Les dernières heures du jour
Les dernières heures du jour
L'histoire d'une jeune femme victime d'un rapt.




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 Olivier 23 octobre 2007 Envoie un message à Olivier Voir le profil de Olivier
Mon coeur chavire. Le noir complet, le silence total, et l'incompréhension qui l'est tout autant, voire encore plus. Que m'était-il arrivé ? Mon cerveau brumeux refusait d'avancer, et chaque pensée ressemblait étrangement à la précédente. Les douleurs se faisaient perçantes, comme si elles s'exprimaient à la place de mes cordes vocales qui, elles, restaient muettes. L'horreur s'infiltrait petit à petit en moi, et seul le silence y répondait, ce silence qui ne savait qu'encore augmenter mes frayeurs. Que m'était-il arrivé? Seule cette question arrivait à traverser le brouillard de mon cerveau, et se mettait bientôt à crier dans ma tête. La panique m'ordonnait de bouger, mais je n'y arrivais pas. Mon Dieu... Seule la terreur animait maintenant mon coeur meurtri, et des cris et des pleurs étaient étouffés par un baîllon couvrant ma bouche. La question n'était plus "que m'était-il arrivé?", mais était "que m'arrive-t-il?" Puis, des bruits. Des bruits. Cette phrase résonne comme un espoir et remplace mes frayeurs. Des bruits. Seules informations qui arrivent jusqu'à mon cerveau. Des bruits. La lumière.
Aveuglée par cette dernière qui amenait l'espoir, je cabrais quand même mon corps, enfin libéré.
Puis, le noir. Encore. Je me réveille une seconde fois, mais cette fois-ci, des sons de voiture.
J'étais vivante.
Mais peut-être plus pour longtemps.

 Sweetythecat 04 novembre 2007 Envoie un message à Sweetythecat Voir le profil de Sweetythecat
Et ce bruit sourd résonnant à mes oreilles. Ce bourdonnement incessant, mêlé à ce que me dictait ma conscience : "Va-t-en ! Il ne peut pas te retenir, maintenant que tu n'es plus seule avec lui."
Oui, si je m'en allais, je m'en sortirais peut-être. Mais j'avais trop mal.
Je ne serai plus jamais la même personne, alors, à quoi bon fuir ? Après tout, la mort ne pouvait pas être plus horrible que ce que je ressentais au fond de moi.
Il m'avait lâchée. Il avait choisi de fuir. Il courait vite, mais je pus voir sa silhouette noire se détacher de l'ombre au moment où il passa devant les phares de la voiture salvatrice. Je me rendis compte que si la mort ne m'enlevait pas à cet instant, cette image resterait dans mon esprit pour le restant de mes jours.
Des bruits de pas qui se rapprochaient. Etait-il revenu ? Je tentai de me relever, mais une douleur cuisante au genou vint s'ajouter à cette sensation de vide qui emplissait tout mon corps.
Quelqu'un se penchait vers moi. Je ne voyais pas son visage, mais je savais que ce n'était pas lui. Des murmures s'élevaient autour de moi. Que disaient-ils ? Je ne comprenais pas.
Je paniquai : étaient-ils de mèche avec lui ? Allaient-ils utiliser mon corps comme il l'avait fait ? Allaient-ils me salir jusqu'à ce que je les supplie de me tuer et de faire ce qu'ils voulaient de moi après ? "Non... S'il vous plaît..."
Ils ne m'entendaient pas. Ils continuaient à tatonner dans le noir et à me toucher. Ils saisirent mes mains et je me retrouvai debout une seconde plus tard, sans savoir comment. Je me rendis compte à quel point mon genou me faisait mal.
Et les ténèbres m'enveloppèrent.

 Olivier 04 novembre 2007 Envoie un message à Olivier Voir le profil de Olivier
Quand je rouvris les yeux, tout était calme. Pour la première fois depuis un certain temps, j'avais les idées claires. L'aube, ou le crépuscule, approchait, et le ciel était teinté d'une jolie couleur violette. Je n'avais plus aucune entrave, mais j'étais toujours couchée dans un duvet de feuilles mortes. Je tentais de me relever. Je ne pouvais bouger ma jambe droite, et du sang coulait de mon front. Je mis du temps à ce que ma vue redevienne normale, car j'avais été prise de tournis. Puis, l'horreur environnant fut enfin percevable. Cinq corps reposaient autour de moi, certains en plusieurs parties. L'horreur me frappait les entrailles. Je ne savais pas comment réagir, le peur s'infiltrait en moi comme si je la buvais, et je remarquai tous les petits détails macabres, accentuant ma peur.
- Vous voilà donc réveillée ! On va pouvoir en finir !
La voix me pétrifia, et je tournai brusquement la tête. L'homme s'avançait vers moi, calmement, jouant avec sa hache déjà pleine de sang. Il venait de se lever du capot d'une voiture.
- Ces personnes, fit-il en désignant du bout de sa hache les corps qui m'entouraient, n'ont pas eu de chance. Ils ont voulu vous aider. Quelle tristesse que je sois revenu !
Un sourire carnassier se peignait sur son visage, et le peur me clouait sur place. En essayant de me traîner en arrière, ma main attrapa une pierre. Lui avait sauté en avant pour me rattraper.
- Adieu, mademoiselle...
Il leva sa hache, et... Paf ! dans un dernier effort de volonté, je lui avais lancé la pierre sur la tête. Il tomba en arrière, et aussi vite que je pus, je me traînais à la voiture. Appuyant sur le champignon, sans refermer la portière ni rien, je fonçai en avant. De toute façon, je n'étais qu'en étât d'accélérer, mon genou m'empêchant toute autre manoeuvre.

 Sweetythecat 05 novembre 2007 Envoie un message à Sweetythecat Voir le profil de Sweetythecat
Je n'avais aucune idée de l'endroit où j'étais, ni où aller pour retourner chez moi. Je savais seulement qu'il fallait à tout prix que je m'en aille de là.
Je roulai vers un portail ouvert au-delà duquel je pouvais voir un parking vide. Apparemment, il était persuadé que je n'aurais pas le temps de m'enfuir : sinon, il n'aurait jamais pris le risque de me laisser une échappatoire. Au moment où je m'apprêtais à passer le portail, quelque chose chose attira mon regard sur le rétroviseur.
Il s'était relevé.
En le voyant courir vers la voiture, un sentiment de haine grandit en moi et remplaça pour un temps la peur qui me tordait le ventre.
Cela se passa si vite que je ne me rendis pas compte de ce que j'étais en train de faire. J'eus même l'impression que la voiture était conduite par une autre personne.
Et je l'écrasai.
Puis je roulai. Vite. Le plus vite possible. Même s'il n'avait plus aucune chance de me rattrapper. Et je pleurai. Peut-être des larmes de soulagement. Ou de rage, car je savais qu'il avait attendu mon réveil pour me tuer, me faire souffrir comme il l'avait déjà fait dans cette ruelle sombre. Malheureusement, ce qu'il m'avait fait subir avait été pire que tout, pire que la mort, pire que de me réveiller au milieu des cadavres de ceux qui avaient dû payer pour tenter de me sauver.
Je me retrouvai sur une route de campagne et je compris que j'étais loin de chez moi. Il m'avait emmenée là pour que je sois en territoire inconnu. Ou peut-être avait-il voulu finir son travail loin d'une ville où il y aurait eu un commissariat. Peu importait.
Je m'arrêtai à une aire de repos, pour demander de l'aide. Je descendis de la voiture et je tentai, en traînant ma jambe blessée, de me diriger vers une femme qui était en train de faire le plein de sa voiture. Elle me regarda bizarrement : je saignais du front, mon jean était déchiré et mon pull taché de boue et de sang, sans parler de ma démarche qui laissait entendre que je m'étais blessée à la jambe droite. La femme avait un petit garçon qui lui tenait la main pour l'entrainer vers la vitrine du mini-marché qui présentait des peluches et un train électrique. Elle se pencha vers son fils et lui murmura quelque chose à l'oreille. Le garçon courut vers la vitrine et la femme se précipita vers moi pour m'aider à marcher en me portant à moitié. Elle ouvrit la portière de sa voiture et me fit asseoir sur le siège arrière.
- Que s'est-il passé ? me demanda-t-elle.
J'avais les idées claires et je savais très bien ce qui m'était arrivé mais aucun son ne put sortir de ma bouche.
- Que s'est-il passé ? répéta-t-elle.
- Je... Il a... Je me suis...
Pourquoi n'arrivais-je pas à tout raconter ? Des larmes coulèrent à nouveau sur mes yeux et je ne fis rien pour les arrêter.
- Vous vous êtes faite agresser ?
Elle voulait m'aider à lui faire comprendre ce qui m'était arrivé et je l'en fus reconnaissante. Je fis oui de la tête.
- Etait-ce... un viol ?
Elle avait prononcé le dernier mot tout bas. Je hochai à nouveau la tête.
- Alors voilà ce qu'on va faire, dit-elle. Je vais vous emmener à l'hôpital pour qu'on vous soigne et des policiers viendront vous demander ce qui s'est passé. Vous devrez répondre à leurs questions. Je dois vous dire que le trajet sera peut-être long. Nous sommes à 40km de la prochaine ville. Voulez-vous que j'appelle une ambulance pour que vous y soyez plus vite ?
- Non, ça ira... Merci.
- Très bien. Excusez-moi une seconde. Ne vous inquiétez pas, je suis médecin, vous êtes en de bonnes mains, ajouta-t-elle.
Elle me tourna la dos et se dirigea vers son fils. Ils entrèrent dans le mini-marché et en ressortirent deux minutes plus tard. Son fils tenait à la main un énorme chien en peluche bleu.
J'étais hors de danger.





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Les dernières heures du jour est classée dans le genre Psychologie.

Commencée par Olivier,
le 23 octobre 2007. L'histoire est composée de 4 participations.

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  • 2 Auteurs:
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