Un chat nommé Marcel, suite.
Un chat nommé Marcel, suite.
Les personnages: Marcel le chat Siamois




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 Dielorelei 22 août 2009 à 20:06 Envoie un message à Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
L'autre jour, Cécile a présenté Marc à ses parents et à mamie Nénette. Elle les avait tous invités à déjeuner.
C'est le traiteur qui a du avoir du boulot.
Marc s'est amené avec des fleurs pour Brigitte, la mère de Cécile et aussi pour mamie Nénette, et une boîte de cigare pour Paul, le père de Cécile, affectueusement surnommé "Papounet par sa fille".
-C'est à mamie Nénette que vous auriez du offrir les cigares, a dit Papounet d'emblée, vous avez vu sa moustache?
-Tais toi donc, Paul, a dit Brigitte, on ne va pas commencer!
Il faut que je vous dise qu'entre mamie Nénette et Papounet, c'est une guérilla permanente, vu que, quand l'un s'arrête, l'autre relance la mécanique.
-Quoi, a dit Papy Paul, c'est pas vrai, peut-être?
Cécile s'est empressé de faire rentrer tout son petit monde, Charly, le golden retriever et moi fermions la marche.
C'est à l'apéritif que Papounet a déclenché les hostilités:
-Et que faites vous dans la vie, mon garçon, a-t-il demandé à Marc.
-Je gère une société de prêts par internet, a répondu Marc, je dirige "emprunts-sans-soucis.com"
-Et évidemment, vous mettez les emprunteurs sur la paille, je suppose?
-Pas encore, nous n'incitons pas les gens à s'endetter, a répondu Marc.
-Justement, a dit mamie Nénette, j'envisage de faire un emprunt, moi, alors si vous avez un peu de temps à me consacrer...
-Pourquoi faire? a coupé Papounet, pour le perdre au poker?
Parce qu'il faut vous dire que mamie Nénette, entre autres jeux, s'adonne au poker.
-Je fais ce que je veux avec mon argent, a rétorqué mamie Nénette, et ça ne vous regarde pas. Et il m'arrive de gagner, figurez-vous!
-En plumant trois malheureux vieux atteints d'alzheimer, il n'y a vraiment pas quoi se vanter! A peine les cartes en mains qu'ils ont déjà oublié pourquoi ils étaient venus!
Mamie Nénette a haussé les épaules et Cécile, que je sentais sur le qui-vive a filé dans la cuisine pour revenir avec les entrées.
-Voilà, a-t-elle dit en déposant le plat sur la table, vous allez me passer vos assiettes.
Et elle a commencé le service pendant que Papounet cherchait une vacherie à lancer à mamie Nénette. Finalement, il s'est rabattu sur Marco.
-Quand même, vous trouvez ça moral, vous, de forcer les gens à s'endetter en période de crise?
-Mais nous ne forçons pas les gens, nous les conseillons sur ce qu'il y a de mieux en cas de difficulté passagère.
-Non, parce que"emprunt-sans-souci.com" c'est un peu de la publicité mensongère: il y a toujours un souci. Un jour ou l'autre. Je n'ai jamais emprunté, moi, même à la banque!
-Pardi, j'étais là pour financer l'achat de votre pavillon, a claironné mamie Nénette, sans moi, vous seriez encore dans votre trou à rat de banlieue!
Papounet a levé les yeux au ciel:
-Ne l'écoutez pas, a-t-il dit à Marc, elle est saoûle!
-Qu'est-ce qu'il dit, le déplumé? a fait mamie Nette qui n'avait pas bien entendu.
-Il dit que vous êtes saoûle, a répondu Marc obligeamment.
-En tout cas, ce n'est pas moi qui ai enfilé deux apéros avant de manger, plus un verre de vin avec le melon au porto! Et ce n'est pas moi qu'on voit sortir du troquet au coin de la rue, si vous voyez ce que je veux dire!
Mais elle s'est tu parce qu'à ce moment-là, Papounet l'a regardée et a passé un doigt en travers de son cou en mimant silencieusement:
"Couic!"
-Tu as épousé un mafioso ma fille, a dit Mamie Nénette à sa fille. Il vient de lancer l'omerta sur moi. Tout le monde a pu le voir.
-Bon, ça suffit, maintenant, vous deux,a dit Brigitte,quelle opinion notre futur gendre va-t-il avoir de nous,je vous demande!
-"Futur gendre"? ont dit ensemble Papounet et mamie Nénette, ben ça, c'est une nouvelle!
apparemment, c'en était une aussi pour Cécile et marc.
-On n'en n'est pas encore là, a dit Cécile. Quelqu'un veut encore du rôti?
-Oui, moi, s'il-te-plaît, a dit mamie Nénette, occupée qu'elle était à me refiler des petits bouts de viande sous la table.
Charly, après un bref regard à son maître, s'est assis à côté de Papounet et le père de Cécile, pour ne pas être en reste, s'est empressé de gaver Charly. Mais Marc a vite repéré le manège.
-Charly ne mange pas à table, a dit courtoisement mais fermement Marc. C'est une mauvaise habitude.
-Pensez donc, a dit Papounet, tous les chiens mangent une petite bricole à table!
-Pas le mien. Viens ici, Charly!
Tiraillé entre le rôti et la voix de son maître, Charly a fait la sourde oreille.
-Nénette nourrit bien le chat sous la table, elle, a poursuivi Paul, et Cécile ne dit rien! hein, Cécile que tu ne dis rien?
Avant que Cécile puisse répondre, Mamie Nénette a protesté:
-M'enfin! je ne veux pas que vous m'appeliez Nénette! Combien de fois il faut vous le dire!
-Ce n'est pas ma faute si vous vous appelez Ginette, a ricané Papounet.
-pas "Ginette", Marinette, je m'appelle "Marinette" vous devriez le savoir, depuis le temps, que diable!
-Inutile de faire intervenir votre copain, tout le monde peut se tromper!
-En voilà assez! vous êtes incorrigibles tous les deux! Excusez-les, Marc,a dit Brigitte, ils font leur numéro à chaque réunion de famille.
Marc, qui avait fini par récupérer son chien a assuré que cela ne le dérangeait pas, et qu'au contraire, il s'amusait beaucoup à les écouter. Charly et moi aussi, on rigolait bien.
-Tu es allée chez le coiffeur, mamie, a dit Cécile pour faire diversion, c'est réussi.
-Tu trouves? a dit mamie en tapotant ses cheveux frisottés qui présentaient un curieux reflet rose, c'est Benjamin qui m'a coiffée, faut dire qu'il a le coup de patte, un véritable artiste, ce coiffeur!
C'en était trop pour Papounet qui ne pouvait pas laisser passer ça:
-Il a du croire que Barnum vous avait embauchée, il vous a fait une perruque en conséquence!
-Quand on a un crâne qui sert de piste d'aterrissage aux mouches, on se fait oublier, a rétorqué mamie Nénette. En tout cas, moi, j'ai des cheveux. Et toc.
A ce moment, Charly a filé comme une flêche dans le jardin en aboyant furieusement. J'ai suivi et j'ai vu Bébert, juché sur le muret qui, le dos hérissé, l'insultait copieusement.
-Laisse, Charly, j'ai dit, c'est mon pote Bébert. Tu peux descendre, Bébert, il ne te fera pas de mal.
-Mon oeil, a répondu Charly, il va me bouffer tout cru si je descends!
-Pas si t'es un pote à Marcel, a dit Charly, tu peux faire comme chez toi.
Alors Bébert est descendu avec précaution et Charly lui a dit:
-Alors, on joue?
Et il a commencé à cabrioler autour de Bébert en le poussant du museau.
Mais Bébert n'a pas voulu jouer et à filé vers la maison. Charly et moi on l'a suivi au petit trot.
Et tout à coup, j'ai eu une idée lumineuse.
Vous allez voir.
-Eh! les copains, attendez deux minutes, j'ai un plan d'enfer, j'ai dit.
Ils ont stoppé net et ils ont attendu.
-Qu'est-ce que tu vas faire, a demandé Charly, tu vas faire tomber le restant de rôti?
-Non, mieux que ça: on va casser l'ambiance, histoire de rigoler. Toi, Bébert, quand tu vas entrer dans la salle à manger, tu vas faire des tas de mamours à Papounet.
-Pourquoi je ferais ça, a demandé Bébert, je ne le connais pas, moi, ton Papounet!
-Ça fait rien, il suffit que les autres croient que tu le connais comme fidèle client du bistrot de tes vieux! ça va être d'un drôle, je vous dis pas!
-Si tu y tiens...Encore que je ronronne pas sur commande, moi! Il faut qu'il me plaise, ton bonhomme!
-T'as qu'à penser à tout ce que tu vas t'enfiler après, ça va t'aider!
-Remarque, c'est pas pour me déplaire, un petit rôle de composition, j'aurais adoré être un artiste, moi.
-Ben voilà, Bébert, C'est l'occasion!
Et on est entrés.
Charly et moi on s'est assis aux premières loges pour ne rien perdre du spectacle.
-Tiens, voilà Bébert, le petit copain de Marcel, a dit Cécile sans savoir ce qui l'attendait, il vient voir s'il reste quelque chose à manger.
Et là, au lieu de se diriger vers la cuisine comme il fait d'habitude, Bébert s'est dirigé tout droit vers Papounet et a commencé à se frotter contre ses jambes, à ronronner en se tournant dans tous les sens avec le regard du chat qui fait pipi dans la cendre chaude.
-Mais c'est qui, ce chat? a demandé Papounet, surpris de ce
débordement d'affection.
Bébert -et on sentait qu'il était à fond dans son personnage de chat-pot-de-colle- a jugé bon d'en rajouter.
Il a carrément sauté sur les genoux de Papounet et il s'est mis a frotter sa tête sous le menton de Papounet en faisant un bruit de moulin à café.
Tout le monde s'est arrêté de manger pour regarder le cinéma de Bébert.
-YES! a crié mamie Nénette en joignant le geste à la parole, et on aurait dit qu'elle tirait une chasse d'eau, je l'avais bien dit! hein que je l'avais dit? le chat du troquet connaît ton mari, ma fille, la preuve que c'est bien un habitué!.
-D'où connais-tu ce chat, Paul, a demandé Brigitte, l'oeil inquisiteur, ne me dis pas que tu vas boire des coups en douce au café du coin? Tu sais ce que t'a dit le médecin?
-Je ne connais pas ce chat, a protesté Papounet, et je ne bois aucun coup "en douce" comme tu dis! Il doit sentir que j'aime les bêtes, tout simplement!
-Pour un chat qui ne vous connait pas, c'est bien imité,a jubilé mamie Nénette, dites ça à un cheval de bois, et il vous flanquera un coup de pied!
Elle buvait du petit lait, mamie Nénette, à la vue de l'embarras dans lequel se trouvait Papounet.
-Tu me dois une explication, Paul, a persisté Brigitte qui se tenait debout à côté de sa chaise, les bras croisés.
-Quelle explication? a bougonné son mari qui essayait en vain de se débarrasser de Bébert qui semblait en pleine extase sur ses genoux.
-Descends donc de là, toi, tu mets des poils partout! Mais enlève moi ce chat, Cécile, je n'arrive pas à m'en défaire!
Cécile a voulu prendre Bébert pour le faire descendre, mais l'autre, qui tenait à accomplir sa mission jusqu'au bout, a planté ses griffes dans la cuisse de Papounet et s'est mis à cracher, tandis que sous la douleur, Papounet jurait comme un charretier.
Charly et moi on rigolait sous cape tandis que, le nez dans sa serviette, Marc faisait des efforts terribles pour garder son sérieux.
Cécile était toute rouge, Brigitte, raide comme la justice attendait toujours son explication, Papounet, à moitié levé de sa chaise tentait de se débarasser d'un Bébert totalement accro tandis que mamie Nénette en profitait pour liquider le restant de glace à la vanille tout en commentant la situation:
-Les chats, en général, il faut un certain temps pour les apprivoiser, et là, on peut dire que vous avez pleinement réussi, mon gendre!
-Oh! vous, la ferme! C'est encore à cause de vous, tout ça! C'est pas possible de vouloit me pourrir la vie à ce point!
-Laisse maman en dehors de ça, a dit Brigitte d'un ton froid, on reparlera de tout ça ce soir. Excusez-nous, Marc.
Et Brigitte s'est assise dignement sur sa chaise en prenant l'air tragique d'une veuve scicilienne.
-Ah ben vous aurez tout le temps pour la mise au point, a dit mamie Nénette, parce que justement, j'ai un bridge, ce soir.
-Bon débarras, a grommelé Papounet qui avait finalement réussi à remettre Bébert par terre.
A peine sur ses pattes, Bébert a couru vers Charly et moi.
-Alors, comment vous m'avez trouvé?
-Génial, a dit Charly, t'as été super. Quelle rigolade!
-Et qu'est-ce qu'il y a à manger?
-Plein de bouts de rôti: tu vas voir, il y a même de la sauce.
Et Bébert a filé dans la cuisine pour liquider mon assiette.
Evidemment, il y a eu un moment de flottement, à table, et je voyais bien que Cécile se triturait les méninges pour trouver un sujet de conversation qui ne soit pas de la dynamite, et c'est finalement Marc qui a sauvé la situation.
Enfin, si on veut.
-C'est fou ce que les chats sont imprévisibles: ils sont capable d'avoir le coup de foudre pour quelqu'un sans raison. J'ai connu ça avec le chat de ma voisine.
Du coup, Cécile a grimpé aux rideaux.
-Ta voisine, hein?
-Oui, et alors?
-Qu'est-ce que le chat de ta "voisine" faisait chez toi?
-Il n'était pas chez moi, c'est moi qui étais chez elle!
-De mieux en mieux!
Et tout le monde a regardé Marc en attendant la suite.
-Elle m'avait demandé de déboucher son évier!
-Ah bon, a fait Papounet, heureux de semer la zizanie à son tour, vous dirigez aussi S.O.S plombier.com?
Et Papounet, content de lui, s'est mis à rigoler.
-Et moi, quand je te demande de regarder la machine à laver qui fuit, tu dis que ce n'est pas ton rayon? a dit Cécile, pincée.
Et son regard s'est posé sur la poêle où traînaient quelques pommes sautées, dans l'intention, je suppose, d'assommer le Marco avec.
-Il faut que je vous dise, a continué Marc en s'adressant à Papounet et sans se rendre compte du danger, que ma voisine a l'âge de votre belle mère, et il est tout naturel que je lui rende de menus services.
Cécile a quitté la poêle des yeux et s'est mise à débarrasser la table.
Mamie Nenette a mis son grain de sel:
-Votre voisine a mon âge, jeune homme, mais quel âge me donnez vous donc?
Et elle s'est mise à tapoter ses cheveux en battant des cils comme Greta Garbo quand le ciné était en noir et blanc.
Et là on a tous vu que le Marco faisait un rapide calcul mental:
"Cécile a 25 ans+25 pour sa mère+25 pour la belle doche-5 pour faire preuve de courtoisie, je vais dire 70 à tout casser"
-Heu...pas plus de soixante dix, au grand maximum! et encore, je ratisse large!
-Ben, vous avez du ratisser avec une tractopelle, s'est esclaffé Papounet, elle en a au moins vingt de plus!
-Paul! a dit Brigitte d'un ton menaçant, ça suffit comme ça, maintenant!
-Laisse, ma fille, a dit Mamie Nénette, j'ai l'habitude des mufleries de mon gendre. Dieu merci, certains hommes me trouvent encore bien pour mes 74 ans!
A voir la mine de Marc, j'ai compris qu'il se félicitait d'avoir enlevé 5 ans.
Comme il n'y avait plus de dessert, Cécile a proposé que tout le monde prenne le café dans le jardin. Alors ils se sont tous levés et on s'est retrouvés tous les trois dans la maison désertée. Charly en a profité pour rafler tout ce qui se trouvait sur la table, ce qui a du arranger Cécile, vu qu'elle n'avait plus d'assiettes à laver.
-C'est toujours comme ça? a demandé Charly pendant que Bébert furetait à la recherche d'un peu de rab.
-Toutes les fois que Céciles invitent ses parents.
-Non, je veux dire, la bouffe?
-Ah. Oui, Cécile aime bien cuisiner pour moi, elle dit que pour rien au monde elle ne me donnerait des cochonneries en boîte.
-Mes vieux feraient bien de se recycler, a dit Bébert. Et toi, Charly, tu manges quoi, chez ton maître?
-Viande hachée, légumes et riz. Mais il pèse tout pour que je ne grossisse pas, c'est la plaie.
-C'est une vraie maladie, chez les humains, que vouloir nous restreindre, a soupiré Bébert. Bon,c'est pas tout ça, on a du me servir mes croquettes, il faut que je file, c'est pas trop bon quand ça reste dans l'assiette.
-Ca risque pas avec toi, mon Bébert, j'ai dit.
On a rigolé et on a regardé Bébert se faufiler dans le jardin.
-Tu crois qu'on peut encore leur pourrir la vie, j'ai demandé à charly.
-Pas la peine, ils vont s'en charger tout seuls.
A ce moment, on a entendu glapir mamie Nénette, Papounet ricaner et Brigitte élever le ton.
-Qu'est-ce que je te disais? a dit Charly, tu vois qu'ils n'ont pas besoin de nous! Et encore, on ne sera pas là pour assister au règlement de comptes entre Brigitte et son mari! Quand même, mon pote, t'en a, la-dedans, hein?
-Et oui, j'ai répondu en contemplant mes griffes, j'en ai! Comme tous les siamois, Charly, comme tous les siamois!





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Un chat nommé Marcel, suite. est classée dans le genre Humour.

Commencée par Dielorelei,
le 22 août 2009. L'histoire est composée de 1 participation.

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  • 1 Auteur:
Dielorelei
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