Funérailles en bleu
Funérailles en bleu
UN DROLE DE CRIME OU L'ARME EST UN POTIRON




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 Pierrette 13 septembre 2008 à 20:54 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
En cette fin de novembre, la nuit était froide et humide. La vallée était couverte d’un brouillard épais. Un frisson lui parcourut l’échine. Machinalement, il remonta le col de son vieux pardessus et réajusta son écharpe.
Il emprunta un sentier pentu et étroit qu'il connaissait par cœur. Quand ils étaient enfants, Jean et lui, y passaient souvent pour se rendre dans une petite caverne qu’ils avaient creusée à flanc de coteau.
Il régnait un silence de mort, lorsque la voix enrouée d’un homme caché derrière un arbre l’appela et lui dit :
« Je t’attendais impatiemment !!! Viens!" Dit-il en l’entraînant dans leur antre.
A la lueur vacillante d’une bougie, Jean sortit d’un sac à dos en toile une bouteille de genièvre et versa deux verres. Puis il dit :
-« Buvons à nous et à notre secret! A propos as-tu des nouvelles de l’enquête?" Demanda-t-il.
-"Non. Je sais que les deux flics ont interrogé le curé."
-"Bien !" Dit Jean. Alors, il retira de la poche intérieure de sa veste une enveloppe avec de l’argent et la tendit à son associé, en disant :
-« Chose promise, chose due!" Puis il ajouta. "La vengeance est un plat qui se mange froid! Quoiqu’il arrive, je te demande de ne jamais mentionner mon nom. Maintenant, dit-il, je vais rentrer chez moi, loin d’ici. Adieu mon ami!" Ajouta-t-il en mettant la main sur l’épaule de monsieur X.
Lepetit sortit de la cachette et disparut dans la nuit.

Monsieur X resta un bon moment pensif et se demanda pourquoi une nuit de juillet il avait accepté de tuer Gaspard et l’institutrice ? Et comment avait-il pu pendant quatre mois orchestrer cette sordide affaire. « Et tout ça, se dit-il, je l'ai fait pour satisfaire mon vice! »
Un hibou hulula, c’était un signe de mauvais présage !

 Clothilde 19 septembre 2008 à 00:23 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
Monsieur x grelottait de froid et de peur. Il venait de prendre conscience des horreurs qu'il avait commises. Un sentiment d'angoisse et de culpabilité l'envahit. Il sentait ses entrailles se tordre et il se plia sous la douleur. Il s'avança péniblement jusqu'à la cheminée, où subsistait encore un peu de feu. Il jeta une bûche dans l'âtre et le feu se ranima rapidement. X se saisit de la bouteille d'alcool à moitié vide, qui gisait sur le sol à côté du vieux fauteuil. Il prit une grande rasade, buvant à la régalade comme un homme assoiffé, qui aurait traversé le désert. Cela l'apaisa un instant. De temps en temps il caressait l'enveloppe que Jean lui avait remise. Il n'avait pas pris la peine d'en vérifier le contenu. Cet argent si odieusement gagné serait dilapidé en quelques heures. Il était accro aux jeux d'argent et il avait déjà perdu des fortunes.
Il devrait cependant maitriser son impatience car il fallait s'assurer qu'il n'avait laissé aucun indice, négligé aucun détail. Demain, il se rendrait au bistro prendre la température. Il termina sa bouteille et s'endormit devant la cheminée où le feu commençait à décliner.

 Pierrette 20 septembre 2008 à 19:37 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
L’amitié de Lepetit et de monsieur X était basée sur une blessure commune qui les perturbait psychologiquement.

Depuis son plus jeune âge, Jean avait été en manque d’amour maternel et familial.
Gaspard, son demi frère, avait été adulé par leur mère et prit toute la place dans son cœur.
Jean, lui le bâtard, avait été sa honte et sa faute!
Qu’aurait-il donné pour recevoir un geste de tendresse, de celle qui l’avait mis au monde!
Mais elle restait de marbre à son égard.
Que de sarcasmes avait-il enduré !!! Même mademoiselle Berthe ne s’en privait pas.
Petit à petit, un trouble profond s’était installé dans son âme et il s’était juré de se venger.
Le jour de sa majorité, il quitta les siens et ceux du village pour une destination inconnue de tous. Il voulait se reconstruire !!! Loin, très loin.
Mais ni l’éloignement, ni le temps qui passait n’avaient pu dompter ses démons intérieurs qui se transformaient en haine, puis en désir de meurtre.

Un jour, par hasard, il avait rencontré X dans un casino et tous les deux, ils avaient remué le passé. Son ami X, lui avait fait une confidence : il domptait sa douleur, disait-il, par le jeu et l’alcool.

L’idée de tuer Gaspard et l’institutrice, chez Jean, avait fait son chemin et tout naturellement, il avait pensé à faire de X son complice.
Une nuit noire de juillet, il s’était introduit dans la propriété de son ami et avait frappé à sa porte. Celui-ci l’avait fait entré subrepticement et avait compris immédiatement que l’heure était grave.
Autour d’un verre de l’amitié et moyennant une somme d’argent pour X, qui devait exécuter les meurtres, Lepetit avait orchestré les assassinats.

Du navire qui le ramenait chez lui, Jean regardait un soleil rouge qui, à l’horizon, plongeait dans la mer. La nuit et ses fantômes approchaient !!!

 Kiwi 22 septembre 2008 à 13:21 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
Le lendemain un soleil radieux inondait le ciel. Lapointe et Renard se retrouvèrent au "FUNERAILLES EN BLEU" pour le petit déjeuner du matin avant d'entamer la journée. Ils se dirigèrent vers la sortie, quand quelqu'un poussa la porte de l'estaminet et cogna assez violament l'épaule de Lapointe.
-"Il pourrait s'excuser au moins!" Lança Renard discrètement à Lapointe.
Mais Lapointe ne répondit pas de suite, il fixait étrangement le regard de cet homme barbu et très amaigri.
-"J'ai déjà croisé ce regard... Où? Je ne sais pas. Mais ce regard ne m'est pas inconu."
-"Patron ce ne serait pas les yeux derrière la fenêtre dont vous m'aviez parlé l'autre soir? vous aviez l'impression que quelqu'un nous observait."
-"Attendons patiemment qu'il sorte et nous iront poser quelques questions au patron du bar. Le voila! Pendant que je vais au bistrot files moi cet homme et essayes de voir ou il habite."
-"Patron l'homme qui vient de sortir, vous le connaissez?
-"Oui et non, pourquoi?"
-"Il vient de faire tomber ce petit carnet de sa poche."(c'etait une ruse bien sûr afin d'en savoir un petit peu plus sans éveiller les soupçons)
-"Donnez-le moi je le lui remettrai quand il reviendra, car ici nul ne sait son nom."
-"Pourquoi??? Il ne vient jamais ici?"
-"Si, c'est plutôt un habitué, il vient, boit son canon, de temps en temps jette un coup d'oeil sur le journal local, mais il ne parle jamais à personne, et personne ne lui cause, c'est pourquoi que je n'en sais pas plus que ça sur lui. Je sais qu'il habite au village ou dans ses environs, mais je ne sais même pas où."
Sur ce Renard arriva tout essoufflé.
-"Patron vous aviez raison ce type a des attitudes bizarres, ou alors il a sentit que je le filais, il a cru me semer mais j'ai pu voir où il entrait, et en fait vous aviez raison! Il est entré par une petite porte qui jouxte le presbytère et donc c'etait bien lui
les yeux derriere la fenêtre!!! Que fait-on patron maintenant?"

 Pierrette 26 septembre 2008 à 00:47 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
"Il est impératif que nous allions à la mairie pour consulter le registre de la population et obtenir toutes les pièces d’identité concernant Jean Lepetit. »
Ils refermèrent la porte branlante de l’estaminet puis s’engagèrent dans une des rues qui menait à la mairie. Sur une plaine de jeux, des enfants de sept à douze ans jouaient : aux billes, au volley et roulaient à vélo. Tandis que les bambins, sous l’œil vigilant d’un parent, faisaient du toboggan.
-« C’est pour quand, mon vieux,l’heureux événement ? » Demanda Lapointe à son collègue.
-« Dans deux mois patron .» Répondit Renard.
-« Et votre femme se porte bien ? »
-« Trèèès bien patron. » Répondit Renard d’un air satisfait.
-« J’ai l’impression que le cafetier nous a menti au sujet de homme qui habite près du presbytère. Il dit ne pas le connaître et bien moi, je pense le contraire : il le connaît très bien, fit remarquer le commissaire. »
Ils montèrent les marches d’une grande bâtisse en pierre blanche du pays. Un rosier grimpant sur la façade offrait, pour la dernière fois de la saison, sa belle couleur rouge et son parfum délicat.
Les deux policiers entrèrent dans une grande salle. Les bureaux des employés étaient tous séparés par des cloisons en verre. Seuls les murs, côté fenêtre, étaient plafonnés et peints, couleur argile. Des photos, représentant des endroits pittoresques de la région, ainsi qu’une carte géographique de la commune les décoraient.

Lapointe et Renard repérèrent le guichet « population » devant lequel une file nombreuse de personnes attendait les services de l’administration.
-« Patron, vu la queue, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge !!! »
Le commissaire exhiba sa carte de gardien de la paix en disant : « Police ».
Les individus s’écartèrent et laissèrent passer Lapointe et Renard.
Le commissaire était un bel homme et il faisait toujours sensation auprès des femmes. Une employée avenante, le sourire jusqu’aux oreilles et la voix doucereuse demanda :
-« Que puis-je pour vous, cher commissaire ? »
-« Avez-vous une trace dans vos registre d’un homme qui s’appelle : Jean Lepetit ? »
-« Un moment! » Dit-elle. Puis elle pianota sur le clavier de son ordinateur et le nom demandé apparu à l’écran.
-« Oui, dit-elle, il y a une dizaine d’années qu’il a quitté la commune pour aller s’établir à Sidney. »
-« Merci mademoiselle et bonne journée à vous ! »

Après avoir quitté la mairie, l’inspecteur fit la remarque suivante :
-« Elle n’est pas mal cette fille avec son jean moulant et son tee shirt à l'effigie du Che ! »

 Clothilde 26 septembre 2008 à 09:11 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
-"N'oublie pas que tu seras papa dans deux mois !" Répondit Lapointe en lui donnant une bourrade dans le dos et ajoutant :
-"De toute façon, tu as d'autres chats à fouetter. Il faut exercer une filature de tous les instants. Je veux un compte rendu détaillé de l'emploi du temps de ce zigoto. Dépêche deux hommes sur place puis file à l'aéroport me réserver une place dans le premier avion pour Sydney. Puis rentre chez toi te reposer un peu."
Lapointe rejoignit le commissariat pour appeler INTERPOL.
Quarante-huit heures plus tard, il posait le pied sur le tarmac de l'aéroport de Sydney, abruti de fatigue. Son homologue australien, l'attendait brandissant une pancarte "Commissaire Jones " écrit en gros caractères rouges. C'était un homme grand et très mince, à l'allure dégingandée. Il portait un jeans noir, une large chemise à carreaux sous une veste de cuir. Il était chaussé de bottillons noirs de cuir également. Son sourire était avenant et la poignée de main chaleureuse.

 Kiwi 27 septembre 2008 à 17:50 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
-"Germain Lapointe?"
-"Lui même."
-"Enchanté, Harry Jones du central de Sydney, vous avez fait bon voyage?"
-"Oui merci, un peu fatigué par huit heures de décalage mais ça ira mieux demain, après une bonne nuit de sommeil, mais pour l'instant place à notre affaire, vous avez pu localiser l'olibrius?"
-"What?"
-"Oh pardon, je voulais dire l'individu."
-"Oui, oui, votre olibrius vit dans le quartier de St James, au 195 King Sreet et deux de nos hommes sont postés devant son immeuble mais celà fait plus de 24 heures qu'il ne s'est pas montré, et il n'est pas chez lui."
-"Est-ce qu'il travaille?"
-"Oui, il est chef cuisinier, dans un grand restaurant français dans le quartier de Rosebery au sud de la ville et là aussi, il y a un homme en poste mais toujours pas de Jean Lepetit en vue!"
-"Il aurait disparu?"
-"Non, car il y a quatre jours, il était bien à la descente
d'avion du vol 772 Paris/Sydney, nous avons vérifié auprès de la compagnie, il avait deux jours de repos à prendre a dit un garçon de salle à l'un de mes hommes qui s'est fait passer pour un ami à lui, comment on dit dans votre pays? Demain il fera jour!"
-"Oui c'est ça."
-"Je vais vous conduire à votre hôtel, et je passerai vous chercher demain à 8H00 précises, ok?"
Lapointe prit possession de sa chambre, se fit monter un repas, vérifia l'heure il était 23H25 et 15H25 en France, il téléphona à Renard.
-"Allô! Renard, Lapointe en direct de Sydney, quoi de neuf?"

 Clothilde 29 septembre 2008 à 09:47 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
-"Notre homme a de curieuses fréquentations, patron,vous avez fait bon voyage ?"
Lapointe étouffa un baillement.
-"Ce qui veut dire ???"
-"Trop long à vous raconter, patron, reposez vous on verra demain."
-"Vous avez raison Renard." Répondit Lapointe qui sentait le sommeil s'abbattre sur lui.
Il se dévêtit rapidement et pénetra dans la salle de bain. Il opta pour une douche, en dépit de la baignoire immense munie d'un jacuzzi. Il risquait de s'endormir de son sommeil de plomb habituel et trouver un commissaire français noyé à l'hôtel le plus renommé de Sydney compliquerait fameusement l'enquête. Sa toilette fut rapide mais il prit le temps de se raser car il ne supportait pas sentir le picotement de ses poils gris sur les joues et le menton. Il enfila sa veste de pyjama rouge à
carreaux rouges et bleus et s'affala enfin dans le grand lit spacieux. Il s'endormit aussitôt, nullement gêné par la réverbération des néons lumineux qui clignotaient au dehors la régularité d'une horloge.

 Pierrette 30 septembre 2008 à 00:51 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
Lapointe se réveilla en sursaut, quelqu’un venait de frapper à la porte de sa chambre!
-"One moment please!" Insista-t-il.
Il sauta du lit et regarda l’heure, le réveil indiquait huit heures dix.
Il avait dormi d’un sommeil de plomb et n’avait pas entendu la sonnerie de son portable qu’il avait réglé sur sept heures trente.
Il sauta du lit, enfila son peignoir en éponge blanc et mit, aux pieds, des chaussons de la même couleur. Il se frotta les yeux et l’esprit encore embué de sommeil, il alla ouvrir la porte.

-"Hello ! Lapiinte!" Dit Harry Jones. "Vous faîtes la grasse matinée !!!"

-"Entrez, mon ami." Dit Lapointe. "Je suis désolé, je n’ai pas entendu mon réveil."

- "Alors..." Lui dit Harry d’un air amusé tout en mâchouillant un bout de cigare à moitié éteint. "Ce n'est pas grave, nous avons le temps ! Relax!"

Le policier australien à la silhouette longue et musclée s’affala dans le canapé de couleurs bleu et beige à carreaux.
-"Pour me faire pardonner, puis-je vous offrir quelque chose à boire ou à manger ?" Demanda le policier français
-"Beer please." Répondit Harry.

Lapointe prit le téléphone et appela la réception pour commander une bière, un café crème et deux croissants.

Le garçon déposa un plateau décoré, aux motifs indigènes australiens, sur une table ronde recouverte d’une nappe blanche bordée de dentelle.
L’odeur des croissants et du café crème fumant aiguisèrent l’appétit de Lapointe.
Il versa dans un verre la bière glacée et le donna à Harry. Puis il prit un croissant dans lequel il mordit à pleines dents.

-"Lapiinte!" Dit Harry "Votre suspect s’est enfui. Sa voiture n’est plus dans son garage et il ne s’est pas présenté à son boulot. J’ai donné son signalement et ordre à toutes les polices d’arrêter le fuyard qui circule dans une land lover, couleur safari, immatriculée JANFRE"

-"Nous n’avons plus qu’à être patients !!!"

-"Dans l’attente de nouvelles informations, je vous propose de visiter l’opéra, un de nos plus beau joyaux. Ensuite nous irons déjeuner au Sydney tower restaurant où vous pourrez déguster un plat national : « Filet de kangourou aux figues »."

Lapointe acquiesça d’un sourire. Subitement, il pensa à Claire, sa femme qui aurait certainement beaucoup apprécié une telle invitation !

 Kiwi 21 octobre 2008 à 10:35 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
-"Allô! Jean."
-"Oui."
-"C'est moi Emile."
-"Mais tu es fou de m'appeler ici, que veux-tu?"
-"Je m'inquiète car ici je ne vois plus aucun poulet!"
-"Bien moi, je suis obligé de m'escamper, parce que j'ai les flics au cul, un flic s'est presenté à mon boulot hier, il s'est fait passer pour un ami et en plus il y a un autre flic qui est en planque depuis deux jours, c'est un serveur qui m'a averti, c'est pour ça que j'ai pris la poudre d'escampette direction Singleton vers le nord, je te laisse maintenant car il ne faudrait pas que toi ou moi soyons mis sur écoute, bye-bye."

 Kiwi 24 octobre 2008 à 09:59 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
La communication fut brève au cas où son portable ou celui d'Emile eut été mis sur écoute.
Jean Lepetit filait à toute allure vers Singleton, direction l'aéroport. Quand il arriva à proximité il aperçut devant l'entrée et la sortie toute une flopée de policiers, il fit demi-tour direction Port Macquarie, car il ne savait pas s'ils étaient là pour lui. Par prudence il était préférable de ne prendre aucun risque. Donc faute d'avion ce serait le bateau.
En entrant dans la ville de Forster il aperçut une patrouille de police, dont un des policiers croisa son regard avec le sien. Là il sentit de suite que ce regard
voulait en dire long et il le prit pour un avertissement. Cette fois-ci il était bel et bien recherché, même si ce policier n'avait réagi que du regard. De suite il ne tarda pas à trouver un parking pour poser son 4x4 et continuer sa fuite par les transports en commun. Il prit un bus et direction la gare routière pour changer de correspondance car il etait à vingt cinq kilometres de Port Macquarie. Trois quarts d'heure plus tard il achetait son billet et
prit place dans le bateau le "South-Sea" direction Wellington en Nouvelle-Zélande où il aviserait une fois sur place.

 Pierrette 28 octobre 2008 à 18:16 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
Lapointe entra dans la vieille berline toute cabossée. Le cendrier débordait de mégots et l’habitacle sentait le tabac brûlé.
Avant de prendre le volant, Harry Jones mit le gyrophare sur le toit et glissa sa haute silhouette sur le siège conducteur qui avait été coulissé vers l’arrière et réajusta son chapeau « western » de feutre marron orné d’un galon de même couleur.
Harry Jones tourna la clef de contact et fit vrombir le moteur. Puis démarra sirène hurlante sur les chapeaux de roue en disant : « To the Opera House.». Et il ajouta en regardant fièrement Lapointe : « Vous avez la tour Eiffel et nous avons l’Opéra ; vous avez le Pont Neuf et nous avons Harbour Bridge.

Pendant un long moment la voiture du chef de la police de Sydney roula à toute allure et après un virage à gauche, s’engagea sur le célèbre pont.
Le commissaire regarda en contrebas et vit une multitude de navires, de voiliers et de hors-bord qui naviguaient dans les eaux vert foncé de la baie. Leur passage laissait dernière eux des sillons d’écume blanche.
Et soudain, sous un ciel d’un bleu profond, se profila un bâtiment atypique dont le toit reflétait, à la fois, l’image : d’un grand voilier, d’une vague s’agitant sur l’océan ou bien d’un coquillage. Harry Jones s’exclama : « Voici notre joyau national ».

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Du parvis de ce bel édifice, les deux policiers admiraient la vue sur Harbourg Brige et sur l’océan pacifique bleu turquoise.
Lapointe goûtait à la magnificence des lieux et pensait à sa femme Claire.
Il se disait que pour fêter l’anniversaire de leur vingt cinq ans de mariage, ils s’offriraient un voyage au pays des kangourous.

"Come ! Allons visiter l’opéra." Insista Harry.

Les deux policiers parcouraient l’une des grandes salles de concert quand soudain la sonnerie du talkie walkie de Jones rententit. Il prit son appareil et appuya sur un bouton tout en disant : « Yes ! Harry Jones ». Alors il s’en suivit une longue conversation.
Celle-ci terminée, le chef de la police de Sidney annonça à Lapointe : « Nous avons repéré Jean Lepetit ! »
" S’il vous plait ! Demandez à vos hommes de l’arrêter avec courtoisie." Insista le commissaire." Pour l’instant nous n’avons pas de preuve contre ce fugitif."

 Clothilde 1er novembre 2008 à 19:44 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
Pendant que la police se préparait à cueillir Jean le Petit, Emile de l'autre côté de la planète, était fort mécontent d'avoir obéi à son impulsion et appelé son ami. Cet appel allait non seulement lui coûter la peau des fesses mais avait aussi contrarié ce cher Jean! Cela commencait à faire beaucoup et il sentait sa patience fondre comme neige au soleil. Il tournait comme un lion en cage. Afin de calmer le tremblement qui l'agitait, il se servit un verre d'alcool, s'assit dans son fauteuil usé après avoir remis une bûche dans la cheminée. Il ferma les yeux et savoura en souriant les bienfaits de l'alcool qui lui brûlait le palais puis descendait le long de sa gorge. Un plan machiavélique prenait peu à peu forme dans son esprit torturé. Il ne voulait à aucun prix être impliqué dans ces meutres commandités par ce Jean Le Petit. Certes c'était lui qui les avait commis mais il n'avait été que l'instrument de celui qui réclamait vengeance!
Il renonça à se servir un second verre, posa celui-ci sur le guéridon et ouvrit le tiroir d'un vieux bureau. Il en sortit une enveloppe remplie de liasses. C'était la rétribution de son forfait. A présent la somme lui semblait bien dérisoire par rapport aux risques qu'il encourait car il se mettait à douter de la fidélité de son ami. Il fallait qu'il triple ou quadruple sa mise. Il lui fallait beaucoup d'argent pour pouvoir exécuter sa vengeance et enfin il pourrait renoncer définitivement au démon du jeu.

 Clothilde 13 novembre 2008 à 21:15 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
Il se dirigea vers la salle de bain, brancha la chaufferette électrique et se fit couler un bain. Il resta un très long moment plongé dans l'eau bouillante et lorsque que son bain refroidissait, il ouvrait le robinet eau chaude avec son gros orteil, la laissant couler jusquà la limite du supportable.
Il mijota longtemps dans son jus, réfléchissant à sa vengeance.
Enfin,il émergea de son bain, fit une toilette minutieuse, rasage, coiffage, eau de toilette en abondance puis il se dirigea vers la chambre attenante. Il n'alluma pas, la lune avait assez de puissance pour percer au travers des vitres sales et éclairait la pièce d'une lueur blafarde qui convenait bien à l'humeur de notre homme. Il revêtit son unique costume dont le fond était élimé, trop de temps sans doute passé sur les sièges du casino, sa chemise blanche par contre était neuve et se trouvait encore dans son emballage. Ces préparatifs terminés, il plaça l'enveloppe dans la poche intérieure de son veston, ajusta une dernière fois sa cravate, inspecta ses chaussures puis appella un taxi. Quelques minutes suffirent à celui-ci pour arriver.
Le chauffeur était sans contexte un habitué car Emile le salua avec amitié et celui-ci lui dit :
- "A l'endroit habituel?"
Emile acquessia.

 Pierrette 16 novembre 2008 à 21:07 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
Le Ferry-boat lança un long et grave coup de sirène ; il quittait Port Macquarie en direction de Wellington. Jean Lepetit était rassuré, il prenait le large. Lentement, il releva le col de son veston en tweed gris, enfonça son chapeau sur la tête. Puis, il mit ses lunettes solaires, noires, sur son nez.
A travers le hublot du bateau, la mer offrait ses différents tons de bleus turquoise. Et les mouettes, au plumage dorsal gris et blanc, tournoyaient dans le ciel. Ces cadeaux de la nature insufflaient force et bien-être à Lepetit.

Il prit la direction du bar. Et dès son arrivée, il fut surprit par l’ambiance douce et feutrée de l’endroit : Un tapis rouge carmin recouvrait le sol et des photos, de Blue Mountain et de Ayers Rock, décoraient les murs en crépi blancs.
« Hey Jude », des Beatles, passait en sourdine. Et la lumière tamisée du bar, ainsi qu’une lampe Tiffani : décor (fleur) bleu, rouge et vert, posée sur le comptoir, rendaient l’atmosphère intime et reposante.
Jean Lepetit s’installa sur un haut tabouret devant le bar en acajou et demanda un double whiskey. Il le but d’un trait.
Cette eau de vie lui procurait une détente physique et psychologique. Et les notes maltées, épicées et moelleuses de cet alcool de blé, flattaient ses papilles.

Le miroir, couleur bronze, qui couvrait le mur à l’arrière du comptoir lui renvoyait son reflet. Et à son grand dam, il voyait l’image d’un assassin. Il détourna son regard.

"Garçon un autre whiskey!" Insista t-il.


La police avait lancé à la télévision un avis de recherche et diffusé une photo du fugitif :

« Recherchons : personne se déplaçant à bord d’une quatre fois quatre.
Yeux bleus, mesurant environ un mètre nonante. Ossature forte.
Signe particulier : cicatrice importante à l’arcade sourcilière gauche ».

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Tout en sirotant son café crème, une dame d’une cinquantaine d’années se demandait où elle avait bien pu voir l’individu assis sur le tabouret et qui buvait plus que de raison.

Soudain, son petit caniche beige, avec un joli nœud rouge sur la tête, aboya. Il quémandait le biscuit que sa maîtresse avait reçu avec son café.

Lepetit, surpris, se retourna et laissa voir une grande cicatrice à l’arcade sourcilière gauche.
Alors, la quinquagénaire se souvint de l’avis de recherche qu’elle avait vu, à la télévision, avant son embarcation.

D’une manière discrète, elle prit la direction des toilettes et de son téléphone portable, elle en avisa la police de la présence sur le navire de Jean Lepetit.

Harry Jones et Lapointe ordonnèrent d’arrêter le suspect dès à son arrivée à Wellington et de le placer en garde à vue.

 Clothilde 19 novembre 2008 à 07:31 Envoie un message à Clothilde Voir le profil de Clothilde
Le taxi prit la direction de l'autoroute, ralentit à l' embranchement, attendit pour laisser le passage à un énorme camion, s'engagea et accélèra. Assis à l'arrière, Emile essayait de vaincre son impatience en fixant la nuque du chauffeur. Une nuque épaisse qui débordait sur le col de la chemise, des cheveux noirs trop longs mais propres,au dos de la veste polaire un écuson avec une marque devenue illisible.
Le chauffeur sentit-il le regard d'Emile, il orienta son rétroviseur de façon à pouvoir le regarder.
Les yeux étaient noirs et le regard était d'une acuité redoutable, du moins pour Emile qui se sentait transpercé.
Deux perles noires brillant sur un écrin de blancheur.
-"Détendez vous, nous ne sommes plus bien loin." Dit-il. Il brancha le lecteur de CD et fixa à nouveau la route.
Assitôt l'habitacle fut envahi par un air d'opéra et Emile qui pourtant n'était pas mélomane, se laissa bercer par des les voix magnifiques.

Le taxi s'arrêta devant un immeuble d'aspect anodin qui se trouvait dans une rue en cul-de-sac.
-"Je vous attends, comme d'habitude?" Demanda le chauffeur en encaissant le prix de la course.
-"Oui." Répondit son passager. "Mais cela rique d'être long!"

 Kiwi 09 décembre 2008 à 14:13 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
Emile sortit du taxi d'un pas sûr et décisif et se dirigea vers l'entrée de l'immeuble. Il prit la porte d'entrée, descendit un étage passa toute une serie de portes et de couloirs avant d'arriver devant une porte avec un hublot. Il montra patte blanche et alla s'installer à une table de jeux dans une pièce très sombre ou une odeur de fumée et d'alcool fort empuantissaient la pièce.
Déjà là, assis à la table cinq types, dont deux à l'air plutôt patibulaire,qui comptaient leurs liasses de billets, tout en sirotant un grand verre d'alcool fort.
-"Bonsoir!" Fit Emile d'un ton sec.
-"Tony, ma bouteille et mon verre s'il te plaît!"
-"De suite."
Emile jeta un coup d'oeil autour de la table.
-"Nous attaquons à combien ce soir ?"
-"Quinze cent" Dit un des deux patibulaires.
Puis Tony l'espèce de barman qui faisait également office de croupier prit le jeu de cartes, mélangea et distribua.

 Pierrette 19 janvier 2009 à 17:44 Envoie un message à Pierrette Voir le profil de Pierrette
Avec douceur, le ferry et ses passagers firent leur entrée dans le port de Wellington.
Du pont du paquebot, Jean Lepetit regardait la coque, blanc et bleu d’un chalutier, qui frappée par les vagues et marquée par les brûlures du soleil se ternissait. En sifflotant, des marins trapus, aux épaules larges, aux biceps gravés de tatouages et au teint hâlé par le grand large déchargeaient la cargaison de poissons. Visiblement, Ils étaient heureux d’avoir été choisis par l’océan pour pêcher dans ses eaux.
Sur un fond de ciel bleu intense, des collines verdoyantes bordaient le port. Et un nuage ouaté perdu au dessus de l’océan se déplaçait au gré du vent. Il faisait rire, à grand coup, un goéland qui s’y engouffrait avec volupté.
Saisi d’émotion, Jean se souvint de l’histoire de Jonathan Livingston le goéland.

Les rares moments de bonheur, Lepetit les avait toujours trouvés au contact de la nature !

Jean était un homme solitaire. Il n’avait ni ami, ni famille. Il ne voulait pas d’attaches. Et ses amours étaient furtifs et sans lendemain.
Sa rudesse cachait une fragilité à fleur de peau et une âme de poète.
Il ne possédait aucun bien, sauf un carnet à la couverture écornée et aux feuilles jaunies. Ce petit cahier, il l’emportait toujours avec lui. Il y avait couché sur papier ses états d’âme et ses émotions les plus profondes.

Il était né sous une mauvaise étoile. Le manque d’amour, de reconnaissance, et les sarcasmes de son entourage, avaient fait germer la haine dans son cœur. Quand à son âme, elle se consumait petit à petit. Alors, il s’était dit que le seul baume pour panser ses plaies et calmer sa souffrance était le meurtre.
Aujourd’hui, son but atteint, il était toujours face à lui-même et à ses démons.

Il n’était pas seulement un assassin, mais un lâche. Il connaissait l’addiction d’Emile au jeu et le besoin d’argent que celle-ci occasionnait. Alors, il s’était servi de ce pauvre bougre pour tuer. Et comble du morbide, pour épouvanter les villageois, il avait imaginé que les meurtres seraient exécutés avec des mises en scène spectaculaires :

Plume de gallinacées.
Potirons.
Fantômes.
Halloween.
Badigeonnage des cadavres en bleu.

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Cette fois encore, il avait réussi à semer la police. « Pour combien de temps », se disait-il ?
Mais après tout, que lui importait d’aller moisir en prison, où ailleurs !!!
Sa vie était un fiasco et son destin scellé d’avance.

Le bateau accosta dans le port de Wellington et une bonne odeur s’échappait des restaurants portuaires. Elle venait titiller les narines de Jean Lepetit. Alors, il décida de s’offrir un bon « gueuleton ».

Il entra dans une auberge cossue, où le moelleux des banquettes, en velours rouges, charmait la clientèle.
Les pas des clients s’enfonçaient dans des tapis en pure laine vierge, faits main, avec de jolis motifs. Des tables bien dressées sur des nappes blanches amidonnées et décorées de narcisses blancs au cœur jaune, qui diffusaient généreusement leur parfum.
Quand soudain et d’une manière inattendue, deux policiers en civil l’interpellèrent et lui demandèrent de les suivre.
Jean Lepetit n’opposa aucune résistance. Il se dit que les dés étaient jetés !!!

 Kiwi 05 juillet 2011 à 14:00 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
Jones et Lapointe en route pour le central de Sydney, apprirent par radio que Lepetit venait d'être interpelé dans une auberge du port de Wellington et que l'interpellation c'était opérée toute en douceur, comme l'avait demandé Lapointe. Car il n'avait jusque là aucune preuves tangibles pouvant accuser formellement Lepetit.

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"Nous avons ordre de vous conduire au central de Sydney pour une garde à vue" dit l'un des deux policiers, et sans broncher ni laissant apparaître aucun signe d'inquiétude, Lepetit marchait au rythme des deux civils les menottes aux poignets. Les deux civils conduisirent Lepetit au central de Wellington afin d'attendre 19h00 pour le retour du ferry pour port Macquarie.
Au central de Wellington Lepetit fut incarcéré sans lacés ni ceinture, la procédure habituelle, on lui servit un sandwich et une bouteille d'eau. Mais dans sa tête il commença à réfléchir de la manière dont les deux civils l'avaient interpellé ! Garde à vue ???????????

 Kiwi 05 juillet 2011 à 16:41 Envoie un message à Kiwi Voir le profil de Kiwi
Visiblement pour ce cher Emile ce n'était pas la baraka, son jeu n'était pas du tout à la hauteur de ce qu'il espérait, et il voyait une partie de son enveloppe fondre comme neige au soleil, pour prendre un peu de confiance, il n'hésita pas à ce resservir une double dose de "JB" avec deux glaçons, cela lui ferai le plus grand bien car il avait le visage ruisselant de grosses gouttes de sueur en pensant que la somme perçue pour les meurtres de Gaspard et de Berthe était dérisoire, si toute fois toute l'affaire devait être découverte et élucidée, "tu es un con ce disait il".
"Oh tu suis au tapis ou tu rêves t'es le dealer ?" lança un des costauds;
"fais pas chier" répondit sèchement Emile, et il suivit la mise d'un montant de 20 000 mille sans même avoir pris le temps de tourner les deux dernières cartes qu'il venait de prendre, et il jeta ses cartes sur le tapis et surpris de voir un carré de Rois apparaître, il ramassa le pactole se leva, vida son verre et salua d'un geste sec.






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Funérailles en bleu est classée dans le genre Policier.

Commencée par Clothilde,
le 28 novembre 2007. L'histoire est composée de 45 participations.

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