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Depuis quelques semaines, c’était devenu chez moi une véritable obsession et je ne manquais jamais une occasion d’en apprendre davantage…Surtout depuis l’épisode du bus, à vrai dire. Je sortais de la boulangerie ce matin là, lorsqu’elle passa devant moi à vive allure, manifestement très pressée. A son passage, ses longs cheveux fouettèrent mon visage. Alors, je ne sais ce qui me prit mais j’emboitai le pas dans son sillage, juste pour voir où elle allait. Je m’aperçus assez vite que ses pas la menaient tout droit au bus stationné à une centaine de mètres, en instance de partir. Je le reconnus pour l’avoir vue très souvent monter à son bord. J’allongeai le pas, la dépassai rapidement et montai dans le bus quelques secondes avant elle. Sans me jeter le moindre coup d’œil, elle s’assit sur le premier siège de libre et tourna son visage vers la vitre contemplant pensivement la rue. Je n’avais qu’une envie, m’asseoir à côté d’elle mais je n’osais pas. Cela aurait été si simple pourtant ! Mais non, rien à faire, je ne pouvais m’y résoudre. Résigné, je finis par prendre place dans une autre rangée, juste derrière elle, pendant que le bus démarrait. Je me consolais en la dévisageant tout à loisir sans qu’elle puisse me voir. Je connaissais son visage par cœur et j’aurais pu le dessiner les yeux fermés, mais je ne me lassais jamais de le contempler. Quel lourd secret cachaient ces yeux d’un vert si sombre ? Pourquoi ces lèvres rosées n’esquissaient-elles jamais le moindre sourire ? Elle releva la tête si brusquement que je sursautai, revenant à la réalité. Une fille brune était montée dans le bus à l’arrêt suivant et l’avait hêlée en lui donnant le prénom de Sarah. Elle s’appelait donc Sarah ! Je me répétais ce nom avec délices pendant que la jeune fille brune s’installait à côté d’elle, entamant aussitôt une conversation animée, à laquelle Sarah participait à peine, se bornant à répondre par monosyllabes d’une voix monocorde. Manifestement, le récit des détails du week-end de la brune et non moins piquante Céline, ne l’intéressait pas le moins du monde.
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