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C3ed
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17 juin 2004
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- Mais arrête Bob! Tu m'envoies de la terre au visage! Bob arrêta net de pelletter. Steve était recouvert de sable et de terre jusqu'aux genoux! - Euh.... désolé Steve, mais quand j'enterre un de nos coffres, il faut que tu restes un peu plus loin... - Ouais, bon. Tu nous rejoindras quand ton boulot sera terminé. - Entendu. Steve rejoignit le bateau (plutôt une épave...), accompagné de ses deux acolytes pirates. - Les gars, dès qu'il aura fini, on le pousse dans le trou et on remet la terre sur le tout. C'est bien compris? Ses deux fidèles compagnons n'étaient pas d'accord...
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Chris1
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30 juin 2004
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- Il vaut mieux le faire maintenant! - Mais pourquoi? demanda Steve. - Et bien, quand il aura fini le trou sera rebouché idiot! Et il faudra recreuser un autre trou! Et à chaque fois que l'on reviendra sur l'île pour voir notre trésor on se trompera et on tombera sur le corps de Bob plein de vers (de sable) en train de pourrir. - Ahh! j'suis bête, j'avais pas pensé à ça!
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Nono
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18 juillet 2004
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Malgré toute la méchancetée dont pouvait faire preuve Steve, sa bêtise était insondable. Le nabot teigneux, comme l'appelait son équipage, se faisait aisement berner par ses deux plus proches compagnons. Et ces deux derniers avaient bel et bien l'intention d'aider Bob à se faire passer pour mort aux yeux du Capitaine Steve Gylians, pirate de seconde classe. C'est pourquoi ils insistèrent pour retourner sur la plage, seuls...
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C3ed
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03 août 2004
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Yvan et Zaack, les deux compagnons de guerre de Steve, retournent auprès de Bob pour élaborer un plan. Ils ne voulaient pas se faire prendre par le nabot teigneux! Si ce cas arrivait, il y aurait trois pirates de moins dans l'équipage...
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Plummot
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04 octobre 2005
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-On mange les garçons !!! La voix de la mère de Steve, le"nabot teigneux" venait de résonner à l'autre bout du jardin, indiquant que la mutinerie était remise après le déjeuner. Avec nonchalance les quatre gamins abandonnèrent leur jeu et serpentèrent au milieu du parc. La maison qu'avaient loué les parents de Zaack-Remy pour l'été, était vraiment somptueuse et son parc, pretexte à de fabuleuses aventures, encore plus formidable. -Allons tu viens, grommela Yvan à l'adresse de Bob, son jeune cousin, qui traînait en arrière, l'air préoccupé et le pantalon maculé de terre. -Regarde ce que j'ai trouvé, fit le gamin quand il rejoignit enfin l'autre. -Qu'est-ce que c'est....?
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Plummot
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17 octobre 2005
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-On dirait une pièce. Il s’activa à débarrasser l’objet des impuretés qui le recouvraient. -Regarde, on dirait qu’il y a un visage. Le profil d’un homme barbu se dessina peu à peu sous les doigts obstinés du gamin. -Y’en a plein d’autres là-bas, avertit-il avec enthousiasme. -On a peut-être trouvé un trésor pour de vrai, réfléchit Yvan avec la même excitation naissante. Viens on rejoint les autres. Les deux gamins partirent en courant vers la maison. A l’intérieur les adultes avaient déjà pris place autour de la grande table de la salle à manger. Ces derniers ne semblèrent d’ailleurs guère faire de cas de la découverte des gamins ! Tout juste le père de Bob examina la pièce sans réelle conviction et sans pouvoir apporter la moindre explication à sa présence ici. D’après lui cela ne devait probablement pas avoir beaucoup de valeur. Le déjeuner fut expéditif, et à la grande stupéfaction de la mère de Steve, les quatre gamins renoncèrent au dessert et eurent bientôt l’autorisation de sortir de table. Ils se dirigèrent vers l’endroit même où Bob avait découvert leur trésor ! Il n’était cette fois plus question de pirates et de mutinerie. Zaack sortit de sa poche un mouchoir qu’il étala sur le sol et qui devrait servir à recueillir chacune des pièces sorties de la terre. Ils en comptèrent 11, visiblement toutes identiques, et bientôt rejointes par d’autres, toujours les mêmes. Sur chacune d’elles, avec plus ou moins de netteté on distinguait le même visage de cet homme barbu. Quant à l’autre face, elle montrait un semblant de symbole informe composé d’un arc. -Il faut continuer à creuser, ordonna Bob. -Il y a des outils dans la cabane, informa Steve. Il désigna Yvan pour l’accompagner, et avec précaution les deux gamins ramenèrent de quoi retourner la terre avec plus de facilité. -En voilà une autre, cria bientôt Zaack. Elle rejoignit le tas au cœur de son mouchoir. -Bon sang, qu’est-ce que c’est ? L’extrémité métallique de la bêche venait de résonner sur un objet. -Une boîte ! L’excitation habitait chaque seconde un peu plus les gamins, qui sortirent bientôt un petit coffre en bois vermoulu et cerclé d’armatures métalliques, qu’un gros verrou corrodé interdisait l’ouverture. Bob tourna l’objet des dizaines de fois dans ses mains. -Un coffre-fort miniature, cria Steve. Le verrou ne résista pas longtemps. Quelques coups portés à l’aide d’un gros caillou le rompirent. Bob hésita soudain à ouvrir l’objet. -Vas-y ouvre, qu’est-ce que tu attends !!! protesta Zaack avec impatience. Bob souleva le couvercle…..
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Plummot
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11 novembre 2005
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Impressionné, le gamin resta encore quelques secondes sans bouger, avant de se décider enfin à sortir un semblant de parchemin brunâtre aux contours incertains. -Une carte ! , cria Yvan. Bob déplia les quelques centimètres carrés de ce bout de papier épais sur lequel une petite croix rouge était dessinée dans un des coins, et de laquelle d’irréguliers pointillés serpentaient vers le centre avant de disparaître vers le bord de la feuille sans même avoir atteint un point précis. Enfin à l’opposé de la croix, une petite encoche et une sorte de poinçon terminaient de garnir le document. -Qu’est-ce que ça représente ? , interrogea Steve. -J’en sais rien ! -P’t être qu’il en manque un morceau ! -Et si on le montrait à mon père ? , sonda Zaack. -Pas question, rouspéta Bob. Les grands y s’en foutent, t’as vu tout à l’heure comment ils en ont rien eu à faire de notre pièce. Les autres fûrent d’accord avec Bob. -Et si on montrait la carte au vieux Jenninks proposa soudain Steve. -Le vieux clodo du village ? sonda Bob surpris. -Ouaih, j’ai entendu mon père l’autre jour qui disait qu’il avait été marin. P’t être bien que lui pourra nous renseigner. -Moi y m’fait peur ce vieux bonhomme, gémit Yvan. -Puis y sent mauvais renchérit Zaack. Pourtant l’idée de Steve avait séduit Bob. Sûrement que le vieux Jenninks dont les parents n’arrêtaient pas de raconter qu’il connaissait tout un tas d’histoires sur la région pourrait les aider à dénicher le trésor. -J’irai le voir moi le vieux Jenninks, proposa Bob dans un élan de bravoure. -Moi aussi, enchaîna Steve. Les autres restèrent plus réservés. -Alors bande de pleutres vous allez restés là à jouer avec papa et maman !!! les provoqua Steve. Je vous préviens quand on aura trouvé notre trésor on ne partagera pas avec vous. Finalement Zaack et Yvan se décidèrent à les accompagner.
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Linley
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24 novembre 2005
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Trouver le vieux Jenninks par cet agréable après-midi estival était une tâche qui certes pourrait nécessiter quelque temps mais du moins connaissait-on à peu près les itinéraires des notoires marches du vieil homme. Car la bande en premier lieu s'était accordée sur un point: il y avait peu de chances qu'il fut chez lui- surtout par ce temps. En effet on l'apercevait souvent, sa canne à la main- en fait un vieux bâton trapu- déplaçant sa carcasse ramassée de par les rues, souvent de retour des chemins de campagne. Et à force de le voir ainsi il était devenu aux yeux des gosses comme un élément du cadre naturel des environs, une sorte de souche ambulante, toujours présente quelque part. -De toute façon c'est où chez lui? demanda Zaack. Et ses compagnons gonflèrent les joues, dans une expression d'ignorance bourrue. Steve eut une idée: -Quand il est pas à se promener je crois qu'il va au café voir d'autres vieux. Je l'ai vu y entrer une fois. -Voir d'autres vieux et l'ver le coude ouais! compléta Zaack. -Ce serait p'têt bien qu'il ait déjà pas mal levé le coude avant qu'on le trouve, dit Bob, il parlerait plus facilement. -Et que voudrais-tu qu'il raconte? intervint Yvan, visiblement sceptique. J'crois plutôt qu'y sera à beugler des chansons cochonnes. Suite à ces délibérations Steve énonça alors la tactique, que chacun approuva. -On va voir au café et s'il y est pas on prend le chemin vers les champs
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Plummot
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26 novembre 2005
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Comme prévu les gamins trouvèrent Jenninks au café. C’était une sorte de Pub aux boiseries anciennes, bas de plafond et au fond duquel deux types étaient en train de s’affronter dans un tournoi de fléchettes. Le vieux Jenninks était au bout du bar, entouré d’autres ivrognes de son espèce. Il avait l’air encore plus vieux que la dernière fois qu’ils l’avaient aperçu traîner sur les bords du quai. Il avait la peau tannée, une épaisse barbe blanchâtre et le sourcil broussailleux. Les gamins étaient restés plantés devant la porte d’entrée, impressionnés et à vrai dire plus aussi décidés à affronter ce vieux bonhomme que tout à l’heure. -Vas-y toi ! , lâcha Zaack en poussant Bob vers le centre de la pièce. Le gamin résista et chercha du réconfort en jetant un coup d’œil à Steve. Après tout lui aussi avait été d’accord tout à l’heure pour aller voir le vieux Jenninks. Au fond du bar la voix grave du bonhomme résonnait. -Allez viens ! , se décida finalement Steve en empoignant la manche de Bob. Les deux gamins traversèrent le pub. Jenninks les remarqua à peine, même une fois qu’ils furent plantés au pied de son haut tabouret de bar, sur lequel il gesticulait au rythme de ses récits assourdissants. C’est l’un des autres vieux compagnons de Jenninks qui remarqua enfin les deux jeunots. -‘Voudrait vous voir M’sieur, lâcha enfin Bob d’une voix mal assurée. -Et bien ça y est gamin dis-toi que tu m’as vu ! , braya l’autre avant de se mettre à ricaner. -Allez gamins, déguerpissez d’ici, c’est pas un endroit pour les enfants, enchaîna un autre des vieux collègues de Jenninks. Steve et Bob se regardèrent de nouveau. Ils n’étaient pas venus jusqu’ici pour échouer si près du but. -C’est à propos de ça, insista Bob en dépliant le petit morceau de carte trouvée tout à l’heure au fond du jardin. Le vieux Jenninks s’arrêta alors aussitôt de rigoler. Son visage s’était soudainement figé et on aurait cru qu’il était en train de faire une attaque. Ses yeux ne quittaient plus le parchemin. -Où as-tu trouvé cela gamin ? , enquêta le vieux bonhomme d’un ton empreint de gravité.
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Linley
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29 novembre 2005
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-Ben on l'a trouvé dans...Aïe! fit Bob. Steve lui avait asséné un coup de coude dans les poignées d'amour. -On l'a trouvé quelque part, dit celui-ci. Et si vous voulez des informations m'sieur Jenninks, il faudra nous en donner aussi! -Si tu crois que j'vais marchandailler avec un morveux de mioche c'est qu'tu connais mal le vieux Jenninks et même tu peux aussi bien t'fourrer le doigt dans l'oeil jusqu'à l'aisselle! répliqua l'ancêtre, intraitable, et parachevant son affirmation par le bruit sec du verre qu'il claqua sur le comptoir après l'avoir vidé d'un trait. -Holà m'sieur Jenninks, faut pas vous énerver! J'suis sûr qu'on devrait pouvoir s'entendre, dit Steve avec un calme qui stupéfiait son copain. Avec le bout de carte on a aussi trouvé ça. Et y en avait quelques unes! Ce disant il avait extirpé de sa poche une des pièces qui brilla d'un éclat terne dans la lumière tamisée de la salle. Une nouvelle fois les yeux du vieil homme s'écarquillèrent et s'illuminèrent furtivement avant que derechef il demanda: -Où est-ce que vous avez trouvé tout ça? Mais Steve se contenta impassible de lui rendre son regard. Alors d'une manière étrange un changement se produisit dans la personne du vieux barbu, comme s'il avait repoussé pour un temps la façade rustre qu'il affichait nonchalamment en général pour laisser paraître un autre Jenninks, à l'intelligence pratique et sûre, et à la personnalité bizarrement attrayante. -Des morveux coriaces, hein? On va p't'être pouvoir s'entraider!
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Plummot
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1er décembre 2005
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Il entraîna les gamins en dehors du pub. L’endroit était bruyant, interdit aux mineurs et empli d’éventuelles oreilles indiscrètes. Ils s’installèrent sur un banc, juste en face de l’écluse. Le vieux Jenninks au milieu, Bob et Zaack d’un côté, Steve et Yvan de l’autre. Il termina de tasser une poignée de tabac au fond de sa pipe, y mit le feu et se mit à tirer dessus. -L’histoire de ces pièces est assez ancienne, annonça-t-il soudain, et je dois bien avouer que je n’aurais jamais cru devoir la raconter de nouveau un jour avant ma mort. Il porta sa pipe à ses lèvres, et enchaîna. -La première fois que j’ai vu l’une d’entres elles, je ne devais guère être plus vieux que vous. Je venais de quitter l’école et mon père m’avait embarqué avec lui sur son bateau. Nous étions cinq sur ce fichu bateau, et je m’souviens encore très bien de ce gars qui s’appelait Howard. C’était un rouquin. Il avait des mains épaisses et sa voix était aussi grave qu’une corne de brume !!! J’dois bien avouer qu’au début il me fichait une de ces trouilles !!!! Jenninks se tut un instant, et tira une fois encore plusieurs petites bouffées sur sa pipe. Il semblait être revenu plus de soixante ans en arrière. -Tout ça est arrivé un matin d’octobre, reprit-il enfin avec une voix éteinte. Il y avait un de ces brouillards, mais mon père savait que le temps finirait par se lever. A l’époque ils n’avaient pas besoin de ces fichues prévisions météo.
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Linley
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02 décembre 2005
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- Et ça a pas manqué, toute la brume a fondu doucement, s'en est allée comme la fumée de ma pipe; mais aussi la mer s'est réveillée, et le vent a forci. Bientôt y avait quelques creux. Attention, rien d'extraordinaire, c'était loin d'être la tempête du siècle, mais pour moi tout gamin c'était déjà grandiose. Et je regardais Howard. Lui aimait ça , c'était frappant. Le vent, les embruns qui vous fouettent, il s'en gonflait la poitrine, se tenant droit comme un roi au bastingage. Et moi je m'suis mis à l'imiter, pour avoir aussi fière allure que lui. Car tout naïf que j'étais, j'avais l'impression d'aimer ça aussi. Enfin bref on était là à tanguer doucement, parmi tout ce vent vivifiant, et c'est alors qu'on a vu l'autre bateau, assez loin vers bâbord...
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Martingagnon
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02 décembre 2005
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- Et ce bateau au loin vers bâbord, c'était celui des pirates des mers et qui s'amusent à piller les bateaux qui se promènent sur les océans, et pas celui des Vikings et le bateau des pirates se rapprocha de mon bateau et j'ai dit ceci à mes amis et matelots. "Cannonier à vos canons, nous avons un bateau de pirates qui s'en vient sur nous, et nous devons le détruire pour aller chercher le trésor...
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Plummot
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05 décembre 2005
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Howard s’est mit à ricaner. -Dis donc gamin t’es sur un bateau de pêche ici, tu tournes pas un film !!!! A l’avant du bateau mon père semblait être plus soucieux. On n’était peut-être pas dans un film de pirates, mais n’empêche que quelque chose ne tournait pas rond, et le vieux s’en était rendu compte. Il a ordonné qu’on mette le cap vers ce fichu bateau. J‘ai demandé à Howard ce qui se passait mais il m’a envoyé bouler. Tous avaient l’air préoccupé, comme s’il allait arriver quelque chose de grave. On s’est rapproché peu à peu du bateau, il était pas bien plus gros que le nôtre. J’ai entendu mon père dire qu’il ne l’avait jamais vu avant, puis il a gueulé des trucs au type à la barre. La mer était sacrément formée, s’agissait pas de lui rentrer dedans, d’autant que les doutes de mon père se sont avérés être vrais. -Y dérive ! , a gueulé Howard. On s’est encore rapproché, aussi près que cette satanée houle pouvait nous le permettre. On pouvait voir distinctement le bateau maintenant, et la cabine aussi, mais pas l’ombre d’un seul type dessus. -On dirait qu’y a personne, a fait mon père. Bordel, où est-ce qu’ils sont tous passés ?
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Linley
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08 décembre 2005
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Ensuite c'est moi qui ai remarqué le sang le premier, sur une des vitres de l'autre côté de la cabine. Ca faisait comme une traînée rouge que les vagues essayaient en vain de laver, pour cause c'était à l'intérieur. Après ça, y a bien fallu trouver un moyen de l'aborder; pouvait y avoir quelqu'un de blessé qu'on voyait pas, affalé dans la cabine. Et par ce temps pas moyen d'attraper le bateau à la gaffe, d'attacher une corde ou quelque chose de ce genre. Non, fallait y sauter dessus! C'est Howard qui s'y est collé bien sûr. Mon père a lui-même pris la barre pour essayer de nous rapprocher tant que faire se peut bord à bord, puis à un moment il a braillé à Howard de sauter. Clui'là s'est mis d'bout sur le garde-fou qu'avait jamais aussi bien porté son nom, y s'est baissé sur ses pattes comme une grenouille, mais juste au moment de s'élancer on a glissé dans un creux c'qui fait que l'bougre s'est ramassé contre le bastingage de l'autre bateau comme un sac de patates. Mais ça y a pas à dire c'était un gaillard ce rouquin, il a réussi à se hisser à bord alors que bien d'autres auraient été cassés en deux. Enfin, ça se voyait quand même qu'il souffrait parce qu'il se tenait les côtes quand il s'est relevé pour aller voir dans la cabine. Là, on a vu qu'y se penchait sur quelque chose ou quelqu'un, parce qu'il a disparu sous les vitres. Mais un instant après y ressortait en gueulant, appelant mon père de sa grosse voix tonitruante: Erwin,Erwin...
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Plummot
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20 décembre 2005
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L’horreur semblait encore se lire dans les yeux usés du vieux Jenninks. Même après autant d’années. D’ailleurs, son récit commençait sérieusement à émoustiller les gamins. A coup sûr leur nuit serait sacrement agitée. C’était si loin, et pourtant encore si proche. Il n’avait pas fallu qu’il fouille beaucoup pour faire ressurgir ce satané matin brumeux et ce maudit bateau à la dérive. Howard semblait être devant lui, son visage à la peau tachetée, ses cheveux roux et frisés, et ses bras puissants. -Qu’est-ce est arrivé ensuite Mr Jenninks ? , interrogea Bob. Le vieux marin finit par reprendre son récit. -En réalité il y avait trois hommes sur ce bateau. Howard en avait trouvé un dans la cabine, et les deux autres gisaient en fond de cale. Ils avaient tous subi les mêmes supplices, et faisaient aussi peur à voir l’un que l’autre. Ça j’dois bien avouer que j’ai rêvé de ces gars-là pendant bien des années après ce jour-là. Il se tut encore l’espace d’un instant avant de reprendre, de la fébrilité dans la voix. -On leur avait arraché les deux bras, là, juste au niveau des jointures. Il avait posé sa main sur le haut de son épaule, tandis que les gamins avaient esquissé une grimace de dégoût. -Ils avaient pissé tout le sang qu’ils avaient . Il y avait du sang partout dans la cabine, et une foutue odeur âcre. Mon père a fini par rejoindre Howard sur le bateau, et c’est là qu’ils ont découvert les deux autres. Dans la poche de l’un de ces deux-là, mon père a découvert une carte. Jenninks chipa des mains de Bob, le petit morceau de parchemin que les gamins lui avaient un peu plus tôt présenté dans le pub, puis il ajouta. -La carte semblait être incomplète, comme s’il devait en manquer un ou plusieurs morceaux. Elle était formée d’épais pointillés gris qui serpentaient au milieu de nulle part. Une des faces de ce bout de papier était légèrement perforée, et il y avait aussi comme une sorte de petite excroissance. Il fouilla dans sa poche, et sortit à son tour une petite boîte métallique. Une sorte de boîte à cigarillos. Il l’ouvrit et sortit un petit morceau de papier jauni. -J’ai gardé ce petit morceau de papier que mon père m’a confié quelques temps avant de mourir. Il déplia la feuille de ses doigts tremblotants. Les gamins avaient les yeux fixés sur l’objet. Il rapprocha son morceau de papier à celui des gamins, et les deux bouts semblèrent s’emboîter à merveille, pareils à deux pièces d’un puzzle.
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Linley
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05 janvier 2006
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Sur le coup il n' y eut pas un mot de prononcé, juste cinq souffles écourtés, trahissant la stupéfaction, l'émerveillement, l'exaltation de cet instant. Bien que pour le vieux Jenninks ce frémissement de l'âme se rattachât à bien des souvenirs enfouis tandis que pour les jeunes garçons il ne fut question que de découverte, le groupe n'en possédait pas moins lorsque les deux bouts de carte se rejoignirent une même âme unie et frissonnante. -J'en étais sûr...finit par murmurer le vieux marin, assis sur ce banc au milieu des enfants et de cette bulle qui semblait s'être formée autour d'eux. "...Ca ne pouvait être terminé. Il a fallu attendre...longtemps, oui. Ses compagnons l'écoutaient sans comprendre, plus captivés encore à présent que preuve avait été faite qu'il était intimement lié à toute cette affaire. Chacun ne pouvait détacher ses yeux des deux bouts de carte enfin réunis, après avoir été déchirés dans dieu sait quelles mémorables circonstances. Cependant force était de constater que la carte n'était toujours pas entière. Steve finit par prendre la parole: -Mais monsieur Jenninks, il manque toujours au moins un morceau... nous ne sommes guère plus avancés. -Peut-être que si, répondit le vieil homme, le regard toujours dans le vague, perdu dans ses souvenirs. Assez loin sur leur droite, une péniche frayait les eaux du canal pour se rapprocher de l'écluse à petite erre. A cette vue le visage de Jenninks se contracta sur l'une de ses étranges mimiques coutumières, avant de laisser paraître une sorte de sourire triste, comme si le long bateau élancé venait concorder avec certaines de ses pensées.
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Plummot
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09 janvier 2006
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-Le vieux ne nous a pas tout dit ! Bob en était certain. Il avait remarqué cet air sournois que Jenninks avait prit après avoir recollé les deux morceaux de la carte, et puis il y avait eu cette manière plutôt rapide avec laquelle le vieux marin s’était débarrassé des gamins. Heureusement qu’ils ne lui avaient pas laissé « leur » morceau de parchemin. -Tu crois qu’il sait où se cache le trésor ? , interrogea Yvan. -Et qu’il va tout garder pour lui tout seul ? , renchérit Steve. C’est dégueulasse, on a le droit à notre part nous aussi ! -Non il ne doit pas connaître le lieu où se cache le trésor, les rassura Bob, car la carte n’est pas encore complète. -Par contre il doit savoir où chercher le morceau manquant ! , proposa Zaack. Les gamins continuaient de discuter à voix basse sur le lit de Bob. La mère de ce dernier était passée tout à l’heure, un peu après dix heures pour s’assurer que les enfants ne tarderaient plus à se mettre au lit. -On a qu’à le suivre ! proposa Steve, comme ça il nous mènera jusqu’au trésor ! Les autres trouvèrent l’idée plutôt bonne. -On commencera demain matin ! confirma Zaack, il sera pas difficile de retrouver le vieux Jenninks, y aura qu’à attendre devant le pub Un faisceau lumineux apparut soudain sous la porte de la chambre, presque aussitôt suivi du craquement des marches de l’escalier. Quelqu’un montait à l’étage. Si la mère de Bob les trouvait encore debout à cette heure, il y aurait du grabuge ! Yvan, Steve et Zaack quittèrent à pas de loup le lit de Bob pour rejoindre les leurs. Il était temps de dormir, la journée du lendemain s’annonçait excitante !!!
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Linley
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13 janvier 2006
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Chacun des garçons enfournait ses tartines et ses céréales avec entrain et bon appétit. La pendule au dessus du grand buffet indiquait huit heures quinze et la mère de Bob, qu'ils avaient tiré du lit, les regardait avec une incrédulité encore ensommeillée - eux qui ces derniers jours avaient pris l'habitude de flemmarder au lit chaque matin. Elle ne remarqua même pas leurs traits quelque peu tirés, tant cette fatigue était contrebalancée par l'énergie vivace brillant dans leurs regards. Il faut dire que la bande avait peu dormi, chacun excité par ses pensées, et que le sommeil finalement victorieux avait été secoué par bien des visions d'or et de sang mêlés. Tant que cette paire d'oreilles étrangère à leur affaire était présente, ils ne discutaient que de choses et d'autres, feignaient de se comporter comme de jeunes garçons ordinaires - feignaient seulement car ce dans quoi ils étaient embarqués les élevait assurément au-dessus de cette condition. Finalement l'heure de la libération arriva, ils purent s'en retourner au grand air, vers l'objet de leurs investigations, suivis par un dernier regard soupçonneux de la mère de Bob. Et l'objet immédiat de leurs investigations, le seul indice à étudier susceptible de mener à une ample avancée dans la résolution de l'énigme: c'était le vieux Jenninks. Sous le soleil éclatant de cette matinée ils venaient de parvenir au bord du canal, là où parmi les fourrés ils pouvaient surveiller tranquillement le pub, sur l'autre rive; en cas de besoin, le pont non loin permettait d'y accéder rapidement. Cependant ils s'interrogeaient tout de même sur les chances de voir débouler le vieux. Zaack était maintenant dubitatif: -Je sais bien que ces vieux marins pensent qu'à boire et causer entre eux, mais quand même, neuf heures du matin c'est peut-être un peu tôt pour eux. -Peut-être, fit Bob, mais comme on sait pas où il habite, c'est sûrement ici qu'on a le plus de chance de le dénicher. Il se tapa sur le front. -Qu'on est cons! On aurait dû demander à nos parents où est-ce qu'il habite! -Non il était trop tard hier soir, le corrigea Steve. Et ta mère tout à l'heure était tellement bien réveillée qu'elle devait même pas savoir où elle habitait elle-même. Les autres rigolèrent, Bob le premier. "Non croyez-moi hier Jenninks nous en a pas dit long... Et si comme on croit il sait où trouver les morceaux qui manquent à la carte, sûrement que pour aujourd'hui il a des projets en tête. Et j'suis sûr que même un vieux poivrot peut se lever le matin. Steve finissait à peine sa phrase que là-bas une porte s'ouvrait, non pas celle de l'entrée de l'établissement mais dans une partie distincte de la grande baraque, qui devait certainement abriter des appartements à l'étage - et le vieux barbu à l'air rusé émergea au soleil, un cigarillo fiché au coin du bec.
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Plummot
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17 janvier 2006
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Au grand étonnement des gamins, le vieux marin ne poussa pas la porte du pub. Il passa devant, sans même y concéder un regard, et Bob se tourna alors vers Zaack, une excitation à peine contenue peinte sur son visage. S’il ne s’était pas arrêté cela signifiait probablement qu’il avait mieux à faire. Et ce « mieux » devait être sacrément important pour qu’il passe devant une bonne demi-douzaine de chopes de bière. Maintenant c’était certain, Jenninks ne leur avait pas tout dit !!! Les gamins continuaient de l’observer. Il marchait d’un pas alerte tandis qu’un vieux sac marron pendait dans son dos. -Faudrait bouger ! , proposa soudain Zaack, sinon il va nous semer. Il était à présent assez loin d’eux pour qu’il ne puisse plus les repérer. Ils quittèrent leur planque et traversèrent le pont. Jenninks avait dépassé l’imposante bâtisse en pierre blanche renfermant les halles où les étals de poissons se côtoyaient. En passant devant, il avait adressé un discret salut aux quelques femmes installées devant l’entrée et qui vantaient la fraîcheur de leur marchandise. -Bon sang ! , grogna soudain Bob en observant Jenninks s’immobiliser. -Où est-ce qu’il compte aller ? , interrogea naïvement Yvan. Jenninks venait de se ficher dans la minuscule cavité d’un abribus. Il s’était planté là, immobile, droit comme un i, continuant de tirer sur son cigarillo. -Si on prend le bus il va nous repérer ! observa Steve. -En plus on n’a pas un rond ! souligna Zaack. -Mais si on le prend pas il va nous semer ! conclu Bob. -Comment on va faire ?
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