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Pierrad
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02 août 2006
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Il est des jours où, vous savez, le plafond nuageux est tellement bas qu'il semble à portée de main, là tout près. Il n'y a qu'à tendre les doigts pour le toucher. Le ciel et la Terre paraissent alors ne faire qu'un, dans une unité parfaite, en synergie totale. Il manque seulement le maillon permettant de relier ces deux univers... Je devais dormir profondément dans mon lit lorsque la foudre s'abattît avec fracas dans le champ d'à côté. - Le vieux chêne a dû être sacrément ébranlé, pensa Emilie tout en se recroquevillant sous ses draps. Les orages de fin d'été étaient toujours inattendus, rapides et violents. Un deuxième coup de semonce retentit dans la nuit, plus près cette fois-ci. Emilie sortit une oreille puis la deuxième et risqua un oeil par dessus les draps. Elle vît par la fenêtre que le vent soufflait de plus en plus, faisant tourbillonner quelques herbes sèches qui avaient résisté à l'été caniculaire. Personne ne semblait s'agiter dans la maisonnée, tout était calme. Avaient-ils entendu les deux coups de tonnerre ?
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Titia
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03 août 2006
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Alors que les deux jumeaux, Peter et Yann, prenaient leur petit déjeuner, le père Charles essayait tant bien que mal à regrouper toutes les volailles qui s'étaient échappées du poulailler. Il ne comprenait pas ce qui était arrivé cette nuit. Toutes les bêtes de la ferme s'étaient échappées de leur enclos ou de leur étable. Les portes s'étaient ouvertes. Charles pensa à des voleurs ou à quelques jeunes qui voulaient s'amuser par manque de distraction en ville. La majorité du bétail semblait être restée sur le territoire de la propriété. Charles distinguait toutefois quelques têtes sur le haut de la colline et d'autres encore en train de se rafraîchir sur les bords du lac à l'extérieur de la propriété. Ce jour là, les deux garçons s'étaient levés plus tôt qu'Emilie.
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Pierrad
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03 août 2006
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Essoufflé par sa poursuite avec quelques poules malicieuses, le père Charles entra dans la cuisine. Les deux jumeaux encore ensommeillés étaient attablés devant un bon chocolat chaud préparé par Marie, la vieille gouvernante. - Emilie n'est pas encore debout ? s'enquît le père Charles. - D'habitude c'est quasiment la première levée ! J'espère qu'elle n'est pas malade la petite. Je vais voir dans sa chambre. Tout en sortant de la cuisine le père Charles repensa à l'inexplicable désordre de ce matin. Il va falloir que je verrouille certains enclos pour éviter que cela ne se reproduise, se dit-il. Une porte s'ouvrit brusquement au deuxième étage. - Emilie ? C'est toi ? Tu es réveillée ? Rien. Le père Charles monta les vieux escaliers patinés. A chaque pas, de longs grincements se répercutaient dans la vieille maison.
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Titia
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03 août 2006
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Charles entendit une autre porte claquer. Emilie semblait être réveillée. Le petit Josh ne pouvait pas être l’auteur de tout ce vacarme. Celui-ci jouait avec toujours autant d’entrain au cow-boy dans sa chambre. Charles poussa la porte de la chambre de son fiston. Comme à son habitude, il retrouva Josh jouant au cow-boy dans sa solitude perpétuelle. Cette fois-ci un élément de décor s’était rajouté à la distraction quotidienne. La chambre du petit bonhomme était tapie de paille. - Que fait cette paille dans ta chambre ? demanda stupéfait Charles. - Ben c’est Sparky qui me l’a amenée. - Sparky ? Je ne crois pas avoir l’honneur de le connaître… Alors que Josh s’apprêtait à répondre à son père, le bruit d’un carreau se brisant se fit entendre. Pendant se temps là, après s’être dépêchés de finir leur petit déjeuner à la demande de leur père, Peter et Yann s’efforçaient de regrouper toutes les bêtes. La tâche n’était pas facile pour ces deux novices de l’élevage. Le vent ne facilitait pas le travail. Ce jour là, il soufflait tellement fort que les sons émis par les deux garçons n’arrivaient pas jusqu’aux oreilles des bêtes.
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Pierrad
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03 août 2006
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Ils durent alors se précipiter afin d'encercler le troupeau et de le diriger vers l'enclos. Les bêtes paraissaient affolées et nerveuses. Elles ne tenaient pas en place et se démenaient pour échapper à la vigilance des deux apprentis bergers. Un léger bourdonnement flottait dans l'air, comme si une usine venait de remettre en marche ses machines après une nuit de repos. Chaque bruit paraissait amplifié tellement la tension était palpable. Tout le monde était à l'écoute, à l'affût du moindre murmure. Puis l'effervescence s'évanouit comme elle était venue, c'est-à-dire imperceptiblement, insaisissable. Le vent s'atténua et dissipa les inquiétudes et l'anxiété suscitées. Les bêtes commencèrent alors à s'apaiser et suivirent docilement Peter et Yann en direction de l'enclos. Il était temps car les deux garçons couraient avec entrain depuis plusieurs dizaines de minutes et allaient renoncer à mener à bien la tâche qui leur avait été confiée par leur père. - Tu vois Yann, on y est arrivé finalement ! s'exclama Peter entre deux respirations saccadées. - Oui, mais qu'est-ce qu'on a transpiré !! Je préfère être à cheval, comme les vrais cow-boy, pour rassembler le troupeau ! cria Yann afin de couvrir le meuglement d'une vache à proximité. En entendant les carreaux se briser, Charles se précipita au deuxième étage en direction de la chambre d'Emilie. Les escaliers furent avalés quatre à quatre et Charles faillit rater la dernière marche et de se retrouver tête bêche contre le papier peint mural. Plus que quelques mètres et j'y suis, se dit-il pour s'encourager. - Emilie ! Emilie ! Tu n'as rien ? C'est alors qu'il entra dans la pièce ...
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Titia
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04 août 2006
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- Qu’est-ce qu’il t’arrive papa ? demanda Emilie d’un air étonné de voir son père rentrer dans sa chambre en toute hâte et sans frapper à la porte. Le père, tout penaud de la situation dans laquelle il était, resta silencieux. A peine remis de sa cascade dans les escaliers, celui-ci s’était jeté sur la porte et avait atterri le nez sur un des seuls meubles en bois qui garnissait la chambre d’Emilie. Emilie regarda d’un air amusé son père. Elle n’avait en effet pas l’habitude de le voir dans une situation pareille. Charles réitéra sa question en se relevant péniblement du sol. Sa chute semblait lui causer quelques douleurs au nez qui par fierté, il préférait ne pas montrer. La situation était bien assez malaisée comme ça. Il en profita tout de même pour scruter le sol à la recherche de ce fameux carreau brisé. Il ne vit rien et cette vision le réconforta.
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Pierrad
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04 août 2006
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- Emilie tu as cassé quelque chose ? Tu peux me le dire, ce n'est pas grave ! bredouilla Charles qui commençait à sentir son nez s'engourdir et se remplir progressivement de sang. - Non papa, j'ai entendu du verre se briser mais ce n'était pas dans ma chambre, articula Emilie la voix encore chevrottante... Son père contourna le lit, inspecta la penderie puis en s'humectant les lèvres déclara: - Cela doit provenir du grenier, il y a un tas de vieilleries et le cafuron a dû s'ouvrir avec la tempête d'hier soir. Je vais aller y jeter un coup d'oeil une fois que je me serai, disons, nettoyé le nez... Emilie tremblait sous ses draps, encore sous le coup de la surprise de voir son père, d'habitude si affable, débouler dans la pièce aussi subitement. Elle n'avait qu'une envie, c'était de se replonger sous ses couvertures et de pouvoir, si c'était possible, dormir jusqu'à la fin de la matinée. - Le petit déjeuner est prêt chérie, tes frères ont déjà mangé et ils ont rassemblé les bêtes mais Marie va te servir quelque chose. - Je préfère rester encore un peu dans ma chambre avant de descendre papa ... balbutia Emilie. - Comme tu veux ma chérie, murmura Charles d'un ton affectueux. Il sortit doucement de la chambre et referma la porte derrière lui. Son nez le faisait désormais atrocement souffrir et il se dépêcha de demander à Marie de lui prodiguer les "premiers secours"...
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Pierrad
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09 août 2006
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Les dernières bêtes reconduites à l'enclos, les jumeaux s'allongèrent au pied du saule pleureur adossé à la grange. Encore haletant ils se mirent à observer les nuages et à y distinguer des formes. Leur jeu consistait à désigner à tour de rôle des animaux ou objets. Le premier étant à court de "formes" reconnaissables perdait. Plusieurs entailles, servant à comptabiliser les défaites et victoires de chacun, étaient visibles sur la paroi de la vieille grange défraîchie. - Je vois une chaussure au dessus de la ruine, près du ruisseau, s'écria Peter. A toi ! - Regarde là-bas, on dirait un scarabbé, s'exclama Yann. Suivant le doigt pointé de Yann, Peter grogna : - Mouais c'est pas évident quand même ... Regarde plutôt à gauche, juste au dessus du puits, on dirait un visage ! Celui d'un vieil homme avec une longue barbe et des oreilles pointues. A mesure que les jumeaux s'escrinaient à identifier des formes, Charles devenait de plus en plus inquiet car il ne les entendait pas et ne se doutait pas qu'ils jouaient derrière la grange. Malgré les bons soins de Marie son nez continuait d'enfler, l'empêchant ainsi de respirer correctement. - Yann ! Peter ! Vous êtes où ? s'époumona leur père en mettant ses deux mains en porte voix.
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Pierrad
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13 août 2006
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Après le départ de son père, Emilie s'enfourna sous le vieil édredon de tante Edwig. Il paraissait être la protection idéale en cas de coup dur. Les rayons du soleil réconfortants du matin effleuraient sa fenêtre et l'invitaient à sortir la tête de son refuge. Tout doucement elle empoigna le bord de l'édredon et le fit basculer sur le côté. Elle vit alors que la chambre était submergée par un soleil éclatant. Agrippant son oreiller, elle le plaqua contre ses yeux pour atténuer la luminosité puis elle l'éloigna quand ses yeux furent habitués. Elle regarda par la fenêtre et contempla le paysage. Un éclat lumineux attira son attention. Un objet semblait scintiller une dizaine de mètres à droite du kiosque à musique. Le rayon paraissait être dirigé dans sa direction. - Qu'est-ce que ça peut être ? s'interrogea Emilie. - C'est probablement Peter qui a perdu sa montre ! A force de se battre avec Yann ! Toute ragaillardie, Emilie décida d'aller chercher ce mystérieux objet scintillant qui, du haut de sa fenêtre, semblait attendre sa venue. S'extirper du lit fut la première difficulté. La fraîcheur du matin n'encourageait pas la témérité ! Cet exploit réussi, Emilie chaussa ses pantoufles et se dirigea vers la porte. Sans prendre la peine de s'habiller plus chaudement elle dévala les escaliers et pointa le bout de son nez dehors. La petite brise qu'elle aimait tant lui fouetta gentiment le visage. Puis elle se mit en marche en direction du kiosque à musique qui trônait tout en haut de la butte aux corbeaux. Le sentier était bien dessiné et lui permit d'y accéder en quelques minutes seulement. Ne sachant plus précisèment où se trouvait l'objet scintillant elle se retourna et scruta la fenêtre de sa chambre afin de retracer le cheminement de son regard à son réveil. Elle identifia à peu près l'endroit et s'y dirigea. En marchant elle repensa aux évènements de la nuit précédente et plus particulièrement aux coups de tonnerre. Elle se rappela qu'ils semblaient provenir de ce coin du domaine... Elle se rapprocha, passa sa main dans l'herbe mais ne sentit rien. C'est alors que ses doigts touchèrent un étrange petit objet très froid au toucher.
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Anonyme
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10 janvier 2007
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Peter et Yann se précipitèrent sur leur soeur afin de lui faire une farce comme ils en avaient l'habitude. Emilie ne vit pas ses frères arrivaient sur elle car ces derniers étaient vraiment les meilleurs pour avancer à pas de loup. Au moment où emilie décida de découvrir l'objet en poassnat sa main dnas l'herbe touffue, Yann et Peter lui sautèrent dessus. Elle n'eu aps le temps de voir l'objet...Pour une fois qu'elle découvrait quelque chose qui pourrait lui permettre d'imaginer toute l'histoire ce ce mystèreiux objet, elle préféra le saisir et le cacher dans la poche de son pull plutôt que laisser une fois de plus ses frères obtenir l'honneur de cette trouvaille! Elle profita donc d'un moment de relâche de ses frères, en train de se relever pour prendre l'objet et rerourna en courant se réfugier dans la grange où son père se trouvait et pourrait ainsi profiter de plus de tranquillité sachant très bien que son père était trop occupé à donner du foin à ses chèvres et à au couple d'ânes.
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