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Olivier
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29 septembre 2007
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Tous ces points blancs étaient magnifiques. Prenant des formes diverses et racontant leurs histoires à leur manière, les étoiles étaient pour moi une source de calme et d'évasion, mais la voix de l'hôtesse me ramena à la réalité, et les étoiles s'éloignèrent, à mon grand malheur. Dans la vitre, avant même de voir la ville vue de haut, je voyais un reflet. Le reflet d'un homme de vingt-cinq ans, au visage triste. Mon reflet, en somme. Des lunettes sur un nez trop long, des yeux d'un vert pâle, mes cheveux noirs coupés court, mais qui arrivaient encore à former un épi à l'arrière du crâne. Mon physique était déjà assez différent, et cela a entraîné mon rejet des gens "normaux". Dès lors, comme beaucoup d'autres, mon moral est devenu différent de celui des autres. Même si je ne le disais jamais à haute voix pour ne pas m'attirer de problèmes, je suis sûr que mon mental est différent parce que je n'ai pas été soumis au lavage de cerveau qu'entraîne la mise en société. En effet : en société, on prenait rapidement l'avis des autres, et on finissait par penser, chacun de son côté, comme son cher voisin. Je suis donc devenu solitaire. Jusqu'en sixième. Sylvie était une fille cool, qui s'habillait de toutes les couleurs, et qui avait un sacré caractère. On la respectait. En fait, tout le monde l'idôlatrait presque, mais moi, j'en avais rien à faire. Mais, comme elle l'a vite compris, la célébrité entraîne aussi vite à la solitude que le rejet. Eh oui, quand on a une certaine notoriété, les autres ne souhaitent pas autre chose que te complimenter ou autre, ce qui donne que personne n'essaye de vraiment te connaître. Quelle surprise, donc, quand on s'est retrouvé, dans le même coin sombre de la cour de récré. Elle fuyait les autres, moi les autres me rejettaient, je me mettais donc à l'aise, seul. Je la connaissais de vue et j'ai entamé la discussion, et on a fini par traîner ensemble. Elle me défendait, et moi je l'écoutait, je la comprenais et c'était tout ce qu'elle demandait. - MONSIEUR ! Je sursautai en me retournant vivement. Je n'avais pas entendu l'hôtesse qui m'interpellait à plusieurs reprises. - Euh, oui... fis-je en replaçant mes lunettes correctement sur mon nez. - Attachez votre ceinture, nous allons atterrir. Elle était visiblement agacée, et quelques personne rièrent. Habitué, j'attachai ma ceinture en jetant un dernier regard aux étoiles. J'étais en train de m'imaginer la tête qu'elle allait faire en me voyant (car je faisais une visite surprise) quand l'avion toucha le sol. Je ne pouvais plus regarder les étoiles, ce qui était pour moi l'équivalent de ne pas pouvoir faire demi-tour après s'être mis dans une situation compliquée. J'étais angoissé. Je n'aimais pas être en compagnie de trop de personnes. Je me sentais mal à l'aise, visé, la cible de tous les regards. C'est bête, mais c'est comme ça. Il y eut une nouvelle secousse. Bizarre, d'habitude, il y en a une bonne au début, et puis c'est fini. Mais là, il y eut encore une troisième secousse, encore plus forte, et l'appareil tourna soudainement, fonçant vers l'aéroport. Je fermai les yeux si fort que des étoiles blanches dansèrent devant mes paupières.
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Angel
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30 septembre 2007
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J'aurais mieux fait aussi de me boucher les oreilles, pour étouffer tous ces sons venant de l'intérieur de l'appareil. J'entendais des bribes de prières, des litanies prononcées dans un langage qui m'était inconnu. Derrière moi, une maman tentait tant bien que mal de rassurer sa petite fille, affolée, plus loin, quelqu'un pleurait. Même les agents de bord avaient disparu, probablement elles aussi, assises dans leur siège, ceinture bien attachée. Soudain, parmi ce tintamarre, une voix calme et posée se fit entendre : - Mesdames et messieurs, ici votre capitaine. Nous connaissons certaines difficultés dues à un agent extérieur. Nous vous demandons de bien vouloir prendre la position adéquate lors de tout atterrissage d'urgence, tel que démontré par les agents au début de votre vol. - Merde, me dis-je tout bas, j'aurais dû porter plus attention aux consignes de sécurité au lieu de rêvasser doucement. J'ouvris alors les yeux, question de regarder mes voisins se mettre en position quand tout à coup la carlingue se mit à vibrer, les masques à oxygène tombèrent et les lumières s'éteignirent.
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Olivier
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30 septembre 2007
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Dans le noir complet, je cherchais désespérément le masque à oxygène. Je paniquais, et heureusement que je n'avais pas de voisin, je lui aurais déjà mis une dizaine de baffes. C'est bizarre, d'habitude j'arrivais à garder mon sang froid, mais là, je paniquais carrément. Mes gestes étaient désordonnés, et je n'avais même plus en tête le but des tous ces mouvements. Des gens hurlaient de toute la puissance de leurs poumons, donnant à la scène un air dramatique. De moins en moins capable de faire des gestes sûrs et précis, je ramenai mes mains tremblantes au niveau de ma bouche. Je tentai de lancer un regard vers les étoiles, mais un autre détail attira mon attention. L'aéroport n'était qu'un bâtiment construit essentiellement en verre ultra-résistant, et, en haut des ces murs de verre, il y avait de puissants projecteurs éclairant les pistes d'atterissage proches. Mais un d'eux venait de se détacher. Je vis avec horreur, sans pouvoir esquisser le moindre mouvement, le projecteur tomber vers nous. Le pire, c'était que l'avion avait ralenti. Le projecteur qui pour l'instant devait tomber sur l'avant de l'appareil, allait plutôt tomber vers le centre, vu la vitesse à laquelle on allait. Voilà, on y était presque. Mais soudain, le câble du projecteur se tendit. Même s'il s'arracha, cela avait cependant suffit pour qu'il ne tombe pas sur les passagers. J'en étais à la moitié de mon soupir de soulagemment quand le projecteur s'écrasa sur l'aile droite de l'avion qui se pencha soudainement vers la droite. Ma tête heurta sans ménagement le mur, et je vis, à travers les larmes provoquées par ce choc, que la tête de l'avion venait de pénétrer dans l'aéroport, via une vitre qui n'avait pu résister.
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Elektralias
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03 octobre 2007
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La suite ne fut plus qu'un amalgame incroyable de bruits et de cris, venant d'un peu partout. Sans doute tout cela n'a-t-il duré que quelques secondes, je serais bien incapable de le dire, parce qu'après la rencontre de mon crâne avec la carlingue, j'ai retrouvé toutes ces étoiles que j'avais laissées là-haut. Bon Dieu qu'elles étaient belles ! Puis ce fut le trou noir, le vide absolu, l'instant précis où tout vous échappe... Une chose est sûre : jamais je n'aurais dû rouvrir mes yeux ! J'étais resté sur la beauté des étoiles, et le spectacle qui s'offrait maintenant à moi, dépassait l'entendement...
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Olivier
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07 octobre 2007
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Le nez de l'avion s'était planté dans le sol de l'aéroport. Les gens couraient dans tous les sens. Des cris, des bruits, tout se mélangeait dans ma tête douloureuse. J'arrivai enfin à détacher ma ceinture, et me levai, titubant. Le sol penchait dangereusement vers l'avant, et je faisais attention à ne pas chuter. Je finis par me trouver à côté de la porte. Des gens étaient sortis avant moi, et la porte était ouverte. Je me penchai et la poussai, en faisant attention à mes lunettes. Je m'assis sur le rebord, et je sautai du mètre cinquante de hauteur à laquelle je devais me trouver. J'effectuai un atterissage plus que moyen, et en profitai pour m'étaler de tout mon long sur le sol de l'aéroport. Je me relevai, et regardai autour de moi. L'aéroport était presque vide, tout le monde fuyait le plus vite possible, par toutes les issues possibles. De plus, le lieu était dans un état catastrophique. Plusieurs vitres étaient fendues, d'autres avaient explosé, le plafond en acier, soutenu par des poutres du même matériau, était sur le point de s'effondrer par endroit. Mais je remarquai surtout tous ces corps étendus sur le sol, baignant souvent dans une marre de sang. L'horreur m'envahissait quand il y eut une nouvelle secousse. Je me mettais à quatre pattes pour ne pas chuter, mais un bruit horrible de métal qui se pliait me fit faire un bond. Ma tête montait vers le haut, et mon regard rencontra les étoiles. Qu'elles sont belles... De nouveau ce bruit, qui me fit revenir au temps présent. Je voyais les étoiles à travers une brèche. Une brèche dans le plafond qui venait de s'affaisser car plusieurs poutres s'étaient pliées, et allaient sûrement bientôt lâcher. Sans perdre plus de temps, je me retournai et me mettai à courir vers les pistes d'atterissage, la sortie la plus proche. Je courais sans relâche. Au bout d'un certain temps, les poutres lâchèrent. L'écho du bruit se perdit dans la nuit tandis que, malgré mon éloignement du lieu, mes pieds percevaient la secousse de l'effondrement du plafond de l'aéroport.
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