Les facteurs s'évanouissent
Les facteurs s'évanouissent
Même au fin fond des campagnes le suspens bat son plein




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 Vronique 20 avril 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Je vous préviens tout de suite, je fais partie de ces derniers Mohicans, vous savez, ces femmes préhistoriques, ces sujets de musée. Quoi, vous ne devinez pas? Allons, allons, un peu d'imagination. Qu'est-ce qui est rarissime de nos jours? Une femme ministre ! Oui, pourquoi pas, mais il ne s'agit pas de ça, je vous parle d'une chose du passé. Oui, vous approchez de la vérité.
Primo, je vis au fin fond de la campagne, oui, j'ai résisté à l'exode rural, non, je ne suis pas revenue à la terre en mai 1968, au moment de la mode des chèvres au fin fond du Larzac. Mode qui s'est effondrée au premier hiver un peu rigoureux où les hippies n'avaient plus de bois pour chauffer leurs cheminées qui tiraient mal et enfumaient toute la pièce, au premier chevrotin malade ou à la première vraie pénurie d'argent. Je suis d'origine terrienne à 100%. C'est y pas beau, ça, mes bonnes dames? Enfin, je triche un peu. Je suis de la terre, mais je ne suis pas de la terre où je vis. Je m'explique : je suis paysanne du centre est et je suis devenue paysanne du sud ouest. Vous, citadins, vous n'y voyez que du feu, mais moi, je vous assure qu'on me l'a fait sentir que je n'étais pas d'ici, même si mes beaux-parents étaient fermiers dans ce coin du sud ouest depuis la nuit des temps, je suis une pièce rapportée, une étrangère ici.
Deuxio, oui, je suis bien une bête curieuse : je suis restée mariée à mon premier mari et, chose encore plus ringarde, je suis restée fidèle, le croiriez vous ? Pas une fois je n'ai regardé un autre homme dans de mauvaises intentions, pas une fois je n'ai eu envie d'aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte.
Malgré tout ça, vous allez voir que ça déménage dans notre campagne!

 Vronique 20 avril 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
C'est moi qui ai repris l'exploitation agricole de mes beaux-parents, mon mari a préféré travailler en ville, il gagne pas mal sa vie. A la mort de mes beaux-parents, on a racheté les parts de mes beaux-frères et belle soeur. J'ai arrêté l'élevage de cochons et la culture du maïs. J'ai bâti avec mon mari deux gîtes ruraux dans l'ancienne grange et j'ai gardé l'élevage d'oies que j'ai étendu; j'ai aussi fait une serre pour les primeurs et une pour les fleurs.
On a offert à mon mari un poste en Argentine pour trois ans. Il était fou de joie. Il voulait qu'on vende notre cheptel, qu'on mette la ferme en location et que je parte avec lui.
Pas question!
Je l'ai laissé partir alors que toutes le bonnes âmes bien intentionnées m'ont prévenue que j'allais être cocue en moins de deux!
Je suis viscéralement attachée à cette terre, jamais je ne la lâcherai.
Mon mari est parti l'âme torturée de remords malgré mes paroles apaisantes.

 Vronique 23 avril 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Ca faisait un moment que je n'avais pas reçu de courrier, mais à part des factures et des papiers de la sécurité sociale, pas grand chose dans les boites aux lettres des paysans.
Oui, sauf que moi je ne suis plus tout à fait agricultrice depuis quelques années. Hé oui, j'ai pris de l'âge et je me suis lassée de travailler. En plus mon mari a suivi des cours du soir et il gagne vraiment bien sa vie maintenant. Donc nous avons transformé des bâtiments en gîte rural, nous avons pas mal de succès. Et là, avec les beaux jours je devrais reçevoir des lettres de réservation et des chèques pour les arrhes.
Je ne suis pas suspicieuse, mais mon amie Blandine oui, elle l'est. C'est elle qui m'a dit:
"Pas normal que tu n'aies pas de lettres, tu sais ils sont jaloux du succès de ton mari, ils te bloquent tes clients"
J'ai haussé les épaules, elle racontait vraiment n'importe quoi cette pauvre Blandine.
Quelques jours plus tard, je suis allée tenir compagnie à ma copine Lucienne qui tient un stand de fleurs sur le marché. Quel bonheur de discuter tranquillement, avec les uns et les autres. Plaisanter, passer le temps, une heure ou deux.
Ce mercredi là, toutes les conversations roulaient sur le même sujet: l'absence de courrier. Je n'étais donc pas la seule à être oubliée du facteur. Nous, à la campagne, nous ne sommes pas riches comme vous en ville. Le moindre remboursement, la moindre rentrée d'argent a son importance. La rumeur montait, on n'allait pas se laisser faire par ces feignants de facteurs, on allait s'organiser. Une réunion fut prévue à la salle des fêtes du village pour le lendemain soir.





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Les facteurs s'évanouissent est classée dans le genre Policier.

Commencée par Vronique,
le 20 avril 2006. L'histoire est composée de 3 participations.

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