors je vous prie de me laisser! Dites à la personne près de la porte de partir aussi.
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Loulou
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20 septembre 2005
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Ces mots, je les entend très souvent de la part de mes patients: marre des médecins, marre des pilules etc... Mais alors là, que l'on me demande de parler à un être que moi-même je ne vois pas, on ne me l'a jamais demandé...Surtout que je suis persuadée que cet être ne provient que de l'imagination de cet homme, resté si seul si longtemps. Mais les mots de mon patient résonnent dans ma tête: "j’ai besoin de votre aide" . Ces quelques mots me donne l'envie d'aller contre sa volonté, celle de le laisser seul dans son silence ...
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Itake
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26 septembre 2005
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Aurait-il été capable de semer le doute dans mon esprit ? Je préfère penser que je suis surmenée. Passer mes journées dans un tel endroit a forcement des répercussions sur mon objectivité. Je ne l'ai pas revu depuis 3 jours maintenant mais je ne cesse de penser à lui et à l'être invisible. (Je crois que je le comprends...je dois le revoir...je peux peut-être l'aider) C'est cet homme qui m'a mis cette idée en tête et je dois mettre les choses au clair pour ne plus y penser. Un homme qui vous observe, qui pourrait croire une telle absurdité? Je suis surmenée et il a réussi à embrouiller mon esprit. (Je le sens, je peux presque le voir). Cet homme est un patient comme les autres (pourquoi ai-je peur de le revoir à nouveau) et je dois faire mon travail. - Julie, je souhaite reprendre le patient de chambre 56 sous mon aile, est-il prêt pour me voir maintenant ? - Vous pouvez y aller, mais ne soyez pas trop brusque. Il n'a pas dormi depuis 3 jours...
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Elektra
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28 septembre 2005
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3 jours ! Sans sommeil, sans m'avoir vue ! Y avait-il un rapport avec mon absence dans sa vie ? N'avait-il pas trouvé de repos sans mon appui invisible ? Avait-il besoin de se lier à moi pour trouver un semblant de paix intérieure ? Non, impossible ! Simple coïncidence ... Je fixais la porte de mon bureau, endroit précis où son imagination avait fabriqué de toute pièce cet être qui l'obsédait et haussait les épaules en me levant. Mais c'est à l'instant précis où je passais dans le couloir, la poignée de ma porte encore entre ma main, que je sentis un souffle frais soulever mes cheveux. Avais-je entendu un "merci" comme murmuré à mon oreille, ou la puissance de cet entretien à venir commençait-il à devançer mon esprit pour se voir brouiller par le sien ? Ridicule ! Une fois de plus !
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Elektralias
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22 octobre 2005
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En longeant ce corridor qui mène aux salles d'entretien, je tentais de balayer cette impression fugitive, tout en gardant l'étrange impression d'être épiée, surveillée, voir dirigée ? "Stop ! Arrête ça tout de suite !" Il n'était pas question que je verse dans le délire d'un de mes patients ! J'avais assez de diplômes au mur de mon bureau pour savoir que tous comportements relevés entre ces murs, toutes paroles inappropriées murmurées ou criées par un des ces êtres malades, trouvaient une explication ! Certes il me suffirait de me replonger dans n'importe quel ouvrage de fac si les solutions me manquait, mais... arrivée à la porte vitrée censée me mener à cette pièce où l'on m'attendait, ma main n'eût pas le temps d'attraper le trousseau de clefs à ma ceinture, que le battant s'ouvrit doucement, amenant un rayon de soleil dans le couloir trop sombre. Avait-on oublié de fermer ? Manquement à la régle ! Ou bien... Non ! Non ! je refusais tout autre possibiblité et relâchait la poignée de clefs pour attraper celle de la porte entrebaillée...
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Caco
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19 octobre 2009 à 15:12
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Il était là, assis sagement, le regard baissé. Ses mains caressaient doucement la reliure d'un livre qu'il tenait contre sa poitrine. Il m'avait entendu arriver et lorsqu'il releva la tête, et que ses yeux se fixèrent dans les miens, de lourdes et sourdes larmes coulaient le long de son visage fatigué.
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