Page 2 sur 2
Participations 21 à 30 sur 30 << >>
|
|
|
Lu7
|
09 août 2006
|
|
|
|
|
-Venez chez moi, et je vous le trouverai, proposai-je en haussant les épaules. -Vous me rendez un grand service, murmura-t-il en plongeant son regard dans mes yeux. Nous partîmes silencieusement vers mon appartement. Il semblait telement inquiet que je n'osais pas dire un mot.
|
|
|
|
Vronique
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
J'ai fait pénétrer Thomas dans ma cage d'escalier, nous parlions du Sénégal et des différentes ethnies qui y vivaient. C'était le genre d'homme qui préfère se taire plutôt que de meubler des silences, mais il se trouve que nous avions pas mal à apprendre l'un de l'autre et il parlait facilement. L'ascenceur arriva enfin, et comme Thomas faisait le geste de m'ouvrir l'antique porte, il faillit la prendre dans le nez, car un homme la rabatit violemment en sortant de Gustave. (Oui, je sais, vous allez trouver bizarre que j'aie baptisé mon ascenceur, mais c'était une chose tellement désuète, un témoignage de toute une époque que je trouvais plus sympa de le personnifier ainsi.) J'ai senti Thomas se raidir et il s'est figé. "Que se passe-t-il encore? ai-je demandé, agacée. - Vite, montons! - Vous connaissez cet homme? -Je crois. Ca ne m'étonnerait pas que vous ayez été cambriolée. - Mais alors poursuivez-le! - Pas question ! " J'étais étonnée que "mon" géologue ne soit pas plus téméraire. "Je le connais, mais lui ne me connaît pas. Et il vaut mieux que je reste anonyme cela vous sera plus utile." Comme il l'avait prévu, ma porte avait été forcée. Mon appartement était sens dessus dessous.
|
|
|
|
Lu7
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
Et bien sûr, ma collection de sable avait disparu. Thomas et moi étions abattus. Thomas à cause de ce précieux sable et moi à cause du désordre qu'avait causé le cambioleur de sable. Je me tournais vers le géologue: "Mais pourquoi ce sable est-il si important? - Je ne sais pas si je dois vous le dire, dit-il." Je fis mon air attention-ne-me-fâchez-pas-sinon... - Bon d'accord...
|
|
|
|
Caro
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
Enfin seule dans son appartement, Amélie essayait de mettre de l'ordre dans ses idées. L'histoire que Thomas venait de lui raconter semblait tout droit sortir d'un roman policier. Comment imaginer qu'un simple voyage de tourisme au Sénégal pouvait vous mêler malgré vous à un trafic de produits frauduleux entre l'Afrique et la France... Quelques heures plus tôt, Thomas lui avait effectivement expliqué qu'un réseau de contre-bande était suspecté entre les deux pays. Monté semble-t-il par quelques Français maintenant installés au Sénégal, ledit réseau assurait des livraisons dans le pays d'un nouveau produit aux effets peu salutaires pour la végétation. Non pas que la végétation du Sénégal soit très luxuriante mais certains arbres comme les baobabs pouvaient gêner quelques promoteurs peu scrupuleux. Amélie se rappelait maintenant un article qu’elle avait lu dans le « Guide du Pays » qu’elle avait acheté avant son voyage en Afrique. On y mentionnait que les baobabs sont des arbres sacrés au Sénégal. Leur tronc creux était utilisé comme cimetière par les anciens et même si aujourd’hui les coutumes avaient changé, nombre de croyances y restaient attachées. Bref, hors de question d’arracher ces arbres s’ils venaient à gêner la construction d’un bâtiment. Et c’était bien là le problème, comme Thomas l’avait expliqué. Un gros promoteur de la région basque avait prévu la construction d’un nouveau complexe hôtelier près du Lac Rose. Le permis de construire avait été refusé car sur l’emplacement prévu se trouvaient plusieurs de ces arbres centenaires. Thomas n’avait pas encore tous les détails mais il avait été envoyé sur place par le gouvernement français après que plusieurs de ces arbres aient subitement été retrouvés dans un état de décomposition inexplicable. En tant que géologue, on lui avait demandé de procéder à une étude complète du sol pour définir les causes de ces soudaines transformations. Soupçonneux et sur le qui-vive en apprenant l’arrivée d’un géologue français , le promoteur et ses associés se seraient débarrassés de plusieurs litres de produit en le déversant pendant la nuit sur le sable bordant le Lac Rose. Et bien sûr tout ceci la veille qu’Amélie décide d’agrandir sa collection. Donc, le sable qu’elle avait ramassé devait contenir les traces de ce produit. « Mais pourquoi ne pas avoir ramassé vous-même un échantillon de sable ? » avait demandé Amélie à Thomas. « C’est ce que j’avais prévu de faire le lendemain dès que j’ai été averti par le bureau de Paris, mais malheureusement la tempête de sable et la pluie qui se sont abattues sur Retba le soir de votre passage ont effacé toute trace utilisable. Vous êtes la seule personne à posséder la preuve de l’utilisation d’un produit nocif pour la végétation …. Je devrais dire vous étiez la seule … »
|
|
|
|
Lu7
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
Il poursuivit son récit: " Vous vous souvenez de Paul ? demanda-t-il. - Le guide ? Oui, je le connais, c'est lui qui m'a emmenée... - Oui, voila, coupa le géologue ! Vous vous souvenez, il a eu une conduite suspecte quand vous êtes partie ; il a pris peur en voyant la boite remplie de sable. Il a eu peur car c'est l'homme de main du chef de la contre-bande. C'est lui qui mettait le poison lors des visites fréquentes des touristes qu'il accompagnait, mais quand il m'a vu vous espionner... - Nous sommes partis... - Oui ! Mais il y a plus grave encore ! Le poison peut peut-être empoisonner la population qui vend le sel et qui boit l'eau des régions contaminées.
|
|
|
|
Vronique
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
- C'est donc en vous voyant qu'il a subitement changé d'attitude et qu'il m'a fait frôler plusieurs fois la mort en roulant à tombeaux ouverts sur ces pistes pleines de nids de poule. Vous nous suiviez ? - Remarquez, vous qui aimez les sensations fortes, vous avez dû apprécier? - Mais les gens de Sally étaient au courant de ce trafic, de cet empoisonnement du sol et de leurs cimetières-baobabs ? - Non, certainement pas, les croyances sont encore trop ancrées en eux, pour qu'ils osent profaner de tels ossuaires, même s'ils sont miséreux. - Mais alors pourquoi avaient-ils peur de vous ? Pourquoi n'ont-ils plus voulu me parler à partir de cet épisode du Lac Rose ? - Il se trouve que je parle plusieurs dialectes des ethnies qu'on trouve en Afrique, dont le wolof. Il se trouve que j'ai fait l'âne et que j'ai fait semblant de n'en parler aucun. Il se trouve que j'ai l'art d'être là où on ne s'y attend pas. Il se trouve que je me suis fait passer pour une sorte de sorcier doué de dons lui permettant de connaître pas mal de secrets du village. Et les villageois, de tous les pays du monde ont tous quelque chose à cacher. Tous commis des actes plus ou moins répréhensibles pour subsister ou juste par jalousie ou haine ancestrale. Donc les habitants de Sally ont su que je vous protégeais dans l'ombre et m'ont beaucoup prêté de pouvoirs que je n'ai pas. Ils mouraient de peur de me déplaire et du coup préféraient ne pas vous approcher." J'étais stupéfaite. Ainsi on m'avait manipulée sans que je le sache.
|
|
|
|
Vronique
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
Je voulais appeler le commissariat, pour faire constater le cambriolage, mais Thomas me supplia d'attendre un peu pour lui laisser de l'avance sur les policiers. Il voulait mettre la main sur mon voleur, localiser le labo qui fabriquait le poison. Il me quitta donc, laissant plein de questions en suspens, après que nous ayons échangé nos numéros de téléphone. J'ai passé deux heures à fouiller parmi les piles de bibelots, livres et vaisselle amoncelés sur le sol afin de voir si le voleur avait pris autre chose que le sable. Puis j'ai appelé la police, ils ont mis un moment à venir. Pendant l'interrogatoire, je n'ai parlé ni de Thomas, ni de la rencontre avec mon cambrioleur dans Gustave.
|
|
|
|
Lu7
|
10 août 2006
|
|
|
|
|
Le commissaire chargé de l'enquete me parut antipathique, avec ses questions débiles et après ce mauvais moment, j'allais dans mon café préféré boire un excellent chocolat chaud, qui me redonna de la force. Mais je me rendis compte que je n'avais pas mangé depuis longtemps et j'allai dans un restaurant tout en pensant à l'étrange affaire dans lequel j'étais mêlée.
|
|
|
|
Vronique
|
21 août 2006
|
|
|
|
|
Ce restaurant était tenu par un basque avec qui j'avais sympathisé et comme ce jour là il avait peu de clients, nous avons pu discuter. De fil en aiguille, nous en sommes venus à discuter de l'immobilier dans sa région paradisiaque, la seule région de France au climat si tempéré et aux pluies qui rendaient la nature aussi belle qu'au paradis. Il pouvait y faire vingt degrés centigrades en décembre et vingt-cinq en été. L'océan rendant le climat très doux, ni trop chaud, ni trop froid la végétation s'en donnait à coeur joie, il pouvait y avoir des fleurs toute l'année, entre les mimosas l'hiver, les arbres de toutes sortes, les azalées, les rhododendrons, les roses, les bougainviliers, tout poussait, tout fleurissait. Mon ami Pachi se plaignait de l'inflation immobilière qui drainait des nouveaux riches dans la région, tuant la classe moyenne. Nous en sommes venus à parler des maisons de retraite pour riches en mal de soleil qui fleurissaient à l'étranger : Maroc, Tunisie, et ... Sénégal. A l'évidence, Pachi connaissait un promoteur et je l'ai tant et si bien manoeuvré qu'il a projeté de me le faire connaître, bien qu'il ne l'aime pas beaucoup. C'est ainsi que j'ai pu mener ma propre enquête parallèlement à mon ami Thomas.
|
|
|
|
Vronique
|
16 novembre 2006
|
|
|
|
|
Et à nous deux, nous avons réussi à démanteler le réseau . Je continue de collectionner du sable du monde entier. Cet hiver, nous comptons bien partir ensemble vers les attols aux fonds translucides et aux plages de farine blanche.
|
|
|
Attention: Tu n'es pas identifié, seuls les auteurs peuvent participer.
Je veux m'inscrire maintenant.
Je suis déjà membre, je peux m'identifier en haut de la page.
|
|