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Mais le cauchemar n'était pas fini, loin de là! Tandis qu'un jour, je me baladais dans cette même forêt, en repensant à tout ceci, et surtout à mon ami disparu, je me rendis compte à quel point ces bêtes pouvaient être nombreuses sans qu'on s'en aperçoive. Je marchais tranquillement, autour du petit lac. Je marchais, marchais, sans m'arrêter. Les yeux dans le vague, toute l'histoire revenait dans ma tête. Tous ces sentiments, cette impression de mort. Cet ultime instant on on se dit : "tout est fini", cet ultime instant où on est sauvée... Perdue loin dans mes pensées, je ne me rendais même pas compte que je m'éloignais un peu du chemin, jusqu'à ce que je trébuche. Le temps que je comprenne ce qui m'était arrivé, mon corps avait déjà touché terre, et se mettait à descendre la pente à toute vitesse. Je tentais de m'accrocher aux racines qui m'échappaient des mains ou qui s'arrachaient. Les cailloux me labouraient le corps, ainsi que les petis buissons. Puis, il y eut un trou. A cet endroit précis, il y avait une sorte de "mini-falaise" d'un mètre cinquante de haut. J'atterrissais lourdement sur le sol, les feuilles mortes amortissant ma chute. J'étais sonnée, et je ne savais même plus où j'étais. Je ne voyais qu'une pointe de bleu, à travers la cime des arbres. Puis, j'entedis les bruits. Des grattements, des petits grognements. La peur me clouait sur place. Courir et essayer de les semer, quitte à se faire repérer ou attendre là, en essayant de se faire la plus petite possible, j'étais en train de me poser ces deux questions quand une gueule noire se pointa au dessus de ma tête. Mon cri s'étouffa dans ma gorge. - Eh ! Lordor ! Reviens ici ! Cette voix avait sonné, claire et intelligible. Bizarrement, elle mit fin à ma peur, et ce que je croyais être la créature de tous mes cauchemars se révéla un chien de chasse, et l'homme le chasseur qui m'avait sauvée, quelques mois plus tôt. Après les politesses, il commança à s'éloigner, cherchant son compagnon, qui avait apparemment la trousse de premier secours. J'attendais depuis cinq minutes quand des cris me parvinrent. Sans réfléchir, je me levai et courus vers la provenance des bruits. Mais mon élan s'arrêtait bientôt. Plus loin, quatre bêtes se battaient les restes d'un homme et d'un chien, tandis qu'à mes pieds reposait le chasseur qui m'avait trouvée. Le chasseur ou du moins, ce qui en restait.
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