Déprime?
Déprime?
Réflexion...




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 Fleur2yeux 03 janvier 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
La dépression d'un "Homme" se mesure non pas à la musique qu'il écoute, à son style de musique ou encore à son travail mais à la vitesse où il met un pied devant l'autre.
Avant de plonger, je marchais lentement, avec des pas lourds et controlés, sans jamais déraper sur une merde de chien toute fraîche, sans jamais rater la marche d'un traître trottoir.
Ce jour-là, il faisait beau et le soleil chauffait les oreilles de toute la création, à en croire la hauteur qu'il avait atteint...

 Bluekiss 04 janvier 2006 Envoie un message à Bluekiss Voir le profil de Bluekiss
...Je me suis rendu compte que ce soleil ne me donnait pas chaud. Au contraire, un vent glacial me refroidissait le coeur et une douleur infernale traversait mon crâne. A ce moment précis, j'ai compris que j'étais complètement vide à l'intérieur. Il n'y avait plus que la douleur sourde dans tout mon être, et je ne voulais qu'une seule chose...

 Alchimiste8817 05 janvier 2006 Envoie un message à Alchimiste8817 Voir le profil de Alchimiste8817
.........oublier.....
Oublier ce que je viens d'entendre......
Une horrible vérité, comment est-ce possible?
Un déchirement intérieur me paralyse,
des questions me tuent à coup de "pourquoi" .
Je traîne mes pas.... je ne sais plus d’où je viens ni où je vais........

 Griffette 05 janvier 2006 Envoie un message à Griffette Voir le profil de Griffette
Mes pas sont ceux d'un inconnu, je ne suis plus dedans. Face à la vitrine de la maison de presse, mon visage ne me parle plus. Ce ne sont pas mes traits, je ne reconnais pas ce regard perdu, les rides de ce front, le creux des joues et le blanc de cette peau. Aucune expression dans ces yeux-là. Quelle étrange sensation que de ne plus être en soi. N'être qu'un vide dans une enveloppe que l'on ne contrôle plus.
Etrange et terrifiant ...
J'entends juste résonner dans mes tempes les mots de ma mère aussi fort que mon coeur qui bat...
"Moi je ne voulais pas te garder! C'est ton père qui a voulu!"

 Angel 06 janvier 2006 Envoie un message à Angel Voir le profil de Angel
Entendre ces mots sortir de la bouche de l'être que vous êtes sensés chérir tout le long de votre vie, ça fait terriblement mal. Pas comme une souffrance physique, mais c'est plus comme si quelque chose se brisait en vous, comme si un lien était coupé à tout jamais. C'est profond, viscéral et aucun remède miracle ne peut atténuer ni ne faire disparaître le froid qui s'est insinué en moi.

 Anh 06 janvier 2006 Envoie un message à Anh Voir le profil de Anh
Pourtant, de longues années j'ai réussi plus ou moins à laisser de côté ces phrases terribles, à faire comme si elle n'avaient pas été prononcées. En les lâchant, ma mère m'avait aussi dit que bien vite, une fois qu'elle m'avait vu, elle avait su qu'elle m'aimerait. Que déjà dans son ventre, quand elle avait commencé à me sentir vivre, elle maugréait moins fort après mon père. C'est à cela que malgré tout je me suis rattaché, c'était mon issue, la voix de la sagesse, car en fin de compte ma mère m'aime.

Mais depuis quelques temps, malgré moi ces mots reviennent, ils tournent en rond comme une mélodie infernale, impossible de nier le vide qu'ils sont parvenus à creuser. Je ne voulais pas de toi, je ne t'aurais pas gardé, tu n'existerais même pas, je ne te voulais pas... m'avait-elle avoué en pleurant.

Moi non plus je ne veux pas de cet enfant. Justine me dit qu'on doit décider à deux. Je sens qu'au fond elle le désire. De mon côté, exaspérant paradoxe, je me retrouve à avoir les mêmes pensées que ma mère avaient eues pour moi. Je devrais réagir, sauter de joie ou du moins prendre les choses en main, et dire à Justine que quoiqu'il arrive, nous l'assumerons ! Je n'arrive pas, dans ma tête tout est brumeux, je me sens réellement épuisé...

 Alchimiste8817 06 janvier 2006 Envoie un message à Alchimiste8817 Voir le profil de Alchimiste8817
Ma mère se plaignait toujours. Elle me disait que c'est à cause de moi qu'elle avait renoncé à sa carrière de chanteuse...
Que c'est à cause de moi aussi que personne ne voulait d'elle après mon père.
Je me culpabilisais de jour en jour me promettant de ne plus la faire souffrir ni elle ni mes futurs enfants, de les aimer, de prendre soin d'eux et de les guider jusqu'au bout. Aujourd'hui, je ne comprend plus pourquoi l'idée de savoir Justine, ma bien-aimée, enceinte me terrorise, je pense à la séparation, aux malentendus, à l'abandon, aux pleurs, aux cris...

 Fleur2yeux 07 janvier 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
Mais la joie devrait aussi faire partie du jeu me dit-elle souvent, mais malgré ça, j'ai une peur bleue de ce petit être qui va débarquer dans notre vie. Un machin de cinquante centimètre fait peur à un homme d'un mètre quatre-vingt dix, cent kilos! C'est hallucinant mais je n'aime pas me savoir pris comme ça, le cul entre deux chaises.
Mais ce qui me fait le plus peur dans toute cette histoire, ce sont mes rêves. Je rêve toutes les nuits que je passe que je tue Justine et lui enfonce une aiguille à tricot dans le vagin pour tuer "le monstre" qui sommeille en elle. La nuit dernière, mon rêve a pris tellement d'ampleur qu'à mon réveil, j'ai vu que les draps entre les jambes de Justine et mes mains étaient maculés de sang. Voyant cela, je me suis jeté sur elle en la secouant de toute mes forces pour la sortir de l'état dans lequel elle se trouvait, c'est à dire morte pour moi mais en fait dans un sommeil profond...
Je crois que la folie me guette, qu'elle va m'attraper au moment où je relacherai mon attention pour m'obliger à accomplir une oeuvre maléfique... Tuer Justine!!!

 Angel 07 janvier 2006 Envoie un message à Angel Voir le profil de Angel
Pour m'éviter de faire une folie, je vais limiter mes contacts avec Justine au minimum. Je lui ai laissé un mot ce matin, lui disant que je partais à la recherche d'un petit appartement, que j'ai besoin d'être seul. Je ne pouvais quand même pas lui dire qu'une partie de moi souhaite ardemment sa mort et la mort du foetus qu'elle porte.

Quelque part au fond de moi je hais Justine, je hais la situation dans laquelle nous sommes. J'ai toujours cru (à torts) qu'elle prenait les précautions requises pour ne pas tomber enceinte. Je lui en veux ne pas d'avoir eu la franchise de me dire qu'elle voulait un enfant, je me sens lâche ne pas avoir le courage de lui dire que je ne veux pas de cet enfant, qu'elle doit se faire avorter. Je voudrais crier ma haine au monde entier.

 Anh 08 janvier 2006 Envoie un message à Anh Voir le profil de Anh
Elle a beau m'assurer qu'elle n'aurait jamais osé interrompre sa pilule sans mon consentement, je ne la crois pas. Je la sais honnête, mais il ne faut pas non plus me prendre pour un débile ! Oh, je sais comment ça marche ces choses-là ! Elle me dit qu'il y a toujours un risque que ça ne marche pas, qu'il y a toujours un faible pourcentage d'erreur, comme dans toutes les choses de la vie. Rien n'est assuré à 100% ! s'écriait-elle encore hier au téléphone, juste après avoir trouvé mon petit mot chez elle. Elle voudrait me faire croire que nous sommes parmi les 0,1% de malchanceux... je suis peut-être lâche, mais je ne suis pas idiot ! Elle ne m'aura pas comme ça... Elle me l'aurait demandé, j'aurais peut-être dit oui ! Mais là, par principe, ce sera non ! Na !

Qu'est-ce que je raconte, mais qu'est-ce que je raconte... comment puis-je réagir ainsi ? La vie est-elle si dure, qu'on ait si peur de la donner ? Je revois comme dans un rêve ma petite grand-mère et sa bouille de pomme flétrie me souffler à l'oreille : "Allez mon grand garçon, un enfant c'est pas la mère à boire... oups, la mer à boire... décidement je déraille fiston ! Un petit effort et tu verras, tout se passera très bien. Tu n'es pas obligé d'être papa pour devenir un homme, mais enfin, ça fait souvent partie du jeu, hein..." Et ma grand-mère, telle une fée, s'envolerait en me faisant un signe de la main et un grand sourire d'encouragement... Penser à ma grand-mère et à son solide bon sens me calme. J'espère que la haine que je ressens encore va se changer en paix, peut-être même en un amour très fort pour Justine et ce petit bout de chair qui grandit. Après tout, on dit souvent que la haine et l'amour sont proches, c'est peut-être ce que je suis en train de vivre ?
Mais Justine, pourquoi m'as-tu donc trahi ?

 Bluekiss 09 janvier 2006 Envoie un message à Bluekiss Voir le profil de Bluekiss
Ne plus la voir n'avait rien arrangé. Au contraire, la distance l'avait transformée en fantasme et ce manque maladif prit corps dans mon cerveau . Elle est devenue mon obsession. Le soir, dans mon canapé, je m'amuse à jouer aux contrastes de mes souvenirs et de mes fantasmes. Je me souviens...Je me souviens de cette dimension de tendresse et de plaisir, mêlée à de forts moments de réconfort. Les images se mélangent dans ma tête, et mon émotion est au plus haut point. Et d'un coup, je coupe cette douce musique et ce parfum suave, ils me dégoûtent, elle me dégoûte avec sa tendresse en se transformant en mère sans mon avis et en se pendouillant à mon cou d'égoïste perturbé par ma maman "la-chanteuse-qui-a-pas-réussi-à-cause-de-ce-vilain-gamin ", le dégoût, l'horreur, l'amour, la haine, la placitude et la nervosité, tout se mêle dans une grande tempête de chaos...Non! Non...Ne plus réfléchir, penser au vide, penser au vide pour ne plus voir son joli visage de poupée grimaçant dans d'atroces souffrances et mimant de ses lèvres "Mon bébé...", le "o" et les "é" pendouillant désépérément en l'air...
Trop tard. Ma main, dans un élan engourdi par l'excitation prit mon portable et combina le numéro de Justine...

 Anh 15 janvier 2006 Envoie un message à Anh Voir le profil de Anh
- Justine ?
Ma voix résonnait comme si j'étais dans un rêve.
- Justine... fais ce que tu veux pour l'enfant. Mais nous deux c'est fini.
J'allais raccrocher quand elle murmura :
- Un petit effort quand même, c'est un peu court...

 Alchimiste8817 16 janvier 2006 Envoie un message à Alchimiste8817 Voir le profil de Alchimiste8817
- Pardon?
- C'est court j'ai dit, fais un petit effort quand même!
- Je ne te comprend pas, qu'est-ce que tu veux dire par là?
- Que j'attends plus..... dans 30' je serais au café
- Arrêtes tes conn..........allo! allo?
Puis plus rien, juste des Bip. Bip. Bip qui me rendent à la réalité, elle a raccroché.
Elle veut qu'on se voit, qu'est-ce qu'elle manigance ? Je la connais elle est malicieuse, elle veut me tendre un piège c'est sûr.
je l’aime beaucoup et elle m'aime pareil.
Je me sens plus abattu que jamais l’air désemparé je me rends au café......

 Anh 07 février 2006 Envoie un message à Anh Voir le profil de Anh
Elle m'accueille tout sourire. Réfugiée le long du mur, dans un petit coin intime de ce café souvent vide, ses mains entourent une tasse de thé brûlant. Elle a le visage un peu pâle et de grands yeux un peu humides, pourtant elle me sourit et elle semble sereine.
Je m'installe en face d'elle, mon coeur bat à tout rompre. Comment ai-je peu l'appeler et lui dire que tout était fini il y a une demi-heure, et ressentir ce que je ressens maintenant que je me retrouve en face d'elle ! Je voudrais passer un doigt sur ses jolies lèvres et baiser ses taches de rousseur. Non ! En moi-même je proteste. Justine, tu ne m'auras pas ! J'essaie de rester impassible quand elle me dit avec sa petite voix toute douce et pleine d'amour :
- Il n'y a plus... Martin, il n'y a plus de problème...

Elle me regarde, sereine et souriante.

 Alchimiste8817 16 février 2006 Envoie un message à Alchimiste8817 Voir le profil de Alchimiste8817
Mais dans yeux se lit un message sinistre.
Puis elle sort de son sac une ordonnance qu'elle me montre avec un air que je ne lui reconnais plus, plein de rancune ou de tristesse ? Je n’en sais rien, l’ordonnance porte l’en-tête de son gynécologue :
- Tu n'auras plus de problèmes, répète-t-elle, je risque de faire une fausse-couche. Le médecin dit que les saignements que j’ai et dont je ne voulais pas te parler risquent d'arrêter la grossesse.
- Oh! Noooon, dis-je. C'est impossible.
A ces mots j'ai compris que le petit s'était fait une place dans mon coeur sans prévenir... Je l'aime et j'en suis heureux, seulement l'idée de le perdre m'arrache le cœur et m’informe que cela ne change rien à la situation.
Alors d’un geste plein de compassion je me lève et m'installe près de ma Justine . Je la prends dans mes bras, m’attendant à recevoir une gifle comme je la mérite mais au lieu de cela, elle pose sa tête sur mon épaule et sanglote comme une petite fille dans les bras de sa maman.... tout en criant qu’elle ne veut pas le perdre.... Je me sens honteux et ne sais pas quoi dire , je la serre dans mes bras tout en me jurant de ne plus la quitter et de veiller à ce qu’elle ait son petit, car je suis sûr maintenant que l’homme qui était entré dans ce café pour se venger avait disparu. A sa place y a quelqu’un d’autre, plein d’amour pour ses deux chéris mais encore plus déprimé que jamais…

 Fleur2yeux 20 février 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
A son retour de cette rencontre tant attendue et tant redoutée à la fois, Justine était plus dépressive que jamais. La salle de bain l'appelait de sa douce chaleur humide et furtive, comme un songe éveillé. Les quelques pas qu'elle dû faire pour répondre à cet appel insoutenable furent longs et douloureux, contrairement à la lame de rasoir qui glissait à présent sur ces veines gonflées, ravageant tout sur son passage sans possibilité de retour. Quand les secours furent alertés, cela faisait deux jours qu'elle gisait dans une baignoire emplit de sang et de minuscule morceaux humains, arrachés sauvagement de son orifice vaginal. Auto-mutilation...

 Coquelicot 21 février 2006
-Justine, qu'est-ce que tu penses de mon dernier chapitre? avec la scène de la baignoire?
-Franchement je le trouve trop glauque! passe-moi le sac des couches s'il te plaît.
-Non sincèrement ça ne te plaît pas?
-Non, ce passage je le trouve trop hard; en plus, ils venaient juste de se retrouver au café, lui comprenait qu'il tient à elle et à l'enfant, et d'un coup tu la fais baigner dans le sang et l'horreur. Franchement c'est pas génial. Oh, regarde, Martin sort sa première dent! Je comprends qu'il pleurait toute la nuit.
-Ma mère disait qu'il faut lui frotter les gencives avec du sucre; tu penses quoi?
-Je ne sais pas, je vais demander conseil au pédiatre.
-Bon, si mon chapitre ne te plaît pas, dis-moi comment le changer?
-Ok, je sais que tu ne veux pas tomber dans le mélo, c'est pas ton style, mais essaie d'être moins morbide, tu pourrais trouver une issue plus joyeuse.
-L'éditeur attend mon manuscrit depuis trois semaines et je ne m'en sors pas de ce passage; faut que je trouve une conclusion, j'en ai marre de ce bouquin et de ces commandes; faudrait que je puisse écrire vraiment ce que j'ai envie d'écrire.
-Mais qu'est-ce que tu as vraiment envie d'écrire, tu le sais au moins?
-Ben voilà! En fait mon rêve ce serait d'écrire...

 Fleur2yeux 22 février 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
Un truc qui fasse réfléchir le lecteur, un truc à la limite de l'intellectuel et du roman dont on ne peut se douter de la fin. Pas un de ces torchons pour bonne femme ménopausée en manque d'inspiration au sujet de ce qui pourrait être bon à donner au chat pour son repas du soir. Un roman qui fasse rêver mais qui ferait frissonner le plus téméraire d'entre nous.
- Oui mon amour, je vois ce que tu veux dire, mais ton éditeur ne veut pas de ça, il veut des bénéfices et rien d'autre.
- Et bien qu'il aille se faire foutre !!!

 Angel 23 février 2006 Envoie un message à Angel Voir le profil de Angel
- Ce livre je vais l'écrire comme je le veux, comme je le sens. J'en ai plus qu'assez d'écrire des choses juste pour que Pierre mon éditeur se bourre les poches. Assez d'écrire des romans "politiquement correct" dont l'intrigue me laisse un goût amer.
Bien sûr que mes romans se vendent bien, mais pour une fois, j'ai envie d'aller au bout de moi-même, de choquer un peu. Et tant pis si Pierre n'est pas d'accord, mais la scène de la baignoire reste.

 Bluekiss 23 février 2006 Envoie un message à Bluekiss Voir le profil de Bluekiss
- Oui, mon chéri. Après tout, l'écriture te procure du plaisir et ce serait bête de le gâcher en écrivant ce que tu n'aimes pas! Et surtout, le docteur a dit que cela pourrait t'aider à guérir, n'est-ce pas?
Je ne pensais pas vraiment que des histoires macabres pourraient m'aider à améliorer mon état psychologique, mais tant qu'à faire, je devais laisser libre cours à mon imagination. Et c'est alors qu'une série de cauchemars commença à perturber mes nuits...






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Bon à savoir:

Déprime? est classée dans le genre Psychologie.

Commencée par Fleur2yeux,
le 03 janvier 2006. L'histoire est composée de 21 participations.

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