Ras-le-bol
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Le ras-le-bol d'un businessman...




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 Fleur2yeux 16 janvier 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
Le regard tourné vers la fenêtre, Jack flirte avec l'envie d'aller faire un tour, alors que Suzie, la secrétaire entre avec fracas dans ce grand bureau spacieux, sentant la fumée froide et le nettoyant pour toilettes. Et oui, son nouveau lieu de travail se situe à un mètre cinquante de la porte battante de l'endroit le plus mal fréquenté de la maison d'édition la plus mauvaise de la ville.
- Jack, madame Clik a appelée pour savoir où en est sa nouvelle sur la vie homosexuelle des phoques dans les zoos Mongoliens.
- Ecoute-moi Suzie, ma gosse sèche les cours, ma femme me trompe depuis trois ans avec mon meilleur ami, mon chien perd la vue, mes canalisations sont bouchées par les cheveux grisonnants de ma mère qui vit chez nous depuis qu'elle ne peut plus se suffire à elle-même, ce qui veut dire depuis treize ans la semaine prochaine et mon club de golf reste introuvable malgré l'avis de recherche que j'ai lancé alors, tu peux entendre que cette putain de nouvelle je n'en ai rien à...
- Ok c'est bon, j'ai compris, je vais te chercher un café et prendre ma pause déjeuner si ça ne te dérange pas...
- Pause accordée ma belle.

 Vronique 18 janvier 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Suzie fait une incursion dans les toilettes, sort son attirail et ravaude son maquillage aussi épais qu'un crépi extérieur. Par coquetterie, elle ne met jamais les lunettes dont elle a besoin et elle exagère les couleurs, se fait des joues de clown et une bouche sanguinolente, quant à la couche de fond de teint, il faut l'attaquer au marteau piqueur le soir. Elle n'a pas compris qu'on la dévisage parce qu'elle ressemble à un perroquet, elle se croit belle et pense que toutes les femmes l'envient, que bien des hommes aimeraient la draguer sans oser l'aborder.
Bien sûr, elle a eu une aventure avec Jack au début, elle était jeune et avait cru qu'il avait du charme. Elle avait vite déchanté. Heureusement, leurs relations professionnelles n'en avaient pas souffert.
Tout en posant une nouvelle couche de blush, elle se dit qu'elle comprenait fort bien la femme de Jack de le tromper, au vu de son expérience personnelle. Quant à son choix, ma foi, si l'homme en question était le meilleur ami de son patron, c'était qu'il avait un caractère similaire qui pouvait plaire aussi à sa femme. Mais elle aurait mieux fait de cacher sa liaison! Pour ce qui était de sa mère, vraiment, elle n'aurait pas pu la prendre, la vieille dame semblait complètement tyrannique. La fille? Ah oui, celle-là, quelle peste égoïste! elle allait droit dans le mur en stoppant ses études. Pauvre Jack!
Suzie s'envoie un baiser dans le miroir et quitte l'immeuble, oubliant d'apporter son café à Jack.
Dans la rue, elle marche d'un pas conquérant, les épaules en arrière, le ventre rentré, le regard dans le vague, le sourire plaqué sur les lèvres. En réalité elle n'a qu'une envie, c'est de pleurer sur son sort. Elle pensait mener une vie trépidante dans cette maison d'édition, côtoyer des vedettes de la plume, pouvoir se vanter auprès de ses amies d'être la première à savoir quel auteur serait primé.
Au lieu de cela elle était obligée de faire des économies de bout de chandelle sur les fournitures, se plaignait sans cesse du manque de chauffage qui l'empêchait d'arborer les tenues sexy dont elle rêvait, elle ne rencontrait que des auteurs ratés, frustrés, aigris, orgueilleux ou torturés... Surtout des femmes à vrai dire.
Machinalement, Suzie se dirige vers la brasserie où elle prend habituellement ses repas avec les tickets restaurant de son employeur. Ce n'est qu'en tentant d'ouvrir qu'elle se rappelle qu'il est fermé pour travaux.
-Zut, c'est bien ma veine.
Descendant les marches, elle se heurte à un homme distrait qui essaye à son tour d'ouvrir la porte.
-Pas la peine de vous escrimer, c'est en travaux.
-C'est bien ma veine! Un jour comme aujourd'hui! dit le quinqua énervé.
Suzie se dirige vers une boulangerie pour acheter un sanwich qu'elle compte manger tristement dans son cagibi mal chauffé, mais l'homme lui emboîte le pas. Il lui raconte sa vie, elle comprend qu'il a perdu ses lunettes et que sa journée de travail est un enfer, depuis le matin. Prise de pitié, elle l'aide à chercher de l'argent dans son porte-monnaie et ils vont déjeuner dans un square. Soit l'homme fraîchement débarqué dans la capitale se sent soulagé d'avoir quelqu'un à qui parler, soit Suzie a du charme, il insiste pour la revoir le lendemain au même jardin public. Sans réfléchir elle acquiesce.
Rentrant au bureau, Suzie croit devenir folle!
La mère de Jack, complètement échevelée et débraillée est dans son bureau d'accueil, elle lui saute dessus et de son fatras incompréhensible de mots, la secrétaire comprend que Jack est introuvable.
Suzie n'arrive pas à ouvrir la porte du bureau de Jack, son téléphone ne répond pas, elle décide d'avertir le grand patron qui revient de déjeuner, de fort méchante humeur. Ils font ouvrir par un serrurier vers 17heures, après que Madame Verlan ait récupéré sa belle-mère, aidée du "meilleur ami" de Jack.
Le bureau est dans un désordre indescriptible, alors que Jack est la maniaquerie même.
Le lendemain, Suzie revoit l'homme au square, mais il a ses lunettes et a du mal à reconnaître cette perruche trop fardée quand Suzie l'aborde. Cependant le courant passe bien entre eux, ils se verront ainsi le temps des travaux de la brasserie.
Trois jours plus tard, Madame Verlan lance un avis de recherche.
Deux mois plus tard, elle cesse sa liaison avec Philippe. La police piétine.
Suzie doit s'adapter à un nouveau correcteur, car la direction a vite remplacé Jack. <br>

 Eleinad 19 janvier 2006 Envoie un message à Eleinad Voir le profil de Eleinad
Pendant ce temps-là, dans un village de montagne arrive un homme .
Rien d'extraordinaire si ce n'est qu'il ne loge pas à l'unique hôtel ( trois chambres) . Il a loué la maison de Louisette qui est partie vivre en maison de retraite depuis quelques mois.
Il est venu par le car, avec juste une valise neuve.
Il s'est dirigé sans se tromper vers chez Louisette . Il a ouvert en grand toutes les portes et les fenêtres pour aérer.
Il est allé faire quelques courses: pain, thé, café, sucre, fromages de chèvre, pâtes, Petits Beurre,saucisson, savon...
Revenu à la maison, il s'est installé dehors, en plein soleil, coiffé du chapeau de paille de Louisette et écoute les bruits de la vie rurale arrivés jusqu'à lui.
Il soupire d'aise.

 Fleur2yeux 20 janvier 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
Il avait bien sûr prit le soin de jeter son téléphone portable dans la rivière qui passait non loin de sa nouvelle maison. Pas de téléphone, pas de télévision, pas d'ordinateur, pas de poste de radio, rien qu'une cheminée, un fauteuil confortable, quelques cigarettes, du thé, le gazouillement des oiseaux qui parvenait de la fenêtre toujours ouverte et des vieux souvenirs qui le hantaient.

 Vronique 22 janvier 2006 Envoie un message à Vronique Voir le profil de Vronique
Un jour néfaste, Suzie, surchargée de travail depuis que Pierre Papier avait remplacé Jack Verlan, tâchait de dactylographier les différents dossiers qu'il lui avait dicté depuis son auto bruyante. Le dictaphone marchait déjà mal, mais avec ces parasites automobiles, c'était le bouquet. Suzie avait mis ses écouteurs à fond et mit un temps certain à remarquer l'adolescente qui tambourinait sur le comptoir de l'accueil. C'était une blonde frêle et nerveuse, dont la figure (nez, lèvres, oreilles) était tellement percée qu'elle ressemblait à un fil à linge auquel pendaient diverses choses, de la boucle créole à la feuille de drogue, en passant par le diamant.
Suzie leva les yeux au ciel, exaspérée. Qu'allait-il encore lui tomber sur la tête? N'ayant pas d'enfants, elle ne concevait pas que des parents puissent autoriser leur progéniture à de tels excès.
-Oui?
-Dites, il pourrait y avoir le feu, vous ne remarqueriez rien. Ça fait un moment que je vous hurle dessus, vous n'entendez rien!
-Tu veux quelque chose?
Depuis qu'elle avait traité le fils du grand patron comme un moins que rien, parce qu'elle l'avait confondu avec un clochard, ce qui lui avait valu des représailles, elle se méfiait de toute la jeunesse qui passait là.
-J'ai vu l'annonce et je téléphone sans cesse mais on m'a répondu que le type n'est plus à ce numéro, mais moi je veux ma récompense.
-Quelle annonce? Quelle récompense? demandé la pauvre Suzie, perdue.
L'ado regarda la "vieille" comme si elle était complètement tarée.
-Le club de golf ... l'annonce ... la récompense, marmonna-t-elle.
Suzie vit avec horreur atterrir sur son bureau, au milieu des feuilles qu'elle venait de dactylographier, un club de golf maculé de boue et de rouille, enfin elle prit ces taches pour de la rouille. Tout le travail était à refaire, heureusement elle avait sauvé les textes sur cd.
La jeune fille exhiba une annonce déchirée où Suzie put reconnaître l'écriture de Jack. Elle voulut diriger Vanessa sur le commissariat de police ou sur Madame Verlan, mais rien à faire, elle avait pris racine et ne voulait plus bouger. Voyant que la secrétaire retournait à son travail urgent, elle s'affala sur la banquette et se mit carrément à dormir au bout de dix minutes.

 Asprod 24 janvier 2006 Envoie un message à Asprod Voir le profil de Asprod
Pendant ce temps-là, assis à la terrasse donnant sur un paysage dépourvu de la moindre trace d'activité humaine, le nouveau venu du village s'était penché sur une roue de vélo fichée en haut d'une pique récupérée dans le garage, elle-même plantée dans une vieille base de parasol en plastique blanc emplie d'un sable aussi vieux peut-être qu'Hérode lui-même.
Il la faisait tourner pensivement, regardant de temps à autre les vaches au loin, sans vraiment leur prêter attention. La roue tournait en couinant, comme un vieux panneau à la gare d'un western. Il semblait aimer ce bruit de craie-sur-tableau, comme s'il lui rappelait quelque chose de particulièrement gai... Oui, il s'était passé quelque chose ce jour-là.

 Fleur2yeux 27 mars 2006 Envoie un message à Fleur2yeux Voir le profil de Fleur2yeux
Le téléphone sonna, laissant perplexe le rêveur devant sa roue. Ce téléphone n'avait pas fait entendre sa voix métallique depuis un long moment, ce qui inquiéta Jack, qui cela pouvait-il bien être? Il laissa sonner, mais au bout de la seizième sonnerie, il prit son courage à deux mains, la clope au bec et s'avanca dans le séjour décoré subtilement, rien d'extravagant et décrocha.
- Allo?
Une respiration bruyante se faisait entendre mais rien d'autre.
- Si c'est toi Margge, ca ne sert à rien de me rappeler, je ne reviendrai pas avant un moment, alors fous moi la paix !!! Tu n'as qu'à demander à Henri, ce fameux "ami" qui te baise si bien, de te remonter le moral ou d'aller chercher ta "dose". Je ne marche plus dans ton jeu.
Mais à part ce putain de bruit de respiration qui résonnait à présent dans sa tête, il n'y avait strictement rien.
- Et merde !!!

 Poussin 27 mars 2006 Envoie un message à Poussin Voir le profil de Poussin
Il raccrocha le téléphone et se servit un whisky. Tout à coup Suzie ressortit des toilettes et là c'était le flash, le coup de foudre. Elle était là devant lui et il ne l'avait même pas remarquée, elle qui travaillait tous les jours avec lui, devant ses yeux. Elle était magnifique. Ils se regardèrent tous les deux et couchèrent ensemble et depuis ce jour il se rendit conte qu'il avait fait une erreur de rester avec sa femme.

 Snoupi2005 02 avril 2006 Envoie un message à Snoupi2005 Voir le profil de Snoupi2005
Il fit un bond malgré lui et se réveilla en nage, il avait fait un cauchemar. Décidément le whisky après le diner ne lui valait rien, il le savait pourtant. Il lui arrivait d'en abuser, certains soirs, lorsque la mélancolie prenait le pas sur ces bonnes résolutions. Il avait décidé un beau jour de tout claquer là, sa femme (infidèle) sa mère (grabataire), son chien qui perdait la vue, ses canalisations bouchées et même sa gosse, une ado en pleine crise. Il n'avait rien emporté da sa vie qu'une valise et ses souvenirs. Il se leva, décida de prendre une douche brûlante. Il se dirigeait vers la salle de bains lorsque le téléphone se remit à sonner. Vaguement inquiet, il laissa sonner puis agacé il décrocha d'un geste rageur. Et là il entendit de nouveau cette respiration bruyante rien d'autre.
Il sentit la sueur perler dans son dos, il raccrocha un peu perdu... Mais qui pouvait être à l'autre bout du fil. Qui? Et pourquoi?





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Bon à savoir:

Ras-le-bol est classée dans le genre Maracas.

Commencée par Fleur2yeux,
le 16 janvier 2006. L'histoire est composée de 9 participations.

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Snoupi2005 1

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