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Pierrette
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15 septembre 2008 à 17:58
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Le maire devait prononcer, à l’enterrement d’un de ses administrés, un discours d’hommage et s’en trouvait bien embarrassé. Au cours de sa vie, le défunt n’avait pas été exemplaire et il s’était fait beaucoup plus d’ennemis que d’amis. Le bourgmestre se disait : « il y a de quoi s’arracher les cheveux !!! Que pourrais-je bien dire de valorisant ou de gentil au sujet d’une personne qui fut si peu recommandable ? Le jour des funérailles de ce notable, devant une assemblée nombreuse, le bourgmestre qui était un homme intègre et qui voulait rester fidèle à lui-même, prit la parole et dit : « mes chers amis, les discours les plus courts sont toujours les meilleurs. Alors, je ne vous dirai qu’une toute petite phrase concernant le disparu. La voici : TOUT EST DANS LE SILENCE !!!
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Clothilde
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16 septembre 2008 à 12:28
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Une dame à l'allure distinguée susurra à l'oreille de son mari: "Ne dit-on pas que le silence est d'or ?? " " Notre brave maire a trouvé le mot qu'il fallait pour résumer la vie de notre regretté ami !"Et posant , une main garnie de nombreuses bagues, au moins deux à chaque doigt ,sur sa large épaule ajouta avec un sourire narquois :-" Le maire aurait pu remplacer le mot silence par lingots! -"Tu as raison ma chérie , la plupart des gens que notre François a volé sera de ton avis ." Un chuuuut indigné les fit taire. C'était madame la Baronne Posetoncullà qui s'offusquait et attendait avec impatience la suite du discours.
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Mum22
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16 septembre 2008 à 22:28
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Mais le curé n'ajouta pas un mot si ce n'est la formule traditionnelle en latin, en agitant son goupillon en rythme : 'In nomine fili en pater ' A ces mots, la baronne éternua de façon peu discrète, attirant sur elle l'attention générale. Même le curé, somme toute satisfait de cet interlude, s'arrêta , le goupillon en l'air, avant de recommencer la bénédiction pour éviter -surtout- de se faire asperger par ledit engin.
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Pierrette
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17 septembre 2008 à 22:06
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Polo, petit garnement espiègle et taquin s'ennuyait. Il n’attendait qu’une chose que le curé dise : "ite missa est". Alors, lui aussi fut très heureux de cet interlude. . Il se retourna pour voir qui était cet indiscret qui jouait « du trombone ! » C’était une femme (la baronne) qui portait un manteau et une toque en vison. -chouette, se dit Polo : « La Castafiore», enfin un personnage original dans cette assemblée de « coincés !!! » Le moment des intentions particulières se présenta. Alors la baronne, d’un air précieux et suffisant, s’avança vers le chœur pour prendre la parole. Et lorsqu’elle arriva à la hauteur de Polo, celui-ci avança son pied suffisamment loin pour la faire trébucher. Elle s’étala de tout son long et,sous le choc, son collier se cassa. Toutes les perles tombèrent puis rebondirent, en claquant sur le dallage. Ciel, Mon collier, mon collier !!!
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Clothilde
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18 septembre 2008 à 09:50
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Le maire, heureux que son ami le curé, qui avait bien compris son embarras et enchaîné par une rapide bénédiction, vouerait un reconnaissance éternelle au petit Polo qui, une fois de plus, s'était fait remarqué. Pendant que quelques-uns, très peu en réalité car la baronne et son époux étaient peu appréciés dans le village, se précipitaient au secours de la malheureuse, l'assemblée se dispersait. Les langues allaient bon train, çà et là de petits groupes se formaient. On attendait le feu vert du maire pour se rendre à la salle municipale où une collation serait servie. Une personne franchit en courant l'entrée du cimetière. Elle était tout de rouge vêtue. Une veste de cuir, une jupe longue dont les pans asymétriques laissaient entrevoir des bottes de cuir rouges également. Un immense chapeau complétait l'ensemble. Sa chevelure longue et crépue surprenait par sa couleur, d'un noir de geai.
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Pierrette
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22 septembre 2008 à 00:54
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Elle s’engagea dans l’allée en gravier gris qui menait au défunt que l’on était sur le point d’inhumer. Les hauts talons aiguille de ses bottes rouges s’enfonçaient dans les gravillons et rendaient sa marche difficile. L’assemblée resta bouche bée en l’apercevant. Les habitants du village étaient des paysans, des artisans et des notables. Ils n’avaient pas l’habitude de côtoyer ce genre de personne. Quand elle arriva devant le cercueil, elle sortit de son sac à main un mouchoir et pleura comme une madeleine. Puis elle dit, d’une voix rauque qui était due à son tabagisme : « pourquoi m’as-tu laissée, toi qui venais me voir chaque semaine à Paris chez madame Claude ? »
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