Le lac rose
Le lac rose
Du Sénégal à la côte Basque, il n'y a qu'un pas, mais qui marche?




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 Vronique 12 mars 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Amélie, mine de rien, s'était encore débrouillée pour monter parmi les premiers et avait choisi la meilleure place dans le petit camion 4x4, elle surplombait bien la piste, tout en voyant l'action du pilote. Les pauvres passagers qui se tapaient les fesses sur le reste de la banquette n'avaient pas autant de vent ni de poussière qu'elle, mais ils ne voyaient pas aussi bien ! Comme elle se régalait ! Que de sensations, quand le capot semblait surplomber le vide et que tout à coup, l'engin redémarrait et zoup! glissait sur une pente à angle aigu!

 Vronique 14 mars 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Amélie était vraiment contente d'avoir choisi ce voyage au Sénégal, la visite de la réserve d'animaux sauvages, l'avait intéressée, les rhinocéros surtout, deux jours auparavant, puis la veille le marché, et maintenant les pistes du Paris-Dakar en camion 4x4, quel régal! Elle s'en mettait plein les mirettes, elle qui aimait tant voir au loin on pouvait dire qu'elle était gâtée! Le camion fit des huit en bord de mer, puis les emmena sur les rives du lac rose, à peine moins salé que la mer morte, où tout un chacun pouvait venir faire sa récolte de sel pour le revendre. Amélie compléta sa collection de sables du monde entier et remonta à la suite des autres dans le camion, elle ne devait pas se montrer trop égoïste et laisser la meilleure place aux autres touristes, après tout.

 Stalinebe 24 mars 2006 Envoie un message à Stalinebe Voir le profil de Stalinebe
Lorsque Amélie rentra à l'hôtel, elle se demanda ce que le "Routard""pourrait bien encore lui faire découvrir! Ce livre est un si bel objet pour les jeunes aventuriers ayant une bourse à moitié remplie; soudain en feuilletant le livre, elle découvrit un petit article bizarre au fond de la page 153 dans la rubrique les lieux insolites. Celui-ci mentionnait la visite d'un lieu antique en plein désert. Amélie fut très intéressée par cette excursion en l'apparence très amusante et non périlleuse. Elle se mit dès le lendemain en route pour l'endroit où se trouve la stèle d'Osidart qui est entourée de sources d'eau chaude.

 Vronique 23 mai 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Amélie avait choisi un jeune guide la veille sur la place devant son hôtel. Mais le lendemain à l'aube, personne ne se présenta. Elle attendit une demi-heure et soudain un antique 4x4 arriva sur la route pleine de nids de poule.
"Bonjour, je me présente, je suis Paul.
-Bonjour, je ne comprends pas, j'attendais Joseph.
-Il a eu une contrariété, mais ne vous en faites pas je suis guide assermenté, avec moi pas de problème, que des solutions. "
Amélie contrariée se hissa aux côtés de son chauffeur et les voilà partis sur des pistes de plus en plus cahotantes. Amélie buvait le paysage des yeux, l'aube se levait sur les dunes et les paysages, la sérénité des lieux lui fit oublier l'attente.
Arrivés aux sources d'eau chaude, Paul lui fit voir quelques animaux qu'elle n'aurait pas remarqués sans lui. Ils s'assirent auprès de l'eau et Paul entamma sa vision de son pays. Quand il s'arrêtait, elle le relançait, elle aimait vraiment sa manière de parler, son sens critique, nuancé de joie de vivre et de fatalisme.
Midi approchait et Amélie n'avait plus d'eau minérale à boire. Elle demanda à Paul s'ils pouvaient acheter à boire sans faire des kilomètres. Elle fut étonnée de le voir frapper dans ses mains. Une fillette d'une dizaine d'années, au crâne orné de nattes et vêtue d'un superbe boubou jaune et vert sortit des fourrés. Elle se pencha pour prendre un plateau immense qu'elle posa sur sa tête. Elle s'avança vers eux, une bouilloire à la main.
"Voici notre déjeuner."
Devant le regard ébahi de notre touriste, le guide partit d'un rire franc et communicatif. Il dit quelques mots à la fillette qui partit aussitôt d'un rire aigrelet. Elle répondit d'une voix aigue:
"Les toubabs ne voient rien! "

 Vronique 25 mai 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Nous avons fait un délicieux pique-nique tous les trois,
puis nous avons joué à l'awele mon guide et moi. Pendant ce temps, la jeune fille faisait la vaisselle aux sources d'eau chaude et me préparait une jolie place pour ma sieste. L'art de transformer un joli coin de brousse désert en hotel cinq étoiles, elle le possédait parfaitement.

J'ai ensuite fait une sieste, mes deux "accompagnateurs" ont dû éloigner des passants à deux reprises pour que je ne sois pas importunée par leurs questions. Mais ici, contrairement aux environs de Sally, pas de mendiants, pas d'industrie du tourisme, tout était serein, quel bonheur. A mon réveil, un objet insolite se trouvait sur ma natte. Une boite tressée ronde de six centimètres de diamètre, verte, contenant du sable dans un étui de pellicule photo argentique. Je n'en ai pas parlé à mes amis, mais cet objet m'a mise mal à l'aise: chaque jour, depuis mon arrivée au Sénégal, je trouvais ces boites. Etais-je suivie? Par qui? Comment avait-il pu se faufiler sans éveiller l'attention de mes protecteurs?
Je suis allée me baigner, avec la jeune fille pendant que mon guide s'éloignait un peu. Nous avons joué dans l'eau où elle était entrée toute habillée.
Puis Paul est arrivé et a commencé à parler d'une voix nerveuse et rapide, dans leur dialecte, à la jeune fille et nous sommes partis un peu précipitamment à mon goût. Je n'ai pas compris. Le 4x4 filait à vive allure, nous avons déposé au village notre Djamila et je lui a donné un joli pourboire enveloppé dans une boite Tupperware remplie de boutons et de fils de couture.
Paul regardait souvent dans son rétroviseur, je n'ai rien dit.
Au bout d'un moment il a eu l'air soulagé et a ralenti le rythme, mon dos et les essieux de la voiture lui ont été reconnaissants !

 Vronique 26 mai 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
A l'hotel Kairaba, j'ai bu un cocktail au bord de la piscine, en compagnie du neveu du propriétaire, qui m'a raconté ses matches de football dans je ne sais plus quelle équipe française. Puis je suis allée me coucher sans dîner, une des joies d'être célibataire, pas d'homme pour vous dire qu'il faut manger à heures fixes.
Sur la table de chevet, à côté de la traditionnelle assiette de biscuits que me préparait le barman, j'ai trouvé une ... boite ronde tressée avec un échantillon de sable à l'intérieur.
Là j'ai vraiment commencé à avoir peur.
Je suis descendue voir Mouloud. Non, il n'y avait rien sur la table de chevet quand il était venu me porter l'assiette, une demi-heure plus tôt.
J'étais bouleversée. Quelqu'un avait donc la clé de ma chambre et pouvait aller et venir dans l'hôtel sans éveiller l'attention du personnel ?
Ma chambre était tout près du bar, mais en escaladant le mur d'enceinte de l'hotel, on pouvait accéder à mon pallier privé sans monter l'escalier visible d'en bas. J'ai demandé à changer de chambre, j'étais une cliente sympa, ils m'ont accordé ce caprice sans discuter et de bonne grâce. Je ne pouvais pas dormir dans une chambre dont quelqu'un avait la clé...

 Koala 27 mai 2006 Envoie un message à Koala Voir le profil de Koala kalhea.over-blog.com/
Pas vraiment rassurée, je décidais tout de même, qu'il était pour moi l'heure de dormir. M'allongeant dans le lit, je soupirais. J'aurais voulu dormir, m'abandonner au sommeil, mais mon esprit me le refusait. Il bouillonait de questions, d'interrogations, d'hypothèses. D'où venaient ces boîtes ? Que signifiaient-elles ? Qui me les offrait ? Pourquoi ?
Autant de questions qui ne trouvaient pas de réponse dans mon esprit...
Pourquoi ce sable ?
Cela voudrait-il dire que "l'intrus" me connaissait assez bien pour savoir que je ramenais du sable de tous mes voyages ? Etait-ce tout simplement une mauvaise blague ?
Je soupirais encore une fois, et me retournais vivement dans mon lit, quand un bruit venant de dehors attira mon attention...

 Vronique 02 juin 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Paniquée, je me suis levée et j'ai cherché désespérément un objet pouvant me servir de massue.
Je n'ai trouvé que ma ... brosse à cheveux ! Comme j'avais l'air ridicule vêtue de ma nuisette, une main tremblante tenant ma brosse, avançant vers la porte de la chambre que j'ai ouverte brusquement.
Je me suis trouvée nez à nez avec... un chat en train de dévorer une souris. J'ai refermé la porte, dépitée et furieuse.

Durant tout le reste de mon séjour au Sénégal, je n'ai pas été importunée et j'ai fini par oublier ces incidents. Ou du moins les occulter un peu. Par contre, les guides free lance qui m'abordaient tous les jours en espérant me vendre des excursions ne m'abordaient plus depuis ma virée aux sources avec Paul. Au début, j'étais un peu soulagée de ne plus être harcelée, mais bientôt j'ai compris que la peur les bloquait. Le personnel de l'hôtel restait correct, mais je sentais une certaine réserve de leur part aussi.

La veille de mon retour en France, je me suis réveillée en pleine nuit, tenaillée par une soif inextinguible. Je n'avais plus d'eau minérale et je suis descendue pour essayer d'en trouver mais tout était fermé. Personne à la réception. J'étais sur le point de remonter dans ma chambre quand j'ai vu de la lumière filtrer sous la porte de l'arrière salle, derrière le comptoir de réception. Je me suis approchée et au moment de frapper à la porte entre ouverte, j'ai entendu la voix de Hassan dire :
- Tu ne comprends pas, Toubab, c'est une grande menace !
Une voix avec un fort accent du midi de la France, sans doute Marseille ou Aix-en-Provence, répondait calmement :
- Mais enfin, ne t'énerve pas comme ça ! C'est peut-être un amoureux fétichiste qui veut lui faire un peu peur.
Le mot fétichiste n'a pas le même sens en Afrique où il est assimilé à un jeteur de sort, et en occident où il est assimilé à des perversions sexuelles, l'homme du midi a dû le réaliser après, il est parti dans de longues explications sur ce terme en France. Hassan a repris son argumentation longuement comme quoi il fallait me protéger mais que les villageois avaient peur et qu'ils ne voulaient pas se montrer avec moi.
J'étais de plus en plus intriguée. Qui pouvait bien être ce "fétichiste" et qu'avait il proféré comme menaces pour faire tant de remous?

 Vronique 1er juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Le lendemain, je ne partais que par l'avion de 18 heures, mais l'hôtel étant vide ils m'ont laissé la jouissance de la chambre toute la journée.
Je suis allée déjeuner avec la couturière qui m'avait fait un tailleur en une après-midi. Elle m'avait invitée et pendant qu'elle préparait à manger et qu'elle criait après tous les enfants qui passaient à sa portée, elle m'a un peu raconté sa vie.
Mariée à peine nubile à un homme qui avait déjà deux femmes, elle s'était retrouvée esclave des deux premières et jalousée car plus jolie qu'elles. Mais le mauvais sort s'était acharné sur la famille, la laissant veuve et chargée de nourrir les enfants des premières unions. Elle était stérile et personne ne voulait d'elle. Les deux épouses s'étaient sauvées à Dakar, lui laissant les mômes sans état d'âme ; elle les élevait comme elle pouvait.
Après le déjeuner, elle expédia tout le monde à la sieste et commencèrent les vraies confidences.
Leïla m'expliqua la peur des villageois envers moi.

 Vronique 08 juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
"L'homme blanc est venu avec le chef du village dire à tous les habitants que tu étais une personne spéciale. On n'a pas compris dans quel sens il disait ça, on ne sait pas si tu es gentille ou maléfique, mais on sait que l'homme blanc veut tout savoir de toi. S'il sait tout de toi, il sait tout des gens qui te côtoient et comme on a tous nos petits secrets, on ne tient pas à attirer trop l'oeil des gens. Donc certains t'évitent. Et puis savoir que l'homme blanc peut s'introduire partout ou alors qu'il peut envoyer le chef pour faire ses agissements à sa place envers toi nous met mal à l'aise."
Le long discours de mon amie m'imperssionna. Nous avons discuté une bonne partie de la journée, puis j'ai laissé un peu d'argent à mon amie et j'ai pris mon avion pour rentrer en France.
J'ai repris le travail et ce n'est que deux mois plus tard qu'un soir en rentrant de ma journée harassante, j'ai trouvé sur le tapis de mon appartement un joli panier tressé contenant du sable noir.
J'ai souri. Quelle constance ! Quel homme déterminé !
J'avais maintenant des échantillons de toutes sortes provenant de mes amis, de mes récoltes et des petits paniers qui apparaissaient mystérieusement .
Je les avais tous datés.
Mon "espion" était-il aussi arénophile? Ou ramassait-il des échantillons juste pour me faire plaisir ?
En tout cas, j'étais contente, il ne semblait pas avoir trouvé le moyen de pénétrer dans mon appartement, puisqu'il avait laissé son panier sur mon paillasson dans le couloir.

A Noël, j'ai gagné un voyage et un week-end à Vienne en Autriche, en participant à un tirage au sort trouvé sur une boîte de raviolis.
C'était un voyage pour deux, je n'avais pas d'amoureux à l'époque, j'ai donc demandé à ma copine si elle voulait venir. Nicole sortait d'un divorce, elle ne serait pas de très bonne compagnie, mais ...
Nous voici donc parties toutes les deux en train, ce qui était un exploit, mon amie étant arrivée presque comme le train démarrait.
Elle faisait de si visibles efforts pour ne pas paraître triste que c'en était pathétique. Je lui ai demandé de ne pas forcer sa bonne humeur.
Si bien que pendant tout le trajet j'ai eu droit à l'historique de sa rencontre avec Jean-Luc, leur vie de couple, leur désir d'enfant non assouvi, car il était stérile. Ce déballage l'a rassérénée, car une fois arrivée, elle s'est montrée adorable, on a passé un week-end super et visité musées, vieux quartiers et mangé dans les restaurants auxquels mon lot me donnait droit.
Nous avons fait les folles le samedi soir dans une sorte de guinguette et en rentrant à l'hôtel nous étions bien pompettes. Sur son lit, il y avait une petite boîte de chocolats et sur le mien... vous devinez ? Oui, un petit panier de sable.
Je ne lui ai pas raconté que j'étais poursuivie dans tous mes déplacements par un malade obsédé de sable.
Quand tout cela allait-il cesser?
Sur le trajet de retour, c'est moi qui ne me suis pas montrée de bonne compagnie. J'ai fait semblant de dormir pour pouvoir mieux me concentrer sur les maigres indices que j'avais.
Tout à coup, j'ai eu une idée.

 Vronique 13 juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Je suis allée à l'agence de voyage de mon quartier où tout le monde me connaissait, j'ai acheté un billet pour le premier départ à destination d'un pays côtier, puis je me suis dépêchée de rentrer chez moi, pour me travestir. J'avais acheté cette panoplie pour l'anniversaire d'une amie et personne ne m'avait reconnue à la soirée. Je suis vite retournée à l'agence où j'ai fait mine d'attendre quelqu'un. Ce jour-là, elle était déserte. Au bout de cinq minutes, j'ai vu arriver un homme dont la tête me disait quelque chose.
Il a fallu que je tende l'oreille pour essayer de capter ce qu'il disait à l'employée qui m'avait vendu mon pack. Je n'en croyais pas mes oreilles:
" Mon amie m'a dit de venir prendre le même billet qu'elle, c'est encore un mystère", dit l'homme en riant.
L'employée avait visiblement l'habitude de son manège.
"Je vous donne le vol sec, comme d'habitude, vous ne voulez pas loger au même hôtel que Madame Berhergue?
- Oui, vous savez bien, toujours ce souci de discrétion par rapport à ma femme", murmura l'homme.

L'employée, sans vergogne lui indiqua quel voyage je ferais, à quel hôtel je descendrais. L'homme commenta tout haut mon choix, osant dire qu'à ma place il aurait plutôt choisi l'hôtel Maracas, de meilleur rapport qualité/prix. L'employée lui précisa que cet hôtel n'avait pas de contrat avec l'agence.

Puis l'homme sortit et je le suivis dare-dare.

 Lu7 13 juillet 2006 Envoie un message à Lu7 Voir le profil de Lu7
Cet homme ne m'avait apparamment pas reconnue. Je le suivais depuis environ un quart d'heure quand il prit une impasse et disparut. Je rentrai chez moi, dépitée. Mais j'avais eu quand même une bonne idée, maintenant je savais qu'il me suivait. J'en avais quand même la chair de poule. Pourquoi moi ?

 Vronique 14 juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Une heure plus tard, j'avais apaisé mes craintes et je suis retournée dans l'impasse, j'ai fait le guet jusqu'à ce que je le voie. J'avais ôté mon maquillage et mon déguisement, il m'a reconnue, je l'ai su à son regard, mais il a fait mine de rien et a continué son chemin.
Je l'ai abordé:
"Que me voulez vous?
-Moi ? Rien, qu'est ce qui vous prend, Madame, voyons nous ne nous connaissons pas."
J'étais outrée. Comment osait-il, vraiment !

 Lu7 14 juillet 2006 Envoie un message à Lu7 Voir le profil de Lu7
- Alors, pourquoi demandez-vous à l'agence de voyage où je vais ? Pourquoi mettez-vous une boîte tressée remplie de sable là où je vais ?
- Mais, mais... balbutia-t-il
- Arrêtez de faire l'innocent !, criai-je, pourquoi?
- C'est parce que...

 Vronique 14 juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
L'homme fit un geste apaisant pour me faire baisser d'un ton. Les passants nous regardaient.
"Je ne peux pas vous en parler ici, venez chez moi"
J'aurais dû avoir peur, mais la colère m'empêchait de réfléchir, je l'ai suivi dans un couloir d'immeuble sale et sombre, nous avons débouché dans une première cour où des chats se battaient, puis dans une deuxième transformée en jardin avec une pelouse d'un vert anglais.
J'ai grimpé derrière lui les quatre étages d'un escalier raide et grisâtre qui sentait le chou.
Mais une fois sa porte blindée franchie, j'ai été immédiatement apaisée par la décoration et l'odeur délicieuse qui règnait chez cet homme étrange.
Il m'a débarrassée de mon manteau dans une entrée aux placards dont les portes coulissantes étaient en miroir. Il m'a demandé de me déchausser. J'ai résisté, mais devant son obstination j'ai fini par obtempérer de mauvaise grâce.
Il m'a fait pénétrer dans le salon le plus étrange que j'aie jamais vu !
Le sol était entièrement recouvert de sable ! Sur les murs étaient peints des paysages en trompe l'oeil représentant une plage. L'un des murs était recouvert de végétation et au milieu coulait une cascade qui glougloutait dans un bassin bleu. Il m'a fait asseoir dans un transat rayé et m'a servi deux minutes plus tard un cocktail de fruits avec une paille ornée d'une cerise confite.
Comment ne pas me détendre dans ces conditions ?

 Lu7 22 juillet 2006 Envoie un message à Lu7 Voir le profil de Lu7
Je restais quand même sur mes gardes. L'homme s'assit sur un autre transat en me regardant siroter mon cocktail :
- C'est une longue histoire, alors mettez-vous à l'aise. Je m'appelle Thomas Treiron, et je suis géologue...

 Vronique 26 juillet 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
- Géologue ? Ah c'est pour cela tous ces échantillons de sable ?
- Oui, enfin d'une certaine manière. Disons qu'il nous fallait un code et que j'ai suggéré celui-ci.
Je ne comprenais rien. A qui fallait il un code? Pour convenir de quoi?
Machinalement je prenais des poignées de sable blanc et fin que je laissais couler entre mes doigts. Je sirotais mon verre pensivement. Je voyais bien qu'il ne fallait pas brusquer Thomas, il allait tout m'expliquer...

 Caro 1er août 2006
" Dieuredieuf " articula-t-il au bout de quelques minutes...
" Merci de bien vouloir me faire confiance et d'écouter ce que j'ai à vous dire... "
Mais pourquoi cet homme que je n'avais vu me remerciait-il, et surtout pourquoi le faisait-il en wollof ? Décidément, cette histoire devenait des plus angoissantes.
La colère avait maintenant fait place à la curiosité et je plantais mon regard droit dans le sien pour l'encourager à m'en dire davantage.

 Vronique 07 août 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Thomas avait un regard doux qui enveloppait ses interlocuteurs dans un voile de rêve, transmettant par cet échange toute la patience qu'il avait apprise dans les pays chauds où le temps n'a pas la même valeur que sous nos lattitudes européennes vouées à la réussite sociale et à la consommation à outrance.
Tous les déserts que cet homme avait dû traverser, toutes les roches qu'il avait étudiées et tous les humains qu'il avait dû pénétrer de ce regard doux et inquisiteur à la fois me traversaient l'esprit.

 Caro 08 août 2006
" Amélie, j'ai besoin de votre aide ! Je sais que vous suivre comme je l'ai fait n'a pas dû être chose rassurante pour vous, mais vous allez comprendre.
Il y a quelques mois, lors de votre voyage au Sénégal, vous vous êtes rendue près du Lac Rose. Vous avez ramassé une poignée de sable près du lac, n'est-ce pas? "
Amélie se remémorait maintenant son voyage en Afrique et sa sortie en 4x4 qui l'avait conduite près du Lac Retba à 40 km au nord de Dakar.
En effet, elle se rappelait avoir ce jour-là avoir ramassé une poignée de sable qui depuis avait rejoint le reste de sa collection sur l'étagère de sa bibliothèque de salon.
" Oui, effectivement, je me souviens de ce moment mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous me suivez depuis ce voyage, et encore moins en quoi je peux vous aider... "
" Eh bien, Amélie, j'espère de tout coeur que vous avez conservé cet échantillon de sable ; il se peut que ce soit une question de vie ou de mort ! ". Thomas s'était rapproché d'Amélie et lui tenait maintenant la main. Ses yeux étaient rivés aux siens et il semblait on ne peut plus inquiet et sérieux.






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Le lac rose est classée dans le genre Policier.

Commencée par Vronique,
le 12 mars 2006. L'histoire est composée de 30 participations.

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