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Morgoth
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05 mai 2006
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- Arrête de tirer sur cette putain de laisse Oystaz, tu me niques les mains !!! Marcher le long de ces magasins aux rideaux fermés, trouver un endroit où dormir ce soir est primordial car l'alcool se fait ressentir et ce putain de clébard est crevé donc il fait que des conneries... Là-bas des zonards en train de boire et de brailler, je vais voir s'il connaissent un squatte ou pas? Oui, il le faut. Mes pas se dirigent vers eux sans même que mon cerveau, endolori par la bière, n'en ai donné l'ordre mais peu importe. - Oy toi là bas !!! Tiens ton clébard parce que le mien est trop con et il bouffe tous les autres chiens !!! Je m'approche quand même, en prenant sur moi même pour réduire l'écart entre moi et Oystaz...
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Fleur2yeux
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06 mai 2006
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Après avoir vaguement dit bonjour à tout le petit monde, je mis mon cul à reposer sur le gravier plein de pisse du "jardin public" qui ressemble plus à une déchetterie qu'à autre chose à présent que la zone de la ville s'est installée ici. - Alors "man", tu viens faire quoi par ici? - Je cherche un endroit pour dormir à l'abri cette nuit, tu connais un coin? Tout le monde se mit à rire, à pousser des hurlements de folie ce qui me mit légèrement mal à l'aise, enfin, pas assez pour m'enfuir à toutes jambes quand même. - Qu'est-ce qu'ils vous arrive à tous là??? Ma question ne fut pas prise au sérieux et tout le monde continuait à glousser comme des dindes, ça commencait à me gonfler sérieusement mais il fallait quand même que je connaisse la cause de cette hilarité. - Bordel c'est quoi votre délire??? Ludo se décida enfin à me répondre non sans mal entre deux gloussements-rots-pets et me raconta qu'ils avaient trouvé une barraque inhabitée lors d'une virée nocturne qui devait les mener au bout de la nuit et de l'ivresse et qu'ils s'étaient installés dedans depuis maintenant six mois sans que personne ne vienne les déloger ou même se rende compte qu'ils logeaient là, hormis les cris rauques de Ludo et Fanfan quand ils étaient bourrés (tout le temps), les aboiements et les merdes de chiens qui jonchent le sol de la propriétée, les cadavres de cannettes et de bouteilles en tout genre et encore d'autres saloperies...
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Arkai
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05 août 2006
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Je lui répondis, d'un air agacé que j'avais les crocs et que j'étais crevé. Qu'il fallait que je trouve un endroit pour dormir avant de péter mon câble ! Ludo ne riait plus... il me regardait. J'ai pu lire la peur dans son regard. Lui qui pensait pouvoir m'envoyer voir ailleurs se rendit compte que je n'allais pas me laisser faire. Il se tourna vers ses potes toujours en délire, et discuta avec eux. Au fur et à mesure qu'il parlait, les fous rires s'estompèrent. Il revint vers moi. - Viens, on va te montrer où il est ce squat, dit il. En marchant vers ladite maison, tout le monde était silencieux, jusqu'au moment où Manuel s'approcha de moi pour me demander de quelle façon j'étais arrivé là...
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Fleur2yeux
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16 mai 2007
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Ca ne me plaisait pas forcément de lui répondre mais vu que la conversation en arrive toujours à cette question merdique quand on rencontre un zonard, je pris mon courage à deux mains pour lui parler un peu de moi.
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Clochardeceleste
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28 juillet 2007
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Ces mecs appartiennent à la rue, comme moi, désenchantés par la société moderne, je sais qu'avec eux je n'ai pas besoin d'inventer une histoire croustillante. Non. C'est la stricte verité. Celle qu'on subit. - Mon père et ma mère se tapaient sur la gueule à longueur de journée mais se lançaient des "chéri" mielleux quand j'étais dans la même pièce qu'eux. J'ai été élevé dans le mensonge constant et l'hypocrisie, ça m'étouffait. Alors, à 14 ans j'ai tenté une fugue pour leur faire oublier à quel point ils se détestaient, pour qu'ils s'unissent dans la recherche de leur seul gosse.
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Domicado
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02 août 2007
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J'ai pris la carte bleue de ma mère, j'ai rétiré de l'argent. J'ai ouvert une carte de France, qui traînait dans la bagnole de mon vieux, je l'ai tournée dans tous les sens en fermant les yeux et j'ai posé mon doigt dessus au hasard : c'était entre Avignon et Nîmes. J'ai choisi Avignon, ça sonnait mieux à cause de son pont. Je suis allé à la gare de Lyon et j'ai pris un billet à la machine automatique pour ne pas me faire repérer. C'était il y a 5 ans et, mes vieux, je crois qu'ils ne m'ont même pas cherché.
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Clochardeceleste
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18 août 2008 à 00:19
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... hwow je divague là... l'alcool à jeun me fait débiter 5 mots à la seconde, je me mets à raconter ma vie à un type qui n'a sûrement pas envie de me servir de psy, à en juger par la discussion passionnée sur la politique qu'il a engagé avec ses potes. Ils continuent à marcher aussi droit que possible vers leur squat. Oystaz, haletante, ne regarde même plus le clébard de Ludo tellement elle est épuisée. J'ai l'impression que ces types ont oublié ma présence, je les suis, à la traine. Bordel ça craint, JE crains. En considérant ce moment précis, j'existe dans la marge de la marge de la marge. Je suis exclu d'un groupe de clodos exclu d'une classe sociale exclu des privilégiés détenteurs du pouvoir. Un des rejets extrêmes que la société française enfante. "Bienvenue dans notre moins 5 étoiles"... la voix irritée et juvénile d'un des types me tire de mes pensées, putain ce type et vraiment mal en point, il a pas dû grailler beaucoup depuis un bon bout de temps... il me fait penser à un chat de gouttière amaigri par son régime au lézard et charcuté par des bastons félines. Derrière eux s'impose un immeuble.
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