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Quadrablues
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26 novembre 2005
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Le ciel est si bas, tant chargé de cette épaisse cotonnade qui s'effiloche dans l'air glacé. Ses mèches ébouriffées virevoltent et dansent devant ma fenêtre avant de s'allonger sur le sol et de tisser leur manteau de sommeil blanc. Bientôt la vie n'apparaît plus, engourdie voire endormie profondément dans ce silence feutré qui me pèse déjà. C'est pour moi le moment de m'évader vers d'autres horizons...
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Telma
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26 novembre 2005
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... Partir ; je continue d'arranger mes effets dans ce grand sac marron qui m'a si souvent accompagné dans mes vagabondages. Prendre quelques livres, quand même.
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Quadrablues
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26 novembre 2005
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Quelques livres, oui, pour quelques rêves en écrin de papier qui m'aideront peut-être à découvrir une lumière, une chaleur que cet hiver naissant a chassées de mon corps et de mon âme. Tout mon être est maintenant suspendu à ce départ, à ce voyage onirique vers des cieux aux couleurs de la vie. Mon bagage à la main, la porte de ma maison claque derrière moi...
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Eleinad
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26 novembre 2005
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Et je ne vois plus le chemin. La neige a commencé à tomber pendant que je remplissais mon bagage. La porte est fermée et bien fermée. Où sont mes clés?
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Quadrablues
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26 novembre 2005
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Puisque le retour ne m'est plus permis, je n'ai qu'à poursuivre en aveugle dans ce paysage lunaire où chacun de mes pas semble me conduire vers des terres hostiles. J'avance alors sans repères, seulement guidée par cet irrépressible besoin de fuir, de ne pas m'avouer vaincue par les affres de Dame Nature. Je marche vers mon exil...
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Domicado
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26 novembre 2005
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Vers quelle terre mes pieds de plomb m'emportent-ils ? Etrangère à cette vie, existe-t-il un refuge dans un ailleurs du possible. La froidure engourdit mon esprit. Toute initiative s'évapore avec la brume matinale. Envie de me laisser emporter par la prochaine onde de blizzard.
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Quadrablues
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27 novembre 2005
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Ce blizzard qui me repousse, qui freine chaque tentative d'avancer, qui brûle mes yeux et ma peau, mais pire encore qui s'immisce jusque dans mon esprit et lui intime l'ordre de renoncer, de se laisser emporter dans un tourbillon glacial sans retour. Je résiste, à quoi je ne sais plus, seuls me conservent encore en vie les souvenirs de voyages vécus ou rêvés qui défilent dans ma mémoire comme des cartes postales jaunies. Au loin, une pâle lueur apparaît...
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Telma
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27 novembre 2005
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C'est le bus ! Enfin.
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Quadrablues
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27 novembre 2005
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Enfin, c'est ce que je crois discerner dans ce paysage sans relief, sans profondeur, qui ne sait qu'être blanc. Je trouve la force d'allonger le pas, de courir presque, enfin je le crois aussi. La lueur grossit, rassurante; je ressens la chaleur qu'elle dégage, je la touche, je l'encercle... Non. Ce n'était qu'un mirage dans ce désert de neige, qu'un mauvais tour que vient de me jouer le blizzard ensorceleur d'esprit. Je viens de trébucher et la douleur qui envahit mon genou me ramène à la réalité. Je suis perdue...
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Eleinad
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27 novembre 2005
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Perdue? Reprenons nos esprits, où est mon téléphone portable?
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Domicado
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27 novembre 2005
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Une déchirure enflamme mon genou et remonte jusqu'au coeur. Je ne peux me relever. Je m'enfonce dans un cocon glacé. La tête embrouillée, des images défilent, mon corps ne me porte plus, je flotte...
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Elektralias
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27 novembre 2005
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Après tout, pourquoi m'encombrer d'un bagage ? Pourquoi emporter avec soi les douloureux souvenirs du passé ? Je regarde un instant ce sac contenant mes quelques effets personnels, repousse du pied ce vestige d'hier, ressers mon manteau sur mon corps engourdi et intime l'ordre à mon genou de se remettre en route. J'ai du chemin à faire, de la route à mordre, des vies à croiser, il est temps de se relever !
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Domicado
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27 novembre 2005
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Se délester des vestiges du passé, regarder devant soi, entrevoir dans ce brouillard des lendemains printaniers. Mon corps se déploie, mon genou a entendu le message. Je suis à l'été de ma vie.
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Quadrablues
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28 novembre 2005
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Les membres lourds, la tête enserrée dans un étau mais le coeur plus léger, je me suis donc remise à marcher, certaine que ma bonne étoile finirait par me conduire là où un destin plus doux m'attendait. Combien de temps cela m'a-t-il pris pour sortir de cet enfer de vent, de froid et de peur mêlés, je ne sais plus...Une minute, une heure, un siècle, le temps n'existe plus que dans les pulsations de mon pouls et les battements anarchiques de mon coeur. Mais, il me semble entendre au loin...oui, j'entends bien, cette fois c'est bien réel...
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Telma
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28 novembre 2005
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J'aperçois l'autobus ou le car, voire le bus. Bref, un transport en commun.
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Eleinad
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28 novembre 2005
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Un bus! Hourrah! Alléluia ! Mais...il ne s'arrête pas. Et le chauffeur reste sourd à mes cris. Normal, c'est Ernest, le sourd du village. Une des passagères m'aperçoit et va lui taper sur l'épaule. Il s'arrête enfin cinq cents mètres plus loin. Mais j'entends toujours ce "brr" qui s'amplifie. Un son de plainte humaine ou de rage animale?
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Telma
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28 novembre 2005
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Finalement ce râle n'était-il pas le mien ? Je cours et monte dans le bus. Il est presque vide et je m'affale sur des banquettes molles.
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Sab67
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29 novembre 2005
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Le bus repart... Je demande à Ernest où le bus va nous mener. Le chaufeur se retourne et je m'aperçois que ce n'est pas mon ami le sourd. Ce monsieur est plutôt étrange car entre deux éternuements il me répond que le bus embarque des personnes mais n'en laisse pas descendre. Je tremble de peur! Je regarde autour de moi, ce bus est vraiment lugubre. Plus encore que le plafond de ma mansarde et encore plus lugubre que les toilettes chimiques de Madame Lapipota. Ho la la! Je suis bouleversée. C'est à cet instant que le bus s'arrêta....
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Jade
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08 décembre 2005
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Je regarde par la vitre crasseuse du véhicule; une enfant se tient sur le bas-côté. Mon coeur bat à tout rompre, elle ne doit pas monter, il ne faut pas, elle aussi sera prise au piège et alors... Je panique de plus en plus lorsque les portes du bus s'ouvrent enfin. La petite fille s'apprête à monter et un cri sort de ma bouche, incontrôlable; il faut que je la prévienne ! Le chauffeur n'y prête pas vraiment attention car une (des rares) passagère tente de s'échapper au même moment. Comme dans un rêve, je vois sa lourde chevelure rousse projetée sur le siège près de la porte : le chauffeur vient de la repousser violemment. Le visage de l'homme ne reflète maintenant que haine et mépris. Je tremble et l'enfant monte. Une larme roule sur ma joue, encore une victime... Suis-je en plein cauchemar ? Je me tourne vers la gamine... Ses yeux sont rouges sang !!!
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Eleinad
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11 décembre 2005
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"B'jour Papa. T'en as ramassé combien aujourd'hui?, dit la petite fille au chauffeur. - Un bon paquet, Olga. - C'est Maman qui va être contente! - Pour sûr!" Elle alla s'asseoir au fond du car , en fredonnant une drôle de chanson. Des variations sur le son "brr". Assez joli, une fois qu'on s'était habitué. Puis elle se tut et...
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